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Phan
Chon Tôn
Lectures
dans l'Apocalypse (1) Préambule : Je
ne suis pas né chrétien, ni n’ai pas
beaucoup étudié le christianisme.
Mais, un jour, je suis tombé sur « l’Apocalypse
de Jean » et j’en fus subjugué. Je tente
de l’étudier peu à peu. Mais il y a tant
de choses dans ce traité qu’il est impossible de
le comprendre en entier, ni n’en parler dans sa totalité.
C’est pourquoi j’ai choisi ce titre : Lectures
dans l’Apocalypse. Ce que je ferai aujourd’hui c’est
d’ouvrir le livre à différentes pages et
d’essayer d’en comprendre quelques éléments.
Lisons donc quelques passages de ce merveilleux traité. Apocalypse
Chapitre II
1.
Écris à l’ange de l’Eglise d’Ephèse :
Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans
sa main droite, qui marche au milieu des sept chandeliers d’or :
2. Je sais quels sont vos œuvres, votre travail et votre
patience ; que vous ne pouvez souffrir les méchants,
et qu’ayant éprouvé ceux qui se disent apôtres
et ne le sont point, vous les avez trouvés menteurs ;
3. Que vous êtes patients ; que vous avez souffert
pour mon nom, et que vous ne vous êtes point découragés.
4. Mais j’ai un reproche à vous faire, qui est que
vous vous êtes relâché de votre première
charité. » La
première partie étonne,
car
I. 10 « Un dimanche, je fus ravi en esprit et j’entendis
derrière moi une voix forte et éclatante comme
une trompette,
11. Qui disait : Ecris dans un livre ce que tu vois et envoies-le
aux sept Eglises qui sont dans l’Asie, à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie
et à Laodicée. »
L’ordre était
donné d’ « envoyer
aux sept églises ». A présent, il se
précise, et il dit : « Écris à l’ange
de l’église d’Éphèse … » Autrement
dit, ce qui est envoyé n’est pas destiné à l’Église
elle-même - qui est la communauté d’êtres
humains - mais à l’ange de l’Église.
Ce mot est une énigme. Certains l’interprètent
comme « évêque », car ce sont
ces évèques qui ont reçu de Dieu l’idée
de fonder une Église.
Mais ce mot « ange » vient du grec aggelos
qui veut dire « messager », celui qui transmet
un message. C’est curieux que Jean doive écrire à chaque église
une lettre – et elles sont toutes différentes – mais
adressée à l’ange de l’église.
Pourquoi n’envoie-t-il pas le message directement par voie
angélique ? L’ange destinataire n’est
donc pas un messager. Au premier abord, quelque chose n’est
pas clair.
On pourrait penser que chaque Église a été créée
sous l’inspiration d’une idée, idée
qui a plané par-dessus cette communauté humaine.
Et l’évêque – en grec episkopos, le
surveillant veille « par-dessus » cette
communauté et est supposé « avoir des
oreilles pour entendre la parole divine ». A-t-il
ces oreilles ? Voilà la question. C’est pourquoi
je me demande si les gens de l’Église ont jamais
reçu le message qui leur était destiné.
La suite de l’histoire semble malheureusement confirmer
mon soupçon. D’un autre point de vue, on peut dire qu’à l’intérieur
de chacun de nous, il y a un « ange » qui
veille. Je ne parle pas seulement de la croyance chrétienne ;
prenez cela sur un plan tout à fait ordinaire. Qui qu’il
soit, quoi qu’il soit, une « voix » parle
de temps en temps en notre cœur. Et je crois que c’est à cet
ange-là que le message s’adresse.
Car, comme je l’ai dit, les sept messages sont différents.
A l’évêque d‘Ephèse : Je
sais tes œuvres, et ton travail, et ta patience… Mais,
j’ai à te reprocher que tu sois déchu de
ta première charité.
A l’évêque de Pergame : Tu as conservé mon
nom et tu n’as point renoncé à ma foi… Mais
tu souffres qu’on enseigne la doctrine de Balaam.
A l’évêque de Thyatire : Je sais tes œuvres,
ta foi, ta charité, le soin que tu prends des pauvres… Mais
tu permets à Jézabel, cette femme qui se dit prophétesse,
d’enseigner et de séduire mes serviteurs.
Ce qui est intéressant, c’est qu’une de ces
lettres est « positive » ; c’est
celle adressée à l’ange de l’Église
de Philadelphie (en grec : l’amour
du semblable) : J’ai ouvert une porte devant toi, que personne ne peut
fermer parce que tu as peu de force et, toutefois, tu as gardé ma
parole et tu n’as point renoncé à mon nom… et
moi, je te garderai de l’heure de la tentation qui doit
venir dans tout l’univers éprouver ceux qui habitent
sur la terre.
Et la lettre se termine par : « Que celui qui
a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises. »
Je crois que cette phrase explique bien le fait que les messages
sont adressés à l’ange et non à l’Église
Dans mon interprétation de l’Apocalypse – que
je place sur le plan de la conscience personnelle – ces
messages seraient ceux de la voix de la conscience. Je sais – consciemment
ou inconsciemment – que je peux faire bien certaines choses,
mais j’ai des faiblesses par ailleurs ; la conscience
me parle, le centre de ma conscience l’entend, mais le
message ne se transmet pas facilement, à cause de la coque
de l’égocentrisme dans laquelle je me plais à m’enfermer. Avant
d’aller plus loin, éclaircissons tout de
suite les choses par cette phrase : « Voici le
mystère des sept étoiles que tu as vues dans la
main droite et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles
sont les sept anges des sept Eglises ; et les sept chandeliers
sont les sept Eglises. »
Nous avons donc vu logiquement que l’Apocalypse, « ce
qui est et ce qui doit arriver », s’adresse
aux anges qui sont derrière les sept Églises, et
non aux hommes, même à leurs dirigeants.
Nous avons vu que les anges sont les étoiles, qui sont
dans le ciel, qui ne font que projeter leur lumière sur
la terre ; et qu’ici, sur terre, ils sont représentés
par les sept chandeliers, qui sont les Églises, des communautés
humaines. Il y a donc, en principe, une « influence » des étoiles
sur les chandeliers, mais ceux-ci doivent découvrir le
message venant des étoiles. C’est ici qu’on
peut saisir que notre mental puisse essayer de réunir
et de combiner les messages qu’il reçoit des étoiles,
afin de les comprendre, sans jamais y arriver complètement.
C’est à cause de ce manque de compréhension
que les catastrophes se produiront quand sonneront ces sept trompettes. Avançons un peu plus. Voici quelques autres phrases de
l’Apocalypse :
Chap VI
1. Après cela, je vis l’agneau qui avait ouvert
l’un des sept sceaux, et j’entendis l’un des
quatre animaux qui dit, avec une voix semblable au tonnerre :
Venez et voyez.
2. En même temps, je vis paraître tout à coup
un cheval blanc. Celui qui était monté dessus avait
un arc ; on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur
pour continuer ses victoires.
3.Lorsqu’il eut ouvert le second sceau, j’entendis
le second animal qui dit : Venez et voyez.
4. Apparu aussitôt un autre cheval qui était roux,
et le pouvoir fut donné à celui qui était
dessus d’enlever la paix de sur la terre, et de faire que
les hommes s’entretuent, et on lui donna une grande épée.
5. Quand il eut ouvert le troisième sceau, j’entendis
le troisième animal qui dit : Venez et voyez. Et
je vis paraître soudain un cheval noir, et celui qui était
dessus avait en sa main une balance.
6. Et j’entendis une voix au milieu des quatre animaux,
qui dit : Le litron de blé vaudra une drachme ;
et trois litrons d’orge, une drachme ; mais ne gâtez
ni le vin ni l’huile.
7. Lorsqu’il eut ouvert le quatrième sceau, j’entendis
la voix du quatrième animal, qui dit : Venez et voyez.
8. En même temps, je vis paraître un cheval pâle,
et celui qui était monté dessus s’appelait
la Mort, et l’enfer le suivait ; et le pouvoir lui
fut donné sur la quatrième partie de la terre,
pour y faire mourir les hommes par l’épée,
par la famine, par la maladie et par les bêtes sauvages. Il
y a donc quatre chevaux, un blanc, un roux, un noir, et un
pâle. Et les quatre annoncent successivement des catastrophes à la
terre : l’orgueil de la bataille, la lutte mutuelle
entre les humains, l’apât du gain, et enfin la mort.
Citons
en parallèle ces quelques lignes des Stances
de Dzyan : « Les premières grandes
eaux vinrent. Elles avalèrent les sept grandes îles.
Tous les saints sauvés, les non-saints détruits.
Avec eux la plupart des énormes animaux, produits de la
sueur de la terre.
« Peu restèrent. Quelques jaunes, quelques bruns
et noirs, et quelques rouges restèrent. Ceux de couleur-de-lune
furent partis pour toujours. La cinquième, produite à partir
du troupeau saint, resta ; elle fut gouvernée par les
premiers rois divins. »
Remarquons que les gestes correspondant aux sept sceaux se font
sur un heptagone, ce qui voudrait dire que les sept actes, quels
qu’ils soient, sont d’une valeur égale, bien
que les quatre premiers soient du domaine humain, et les trois
suivants d’ordre universel sinon cosmique.
Et les sept trompettes annoncent les résultats des sept
actes.
Si l’on se réfère à la tradition orientale,
on peut dire que les actes sont les causes, et les trompettes
annoncent les effets : la Loi du Karma qui régit
le monde manifesté et qui le transforme en Samsara ;
la roue des naissances et des morts, de la souffrance née
des actes effectués dans l’ignorance.
C’est pourquoi, je ne prends pas ces catastrophes successives
comme des choses « négatives »,
mais comme l’équilibre normal qui régit l’univers,
du moins celui des humains. Et il appartient aux humains de comprendre
les causes de ces catastrophes afin d’empêcher qu’elles
ne se produisent.
Je crois que ceci est dit lorsque l’agneau ouvre le cinquième
sceau : VI.9. « Lorsqu’il eut ouvert le
cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes
de ceux qui avaient souffert la mort pour la parole de Dieu,
et pour la confession de son nom, dans laquelle ils étaient
demeurés fermes jusqu’à la fin ». Et on leur donna une robe blanche. Ils sont demeurés fermes
jusqu’à la fin, parce qu’ils ont compris la
Loi divine, et qu’ils ont donné leur vie pour qu’elle
soit appliquée. Continuons
avec les sceaux :
12. Je vis aussi que lorsqu’il eût ouvert le sixième
sceau, il se produisit tout à coup un grand tremblement
de terre ; le soleil devint noir comme un sac de toile,
la lune devint comme du sang ;
13. Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre
comme lorsque le figuier, étant agité par un grand
vent, laisse tomber ses figues vertes…. VIII
1. Lorsque l’agneau eût ouvert le septième
sceau, il se fit un silence dans le ciel, d’environ une
demi-heure.
2. Et je vis sept anges qui sont devant la face de Dieu, et on
leur donna sept trompettes…. Voyons
maintenant les sept anges qui sonnèrent de la
trompette :
7. Le premier ange sonna de la trompette, et il se forma
une grêle et un feu mêlé de sang sur la terre,
et le tiers de la terre et des arbres fut brûlé,
et le feu consuma toute l’herbe verte.
8. Le second ange sonna de la trompette, et il parut comme une
grande montagne tout en feu, qui fut jetée dans la mer ;
et le tiers de la mer fut changé en sang.
10. Le troisième ange sonna de la trompette, et une grande étoile,
ardente comme un flambeau, tomba du ciel sur le tiers des fleuves,
et sur lse sources des eaux.
12. Le quatrième ange sonna de la trompette, et le soleil,
la lune et les étoiles ayant été frappés
de ténèbres dans leur tiers, le tiers du soleil,
de la lune et des étoiles fut obscurci, et le jour fut
privé du tiers de sa lumière, et la nuit de même. IX
1. Le cinquième ange sonna de la trompette, et je vis
une étoile qui était tombée du ciel sur
la terre, et la clef du puits de l’abîme lui fut
donnée.
2. Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il s’éleva
du puits une fumée semblable à celle d’une
grande fournaise ; et le soleil et l’air furent obscurcis
par la fumée de ce puits.
3. Ensuite il sortit de la fumée du puits des sauterelles
qui se répandirent sur la terre, et la même puissance
qu’ont les scorpions de la terre leur fut donnée. 13.
Le sixième ange sonna de la trompette, et j’entendis
une voix qui sortait des quatre coins de l’autel d’or,
qui est devant Dieu ;
14. Et il dit au sixième ange qui avait la trompette :
Déliez les quatre anges qui sont liés sur le grand
fleuve de l’Euphrate… XI
15. Alors le septième ange sonna de la trompette, et on
entendit de grandes voix dans le ciel, qui disaient : Le
règne de ce monde a passé à notre Seigneur
et à son Christ, et il régnera dans les siècles
des siècles. Amen.
16. En même temps les vingt-quatre vieillards, qui sont
assis sur leurs trônes devant Dieu, tombèrent face
contre terre, et adorèrent Dieu en disant : … Il
est à noter qu’entre la sixième et la
septième sonnerie, il y eut des événements
qu’on peut étudier succinctement. Chap X
1. Alors je vis un ange fort et puissant qui descendait du ciel,
revêtu d’une nuée et ayant un arc-en-ciel
sur la tête. Son visage était comme le soleil,
et ses pieds comme des colonnes de feu.
2. Il avait à la main un petit livre ouvert, et il mit
son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre.
3. Et il cria d’une voix forte, comme un lion qui rugit.
Et après qu’il eût crié, sept tonnerres
firent éclater leurs voix.
4. Et les sept tonnerres ayant fait retentir leur voix, j’allais écrire ;
mais j’entendis une voix du ciel qui me dit : Scelle
les paroles des sept tonnerres, et ne les écris point.
5. Et l’ange que j’avais vu, qui se tenait debout
sur la mer et sur la terre, leva la main au ciel,
6. Et jura par celui qui vit dans les siècles des siècles,
qui a créé le ciel et tout ce qui est dans le ciel,
la terre et tout ce qui est dans la terre, la mer et tout ce
qui est dans la mer, qu’il n’y aurait plus de temps ;
7.Mais qu’au jour où le septième ange ferait
entendre sa voix et sonnerait de la trompette, le mystère
de Dieu s’accomplirait, ainsi qu’il a été annoncé par
les prophètes, ses serviteurs.
8. Et cette voix que j’avais ouïe dans le ciel s’adressa
encore à moi, et me dit : Va prendre le petit livre
qui est ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout
sur la mer et sur la terre.
9. Je m’en allai donc trouver l’ange, et je lui dis :
Donne-moi le livre. Et il me dit : Prends ce livre et le
dévore : il te causera de l’amertume dans le
ventre ; mais dans ta bouche il sera doux comme du miel.
10. Je pris donc le livre de la main de l’ange et le dévorai,
et il était dans ma bouche doux comme du miel ; mais
après que je l’eûs avalé, il me causa
de l’amertume dans le ventre.
11. Alors il me dit : Il faut que tu prophétises
encore devant les nations, devant les hommes de diverses langues,
et devant plusieurs rois. [Parallèlement au verset 1, on peut lire, dans la Bhagavd
Gita, ces phrases (Onzième dialogue)
7. Vois aujourd’hui tout l’univers, mobile et immuable,
et tout ce que tu désires voir dans Mon seul corps.
8. Mais, en vérité, tu ne peux pas Me voir avec
tes yeux humains. Je te fais don de l’œil divin.
Contemple Mon yoga tout puissant.
« Sanjaya dit :
9. Ayant proféré ces paroles, ô Roi, le grand
maître du Yoga, Hari, révéla à Pârtha
sa forme suprême et souveraine.
10. Pourvu de bouches et d’yeux sans nombre, sous mille
aspects merveilleux, paré de joyaux divins, tenant levées
beaucoup d’armes divines.
11. Portant des guirlandes et vêtements divins, oint
de parfums célestes, le Dieu des miracles ; le Dieu
infini, se manifesta la face tournée de toutes parts.
12. Si la splendeur de mille soleils éclatait à la
fois dans les cieux, cela serait comparable au rayonnement de
ce grand Être.
13. Les fils de Pându virent tout l’univers divisé en
mille parties et réuni là dans le corps du Dieu
des Dieux. » Par
contre, il est écrit plus loin, dans l’Apocalypse :
XXII.
8. C’est moi, Jean, qui ai entendu et qui ai vu toutes
ces choses. Et après les avoir entendues et les avoir
vues, je me jetai aux pieds de l’ange qui me les montrait,
pour l’adorer.
8. Mais il me dit : Garde-toi bien de le faire ; car
je suis serviteur de Dieu comme toi, et comme tes frères
les prophètes, et comme ceux qui garderont les paroles
de la prophétie de ce livre. Adore Dieu.
10.Après cela il me dit : Ne scelle point les paroles
de la prophétie de ce livre ; car le temps est proche.
11. Que celui qui fait l’injustice, la fasse encore ;
que celui qui est souillé, se souille encore ; que
celui qui est juste, se justifie encore ; que celui qui
est saint, se sanctifie encore.
12. Je m’en vais venir bientôt, et j’ai ma
récompense avec moi pour rendre à chacun selon
ses œuvres. Citons
toujours l’Apocalypse :
IV. 2. … je vis au même instant un trône dressé dans
le ciel, et quelqu’un assis sur ce trône.
3. Celui qui était assis paraissait semblable à une
pierre de jaspe et de sardoine ; et il y avait autour de
ce trône un arc-en-ciel qui paraissait semblable à une émeraude.
4. Autour de ce même trône, il y en avait vingt-quatre
autres, sur lesquels étaient assis vingt-quatre vieillards
vêtus de robes blanches, avec des couronnes d’or
sur la tête.
5. Il sortait du trône des éclairs, des tonnerres,
et des voix, et il y avait devant le trône sept lampes
allumées, qui sont les sept Esprits de Dieu.
6 Vis-à-vis du trône, il y avait une mer transparente
comme le verre, et semblable à du cristal ; et au
bas du trône et à l’entour, il y avait quatre
animaux pleins d’yeux devant et derrière.
7. Le premier animal était semblable à un lion,
le second était semblable à un veau, le troisième
avait le visage d’un homme, et le quatrième était
semblable à un aigle qui vole.
8. Ces quatre animaux avaient chacun six ailes ; ils étaient
pleins d’yeux à l’entour et au-dedans ; … Tout
d’abord, les « vieillards ».
Isaïe en a déjà parlé. En effet, dans
Apocalypse, on peut lire (24, 23) : « La lune
rougira, le soleil aura honte, car Yahvé Sabaot deviendra
roi sur la montagne de Sion, à Jérusalem, et sa
gloire resplendira devant ses vieillards. »
Et dans l’Exode – Conclusion de l’alliance
(24, 9) : « Moïse monta, accompagné d’Aaron,
de Nadab, d’Abihu et de soixante-dix des anciens d’Israël.
Ils contemplèrent le Dieu d’Israël ; sous
ses pieds s’étendait comme un pavement de saphir
semblable, par sa pureté, au ciel lui-même. Il ne
porta pas la main sur les notables des enfants d’Israël,
et ils purent contempler Dieu. Ils mangèrent et ils burent.
« Yahvé dit à Moïse : « Monte
vers moi sur la montagne et demeures-y, que je te remette les tables
de pierre – la loi et les commandements – que j’ai écrites
pour leur instruction. Moïse se leva ainsi que Josué,
son serviteur, et ils gravirent la montagne de Dieu. Il avait dit
aux anciens : « Attendez-nous ici jusqu’à notre
retour. Vous avez avec vous Aaron et Hur. Que celui qui a un différend à régler
s’adresse à eux. Puis Moïse gravit la montagne.
« La nuée couvrit la montagne, et la gloire de
Yahvé s’établit sur le mont Sinaï que,
pendant six jours, la nuée recouvrit. Le septième
jour, Yahvé appela Moïse du milieu de la nuée.
Cette gloire de Yahvé revêtait, aux yeux des enfants
d’Israël, l’aspect d’une flamme dévorante
couronnant la montagne. Moïse pénétra dans la
nuée. Il gravit la montagne, sur laquelle il demeura quarante
jours et quarante nuits… » J’ai fait cette citation un peu longue, mais c’est
pour situer en même temps le moment où Moïse
reçut les tables de la Loi. Il est à remarquer
que ces vieillards sont les ‘anciens’ des hommes ;
ils représenteraient l’époque d’avant,
qui se termine, tandis que les tables de la Loi définissent
les règles du nouveau cycle. Ensuite, les Quatre animaux.
Concernant les quatre animaux, dans l’Apocalypse, on peut
lire ceci (IV, 6) : « Vis-à-vis du trône,
il y avait une mer transparente comme le verre, et semblable à du
cristal ; et au bas du trône et à l’entour,
il y avait quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière.
7. Le premier animal était semblable à un lion,
le second était semblable à un veau, le troisième
avait le visage comme celui d’un homme, et le quatrième était
semblable à un aigle qui vole. » Et
la citation suivante les décrit encore mieux.
Dans Ezéchiel - Introduction
« 1. La trentième année, au quatrième
mois, le cinq du mois, alors que je me trouvais parmi les déportés,
au bord du fleuve Kebar, le ciel s’ouvrit et je fus témoin
de visions divines. Le cinq du mois - c’était la cinquième
année d’exil du roi Joiakin - la parole de Yahvé fut
adressée au prêtre Ezéchiel fils de Buzi, au
pays des Chaldéens, au bord du fleuve Kebar.
« C’est là que la main de Yahvé fut
sur moi. Je regardai : c’était un vent de tempête,
soufflant du nord, un gros nuage environné d’une lueur,
un feu d’où jaillissaient des éclairs, et au
centre comme l’éclat du vermeil, au milieu du feu.
Au centre, je discernai quelque chose comme quatre animaux dont
voici l’aspect : ils avaient une forme humaine. Ils
avaient chacun quatre faces, et chacun quatre ailes. Leurs jambes étaient
droites et leurs sabots ressemblaient à des sabots de bœuf, étincelants
comme de l’airain poli. Des mains humaines apparaissaient
sous leurs ailes ; leurs faces, à tous les quatre, étaient
tournées vers les quatre directions. Leurs ailes étaient
jointes l’une à l’autre ; ils ne se tournaient
pas en marchant ; ils allaient chacun devant soi. Quant à leur
aspect, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre
avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient
une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient
une face d’aigle. Leurs ailes étaient déployées
vers le haut ; chacun avait deux ailes se touchant et deux
ailes lui couvrant le corps ; et ils allaient chacun devant
soi ; ils allaient là ou l’esprit les poussait ;
ils ne se tournaient pas en marchant.
« … Je regardai les animaux ; il y avait
une roue à terre, à côté d’eux,
de tous les quatre…. Et lorsque les animaux avançaient,
les roues avançaient près d’eux, et lorsque
les animaux s’élevaient de terre, les roues s’élevaient… Car
l’esprit de l’animal était dans les roues. » Je
vous répète la phrase qui dit : Quant à leur
aspect, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre
avaient une face de lion à droite, et tous les quatre
avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre
avaient une face d’aigle.
Je résume mes observations au sujet de ces animaux :
D’abord, il s’agit bien d’animaux ; du
moins ce qui est semblable à des animaux, et, parmi ceux-ci,
celui qui a le visage d’homme. Par la suite, on parlera
toujours des quatre animaux : celui qui a le visage d’homme
n’est donc pas un être humain, mais un animal.
Ensuite, les quatre animaux ne sont pas différents, car
tous les quatre :
1. ont une forme humaine
2. ont quatre faces, lion à droite, veau à gauche,
aigle sans précision d’orientation (le visage d’homme
et le visage d’aigle n’ont pas d’orientation
précisée ; on peut supposer que l’un
regarde devant et l’autre derrière. [temple d’Angkor) ;
3. pleins d’yeux devant et derrière [Janus].
Il y a aussi le fait qu’à côté de chacun
des animaux, il y a une roue , qui bouge en même temps
que l’animal, car l’esprit de l’animal est
dans la roue. Voyons
d’abord le fait que les quatre animaux ne sont
pas différents, et pourtant Jean les présente comme
différents. Dans l‘univers comme dans l’homme,
il y a un assemblage de différents courants de force,
de pensée, de sentiment. Aussi bien dans l’expression
universelle que dans le caractère humain, chaque courant
se manifeste de façon dynamique tout en restant concurrent
des autres courants qui demeurent à l’état
potentiel. Il faut remarquer que chaque animal est placé à un
point cardinal : chacun, investi des quatre courants, manifeste,
dans l’orientation où il est placé, le courant
qui lui est le plus spécial : le lion à droite,
le veau à gauche, l’homme devant et l’aigle
derrière. [Je m’abstiens de commenter ces quatre
apparences, car, d’une part, c’est assez expressif,
et d’autre part, chacun de nous a sa propre idée
là-dessus.]
Sur le plan personnel, même si quelqu’un est « fort », énergique,
sa façon d’agir, et même d’être,
reflète nécessairement les autres aspects de sa
personnalité. Cela diffère forcément de
celle d’un autre qui a, lui aussi, la volonté comme
caractéristique. Tous les rois ne sont pas semblables,
tous les instructeurs non plus, tous les ingénieurs, tous
les artisans, tous les maçons, personne n’agit et
ne se comporte de façon identique à celui qui a
la même caractéristique principale.
J’aimerais, dans ce contexte, citer ce passage de la Bhagavad
Gita : “Des Brahmanes et des Kshatriyas et des Vaisyas,
et aussi des Sudras, O Parantapa, les devoirs sont partagés
selon les qualités inhérentes dans la nature.”
Il est intéressant de lire les commentaires qu’en
a fait Shankarâchârya. “La source de la nature
(svabhava) du Brahmane est le guna de sattva; les sources de
la nature du Kshatriya sont rajas et sattva, le dernier étant
subordonné au premier; celles de la nature du Vaisya sont
rajas et tamas, le dernier étant subordonné au
premier; et celles de la nature du Sudra sont tamas et rajas,
le dernier étant subordonné au premier. Car, ainsi
qu’on peut le constater, les traits caractéristiques
de leurs natures respectives sont la sérénité,
la majesté, l’activité, et la lenteur d’esprit.”
Il s’agit là des castes, et je crois qu’il
serait intéressant de savoir que le mot caste, en sanscrit,
se dit varna, couleur. Donc, lorsque l’on rencontre le
mot « couleur » dans les textes sacrés,
surtout en Orient, il ne s’agit pas de la couleur de la
peau, donc des races comme on a l’habitude de le penser,
mais de la « couleur » intérieure
de chacun de nous. Sur
le plan universel, j’aimerais communiquer une image :
l’Orient est nécessairement teinté d’Occident,
du Nord et du Sud, peut-être même du Zénith
et du Nadir. Le soleil qui se lève à l’Est
s’est couché à l’Ouest, et a parcouru
le Nord et le Sud de la Terre (le « solstice » est
le moment où le parcours vers le Nord s’arrête
et où le soleil va vers le Sud). Le soleil qui se lève à l’Est
n’est donc pas le même pour un Oriental de l’hémisphère
septentrional, que pour un Occidental de l’hémisphère
méridional. J’ai bien dit « donc »,
car c’est la conséquence logique de cette influence
concurrente des quatre points cardinaux.
Le fait que les quatre animaux cités soient pleins d’yeux
devant et derrière est un autre point important.
Mais je rappelle que, selon Ezéchiel, les quatre « animaux » avaient
une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces, et chacun
quatre ailes. Leurs jambes étaient droites et leurs sabots
ressemblaient à des sabots de bœuf. J’ose à peine
dire ce que je pense. Mais, les jambes droites n’indiquent-elles
pas le redressement de l’animal à la stature humaine,
le passage à l’état d’homo erectus,
avec encore un « souvenir » du règne
animal, comme le montrent les sabots de bœuf ?
Si on y réfléchit bien, la Bible, et par conséquent
les Evangiles et l’Apocalypse, s’adressent à la
nouvelle humanité annoncée et baptisée par
le premier Jean, vêtu de peau de bête, qui vivait
dans le désert, qui baptise dans l’eau et qui annonce
que « quelqu’un vient, qui vous baptisera de
feu et d’esprit saint » ; cet esprit saint
est représenté par le H qui s’est ajouté aux
noms d’Abraham et de Sarah, lorsqu’ils conçurent
leur fils après une longue période d’infertilité.
Rappelons
qu’à la sonnerie de la septième trompette,
les vingt-quatre vieillards tombent de leur siège – devant
le trône de Dieu - et leur visage fut à terre…
Cela n’indiquerait-il pas la fin d’un cycle – où les
représentants actifs étaient bien « devant le trône
de Dieu », c’est-à-dire accrédités dans
leur fonction – et la venue d’un nouveau cycle, où les
vingt-quatre sont remplacés par un Dieu unique et son représentant,
le Christ ?
Ce serait l’avènement d’une nouvelle humanité – comme
nous venons de le voir avec Abram qui devint AbraHam et Sarai qui devint
SaraH, et dont le fils, Isaac, fut comblé de tous les biens de la
terre par son père.
à suivre... |
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