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Madame
Blavatsky, en l’honneur de qui cette conférence fut
organisée, était, selon ses instructeurs, « une femme
d’un talent merveilleux et exceptionnel ». Elle était
douée non seulement de ce qui apparaît comme un talent aux
yeux du monde, ce qui est, avec des capacités et le génie
intellectuel, d’une nature extraordinaire, mais aussi d’une
perception pénétrante, lui permettant de voir à travers
les vérités cachées de la nature et de la vie. En
hommage et par gratitude envers elle, nous allons chercher ici à comprendre
le problème de l’enchaînement de l’homme et de
sa libération, un problème sur lequel elle a versé beaucoup
de lumière, mais que chaque individu doit comprendre et aplanir
par son propre effort, bien qu’il soit aidé par des guides
plus éclairés.
H.P.B. déclare sans hésitation, que bien que la Théosophie
ne soit pas une religion, elle est la Religion elle-même. Elle est
la Religion-Sagesse, la source dans laquelle se trouve l’origine
de toutes les religions véritables enseignées dans le monde.
C’est la “Sagesse Divine telle celle que possèdent les
Dieux” (2). C’est un dévoilement des anciennes, très
anciennes vérités. Bien qu’elle soit propagée
sous diverses formes, elle demeure cependant la sagesse secrète
ou la doctrine secrète connue dans l’Inde antique sous le
nom de Gupta Vidya, car son essence est incommunicable, puisqu’elle
est une soi-révélation, un rayonnement continu des énergies
qui, jusque-là, étaient latentes. “L’illumination
doit venir de l’intérieur” (3).
Selon les termes d’H.P.B., “une religion dans le sens véritable
et correct, est un lien qui unit tous les hommes et non pas un ensemble
particulier de dogmes et de croyances. La religion, per se, dans son sens
le plus large est ce qui lie non seulement les hommes, mais également
tous les êtres et toutes les choses dans l’Univers entier en
un seul grand tout”(4). C’est un lien d’unité embrassant
tout, si universel que personne, ni aucun grain de poussière - depuis
les dieux, les mortels jusqu’aux animaux, aux brins d’herbe
et aux atomes - ne peut être en dehors de sa lumière. Sur
la vérité d’une telle Religion-Sagesse, connue autrement
comme la Théosophie, est fondé le premier but de la Société Théosophique
qui cherche à promouvoir une fraternité universelle sans
aucune exception. La fraternité universelle visée par la
Société Théosophique ne peut être une fraternité sans
vigueur, un rassemblement de personnes à un niveau externe, ni un
désir d’apporter une meilleure relation sociale. Elle doit être
enracinée plus profondément et doit conduire tous ceux qui
acceptent les buts de la Société vers une réalisation
toujours plus ferme de cet Être Unique qui est le principe donnant
la vie à tous, étant le lien d’unité entre eux.
La fraternité universelle devrait avoir une qualité et un
pouvoir “générateurs pratiques”, si elle est
d’une valeur réelle.
CONNAÎTRE PAR L’EXPÉRIENCE
PERSONNELLE
Des étudiants
sérieux de la Théosophie doivent souhaiter
faire plus que d’étudier théoriquement les vérités
qui sont enseignées dans la littérature théosophique.
Ils doivent s’efforcer de connaître la vérité par
leur propre expérience personnelle concernant l’acquisition
de la sagesse et de l’énergie nécessaire afin d’aider
les autres de manière efficace et judicieuse, au lieu de le faire
aveuglément et au hasard (5). C’est seulement dans la mesure
où la vérité fondamentale de l’Existence Unique
Invisible est graduellement réalisée par l’étude
de ce que nous appelons Théosophie, qu’elle est réellement
la Théosophie. La spéculation purement intellectuelle,
la simple argumentation sur les sujets cosmologiques et anthropologiques,
ainsi que la compréhension uniquement conceptuelle des divers
détails contenus dans l’importante littérature théosophique
mise à notre dispo-sition n’est pas connaître la Théosophie. “La
reconnaissance des étapes les plus élevées de l’homme
sur cette planète n’est pas atteinte par la simple acquisition
du savoir. Des volumes d’informations parfaitement construites
ne peuvent révéler à l’homme la vie dans des
régions supérieures. Nous devons avoir une connaissance
des faits spirituels par l’expérience personnelle” (6).
Le mot “supérieur” signifie spirituellement plus parfait,
comme l’auteur du passage l’a montré ailleurs.
Comme il est dit dans la brochure intitulée “Comment étudier
la Théosophie selon Madame Blavatsky” : “Il est plus
qu’inutile d’aller vers ceux que nous imaginons être
des étudiants avancés et de leur demander de nous donner
une interprétation de la Doctrine Secrète. Ils ne peuvent
le faire. S’ils essaient de le faire, tout ce qu’ils donnent
ne sont que versions exotériques découpées et desséchées
qui ne ressemblent pas à la Vérité, même de
manière lointaine. Accepter une telle interprétation signifie
nous ancrer dans des idées fixes, alors que la Vérité s’étend
au-delà de toutes idées que nous puissions formuler ou
exprimer”. Les interprétations exotériques peuvent être
utiles si elles sont considérées comme de simples indications
et rien de plus. “Si quelqu’un s’imagine avoir une
image satisfai-sante de la constitution de l’Univers dans La Doctrine
Secrète, il aura seulement de la confusion en l’étudiant.
Elle n’est pas destinée à donner un sens définitif
quel qu’il soit à l’existence, mais à nous
conduire vers la Vérité”.
H.P.B. indique qu’en étudiant La Doctrine Secrète
- on pourrait aussi bien dire en étudiant la Théosophie
- l’esprit doit être fermement attaché à certaines
vérités fondamentales dont la première, selon elle,
est l’Unité fondamentale de l’Existence en tant que
Tout. En s’attachant à cette vérité, à quelque
niveau que ce soit, pendant l’étude, pendant la vie et pendant
l’action, une attention religieuse apparaît, attention qui
doit être le commencement de la véritable connaissance théosophique. “L’Esprit
ou la Vie est indivisible”(7). “Chaque molécule est
une partie de la vie universelle” (8). L’orientation vers
l’Invisible Un et l’aperçu intuitif sur la vérité de
l’Un, sont l’attention religieuse. La Théosophie elle-même
n’étant autre que la Religion dans le sens le plus vrai
du mot, son étude doit amener à une telle attention religieuse.
Nous pouvons rappeler ici cette déclaration pleine de sens et
d’une grande portée, que le premier pas est le dernier pas
(9). Il se peut que ceci soit interprété comme signifiant,
entre autres, que si l’on voulait avancer dans une certaine direction,
même le premier pas devrait être fait dans cette direction
et non pas dans la direction opposée. La direction opposée
ne pourrait conduire que vers la contre- vérité. Par conséquent,
si la Religion-Sagesse est ce que nous cherchons à réaliser,
dès le commencement de nos études, notre vie et nos actions
doivent être d’une nature telle que, venant d’elles,
s’élève le sens de quelque chose de religieux qui
nous emporte dans la bonne direction.
H.P.B. explique la vérité de l’unité comme
suit “Cette unité est une chose totalement différente
de la notion habituelle de l’unité - comme lorsque nous
disons qu’une nation, ou une armée, est unie... - l’existence
est Une, non pas une collection de choses liées ensemble. Fondamentalement,
il y a l’Être Unique, l’Être Absolu, il n’y
a rien d’autre en dehors de Lui. Il est Tout-Êtreté.
II est indivisible, sinon Il ne serait pas absolu. Si une partie pouvait
se séparer, ce qui demeurerait ne pourrait être absolu,
parce que s’élèverait immédiatement la question
de comparaison entre cela et la partie séparée. La comparaison
est incompatible avec toute idée de l’absolu (10)”.
LA SOUFFRANCE ET LE MAL
La
Katha Upanishad, une œuvre ancienne, affirme que celui qui ne
voit que diversité ici (c’est à dire dans la création)
va de la mort à la mort. Il est absolument nécessaire de
dire que c’est en voyant la diversité que l’homme
engendre pour lui-même la souffrance. En séparant le “moi” du “toi” et
des autres, il passe sa vie en compétitions, en conflits, en tentatives
infructueuses de devenir plus - plus puissant, plus important, plus reconnu,
ainsi de suite. Parce que les yeux de l’homme n’ont pas encore été illuminés
par la perception religieuse, la nature humaine et la vie humaine sont
restées les mêmes pendant des millions d’années.
Montrant ceci, un sage écrit : ”C’est la
même
chose maintenant qu’il y a un million d’années. Des
préjugés fondés sur l’égoïsme,
une absence totale de la volonté d’abandonner l’ordre établi
des choses pour de nouveaux modes de vie et de pensée... L’orgueil
et la résistance obstinée vis-à-vis de la Vérité parce
que cette dernière ne fait que bouleverser leurs précédentes
notions des choses. Telles sont les caractéristiques de votre époque.
(11)” Toutes les sociétés humaines, structurées
comme elles le sont par la pensée, incitent et soutiennent ces émotions,
ces pensées, ces théories et ces actions qui conduisent à la
séparation toujours croissante et en conséquence à de
plus en plus de souffrance. La souffrance et le mal sont les produits
jumeaux de la contre-vérité de l’esprit divisé et
diviseur de l’homme.
La souffrance et le mal n’existent tous deux que dans la sphère
d’existence humaine. Bien que les animaux souffrent - et malheureusement
ils souffrent d’atroces tortures provenant de la cruauté humaine
- ils n’ont pas à endurer la souffrance, qui est le lot
des humains uniquement, car la souffrance vient du mental. La souffrance
est une partie de l’assujettissement du mental au passé.
Elle est le souvenir des expériences passées et la projection
d’événements futurs et elle est la soi-conscience
de ses propres conditions. Le mal non plus n’existe pas en dehors
de la sphère humaine. La Nature ne contient pas le mal. Un tigre
se jetant sur un cerf agit selon sa nature, inconsciemment et innocem-ment,
libre du mal. Mais doté du mental et de la capacité de
penser au sujet du bien et du mal, l’être humain invente
le mal, s’étant écarté de sa propre nature
et ayant perdu son innocence et sa spontanéité. Tout ce
que nous considérons comme le mal est uniquement le résultat
de l’action humaine. “Le véritable mal provient de
l’intelligence humaine et son origine demeure entièrement
dans l’homme raisonnant qui se dissocie lui-même de la Nature.
Ainsi l’humanité seule est la véritable source du
mal (12)”.
LA
SAGESSE EST “PRATIQUE”
La
pureté est reconquise quand l’action naît d’une
attention religieuse dans laquelle il n’y a pas de séparation
entre le “moi” et les autres. La sagesse consiste en une
telle action. La sagesse est dans tous ses aspects, différente
du savoir. Le savoir, dans le sens ordinaire du mot, est la connaissance
des faits. C’est une accumulation d’informations. II n’exige
pas que l’action s’accorde aux faits ou aux informations
connus. La sagesse est d’un caractère tout à fait
différent, car elle ne peut exister sans se traduire en qualité de
relation et d’action. Par conséquent, la sagesse est toujours “pratique”.
S’il y a divergence, que ce soit entre la pensée et l’action
ou entre la théorie et la pratique, la sagesse est absente. Une
telle divergence est un déni à la vérité.
La Théosophie, étant la Religion-Sagesse, exige qu’il
y ait une progression continue dans la suppression de l’abîme
qui existe entre la pensée, la théorie d’une part
et l’action et la relation d’autre part. L’étude
théosophique n’est valable que si elle comble vraiment cet
abîme.
L’étude théosophique implique que les contacts et
les relations avec le monde à tous les niveaux doivent nous conduire
plus près de la réalisation de l’indivisibilité de
l’être. La manifestation dans la création d’innom-brables
formes d’une incompréhensible diversité a un but
et elle est une partie du plan. La diversité emprisonne l’esprit
humain dans l’illusion, la souffrance, le mal, quand elle conduit à la
compétition et à la lutte. Mais quand elle est vue avec
une vision éclairée, elle peut élever l’esprit
vers le silence et la réflexion. Par l’observation de l’incroyable
diversité, l’attention naît de l’unité sous-jacente,
de l’unicité de l’énergie qui vit et se meut
dans les formes, plus fortement que cela n’était possible
pour la conscience primordiale qui ne s’était jamais déplacée
parmi la multitude. Les formes naissent et se dissolvent jour après
jour, heure après heure, dans le flux ininterrompu du changement.
Celui que l’on appelle le “premier entre les hommes”,
le seigneur Bouddha, enseigne que tout objet composé doit être
décomposé. Il n’y a pas d’exception à ceci.
Toutes les formes, si belles et si nobles soient-elles, doivent changer.
Tous les systèmes, toutes les civilisations, tous les objets extérieurs
doivent périr et apparaîtront de nouveau. “Qu’est-ce
que la vie objective elle-même sinon un panorama d’irréalités évidentes
! (13)”. L’étudiant doit observer cela, y réfléchir
et, par l’observation con-templative du monde phénoménal
des objets, être conscient de l’énergie trans-phénoménale
de la vie, “qui ne peut être vue ni entendue, ni sentie,
mais qui est perçue par l’homme qui désire la perception. “Les
scien-tifiques savent que si la matière est destructible et change
de formes, l’énergie, elle, demeure. Les théoso-phes
apprennent que toutes les formes sont muables et composées, mais
qu’il y a dans le domaine invisible, quoique perceptible, l’immuable
et le non-composé. La vie quotidienne qui se passe sans observation
calme, sans longue réflexion sur tout ce qui se déroule
dans le monde, observation qui révèle les signes de l’existence
une et immortelle sous-jacente, est un état de cécité,
ce que les Upanishads appellent l’état de mort. L’immortalité est
seulement, pour celui qui n’est aveuglé ni par la fluctuation
des phénomènes ni par la diversité des formes, mais
qui se laisse devenir de plus en plus sensible à l’essence
intérieure.
PRESSENTIR
L’UNITÉ DANS
LA NATURE
La
compréhension de la Théosophie exige aussi que l’on
observe non seulement les formes et les phénomènes du monde
concret et grossier, mais aussi les mouvements et les activités
dans le monde psychologique par lequel l’homme est lié et
conditionné. La Lumière sur le Sentier enseigne ceci : ”Observe
avec attention toute la vie qui t’environne. Apprends à lire
avec intelligence dans le cœur des hommes. Observe avec une attention
suprême ton propre cœur”. A ces mots sont ajoutés
ces commentaires : “Étudie le cœur humain, afin de
comprendre ce qu’est le monde dans lequel tu vis et dont tu fais
partie. Observe la vie sans cesse changeante et mouvante qui t’entoure,
car elle est constituée par les cœurs des hommes et à mesure
que tu comprendras leur constitution et leur signification, tu deviendras
capable par degrés, de percevoir le sens le plus large de la vie”.
Ici également, l’étude de l’esprit et du cœur
hu-main doit conduire non à une plus grande division mais vers
la perception de l’unité dans la nature humaine.
En observant les comportements du mental, il est facile de montrer la
boue et la lie chez d’autres en disant :”Il est mauvais” ou “il
est méchant”. Se regardant soi-même, la description
procède par les mots opposés, trouvant toujours quelque
chose d’admirable, digne de respect et de reconnaissance. Ainsi,
le processus de la division continue et l’aggravation du mal arrive
dans le monde, car le monde entier agit ainsi et n’agit que de
cette manière. Les nombreuses guerres de classes, de races, de
religions, de familles, etc... se sont déclenchées par
suite d’affirmations telles que “vous êtes cela” et “je
suis ceci”. Le fait que l’homme pense en de tels termes,
toujours facteurs de division et de séparation, montre de manière
claire et simple à l’homme réfléchi, que le
mental humain est le même dans tous, car partout il divise. La
nature même de ce mental que nous partageons tous et qui appartient à tous,
est telle qu’il fonctionne par des distinctions. Il crée
l’image du “je”, construite à partir de nombreuses
descriptions que l’on s’est données, fondées
sur des mémoires du passé et sur l’identification
soiconsciente de ces mémoires en un fil imaginaire unique. Comme
l’a montré H.P.B. dans La Clef de la Théosophie, « M.
Smith signifie en fait la longue série d’expériences
quotidiennes rassemblées sur le fil de la mémoire, formant
ce que M. Smith appelle ‘luimême’ », ce paquet
d’expériences est ce que l’étude théosophique
permet de réaliser, non seulement d’en parler, mais d’en
prendre conscience comme de la fausse personnalité. “La
perception consciente de sa personnalité sur terre n’est
qu’un rêve évanescent” (14). La claire découverte
que chaque personne s’attribue une fausse personnalité prise
pour le vrai soi, s’accompagne de la connaissance qu’au niveau
du mental aussi, il y a unité, parce qu’on a pu constater
que n’importe où le mental agit, il agit de sa propre manière.
Par conséquent, H.P.B. dit qu’il n’y a rien qui soit “ton
mental” ou “mon mental”; il y a seulement le mental.
Observer attentivement les cœurs des hommes et également
son propre cœur, c’est voir l’illusion dans laquelle
on est conduit par cette habitude perpétuelle de décrire,
de nommer, de tirer des conclusions sur sa propre nature et celle des
autres.
Selon l’enseignement de H.P.B., “l’homme est un microcosme.
Puisqu’il est ainsi, toutes les hiérarchies des cieux existent
en lui. Mais en vérité, il n’y a ni microcosme, ni
macrocosme, mais l’Existence-Une. Grand et petit ne sont ainsi
vus que par une conscience limitée” (15). Cette Existence-Une “transcende
le pouvoir de la conception humaine. Elle ne peut être que diminuée
par toute expression humaine ou toute similitude. Elle est au-delà du
domaine de la pensée, et hors de sa portée”. Selon
les termes de la Mandukya Upanishad, “Elle est inimaginable et
indicible”(16). La Sagesse ou Théosophie est une attention
religieuse, comme nous l’avons dit. Elle naît quand il y
a la perception, même faible, que partout, dans toutes choses,
l’Existence-Une est omniprésente. Nommer, décrire
ses nombreuses manifestations, former des conclusions qui ne peuvent être
que défectueuses parce qu’elles appartiennent à la
pensée, c’est se ligoter dans un état d’illusion.
L’étudiant véritable en Théosophie apprend à observer
et à comprendre sans nommer, sans prétendre qu’il
sait. Son observation conduit à reconnaître qu’essentiellement
le mental humain est le même ; alors, apparaît une prise
de conscience de l’unité.
Le progrès en Théosophie est le voyage de l’irréel
au réel, de l’obscurité à la lumière,
de la mort à l’immortalité. Le commencement de ce
progrès se trouve dans la compréhension du fait que l’infini
ne peut être connu par le fini. L’impérissable ne
peut être trouvé par l’évolution dans le périssable
et le composé. L’étude de la Théosophie dans
le vrai sens, ce n’est pas seulement l’étude de la
littérature théosophique ; c’est l’étude
du livre de la vie, l’observation de la nature humaine, la contemplation
de la Nature et des phénomènes du monde créé,
de telle manière qu’il y ait un pressentiment de l’Existence-Une.
Dans l’une des Upanishads, il est dit que la concentration, ou
Dharana, est le flux constant du mental vers l’Unique. Il y a cet
abandon de toute pensée qui sépare. Toute pensée,
toute perception convergent dans un mouvement de la conscience se déversant
dans le torrent de l’Unique, alors c’est Dharana.
La vie théosophique est ainsi une croissance natu-relle vers l’altruisme.
La sagesse ne peut être obtenue par quiconque n’a pas l’amour
de l’humanité, pour mieux dire, de toute la vie, dans son
cœur. “As-tu accordé ton être à la grande
douleur de l’humanité, 0 candidat à la lumière
? Tu l’as fait ? Alors, tu peux entrer”. Ainsi parle La Voix
du Silence. L’amour ne peut pas naître dans un mental qui
ne voit que la diversité. C’est seulement quand le mental
a quelques aperçus de l’unité qu’il commence à se
soucier. Alors il ne pourra se reposer tant qu’il n’aura
pas trouvé la solution à la souffrance. Prendre conscience
que la souffrance et le mal ne reposent ni sur les circonstances ni sur
le cours de l’histoire, mais dans le mental humain et dans l’action
humaine, conduit logiquement à l’investigation sur la structure
et la source de la souffrance et du mal dans la psychologie de l’homme.
Le Seigneur Bouddha enseigne que la première vérité est
la prise de conscience de la souffrance, et que l’examen de la
racine profonde de la souffrance est le pas suivant. Ici commence ce
travail de l’acquisition de la soi-connaissance. Elle est grandement
différente de la recherche du soulagement aux difficultés
personnelles. Un tel soulagement ne peut être obtenu, car là où il
y a une fin égoïste, il ne peut y avoir sagesse, et sans
sagesse il n’y a pas de soulagement. “L’aspiration
la plus élevée pour le bien être de l’humanité se
souille d’égoïsme si, dans l’esprit du philanthrope,
se cache encore une ombre de désir d’un bénéfice
personnel ou une tendance à l’injustice, même si cellesci
existent inconsciemment pour lui... Ceci ne marchera jamais” (17).
Ceci ne marchera jamais car seuls ceux qui ont une “faim non-égoïste” à son égard
obtiennent la sagesse. (A suivre)
Radha Burnier
Blavatsky Lecture, 26 mai 1979
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. H.P. Blavatsky, La Voix du Silence
2. H.P.B., La Clef de la Théosophie
3. Les Lettres des Mahatmas à A.P. Sinnett, n°49
4. Lucifer, Vol. 3
5. H.P.B. La Clef de la Théosophie
6. Les Lettres des Mahatmas à A.P. Sinnet, n°11
7. Ibid., n°13
8. Ibid., n°14
9. J. Krishnamurti
10. Comment étudier la Théosophie selon Mme Blavatsky
11. Les Lettres des Mahatmas à A.P. Sinnet, n°1
12. Ibid., n°10
13. Ibid., n°16
14. Ibid., n°16
15. Comment étudier la Théosophie selon Mme Blavatsky
16. H.P.B. La Doctrine Secrète
17. Les Lettres des Mahatmas à A.P. Sinnet, n°2 |
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