Le Lotus Bleu

Un des articles du Lotus Bleu de Février 2005

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ANNIE BESANT - la dimension universelle
d'une femme hors du commun

Nous sommes à Adyar, Quartier Général de la Société Théosophique, au cœur de Chennai, anciennement nommé Madras, au cœur de l’Inde, et ce n’est pas rien. Nous sommes le 20 septembre 1933, Annie BESANT s’éloigne doucement du monde physique alors qu’elle se préparait à fêter son 86ème anniversaire. Elle était Présidente de la Société Théosophique depuis 1907 et avait été Présidente de l’Indian National Congress en 1917.
Sur son tombeau, elle n’avait souhaité qu’une simple épitaphe : « Elle a cherché la Vérité ».

Les historiens diront d’Annie qu’elle fut une « meneuse d’hommes », Hommes s’écrivant avec un grand « H » comme dans « Humanité », d’autres la qualifieront de « Chef qui fait des chefs », je vois en elle pour ma part une femme en Quête de la Vérité s’épanouissant partout où réflexion et action tendent à replacer l’Humain au centre des préoccupations, l’Humain dans son Unité, et l’Humain dans la Fraternité.
Elle aura fait délibérément le choix de la Liberté, liberté de pensée comme liberté d’expression. Liberté qui lui permet la recherche de la Vérité.
Peut-être, à la fois combattante et prêtresse sur le chemin d’Isis.

Parlerons-nous d’Annie BESANT ou des Annie BESANT, tant ses facettes sont multiples ? Il me semble évident qu’il n’y a qu’une seule Annie, une Unité composée de différents cheminements œuvrant tous aux progrès spirituel, intellectuel et social de l’humanité.
Voilà pourquoi je vous propose de partir de la Genèse d’Annie, puis d’examiner sa période socialiste et européenne, ensuite sa période Théosophique et indienne, d’aborder alors sa période Maçonnique, enfin d’achever la synthèse, comme si cela était possible, de la vie de celle qui fut journaliste, féministe, socialiste, théosophe, fondatrice de l’instruction publique indienne, et franc-maçonne.

Genèse d’Annie BESANT.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire d’après son nom, Annie BESANT n’est pas française mais anglo-irlandaise. Elle est la fille d’un médecin, William WOOD, et de Emily MORISS. Elle est née à Londres le 1er octobre 1847 à 17h29 (Balance ascendant Bélier). Son père meurt alors qu’elle n’a que 5 ans. Sa mère, sans économie, trouve du travail dans une école et, ne pouvant s’occuper d’Annie, charge une de ses amies, Ellen MARRYAT, de s’occuper de son éducation. Annie Besant garde néanmoins le souvenir d’une enfance radieuse.
Enfant rêveuse, elle vit dès sa plus tendre enfance en symbiose avec une nature vivante, animée, habitée de ce qu’elle pressent comme une multitude d’êtres avec lesquels elle partage ses soucis et ses peines. Puis elle sera une belle jeune fille, intelligente, cultivée, franche, primesautière et d’une imagination peu commune.
En 1866, elle rencontre le Révérend Franck BESANT, pasteur de l’église anglicane. Elle a alors à peine 19 ans. Elle se marie et, à 23 ans, a déjà 2 enfants. En parlant d’elle en tant que femme mariée, elle dira être « habituée à la liberté, indifférente aux menus faits, impulsive, très coléreuse et orgueilleuse comme Lucifer ».
Mais Annie BESANT est profondément malheureuse, en partie parce que son esprit d’indépendance s’oppose aux conceptions traditionnelles de son mari, mais également parce qu’elle commence à se poser des questions sur ses convictions religieuses.
Ses préoccupations religieuses ne la quittent pas, les conflits avec son mari sont de plus en plus durs, et il lui ordonne, comme elle refuse de plier et de recevoir la communion, de quitter la maison. Le couple se sépare donc légalement en 1871. Annie BESANT a alors 24 ans. Elle part avec sa fille Mabel âgée de 1 an et laisse son fils Digby à son père. Cette séparation s’associera à sa rupture avec l’église, la religion et son dogme.
Elle se convertit aux idées matérialistes et anticléricales qui connaissent un succès grandissant dans les milieux intellectuels anglais.

C’est la fin de la première période de sa vie.

Amenée à subvenir à ses propres besoins, elle écrit des contes et les publie. Elle écrit régulièrement aussi pour un journal. Ses revenus lui suffisent à peine pour vivre. Intelligente, ayant les idées claires, elle écrit facilement, les mots se suivant avec aisance, et se corrigeant à peine. C’est à cette époque qu’elle lance une sorte de défi à la société. Elle se met à publier des pamphlets si acides et si bien dirigés qu’elle attire sur elle l’attention du public. Elle acquiert alors la sympathie des libres-penseurs et des Francs-Maçons.
Elle rejoint la « Fabian Society » et rencontre Charles BRADLAUGH « homme politique redouté, journaliste impitoyable, champion de l’athéisme et du socialisme romantique. Les deux amis s’unirent, très exaltés pour travailler en commun à RÉFORMER L’HUMANITÉ ». Charles BRADLAUGH est éditeur au « Radical National Reformer » et leader de ce mouvement en Grande Bretagne.

Ce terme Réformer l’Humanité est un programme à lui seul. L’intérêt d’Annie BESANT pour l’humanité est un intérêt fondamental et nous verrons comment au cours de sa vie cet intérêt s’est manifesté, comment il demeurera.

Les moyens d’y parvenir évolueront, prendront des formes différentes. C’est alors que, après avoir renié l’église et ses aspirations religieuses, elle va se lancer dans le socialisme. On la verra quelques années plus tard renoncer à cette seule voie, pour emprunter également celle de la Théosophie. De plus, sans abandonner la théosophie qui correspond à ses aspirations profondes, elle participera activement au développement de la Franc Maçonnerie mixte, participant à la construction de ce qui deviendra la Fédération Internationale du Droit humain et contribuant à sa dimension spirituelle et internationale.

Période socialiste et européenne.
Annie BESANT se lance donc dans l’action sociale au côté de BRADLAUGH. Son cheval de bataille sera l’émancipation des femmes. Et c’est dans cette perspective qu’elle militera pour le contrôle des naissances en reprenant les idées de MALTHUS dont elle se fera l’apôtre. Cela lui vaudra, avec BRADLAUGH, pour publications corruptrices et d’influences immorales, d’être condamnée à 6 mois de prison, sentence qui sera cassée par la cour d’Appel.
Elle militera également contre l’esclavage des blancs en défendant en particulier la cause des « allumetières » et elle sera la secrétaire permanente de leur syndicat : « L’union des Allumetières ». Elle défendra les droits des travailleurs et se battra pour leur émancipation dans cette Angleterre de la fin du XIXème siècle où le capitalisme florissant faisait la loi au détriment des individus. Elle se battra pour la loi des 12 heures, puis pour celle des 8 heures.

Le sort des enfants la préoccupe, et elle sera à l’origine des premières cantines scolaires qu’elle fera ouvrir un peu partout. Elle se battra pour obtenir des repas gratuits et une assistance médicale gratuite pour les enfants des familles les plus démunies.
Elle militera également pour le droit de vote des femmes et fera partie de ce que l’on appelait les « suffragettes ».
Sa bataille contre l’église et la religion se poursuit puisque, dans son parcours politique au côté de BRADLAUGH, elle soutient activement les socialistes qui militent pour l’abolition du serment religieux sur la Bible pour les députés. BRADLAUGH élu député du Northampton n’étant pas Chrétien et refusant de prêter serment sera exclu de la Chambre des Communes.
En 1878 elle demande à ce que les examens de l’enseignement supérieur soient ouverts aux femmes.

Toutes les idées du socialisme des années 1880-1890 trouvèrent en elle un écho favorable. Rien ne l’arrête, discours, démarches, procès, elle entraîne les foules, descend dans la rue, convainc les politiciens et fait voter des lois, convainc les autorités administratives.

Cependant, ces activités ne correspondaient qu’en partie à son tempérament, et elle estima bientôt « qu’elle perdait son temps à vouloir libérer l’humanité par de tels moyens ».

Les recherches philosophiques de son temps, le spiritisme et la théosophie l’attirent. Sa dimension spirituelle ne s’est pas amoindrie, et sans renier l’œuvre sociale à accomplir, elle pense que les changements, pour être plus profonds et plus durables, doivent faire appel à des vérités fondamentales de l’être humain.

La connaissance de ces vérités, pour la VÉRITÉ, passe par une connaissance fondamentale de l’homme, de soi, de ses propres dimensions et aspirations. Le combat pour l’humanité est un combat de forme, mais aussi de fond.

Sa rencontre avec Héléna Pétrovna BLAVATSKY, connue sous le sigle HPB, est à l’origine de sa décision d’abandonner le combat socialiste (mais non social). Nous sommes en 1889.Lorsque les 2 femmes se rencontrent, HPB dit à Annie BESANT :
« Ma chère Madame BESANT, j’ai si longtemps espéré vous rencontrer ».
Ce fut le point de départ d’une collaboration entre 2 gigantesques âmes en Quête de la Vérité, avec un engagement total à travailler au bien-être de l’humanité.

« Une grande responsabilité nous incombe », dira-t-elle dans une de ses conférences en 1927, c’est de comprendre l’origine des maux dont nous souffrons et de les faire cesser ».

C’est la fin de la 2ème période. Elle aura duré 18 ans. Elle a alors 42 ans.

Période Théosophie et indienne.
Annie BESANT adhère donc en 1889 à la Société Théosophique sous la présidence du Colonel Olcott.
Dans un discours qu’elle prononça le 30 Août 1891, elle annonce qu’afin de mener le combat en vue de la libération de l’Humanité elle quittait la « voie socialiste » et prenait la « voie théosophique ». Elle vient pour la première fois en Inde le 16 novembre 1893.

Quelle fut l’œuvre d’Annie BESANT en tant que théosophe ?

Tout d’abord, elle continua à faire de nombreuses publications, discours et conférences, un peu partout dans le monde. Elle reçut ce que certains nomment « l’appel des Indes » à Adyar et à Bénarès.
Elle fonda le Collège Indien de Bénarès, qui fut le premier établissement scolaire de la Société Théosophique. Elle créa ensuite plusieurs collèges pour développer l’instruction. Son objectif était l’émancipation des Indiens, et celui-ci ne pouvait passer que par l’instruction. Elle fut donc la fondatrice de l’instruction publique indienne.
Elle créa la « ligue des fils de l’Inde ». Elle voulait par là que les indiens s’engagent à être tous frères qu’elles que soient leur caste et leur religion. C’est alors qu’elle rencontra de sérieuses oppositions du gouvernement colonial en place et qu’elle sera emprisonnée à la suite d’une émeute, mais compte tenu de sa popularité, elle sera rapidement libérée.
Elle fonda l’association des boy-scouts indiens. Elle fut également fondatrice du « Home Rule League » (Ligue pour l’autonomie indienne), mouvement destiné à hâter le mouvement d’émancipation pour une Inde libre hors du joug de l’Angleterre, ce qui valu d’être internée pendant la première guerre mondiale par les autorités britanniques.
Elle manifesta vivement son hostilité au système des castes et au mariage des enfants.
C’est en Inde qu’elle rencontra GANDHI. Mais leurs méthodes pour parvenir à l’émancipation du peuple Indien n’étaient pas les mêmes : alors qu’Annie prônait la lutte avec pugnacité, GANDHI était partisan de la non-violence.
Nous avons vu qu’Annie BESANT, grande animatrice de l’émancipation féminine, avait fait son apprentissage à Londres dans la lutte sociale en faveur des femmes, mais également des pauvres et des faibles. La théosophie a confirmé chez elle sa volonté de participer à cette émancipation féminine, mais plus généralement des peuples soumis. Elle fut déléguée au « National Indian Congress » en 1914. A celui de Bombay en 1915, elle présentait son plan pour l’autonomie indienne. En Juin 1917 à Calcutta, elle en est élue Présidente.
Sur le site Internet du « National Indian Congress », Jai Hind », il est écrit dans l’éloge fait au Docteur Annie BESANT qu’elle était un orateur et un auteur au tempérament poétique, une véritable tornade de puissance et de passion. Elle déclarait elle-même, dans son journal « New India » en 1918 : « J’aime le peuple indien comme nul autre ».

Elle était Présidente de la Société Théosophique depuis 1907. Seconde Présidente Internationale après le Colonel Olcott.
Le 17 novembre 1909, elle rencontre KRISHNAMURTI et, confirmant l’intuition de LEADBEATER à son sujet, décide avec ce dernier de prendre son éducation en main.

Elle obtiendra son Doctorat de littérature sanscrite et d’histoire indienne à l’Université de Bénarès. Cela lui permettra, entre bien d’autres travaux, de traduire en anglais et de publier, avec le Dr et théosophe Bhagavan DAS, un très important et basique texte de l’Hindouisme : la Bhagavad Gita.

Enfin nous la retrouvons en France, non seulement dans les combats de rue contre la police mais également dans l’ambiance feutrée des Loges maçonniques.

Période maçonnique.
Dans le même temps, sans abandonner la théosophie où elle occupera une place de plus en plus importante, on lui parle d’une franc-maçonnerie qui accepterait aussi bien les femmes que les hommes. Une pareille idée fut accueillie par elle avec beaucoup de sympathie. Suffragette, nous l’avons vue attachée à tout ce qui pouvait permettre l’émancipation féminine et améliorer le sort des ouvriers, elle ne pouvait que souhaiter adhérer à ce mouvement.
Lorsqu’en 1902, elle a alors 55 ans, ARUBNDALE, que l’on trouve à ses côtés en Inde, lui parle de ce mouvement où l’on pratiquait la vraie fraternité, où les hommes et les femmes travaillaient côte à côte au perfectionnement de l’Humanité, elle voulut immédiatement être admise dans cette association. Elle fut initiée à Paris avec six de ses amis aux 3 premiers degrés. Puis, de retour en Angleterre, emportant une charte dans ses bagages, elle y fonda la 1ère Loge de la Maçonnerie mixte Internationale du Droit Humain.
C’est elle qui posa ainsi la 1ère pierre de l’internationalisme du Droit Humain. Mais toujours active, son sens de l’organisation d’une efficacité surprenante, elle fonde en peu de temps 3 nouvelles Loges à Londres, 3 au Sud de l’Angleterre, 3 au Nord, 3 au Nord-Ouest, et une en Écosse.
En 1904 en Hollande, elle rencontre à Amsterdam quelques Maçons d’obédience masculine. Intéressés par ce mouvement, ils collaborent à l’établissement de l’Ordre du Droit Humain en Hollande. C’est d’ailleurs là que se créèrent les premières Loges dites « ouvrières », réalisant ainsi un de ses rêves : l’émancipation ouvrière.
Son ardeur ne faiblissant pas, d’autres Loges furent formées en Grande Bretagne, en Amérique du Sud, au Canada, en Inde, à Ceylan, en Australie et en Nouvelle Zélande. Les Loges de tous ces pays sont unies sous le nom de « Fédération Britannique ».

Il est vrai que la structure internationale de la Société Théosophique à laquelle elle appartenait fut un support favorable au développement international du Droit Humain.
Il est vrai aussi que, portée par ses convictions théosophiques, son amour de la Vérité et la dimension spirituelle qu’elle considère comme indispensable pour œuvrer au progrès de l’Humanité, elle a donné à la maçonnerie mixte du DH, et plus particulièrement à celle de la Fédération Britannique, une dimension théosophique qui n’a pas été suivie de la même manière en France.
C’est elle qui introduisit au DH l’invocation au G.A.D.L.U., Grand Architecte de l’Univers. Certes, pour les socialistes athées dont elle avait porté haut et fort les idées plus tôt dans sa vie, cette invocation, qui pourrait être considérée comme déiste, devait être gênante. Cette invocation ne fait d’ailleurs toujours pas l’unanimité au sein de cette obédience.
Les tournures d’esprit de Georges MARTIN (fondateur du DH avec Maria DESRAISMES) et d’Annie BESANT étant très différentes, cela posa quelques problèmes. La conception de Georges MARTIN relève d’une démarche plus orientée vers le pragmatisme et l’action immédiate, alors que les théosophes procèdent d’une démarche d’inspiration plus spirituelle.
Apportant dans ses bagages la dimension théosophique de spiritualité et d’Unité, Annie BESANT a cherché avec la Maçonnerie Mixte à devenir Maître de tout son être, de son corps physique, de ses émotions, de ses pensées, afin de travailler fraternellement au progrès humain. Elle fut élevée au 33ème degré du Rite Écossais Ancien et accepté, et élue Grand Inspecteur du Rite Égyptien de Memphis-Misraïm.

Synthèse, si cela est possible.
La Théosophie, à laquelle s’est consacrée Annie BESANT pendant plus de 40 ans, répond à la fois à ses aspirations humanistes, spirituelles, voire religieuses. La Théosophie reconnaît l’Homme dans son intégralité.
A la fin du XIXème siècle et au début du X_ème où la pensée rationaliste domine, où le progrès de la science valorise la matérialisme au risque d’en faire un nouveau dogme, Annie BESANT se tournant vers la Théosophie a pu réaliser son épanouissement. Et c’est grâce à la Théosophie, qui reconnaît en l’Homme ses diverses dimensions et en particulier celle que le monde rationnel renie, c’est-à-dire la dimension spirituelle ou religieuse, qu’Annie BESANT a pu évoluer.
La théosophie reconnaît cela sans imposer aucun dogme, en refusant toute aliénation de l’individu sous quelque forme que ce soit et en s’autorisant à penser que l’homme détient en lui le pouvoir suprême, c’est-à-dire qu’il est apte à décider en toute liberté de sa propre destinée.
Une telle conception, c’est reconnaître en l’homme une dimension qui n’est pas simplement d’ordre matériel ou intellectuel mais aussi d’ordre spirituel, beaucoup moins palpable, saisissable, et fondé sur ce que l’on appellerait l’ésotérisme, du grec « esotericos », qui veut dire caché, à l’intérieur, par opposition à l’exotérisme, « exotoricos », qui veut dire à l’extérieur.
L’ésotérisme, ce qui est caché, c’est certainement là le vrai secret des initiés. C’est la connaissance de soi par l’intérieur, à l’intérieur, afin de trouver, découvrir en nous, notre dimension divine.
Voilà déjà longtemps que les alchimistes nous ouvraient la voie de cette introspection à partir de laquelle la transcendance est possible.
« Visita interiora Terrae. Rectificandoque. Invenies Occultum Lapidem »
« Visite l’intérieur de la Terre, et, te rectifiant, découvre la Pierre Occulte ».

Annie BESANT, cette « meneuse d’hommes », a œuvré sa vie durant pour la liberté physique et la liberté de pensée des femmes et des hommes. Ses aspirations religieuses, son désir ardent de comprendre lui ont fait rejeter tous les dogmes. La seule dimension matérielle de l’Homme ne lui était pas concevable. Quelque chose de supérieur, de plus fort en nous, pense-t-elle, nous gouverne. Et c’est Cela qui, sans qu’elle renonce à ses combats humanistes et humanitaires, lui a donné sa Dimension, redécouverte à travers la théosophie.

Quand ses forces ne lui permirent plus de porter la bonne parole dans tous les coins du monde, notre Sœur Annie BESANT se retira à Adyar, où elle avait fait construire un Temple maçonnique (1). Le 25 septembre 1933, Annie BESANT s’éloigne doucement du monde physique, alors qu’elle se préparait à fêter son 86ème anniversaire.
Sur son tombeau, elle n’avait souhaité qu’un seul épitaphe :

« Elle a cherché la Vérité »

Comment conclure ?
Annie inscrira son destin de femme hors du commun, sa dimension universelle, dans l’histoire du mouvement théosophique, dans l’histoire de l’Inde, dans l’histoire du monde.
Elle est un exemple, un exemple pour nous, pour nos enfants, pour l’humanité. Un exemple de courage, de volonté, de quête. Un exemple à être des exemples, à être exemplaire. Un exemple de Fraternité.

Fabien BERDAH

1. Note de l’éditeur : il y a également dans le domaine d’Adyar un bâtiment pour chacune des Grandes Religions.