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Ce
jour où les Mages vinrent...
Le
texte de Matthieu 2, 1-12 parle de la naissance de Jésus, descendant
d’Abraham par David, Salomon, Jacob et… Joseph, comme l’atteste
également Luc. Les deux Testaments indiquent clairement que Jésus
était fils de roi par la branche aînée et qu’à
ce titre, il pouvait prétendre au trône temporel d’Israël
(les disciples ne cessent d’y faire allusion) : sans cela, on ne
comprendrait pas le comportement d’Hérode. Les Mages viennent
d’Orient. Ceci est annoncé in Genèse, 25 ; Isaïe,
49,23 et 60, 6 : Psaume 72 ; Ezéchiel, 27, 22 ; Jérémie,
6, 20.
I.
CONTEXTE D’ISRAËL ET DE LA ROYAUTÉ DE JÉSUS
Abraham s’était installé, selon la tradition, avec
sa femme Sarah et toute sa famille, en Chaldée, précisément
à Ur (Genèse, 2), non loin du Golfe Persique. Nous pouvons
rapprocher ces noms d’Abram et de Sarah de ceux de Brahmâ
et de son épouse Sara-Svati. Or la Chaldée et le Royaume
de Saba (ou Sheba) sont les pays de provenance des Mages, et cela donne
sens au fait qu’il est écrit que Jésus parlait araméen,
langage nord sémitique.
A l’époque du Jésus historique, Rome régnait
sur la Palestine. L’agitation anti-romaine était endémique,
avec des tentatives d’instituer une république juive. Jésus
– comme en témoignent les textes cités plus haut –
pouvait donc légitimement monter sur le trône d’Israël,
et cela les Romains ne pouvaient l’admettre, non plus que le pouvoir
religieux, le Sanhédrin, qui se trouvait ébranlé
par la nouvelle Parole.
La venue des Mages dans la crèche (affirmation
ne figurant que chez Matthieu – qui ne donne d’ailleurs pas
leur nombre) se situait, il y a encore peu de temps, dans le calendrier
romain, le jour de l’Epiphanie, soit exactement 12 jours et 12 nuits
après Noël. Elle marquait la fin du cycle de Noël et
l’incarnation de l’Esprit.
Le terme « Epiphanie » signifie « manifestation de Dieu
aux humains ». En Égypte, le solstice d’hiver correspondait
à notre 6 janvier, donc à la naissance du Soleil. En Grèce,
c’était la date des Fêtes consacrées à
Dionysos. Quant aux événements autour de la naissance de
Jésus, ils sont liés au culte solaire, en particulier zoroastrien.
II. CRÉATION
DU MYTHE DE LA CRÈCHE
Matthieu parle de la venue des Mages en disant qu’ils
entrent dans le logis (il n’est aucunement fait allusion à
une crèche). Seul Luc parlera de la venue des bergers. La crèche
est une mangeoire à bestiaux (cripia en latin), une étable
par extension. Elle est vénérée, dès le 3ème
siècle, au lieu dit Bethléem. Or Bethléem est le
berceau de la famille de David, à 7 km de Jérusalem, et
signifie « la maison du pain » (Beth : maison ; léem
: pain). Ce n’est vraiment qu’au 16ème siècle
(la première fut exposée à Prague) qu’on place
les crèches dans les églises, puis, progressivement, dans
les foyers où les figurines vont aller se multipliant et se diversifiant.
Elles ont alors proliféré dans le monde entier.
A l’intérieur de cette matrice peu éclairée,
cinq personnages principaux :
- L’Enfant, au premier plan, figure le plan divin ;
- Marie et Joseph, au second plan, figure le plan humain ;
- l’âne et le bœuf, au dernier plan, figure le règne
animal.
En
étudiant cette configuration, on constate une identité totale
avec celle exprimée dans le Rig Veda indien : il y est écrit
que Agni, divinité du Feu, est né de la Vierge Mère
Maya et de Twâstri, le charpentier divin qui fabriquait le Svastika.
L’Enfant a été annoncé par l’étoile
Savabagraha, et leurs animaux accompagnateurs sont la Vache mystique et
l’Ane.
Il existe bien d’autres traditions, en Egypte, mais surtout en Inde
avec Christna ou Krishna, né de la Vierge Devaki (la Divine). Nous
retrouvons les cinq mêmes personnages dans l’Avesta, le Livre
Saint de Zarathoustra. Dans la Kabbale, Zoroastre est identifié
à Cham, l’un des trois fils de Noé, avec Sem et Japhet,
et père de Canaan (Genèse, 10, 18). Mithra sera le premier
à avoir parlé des anges et de leur hiérarchie, avant
l’exil des Hébreux à Babylone au 6ème siècle.
Mais
revenons à l’intérieur de la crèche.
a)
Jésus est symbolisé par l’agneau pascal innocent,
sacrifié, dont la consonance se rapproche de Agni, intermédiaire
entre les dieux et les hommes. Celui-ci, personnification du Soleil, chauffe,
éclaire, purifie ; il est une des deux forces qui permettent l’existence
du Cosmos, avec le Soma lunaire humide. Le mot « soma » a
donné « sève » et symbolise l’ivresse
sacrée, l’extase mystique.
b)
Marie, Myriam en hébreu, signifie « Mère de Dieu ».
Elle est l’avatar de Mayâ, déesse prestigieuse, compagne
de Varuna dans une autre tradition indienne, distributrice de la Beauté.
En hébreu, on la dit Almah, ce qui signifie « jeune vierge
». Elle peut être associée à la Déesse-Mère,
sous quelque nom qu’elle se présente : Isis, Nout, Gaïa,
Déméter…
Si elle n’est pas une figure dominante dans les Evangiles synoptiques,
elle fut cependant très rapidement un objet de culte, désignée
par Theotocus comme « Mère de Dieu », lors du Concile
d’Ephèse (capitale de la Déesse Vierge-Mère
Artémis) en 431. Le Concile de Chalcedon, en 451, la déclare
Vierge. Cela ne devint cependant un dogme qu’en 1854, avec Pie IX.
Ce qui fut plus tard renforcé par Pie XII.
c)
Joseph se dit en hébreu Yoseph, « que Dieu ajoute ».
Jusqu’au 14ème siècle, on n’en parlait guère.
Nous avons vu qu’on le dit charpentier comme Twâstri, alors
qu’il était fils de roi. Il tiendrait plutôt un rôle
de Patriarche d’Israël, juste et sage, tels Abraham ou Noé.
d)
L’âne est souvent associé au diable dont il serait
la création, alors que le taureau est celle de Dieu. Il est l’emblème
des forces obscures, associé à Saturne, second soleil, étoile
d’Israël. Le vieil homme à dépouiller, c’est
l’âne qui est en nous. Le fait même que l’Enfant
soit à la pointe du triangle, à l’avant du tableau,
témoigne que l’âne permet aux forces instinctives d’être
contrôlées, canalisées, car elles sont incontournables.
Le Christ est au juste milieu de forces apparemment contradictoires, en
réalité complémentaires.
e)
Le bœuf – ou buffle – est le symbole de Luc, du sacerdoce.
Pourtant, le bœuf et l’âne ne figurent, ni dans l’Evangile
de Luc, ni dans celui de Matthieu. Le bœuf est l’emblème
tibétain de Yama, déité de la Mort. Il est principe
spirituel mâle actif tel le bœuf Apis égyptien.
III. PRÉSENCE
DES MAGES
Cette double appartenance à la royauté
et au sacerdoce est fondamentale. Voici ces Hommes Sages venus d’Orient,
en ces jours (et ces nuits) où ils se déplacèrent
pour suivre un chemin initiatique vers un Etre de Lumière.
a)
Qui sont-ils ?
Ce sont des sages, membres de la caste sacerdotale, appartenant à
la tribu mède, seule détentrice du pouvoir religieux en
Perse (Maga). Ce sont les héritiers de Zoroastre, poursuivant le
culte d’Ahura Mazda. Astrologues, philosophes, prêtres du
feu, guérisseurs, purificateurs et sacrificateurs tout ensemble,
ce sont également des hommes de science. Pratiquant la théurgie,
ils connaissent les moyens d’utiliser les secrets de la Nature.
Le terme Maga, Magus, Mage, sera en Occident, dans les premiers siècles
de notre ère, synonyme de « sectateur de Zoroastre »
et de « servant du culte d’Ahura Mazda ». Platon nommera
« magie » tout ce qui est occulte. Les trois Mages représentent,
dans ce contexte, les trois étoiles d’Orion.
b) D’où
viennent-ils ?
Les Mages viennent du nord-ouest de la Perse, et
la tribu mède à laquelle ils appartiennent a du être
une des premières à se convertir au mazdéisme et
à suivre Zarathoustra. Bien que Matthieu ne donne pas leur nombre,
la tradition veut qu’ils soient trois, nombre récurrent dans
cet épisode comme dans bien d’autres.
MELCHIOR est roi d’Arabie, le plus âgé.
Dans l’iconographie usuelle, il porte une barbe grise et offre de
l’or pour signifier la royauté du Christ. Malkî (roi)
et or, roi de lumière, incarne la richesse mais surtout la Lumière
spirituelle. Il est associé au Lion, au soleil, au feu.
BALTHAZAR. En persan, Azar signifie « Ange
de Feu » (ou Atash), divinité qui présidait au 9ème
mois du calendrier perse. Équivalent de Agni en Inde, c’est
un Yasata, déité protectrice du panthéon mazdéen.
Il offre de l’encens pour reconnaître le Christ hiérophante.
Le début de son nom pourrait être une déformation
de Baal, avec un jeu de mot sur Sâr, le Prince de Baal, nom générique
d’une déité phénicienne, araméenne et
cananéenne. En hébreu, il se nomme Beliassar. Il porte le
même nom que le fils de Nabuchodonosor, dernier roi de Babylone,
celui qui fut assassiné par les Perses, et auquel succéda
Darius…
GASPAR serait roi de Tarse, au bord de la Mer Caspienne,
la Tarsus turque, région qui fut tour à tour occupée
par les Hittites, les Grecs et les Romains. Il serait de la race de Japhet.
Le nom peut provenir de l’hébreu Gathaspa, « celui
qui vient voir ». Gaspar est représenté généralement
jeune, offrant de la myrrhe dont les vertus médicinales désignent
l’Enfant comme guérisseur, prophète et grand physicien.
Au deuxième millénaire, tous les peuples indo-européens
d’Anatolie centrale ont abouti, au temps de Jésus, à
une confrontation entre deux mondes : sémite et arien/indoeuropéen,
avec les cultes de Ahura Mazda et de Mithra.
c) Pourquoi viennent-ils
?
Les Mages viennent d’Orient, origine de la
Lumière et représentant la spiritualité face à
l’Occident matérialiste, la sagesse face à l’agitation,
la vie contemplative face à la vie active, la métaphysique
face à la psychologie. Ils voyagent en quête de vérité.
Merveilleux paradoxe qui leur permet de trouver l’Esprit au cœur
de la matière (tels le yin et le yang intrinsèquement mêlés).
Ils effectuent symboliquement et réellement un voyage à
l’intérieur d’eux-mêmes et cheminent vers une
nouvelle initiation.
Ils suivent une étoile qui s’immobilisera au-dessus du «
logis » de l’Enfant Roi. Elle les guidera pour manifester
la naissance d’un Messie (Oracles de Balaam. Nombres, 24, 17). Après
avoir adoré l’Enfant, ils repartent, complètement
transformés.
Ils s’arrêtent à Jérusalem où les attend
l’épreuve du mensonge : Hérode souhaite mettre à
mort son rival éventuel à venir. Les Mages, prévenus
par un ange, repartiront « par un autre chemin », car,
après avoir contemplé l’Essence divine, ils sont différents
au retour de leur itinéraire. Suivis par le massacre des Innocents,
qui scelle par le sang le changement d’un monde, ils marchent, comme
les alchimistes, dans l’obscurité, pour parvenir au Grand
Œuvre, et portent avec eux des présents qui ont sens.
d) Symbolisme des
présents et de l’étoile
1. L’OR est le métal le plus pur et
représente la lumière, l’illumination. Il est le plomb
transmuté, symbole de rédemption, de Connaissance, l’élément
Feu, yang. Chez les Egyptiens, il est la chair même de Râ,
donc de Pharaon. Ici il symbolise le Messie (en hébreu Mâsiah,
« oint du Seigneur »), l’image idéale du Sauveur
de l’humanité reconnu par les Mages.
2. L’ENCENS, qui élève les pensées et la prière,
est l’expression de la fonction sacerdotale qui consacre la Divinité
de l’Enfant. Son nom vient du latin incendere, « allumer ».
Il s’agit d’une résine indienne qui aide à la
perception de la Conscience cosmique. L’encens symbolise l’incorruptibilité
et peut être associé à l’élément
Air et à la Lune.
3. La MYRRHE est une gomme résineuse odorante et aromatique, privilège
des dieux, qui provient d’Arabie. Elle symbolise la mort, celle
du corps éphémère, mais elle annonce la future souffrance
rédemptrice du Christ, sa passion. Elle est donc associée
à la Terre.
4. Le quatrième élément de
notre tradition occidentale est l’eau du baptême. Ce qui permet
d’évoquer l’ÉTOILE, signe d’eau, lumière
lointaine dans l’infini de la nuit, symbole d’espoir car elle
repousse les ténèbres. Elle est, depuis plus de 5000 ans,
messagère de la Divinité et de l’Esprit manifesté.
Quant à l’étoile de Jacob ou de Jude, elle se trouve
dans la constellation de la Vierge, ce qui n’est pas un hasard.
Pour les Égyptiens, l’étoile représente le
fils d’Isis et de Râ. N’est-ce pas le symbole de cet
Etre éveillé qui apparaîtra en Palestine ? Ainsi,
entre Perse et Egypte, se noue à Bethléem un mystère
qui tisse le lien entre Orient et Occident méditerranéen.
IV. EXTENSION SYMBOLIQUE
ET/OU LÉGENDAIRE ET HISTORIQUE
a) La récurrence
du nombre trois
Dans la symbolique zoroastrienne, les trois Mages
prophétisés, nombre de l’Esprit, figurent le triple
sentier : pensées justes, paroles justes, actions justes. Si la
royauté céleste est dans le Christ, la royauté terrestre
est dans la trinité des Mages. Ce n’est que plusieurs siècles
plus tard, avec la naissance de l’art byzantin, qu’ils seront
représentés de trois couleurs de peau ou de manteau, pour
signifier l’universalité du Nouveau Né , trois âges
(jeunesse, maturité, vieillesse), trois cadeaux…, et qu’on
leur attribuera leurs noms actuels plus sémites.
b) Mythologie construite
sur les Mages
L’Impératrice Hélène,
mère de Constantin 1er, aurait découvert, au 4ème
siècle, le corps des Mages lors d’un pèlerinage en
Perse, et les aurait rapportés à Constantinople, dans la
mosquée de Sainte Sophie. Puis Constantin les aurait fait transporter
à Milan où l’on construisit pour eux une basilique.
En 614, les Perses protégèrent l’église de
la Nativité à Jérusalem, lors de leur invasion de
la ville, car elle possédait des fresques représentant les
trois Mages vêtus à la mode perse. Aujourd’hui, leurs
reliques seraient dans la cathédrale de Cologne, fief des Habsbourg,
ce qui nous conduit tout droit aux Mérovingiens.
c) Symbole de la
fève
Début janvier, lors des Saturnales romaines,
on élisait le roi avec des fèves blanches et noires pour
les scrutins. Orphée et Pythagore demandaient de ne pas manger
de fèves car elles incarnaient les âmes des morts. Pour Pline,
les fèves sont les symboles de la prospérité des
morts. Depuis les Egyptiens, en passant par les Grecs et les sociétés
méditerranéennes agraires, elles sont le lien avec les Immortels
et sont liées à la réincarnation. La fève
n’est donc pas anodine dans la galette solaire car elle symbolise
l’embryon, l’enfant mâle à venir.
d) En
274, l’Empereur Aurélien fait du 25 décembre la fête
de la naissance du soleil. Parallèlement, le culte de Mithra, dieu
aryen du soleil, est à son apogée. Ce n’est qu’en
354 que l’Eglise date la naissance du Christ le 25 décembre,
ce qui correspond à la date de naissance de bien des déités
solaires antérieures : Bouddha, Krishna, Mithra, Horus (son nom
peut glisser vers Yeshua, Insa, Iesu), Adonis, Hercule (fils de Jupiter,
fils de dieu), Dionysos, Hermès (lui aussi fils de Zeus et de Maia),
Bacchus, Freyr (fils d’Odin). Tous nés d’une vierge-mère,
dans un abri obscur.
Les Celtes et les Germains fêtaient le solstice d’hiver le
25 décembre, en présence d’un sapin, symbole de l’arbre
de l’Eden et de l’immortalité puisqu’il est toujours
vert. Cette tradition du sapin de Noël est née en Alsace au
12ème siècle. Arbre de l’Eden, comme il a été
dit, il n’était décoré que de pommes accrochées
aux branches. Au 16ème siècle, on y ajoute des roses pour
représenter la Vierge. Les boules d’aujourd’hui en
sont un substitut.
Les Églises orientales célébraient Adam et Eve le
24 décembre ! Mais l’Eglise catholique s’opposa à
cette coutume du sapin toujours vert, et ce pratiquement jusqu’à
la dernière Guerre Mondiale, malgré son extension dans toute
l’Europe et le Nouveau Monde. Elle a finalement entériné
la coutume en posant une étoile au sommet de l’arbre, étoile
qui guida les Mages. Douze jours après la Nativité, le jour
donc de l’Epiphanie, on détruisait le sapin pour le jeter
au feu : encore un hommage solaire.
CONCLUSION
Les Mages astronomes sont la clé de la compréhension
du mythe de la naissance de Jésus. Venus d’Orient chercher
la Lumière au cœur de l’obscurité, ils constituent
un triangle parfait. Ils réconcilient, en trouvant l’Enfant,
le Graal, les parties dissociées du monde et de l’intérieur
de l’être. Leur reconnaissance d’un Etre Eveillé,
roi, hiérophante, prophète, scelle l’universalité
de l’événement « et marque un point de jonction
entre deux mondes : celui de la Vengeance (« œil pour
œil, dent pour dent ») et celui de l’Amour («
aimez-vous les uns les autres », comme l’avait déjà
dit Lao Tseu). La Lumière repousse le dogme.
Il ne s’agit pas d’un syncrétisme mais d’une
harmonisation de forces opposées. Les Mages adhèrent à
l’événement. Le déplacement de ces hauts dignitaires
est une réponse à un appel. Leurs offrandes sont la manifestation
matérielle de leur dimension spirituelle, l’acte de reconnaissance
d’un Être Eveillé, l’adhésion à
la révolution intérieure.
Christine
TOURNIER |
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