|
Le
journal Le Lotus Bleu est en vente par abonnement aux Éditions
Adyar :
4, square Rapp
75007 Paris.
Tél. 01 45 51 31 79 |
|
|
Tout
est pour le bien La tradition occulte dit que, lorsqu’un aspirant
se tourne sincèrement vers un Maître dans un moment difficile,
le Maître ne lui refuse pas de l’aide – mais l’aide
peut ne pas prendre la forme attendue par le suppliant. C’est parce
que le suppliant manque de compréhension et que sa perception
est limitée, qu’il demande de l’aide sans réaliser
ce qui lui fera du bien. D’où le dicton : « Quand
les dieux veulent punir quelqu’un, ils exaucent sa prière ».
Spirituellement, ce qu’une personne considère comme un trouble
peut être une opportunité, même une sorte de grâce.
D’un point de vue matériel, le bien semble consister en
certaines choses qui arrivent au niveau physique, mais d’un point
de vue spirituel, ces choses peuvent n’avoir que peu de signification.
Seul est vital un changement de l’égocentrisme à l’altruisme.
Dans les Upanishads, une distinction est faite entre preyas (l’agréable)
et srejas (le bon). La plupart des gens croient que ce qui est agréable
est bénéfique, et attachent de l’importance à l’argent
et au confort. Mais ces choses peuvent être en fait un obstacle
au vrai progrès. Avoir de l’argent n’est en soi ni
bien ni mal, mais notre attitude envers l’argent est importante.
Par exemple, au cas où il y a une utilisation généreuse
de la richesse pour des besoins publics, l’argent peut être
bon, mais si l’attitude est égoïste, et si l’argent
augmente l’égoïsme chez une personne, il lui fera du
mal et peut-être aussi aux autres.
Connaître la Théosophie signifie réfléchir
sur certains enseignements essentiels et les rendre réels pour
nous. Ces enseignements ne doivent pas être simplement des mots, écrits
ou prononcés par quelqu’un d’autre, mais doivent en
venir à faire partie de notre propre compréhension. Alors
nous commençons à voir et à affronter la vie différemment.
Par exemple, quand nous faisons l’expérience d’une
séparation, cela ne nous blesse pas. Il y a différentes
formes de séparation – la mort, l’éloignement
et ainsi de suite. Pour le mental ignorant, la séparation est
tragique ; les gens se lamentent et pleurent pendant de longues
périodes, et parlent de leur solitude avec des expressions d’apitoiement
sur soi-même. Mais d’un point de vue supérieur, le
cours de notre vie se déroule selon la bénéfique
Loi de Karma, et aucun de nous n’est exempt de cette expérience
de séparation – du mari ou de la femme, de l’enfant
ou du père, du frère ou de la sœur, ou même
d’un animal favori.
L’expérience de la séparation est basée sur
l’illusion que la vie peut être séparée. Quand
une relation particulière semble spéciale et puis prend
fin, seules les formes à travers lesquelles la vie se manifeste
sont séparées. La vie elle-même ne peut pas être
séparée, pas plus que l’espace. On peut mettre une
boîte ici et un vase là, qui tous les deux contiennent de
l’espace, mais l’espace est un tout, même si les contenants
sont brisés. L’inséparabilité de la vie est
une vérité fondamentale.
Dans le Diagramme de Méditation de Madame Blavatsky, elle indique
que par la méditation sur la Réalité Une, la réalité des
réunions et des séparations s’évanouira, car
cela fait partie d’une vision illusoire de la vie. Quand nous nous
réjouissons d’une rencontre, c’est seulement la découverte
d’une relation de l’unité déjà existante.
Les gens spirituellement éveillés ne font pas tant d’histoires
sur les personnes particulières qu’ils rencontrent et ne
disent pas : ce sont mes amis. Ils rencontrent tout le monde avec
joie et amour parce qu’ils font tous partie de la merveilleuse
existence-une. La séparation n’est aussi qu’un phénomène
temporaire.
Même si nous ne pouvons pas connaître cet état idéal,
nous pouvons, au moins intellectuellement, nous rendre compte que la
souffrance de la séparation est causée par nos propres
déficiences mentales et que les séparations feront obligatoirement
partie de notre expérience dans les mondes matériels jusqu’à ce
que l’âme saisisse pleinement la vérité de
la non-séparativité. Les corps physiques et subtils sont
destinés à se désintégrer, car toutes les
formes matérielles doivent se briser, mais la vie est immortelle
et indivisible. Avant que ceci ne soit absolument clair dans la conscience
d’un individu, la séparation causera souffrance et affliction
d’incarnation en incarnation. Les leçons ne sont répétées
que parce que l’apprentissage n’est pas achevé.
Ainsi, quand quelqu’un prie et dit : « j’ai
besoin d’aide, ma femme est morte, et ainsi de suite »,
les Êtres Illuminés n’interfèrent pas dans
la Loi du Karma, même s’ils avaient le pouvoir de le faire.
Ils suivent scrupuleusement la Loi, parce qu’ils savent que les
lois de l’univers amènent ce qui est spirituellement bon.
Tout le déroulement de la vie est dans la direction du bien (sreyas).
Les sages n’offrent aucune échappatoire, peut-être
même aucune consolation ; ce qu’ils pourraient faire
dans le cas d’un chercheur non-égoïste serait de lui
donner la force intérieure de se mouvoir vers une plus profonde
réalisation de l’inséparabilité et de l’unité, à travers
toutes les expériences de séparation.
L’amour spirituel est l’état du mental qui réalise
la suprême joie de l’unité. Dans cette réalisation,
tout ce qui est bon est inclus – la paix, la joie, l’amour
et d’autres états ultimes inexprimables. On peut donner
d’autres exemples de la façon dont l’âme apprend
qu’une expérience apparemment déplaisante est en
fait une bonne expérience, car elle incite l’âme à apprendre
la vérité. On dit que le Yogi n’est affecté ni
par la louange ou le blâme, ni par la soi-disant victoire ou la
soi-disant défaite. C’est l’attitude d’une personne
chez qui il n’y a ni image de soi, ni orgueil. Une personne haut
placée, avec de l’argent et des serviteurs, vivant sur un
grand pied, peut perdre tous ses biens et déchoir dans la vie.
Elle peut se sentir humiliée de vivre dans une petite maison,
et d’être obligée de s’occuper des corvées
de la vie quotidienne. Mais l’orgueil est élagué d’incarnation
en incarnation jusqu’à ce que se fasse jour la vérité qu’être
quelqu’un aux yeux des autres n’est qu’un fantasme.
La Lumière sur le Sentier dit : « Désire
le pouvoir avec ardeur ». Mais quel est ce pouvoir que l’on
doive désirer ? Non pas d’être assis sur un trône,
ou d’en imposer à de larges audiences, mais le pouvoir de « paraître
rien aux yeux des hommes ». Les Saints ne cherchent pas à être
appréciés, à être sur le devant de la scène,
ou à être reconnus comme des personnes illuminées.
Ils se contentent de vivre et d’agir, inconnus du monde. L’orgueil
est un sérieux obstacle au progrès ; c’est un
intense sens du moi qui s’use lorsque nous regardons l’image
de nous-même et que nous en voyons la fausseté.
Les leçons données par de telles expériences, comme
d’être déchirés ou humiliés, cessent
d’être nécessaires quand un changement se produit
dans notre nature. Si nous sommes obtus, nous continuons à attiser
les flammes de l’illusion. Mais quand nous sommes plus conscients
et saisissons le sens caché de notre expérience, le progrès
spirituel devient plus rapide, et nous sommes mieux préparés à servir
les autres. L’étude des enseignements fondamentaux de la
Théosophie est d’une grande aide pour comprendre l’exposé raisonné des
processus de la vie.
Radha BURNIER
The Theosophist
Septembre 2004 |
|
|