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ANNIE
BESANT - la dimension universelle
d'une femme hors du commun
Nous
sommes à Adyar, Quartier Général de la Société
Théosophique, au cœur de Chennai, anciennement nommé
Madras, au cœur de l’Inde, et ce n’est pas rien. Nous
sommes le 20 septembre 1933, Annie BESANT s’éloigne doucement
du monde physique alors qu’elle se préparait à fêter
son 86ème anniversaire. Elle était Présidente de
la Société Théosophique depuis 1907 et avait été
Présidente de l’Indian National Congress en 1917.
Sur son tombeau, elle n’avait souhaité qu’une simple
épitaphe : « Elle a cherché la Vérité
».
Les
historiens diront d’Annie qu’elle fut une « meneuse
d’hommes », Hommes s’écrivant avec un grand «
H » comme dans « Humanité », d’autres la
qualifieront de « Chef qui fait des chefs », je vois en elle
pour ma part une femme en Quête de la Vérité s’épanouissant
partout où réflexion et action tendent à replacer
l’Humain au centre des préoccupations, l’Humain dans
son Unité, et l’Humain dans la Fraternité.
Elle aura fait délibérément le choix de la Liberté,
liberté de pensée comme liberté d’expression.
Liberté qui lui permet la recherche de la Vérité.
Peut-être, à la fois combattante et prêtresse sur le
chemin d’Isis.
Parlerons-nous
d’Annie BESANT ou des Annie BESANT, tant ses facettes sont multiples
? Il me semble évident qu’il n’y a qu’une seule
Annie, une Unité composée de différents cheminements
œuvrant tous aux progrès spirituel, intellectuel et social
de l’humanité.
Voilà pourquoi je vous propose de partir de la Genèse d’Annie,
puis d’examiner sa période socialiste et européenne,
ensuite sa période Théosophique et indienne, d’aborder
alors sa période Maçonnique, enfin d’achever la synthèse,
comme si cela était possible, de la vie de celle qui fut journaliste,
féministe, socialiste, théosophe, fondatrice de l’instruction
publique indienne, et franc-maçonne.
Genèse
d’Annie BESANT.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire d’après
son nom, Annie BESANT n’est pas française mais anglo-irlandaise.
Elle est la fille d’un médecin, William WOOD, et de Emily
MORISS. Elle est née à Londres le 1er octobre 1847 à
17h29 (Balance ascendant Bélier). Son père meurt alors qu’elle
n’a que 5 ans. Sa mère, sans économie, trouve du travail
dans une école et, ne pouvant s’occuper d’Annie, charge
une de ses amies, Ellen MARRYAT, de s’occuper de son éducation.
Annie Besant garde néanmoins le souvenir d’une enfance radieuse.
Enfant rêveuse, elle vit dès sa plus tendre enfance en symbiose
avec une nature vivante, animée, habitée de ce qu’elle
pressent comme une multitude d’êtres avec lesquels elle partage
ses soucis et ses peines. Puis elle sera une belle jeune fille, intelligente,
cultivée, franche, primesautière et d’une imagination
peu commune.
En 1866, elle rencontre le Révérend Franck BESANT, pasteur
de l’église anglicane. Elle a alors à peine 19 ans.
Elle se marie et, à 23 ans, a déjà 2 enfants. En
parlant d’elle en tant que femme mariée, elle dira être
« habituée à la liberté, indifférente
aux menus faits, impulsive, très coléreuse et orgueilleuse
comme Lucifer ».
Mais Annie BESANT est profondément malheureuse, en partie parce
que son esprit d’indépendance s’oppose aux conceptions
traditionnelles de son mari, mais également parce qu’elle
commence à se poser des questions sur ses convictions religieuses.
Ses préoccupations religieuses ne la quittent pas, les conflits
avec son mari sont de plus en plus durs, et il lui ordonne, comme elle
refuse de plier et de recevoir la communion, de quitter la maison. Le
couple se sépare donc légalement en 1871. Annie BESANT a
alors 24 ans. Elle part avec sa fille Mabel âgée de 1 an
et laisse son fils Digby à son père. Cette séparation
s’associera à sa rupture avec l’église, la religion
et son dogme.
Elle se convertit aux idées matérialistes et anticléricales
qui connaissent un succès grandissant dans les milieux intellectuels
anglais.
C’est
la fin de la première période de sa vie.
Amenée
à subvenir à ses propres besoins, elle écrit des
contes et les publie. Elle écrit régulièrement aussi
pour un journal. Ses revenus lui suffisent à peine pour vivre.
Intelligente, ayant les idées claires, elle écrit facilement,
les mots se suivant avec aisance, et se corrigeant à peine. C’est
à cette époque qu’elle lance une sorte de défi
à la société. Elle se met à publier des pamphlets
si acides et si bien dirigés qu’elle attire sur elle l’attention
du public. Elle acquiert alors la sympathie des libres-penseurs et des
Francs-Maçons.
Elle rejoint la « Fabian Society » et rencontre Charles BRADLAUGH
« homme politique redouté, journaliste impitoyable, champion
de l’athéisme et du socialisme romantique. Les deux amis
s’unirent, très exaltés pour travailler en commun
à RÉFORMER L’HUMANITÉ ». Charles BRADLAUGH
est éditeur au « Radical National Reformer » et leader
de ce mouvement en Grande Bretagne.
Ce
terme Réformer l’Humanité est un programme à
lui seul. L’intérêt d’Annie BESANT pour l’humanité
est un intérêt fondamental et nous verrons comment au cours
de sa vie cet intérêt s’est manifesté, comment
il demeurera.
Les
moyens d’y parvenir évolueront, prendront des formes différentes.
C’est alors que, après avoir renié l’église
et ses aspirations religieuses, elle va se lancer dans le socialisme.
On la verra quelques années plus tard renoncer à cette seule
voie, pour emprunter également celle de la Théosophie. De
plus, sans abandonner la théosophie qui correspond à ses
aspirations profondes, elle participera activement au développement
de la Franc Maçonnerie mixte, participant à la construction
de ce qui deviendra la Fédération Internationale du Droit
humain et contribuant à sa dimension spirituelle et internationale.
Période
socialiste et européenne.
Annie
BESANT se lance donc dans l’action sociale au côté
de BRADLAUGH. Son cheval de bataille sera l’émancipation
des femmes. Et c’est dans cette perspective qu’elle militera
pour le contrôle des naissances en reprenant les idées de
MALTHUS dont elle se fera l’apôtre. Cela lui vaudra, avec
BRADLAUGH, pour publications corruptrices et d’influences immorales,
d’être condamnée à 6 mois de prison, sentence
qui sera cassée par la cour d’Appel.
Elle militera également contre l’esclavage des blancs en
défendant en particulier la cause des « allumetières
» et elle sera la secrétaire permanente de leur syndicat
: « L’union des Allumetières ». Elle défendra
les droits des travailleurs et se battra pour leur émancipation
dans cette Angleterre de la fin du XIXème siècle où
le capitalisme florissant faisait la loi au détriment des individus.
Elle se battra pour la loi des 12 heures, puis pour celle des 8 heures.
Le
sort des enfants la préoccupe, et elle sera à l’origine
des premières cantines scolaires qu’elle fera ouvrir un peu
partout. Elle se battra pour obtenir des repas gratuits et une assistance
médicale gratuite pour les enfants des familles les plus démunies.
Elle militera également pour le droit de vote des femmes et fera
partie de ce que l’on appelait les « suffragettes ».
Sa bataille contre l’église et la religion se poursuit puisque,
dans son parcours politique au côté de BRADLAUGH, elle soutient
activement les socialistes qui militent pour l’abolition du serment
religieux sur la Bible pour les députés. BRADLAUGH élu
député du Northampton n’étant pas Chrétien
et refusant de prêter serment sera exclu de la Chambre des Communes.
En 1878 elle demande à ce que les examens de l’enseignement
supérieur soient ouverts aux femmes.
Toutes
les idées du socialisme des années 1880-1890 trouvèrent
en elle un écho favorable. Rien ne l’arrête, discours,
démarches, procès, elle entraîne les foules, descend
dans la rue, convainc les politiciens et fait voter des lois, convainc
les autorités administratives.
Cependant,
ces activités ne correspondaient qu’en partie à son
tempérament, et elle estima bientôt « qu’elle
perdait son temps à vouloir libérer l’humanité
par de tels moyens ».
Les
recherches philosophiques de son temps, le spiritisme et la théosophie
l’attirent. Sa dimension spirituelle ne s’est pas amoindrie,
et sans renier l’œuvre sociale à accomplir, elle pense
que les changements, pour être plus profonds et plus durables, doivent
faire appel à des vérités fondamentales de l’être
humain.
La
connaissance de ces vérités, pour la VÉRITÉ,
passe par une connaissance fondamentale de l’homme, de soi, de ses
propres dimensions et aspirations. Le combat pour l’humanité
est un combat de forme, mais aussi de fond.
Sa
rencontre avec Héléna Pétrovna BLAVATSKY, connue
sous le sigle HPB, est à l’origine de sa décision
d’abandonner le combat socialiste (mais non social). Nous sommes
en 1889.Lorsque les 2 femmes se rencontrent, HPB dit à Annie BESANT
:
« Ma chère Madame BESANT, j’ai si longtemps espéré
vous rencontrer ».
Ce fut le point de départ d’une collaboration entre 2 gigantesques
âmes en Quête de la Vérité, avec un engagement
total à travailler au bien-être de l’humanité.
«
Une grande responsabilité nous incombe », dira-t-elle dans
une de ses conférences en 1927, c’est de comprendre l’origine
des maux dont nous souffrons et de les faire cesser ».
C’est
la fin de la 2ème période. Elle aura duré 18 ans.
Elle a alors 42 ans.
Période
Théosophie et indienne.
Annie BESANT adhère donc en 1889 à la Société
Théosophique sous la présidence du Colonel Olcott.
Dans un discours qu’elle prononça le 30 Août 1891,
elle annonce qu’afin de mener le combat en vue de la libération
de l’Humanité elle quittait la « voie socialiste »
et prenait la « voie théosophique ». Elle vient
pour la première fois en Inde le 16 novembre 1893.
Quelle
fut l’œuvre d’Annie BESANT en tant que théosophe
?
Tout
d’abord, elle continua à faire de nombreuses publications,
discours et conférences, un peu partout dans le monde. Elle reçut
ce que certains nomment « l’appel des Indes » à
Adyar et à Bénarès.
Elle fonda le Collège Indien de Bénarès, qui fut
le premier établissement scolaire de la Société Théosophique.
Elle créa ensuite plusieurs collèges pour développer
l’instruction. Son objectif était l’émancipation
des Indiens, et celui-ci ne pouvait passer que par l’instruction.
Elle fut donc la fondatrice de l’instruction publique indienne.
Elle créa la « ligue des fils de l’Inde ». Elle
voulait par là que les indiens s’engagent à être
tous frères qu’elles que soient leur caste et leur religion.
C’est alors qu’elle rencontra de sérieuses oppositions
du gouvernement colonial en place et qu’elle sera emprisonnée
à la suite d’une émeute, mais compte tenu de sa popularité,
elle sera rapidement libérée.
Elle fonda l’association des boy-scouts indiens. Elle fut également
fondatrice du « Home Rule League » (Ligue pour l’autonomie
indienne), mouvement destiné à hâter le mouvement
d’émancipation pour une Inde libre hors du joug de l’Angleterre,
ce qui valu d’être internée pendant la première
guerre mondiale par les autorités britanniques.
Elle manifesta vivement son hostilité au système des castes
et au mariage des enfants.
C’est en Inde qu’elle rencontra GANDHI. Mais leurs méthodes
pour parvenir à l’émancipation du peuple Indien n’étaient
pas les mêmes : alors qu’Annie prônait la lutte avec
pugnacité, GANDHI était partisan de la non-violence.
Nous avons vu qu’Annie BESANT, grande animatrice de l’émancipation
féminine, avait fait son apprentissage à Londres dans la
lutte sociale en faveur des femmes, mais également des pauvres
et des faibles. La théosophie a confirmé chez elle sa volonté
de participer à cette émancipation féminine, mais
plus généralement des peuples soumis. Elle fut déléguée
au « National Indian Congress » en 1914. A celui de Bombay
en 1915, elle présentait son plan pour l’autonomie indienne.
En Juin 1917 à Calcutta, elle en est élue Présidente.
Sur le site Internet du « National Indian Congress »,
Jai Hind », il est écrit dans l’éloge fait au
Docteur Annie BESANT qu’elle était un orateur et un auteur
au tempérament poétique, une véritable tornade de
puissance et de passion. Elle déclarait elle-même, dans son
journal « New India » en 1918 : « J’aime
le peuple indien comme nul autre ».
Elle
était Présidente de la Société Théosophique
depuis 1907. Seconde Présidente Internationale après le
Colonel Olcott.
Le 17 novembre 1909, elle rencontre KRISHNAMURTI et, confirmant l’intuition
de LEADBEATER à son sujet, décide avec ce dernier de prendre
son éducation en main.
Elle
obtiendra son Doctorat de littérature sanscrite et d’histoire
indienne à l’Université de Bénarès.
Cela lui permettra, entre bien d’autres travaux, de traduire en
anglais et de publier, avec le Dr et théosophe Bhagavan DAS, un
très important et basique texte de l’Hindouisme : la Bhagavad
Gita.
Enfin
nous la retrouvons en France, non seulement dans les combats de rue contre
la police mais également dans l’ambiance feutrée des
Loges maçonniques.
Période maçonnique.
Dans le même temps, sans abandonner la théosophie où
elle occupera une place de plus en plus importante, on lui parle d’une
franc-maçonnerie qui accepterait aussi bien les femmes que les
hommes. Une pareille idée fut accueillie par elle avec beaucoup
de sympathie. Suffragette, nous l’avons vue attachée à
tout ce qui pouvait permettre l’émancipation féminine
et améliorer le sort des ouvriers, elle ne pouvait que souhaiter
adhérer à ce mouvement.
Lorsqu’en 1902, elle a alors 55 ans, ARUBNDALE, que l’on trouve
à ses côtés en Inde, lui parle de ce mouvement où
l’on pratiquait la vraie fraternité, où les hommes
et les femmes travaillaient côte à côte au perfectionnement
de l’Humanité, elle voulut immédiatement être
admise dans cette association. Elle fut initiée à Paris
avec six de ses amis aux 3 premiers degrés. Puis, de retour en
Angleterre, emportant une charte dans ses bagages, elle y fonda la 1ère
Loge de la Maçonnerie mixte Internationale du Droit Humain.
C’est elle qui posa ainsi la 1ère pierre de l’internationalisme
du Droit Humain. Mais toujours active, son sens de l’organisation
d’une efficacité surprenante, elle fonde en peu de temps
3 nouvelles Loges à Londres, 3 au Sud de l’Angleterre, 3
au Nord, 3 au Nord-Ouest, et une en Écosse.
En 1904 en Hollande, elle rencontre à Amsterdam quelques Maçons
d’obédience masculine. Intéressés par ce mouvement,
ils collaborent à l’établissement de l’Ordre
du Droit Humain en Hollande. C’est d’ailleurs là que
se créèrent les premières Loges dites « ouvrières
», réalisant ainsi un de ses rêves : l’émancipation
ouvrière.
Son ardeur ne faiblissant pas, d’autres Loges furent formées
en Grande Bretagne, en Amérique du Sud, au Canada, en Inde, à
Ceylan, en Australie et en Nouvelle Zélande. Les Loges de tous
ces pays sont unies sous le nom de « Fédération Britannique
».
Il
est vrai que la structure internationale de la Société Théosophique
à laquelle elle appartenait fut un support favorable au développement
international du Droit Humain.
Il est vrai aussi que, portée par ses convictions théosophiques,
son amour de la Vérité et la dimension spirituelle qu’elle
considère comme indispensable pour œuvrer au progrès
de l’Humanité, elle a donné à la maçonnerie
mixte du DH, et plus particulièrement à celle de la Fédération
Britannique, une dimension théosophique qui n’a pas été
suivie de la même manière en France.
C’est elle qui introduisit au DH l’invocation au G.A.D.L.U.,
Grand Architecte de l’Univers. Certes, pour les socialistes athées
dont elle avait porté haut et fort les idées plus tôt
dans sa vie, cette invocation, qui pourrait être considérée
comme déiste, devait être gênante. Cette invocation
ne fait d’ailleurs toujours pas l’unanimité au sein
de cette obédience.
Les tournures d’esprit de Georges MARTIN (fondateur du DH avec Maria
DESRAISMES) et d’Annie BESANT étant très différentes,
cela posa quelques problèmes. La conception de Georges MARTIN relève
d’une démarche plus orientée vers le pragmatisme et
l’action immédiate, alors que les théosophes procèdent
d’une démarche d’inspiration plus spirituelle.
Apportant dans ses bagages la dimension théosophique de spiritualité
et d’Unité, Annie BESANT a cherché avec la Maçonnerie
Mixte à devenir Maître de tout son être, de son corps
physique, de ses émotions, de ses pensées, afin de travailler
fraternellement au progrès humain. Elle fut élevée
au 33ème degré du Rite Écossais Ancien et accepté,
et élue Grand Inspecteur du Rite Égyptien de Memphis-Misraïm.
Synthèse,
si cela est possible.
La Théosophie, à laquelle s’est consacrée Annie
BESANT pendant plus de 40 ans, répond à la fois à
ses aspirations humanistes, spirituelles, voire religieuses. La Théosophie
reconnaît l’Homme dans son intégralité.
A la fin du XIXème siècle et au début du X_ème
où la pensée rationaliste domine, où le progrès
de la science valorise la matérialisme au risque d’en faire
un nouveau dogme, Annie BESANT se tournant vers la Théosophie a
pu réaliser son épanouissement. Et c’est grâce
à la Théosophie, qui reconnaît en l’Homme ses
diverses dimensions et en particulier celle que le monde rationnel renie,
c’est-à-dire la dimension spirituelle ou religieuse, qu’Annie
BESANT a pu évoluer.
La théosophie reconnaît cela sans imposer aucun dogme, en
refusant toute aliénation de l’individu sous quelque forme
que ce soit et en s’autorisant à penser que l’homme
détient en lui le pouvoir suprême, c’est-à-dire
qu’il est apte à décider en toute liberté de
sa propre destinée.
Une telle conception, c’est reconnaître en l’homme une
dimension qui n’est pas simplement d’ordre matériel
ou intellectuel mais aussi d’ordre spirituel, beaucoup moins palpable,
saisissable, et fondé sur ce que l’on appellerait l’ésotérisme,
du grec « esotericos », qui veut dire caché, à
l’intérieur, par opposition à l’exotérisme,
« exotoricos », qui veut dire à l’extérieur.
L’ésotérisme, ce qui est caché, c’est
certainement là le vrai secret des initiés. C’est
la connaissance de soi par l’intérieur, à l’intérieur,
afin de trouver, découvrir en nous, notre dimension divine.
Voilà déjà longtemps que les alchimistes nous ouvraient
la voie de cette introspection à partir de laquelle la transcendance
est possible.
« Visita interiora Terrae. Rectificandoque. Invenies Occultum Lapidem
»
« Visite l’intérieur de la Terre, et, te rectifiant,
découvre la Pierre Occulte ».
Annie
BESANT, cette « meneuse d’hommes », a œuvré
sa vie durant pour la liberté physique et la liberté de
pensée des femmes et des hommes. Ses aspirations religieuses, son
désir ardent de comprendre lui ont fait rejeter tous les dogmes.
La seule dimension matérielle de l’Homme ne lui était
pas concevable. Quelque chose de supérieur, de plus fort en nous,
pense-t-elle, nous gouverne. Et c’est Cela qui, sans qu’elle
renonce à ses combats humanistes et humanitaires, lui a donné
sa Dimension, redécouverte à travers la théosophie.
Quand
ses forces ne lui permirent plus de porter la bonne parole dans tous les
coins du monde, notre Sœur Annie BESANT se retira à Adyar,
où elle avait fait construire un Temple maçonnique (1).
Le 25 septembre 1933, Annie BESANT s’éloigne doucement du
monde physique, alors qu’elle se préparait à fêter
son 86ème anniversaire.
Sur son tombeau, elle n’avait souhaité qu’un seul épitaphe
:
« Elle a cherché la Vérité
»
Comment
conclure ?
Annie inscrira son destin de femme hors du commun, sa dimension universelle,
dans l’histoire du mouvement théosophique, dans l’histoire
de l’Inde, dans l’histoire du monde.
Elle est un exemple, un exemple pour nous, pour nos enfants, pour l’humanité.
Un exemple de courage, de volonté, de quête. Un exemple à
être des exemples, à être exemplaire. Un exemple de
Fraternité.
Fabien
BERDAH
1.
Note de l’éditeur : il y a également dans le domaine
d’Adyar un bâtiment pour chacune des Grandes Religions. |
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