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Alexandre II Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 02-03-2010 01:36

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Argent, Banques, Révolution, Russie, Tsar


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Alexandre II
Empereur de Russie


Naissance de la Révolution russe de 1917

« Mais qu’ont-ils contre moi, ces misérables ?
Pourquoi me traquent-ils comme une bête fauve ? »
 
 
J’eus un arrière arrière grand-père anoblit par Alexandre II, ainsi pour mémoire et en hommage, j’écris quelques lignes sur ce Tsar qui fut assassiné le 13 mars 1881. Le texte ci-dessous est inspiré d'un livre de Maurice Paléologue portant sur ce Tsar ; il fut Ambassadeur de France en Russie et écrivain. Maurice Paléologue à connu Raspoutine, dont il sera fait ici prochainement une tentative de réhabilitation.
 
 
L'éternelle énigme russe
 
 
Saint-Pétersbourg, le 13 mars 1881 (1).

Un épouvantable malheur frappe la Russie, l'Empereur est mort à trois heures et demie, victime du plus odieux attentat.
Sa majesté rentrait d'une visite chez la Grande-Duchesse Catherine, après la parade militaire, lorsqu'une explosion brisa sa voiture. L'empereur n'était pas atteint et voulut descendre pour se rendre compte de ce qui s'était passé. A ce moment, une seconde explosion lui brisa les jambes. Placé sur un traîneau, il fur ramené au palais, où il expira une heure après. J'ai pu le voir sur son lit de mort, entouré de sa famille consternée.
La population tout entière est autour du palais, donnant les marques de la plus vive douleur, au milieu du calme le plus profond.
Toute l'escorte a été atteinte : un cosaque tué, cinq blessé. On parle d'autres victimes. Quatre arrestations ont été faites au moment de l'explosion et sur le lieu même.

Général Chanzy
 
 
 
Maurice Paléologue
 
 
Le carrosse du Tsar était gardé par six cosaques chevauchant autour du coupé, un septième était sur le siège, et trois officiers de police étaient en arrière sur leur traîneaux. Sur le trajet des agents de police surveillaient. Sur le parcours, un jeune homme aux cheveux longs portait un petit paquet. Soudain, lorsque le carrosse passa devant lui, le jeune homme lança son paquet dans les jambes dues chevaux. Explosion, nuage de neige fracas, gémissements. Alexandre sauf se précipite vers les blessés. On accourt de toutes parts, les officiers de police ont attrapés l’assassin qui cherchait à fuir. Le Colonel Dworjitsky, chef de l’escorte, supplia le Tsar de monter dans un des traîneaux et de s’éloigner à toute vitesse. Mais Alexandre voulu voir l’anarchiste. Mais tandis qu’il s’approchait du criminel, un personne venant d’accourir lui demanda : « Votre majesté n’est pas blessé ? », « Non je n’ai aucun mal grâce à Dieu ».
Alors l’assassin relevant la tête lui cria : « N’est-ce pas trop tôt pour rendre grâce à Dieu ? ». Au même instant un inconnu, qui se tenait un peu plus loin à deux mètres du Tsar, jeta quelque chose en l’air, une deuxième explosion foudroyante se produisit. Ce fut la fin du pauvre Alexandre II.


On peut se rendre compte du tragique de la situation, qui est typique de la Russie, car ce n'est que la deuxième explosion qui eut raison de l'Empereur. D'autant plus tragique, tout comme pour Nicolas II, qu'il était entreprit de grandes réformes pour moderniser le pays par rapport à l'Europe ; ce qu'on oublie souvent de dire, mais on préfère charger l'ancien régime pour faire mousser la république et la soi-disant démocratie ! Hélas la Russie est comme marquée par une fatalité depuis sa création. Le mot esclave découle du mot slave (les Germains ayant réduit de nombreux Slaves en esclavage !) La Russie est une éternelle énigme.

A cette époque ça n'allait pas fort du point de vue politique entre la France et la Russie, à cause de guerre de 1870.
Des mouvements nihilistes (prônant une société libertaire, ce qui implique déjà une relation matérialiste avec l'argent) de la nouvelle intelligentsia russe des années 1860, ont salit Alexandre II en le faisant passer pour un despote et un autocrate encore plus implacable que son père : Nicolas 1er.
Un anarchiste : Hartmann, fut accusé d'avoir fait sauter le train de l'Empereur en gare de Moscou le 3 décembre 1879. La Russie a refusée son extradition en France, ce qui a fâché Alexandre.

L'assassinat de l'Empereur préfigure le désastre de la Révolution de 1917, point d'orgue de toute une montée en puissance.
Après l'attentat sur le Tsar, les frontières russes sont toutes fermées jusqu'à nouvel ordre et surveillées par des patrouilles de cosaques.
La ville de l'attentat, Saint-Pétersbourg, était sous le choc, et la population percevait facilement la montée en puissance du nihilisme, car il y avait des arrestations, des découvertes d'imprimeries clandestines, d'explosifs, etc.

Les funérailles d'Alexandre II furent grandioses, comme savent le faire les Russes.
Trois coups de cannons partirent de la citadelle Saints Pierre et Paul, dans toute la ville les cloches sonnent. Le cortège funèbre passa sur le quai de l'amirauté. En tête, un escadron de chevaliers-gardes ; puis derrière toutes les insignes souveraines, les globes, les couronnes, les sceptres, les étendards, les glaives de Moscou, de Kiew, de Wladimir, de Sibérie, etc. Devant chaque étendards, deux écuyers mènent par la bride un cheval d'armes, couvert d'un caparaçon noir où se détache l'écusson de la province.
Dommage que nous n'avions pas de caméra de cinéma ou de télévision pour immortaliser cet évènement. Pour le revoir, il faut passer par une sorte de Chronoviseur, car la « lumière garde tout ».

À la suite du cortège : une couronne isolée, la Couronne impériale, rayonnante de diamants, de rubis et de topazes ; très haute et lourde, le vieux Prince Souvarow la porte avec peine sur un coussin d’Or. Ce défilé impressionnant représentait toute la Russie depuis Saint Wladimir en passant par les premiers Ducs de Moscou jusqu’aux derniers Romanov.
Ce n’est pas pour rien qu’on qualifie les Tsars de « Rassembleurs de la terre russe ». C’est d’ailleurs ce qu’ont tentés de faire les bolcheviks communistes juifs, mais en inversion par rapport à l’ancien régime tsariste : la royauté est partit mais le pouvoir est passé entre les mains d’un « dieu » politique qui avait droit de vie et de mort sur son peuple, bien plus que ne pouvait l’avoir le plus autocrate des Tsars. Un comble ! bravo les sionistes.

Mais dans la procession interminable, il suivaient les trois ordres de l’Empire avec leurs bannières emblématiques : les nobles, les marchands, les paysans (tel que le décrit Maurice Paléologue). Ensuite, deux pelotons ce cuirassiers terminaient cette partie de la procession.
Que l’on s’imagine une seconde les vêtement de velours noirs aux broderies d’argent, les mitres et les chasubles de style byzantin, qui laissent à peine entrevoir visages et mains, ce qui rend les métropolites et les évêques comme des icônes vivantes.
Ensuite vient le char funèbre surmonté de panaches blancs, attelé de huit chevaux noirs drapé de crêpe. Trente pages l’entourent avec des torches allumées.
A l’intérieur du char, quatre aides de camp généraux, debout, encadrent le cercueil qui repose sous une couverture d’hermine et d’Or.
Derrière marche l’Empereur Alexandre III (lui aussi assassiné par l’influence des mouvements nihilistes), nu-tête, le cordon bleu de Saint André en écharpe, la taille droite, l’air imposant et robuste. Les Grands-Ducs lui font escorte.
L’Impératrice Marie-Féodorovna et ses jeunes fils, les Grandes-Duchesses et les dames de la cour suivent dans des carrosses de deuil. cette partie de cortège est fermé par les troupes de la garde.

Une fois arrivé à la cathédrale de la citadelle Pierre et Paul, la cérémonie de la liturgie des morts peut commencer lorsque les dignitaires de la cour, les ministres, les généraux, les sénateurs, les gouverneurs civils et militaires, tous les grands corps de l’État remplirent la nef.
Les ambassadeurs étrangers, suivis de leur personnel, se tiennent derrière le Tsar. Le Général Alfred Chanzy représente la France (nommé ambassadeur en 1879).

Selon le rite orthodoxe, le visage du mort est découvert, ce qui renforce encore plus l’état de martyr du Tsar, mais de cette période du début de la chute du tsarisme.
Le drame, comme dit plus haut, c’est que des réformes étaient entreprises, immenses contrairement à ce qu’on peut lire dans le Wikipédia. Alexandre II était généreux, droit, il avait l’amour de son peuple (allez dire la même choses de la clique trinitaire Lénine, Trosky et Staline, seul le pouvoir les intéressaient, ils rétablir d’ailleurs le servage : kolkhoze), une sollicitude infinie pour les humbles et les opprimés. Comment dire le contraire ? Alexandre II a aboli en partie le servage le 3 mars 1861 (curieusement il est tué au mois de mars, avec les chiffres 1 et 3 dans la date)

Effectivement, le problème du servage, comme l’explique très bien le site herodote.net, remonte à la période où après les invasions Mongols à l’époque de Andrei Roublev (15è siècle), les Tsars pour s’attacher la fidélité des nobles leur octroient progressivement des terres en limitant ainsi la liberté des paysans et les rendant de plus en plus esclaves (slaves) ; alors que ces paysans au Moyen-Age étaient plus libres que ceux de l’Europe ! Au tournant de ce drame de l’invasion de la Russie par les Mongols, la Russie est entré dans un courant inverse par rapport au reste du monde : obscurantisme en Russie et éclairage en Europe. Tout comme elle était entré en religion inverse avec les bolcheviks juifs et leur démiurge Lénine et ensuite Staline : carrément le Petit Père des peuples ! Ces bolcheviks juifs qui firent de la Russie pendant près de 74 ans une religion en inverse : le communisme, ou dogme marxiste, qui mélange les trois pouvoirs : politique, économique, religieux. Cet État marxiste idéal qui doit rester avec à sa tête un seul être qui décide pour tous et pour tout : le Petit Père des peuples. Le perpétuel prend le masque de l’éternel, le général celui de l’universel, le psychologique celui du spirituel. Car dans le communisme, il est dit que dans le principe était la matière, et non le Verbe, se condamnant ainsi à ne concevoir comme mode d’intellection que l’opinion qui se construit dans le temps vécu, celui des accidents. Alors que la Russie qualifié de Sainte depuis des siècles était lue et vue comme une hagiographie (histoire exemplaire des Saints).

Ainsi la tentative d’Alexandre II de libérer les paysans fut trop molle. Du côté bureaucratique et son enfer, rendu célèbre par le Manteau, de l’écrivain Nicolas Gogol, Alexandre entreprit de détruire l’arbitrage bureaucratique et les privilèges sociaux. Dans le domaine judiciaire il a créé l’égalité devant la loi, assuré l’indépendance des magistrats, supprimé les peines corporels, institué le jury. En matière politique il n’est pas resté immobiliste.
Ironie de l’histoire humaine et drame russe typique, comme déjà dit, ceux qui tentent de grandes choses pour leur prochains sont assassiné : Abraham Lincoln qui libéra les Noirs de l’esclavage fut assassiné ; hors c’est la délivrances des esclaves noirs qui a entraîné dans l’autre côté de la planète, l’affranchissement des moujiks (paysans russes). Alexandre II n’a pas voulu que la Russie fut le seul pays esclavagiste du monde chrétien... La personne la plus atteinte dans ce drame fut l’épouse d’Alexandre II : la Princesse Catherine-Michaïlovna Yourievsky (Princesse Dolgorouky, la même famille que Helena Pétrovna Blavatsky)
 
 
Entré dans le matérialisme à outrance de la France de Napoléon III (plein pot pour l’empire des Rothschild !)

Sur la pressante invitation de Napoléon III, Alexandre II arriva à Paris le 1er juin 1867 pour visiter l’Exposition universelle. Alexandre était accompagné des ses deux fils : les Grands-Ducs Alexandre et Wladimir. Les invités descendirent au Palais de l’Élysée. Pendant le séjour d’Alexandre à paris, le 5 juin, en visitant la Sainte-Chapelle, un groupe d’avocats eut l’idée de lui lancer en pleine figue : « Vive la Pologne, Monsieur ! » ; et par la suite, le 6 juin, de retour d’une revue militaire à Longchamp où le Roi de y assistait également, un réfugié polonais : Bérezowski, tira deux coups de revolver sur le Tsar qui occupait la même voiture que Napoléon III. Il n’y eut aucun blessé. L’année précédente à Saint-Pétersbourg, Alexandre III avait essuyé sereinement le feu de l’anarchiste Karakosow. C’est l’époque où au Mexique ça va mal : Maximilien est bloqué dans Quérétaro, et le 19 juin 1867 il est fusillé ; et c’est aussi le moment où la franc-maçonnerie marche plein pot un peu partout dans le monde, aussi bien en Amérique du Nord ou du Sud qu’en Europe.

Il y eut quelques autres incidents, si bien qu’on avait hâte de voir Alexandre II quitter la France.

Exemple d’un Ukaze ou Ukase (Décret) au Sénat proclamant un titre de noblesse.
À l’architecte et ingénieur xxxxxx et à sa femme xxxxxx, Nous accordons les droits qui appartiennent à la noblesse, et Nous les élevons à la dignité de Prince avec le titre d’Altesse.

Alexandre.
À Tsarskoïé-Sélo (résidence d’été des Tsars), le 11 juillet 1874.

Anecdote en relation avec Tsarskoïé-Sélo et Raspoutine, et comme avec le tombeau de Gilles de Rais, les révolutionnaires détruisirent soit la tombe (1789), soit les restes qui se trouvaient dedans (1917).
 
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Nicolas 1er
 
 
En 1876 le panslavisme va bon train.

Toute la péninsule balkanique était à feu et à sang. Du Danube à la mer Égée, les Bulgares, les Bosniaques, les Monténégrins et les Serbes luttaient pour se délivrer des Turcs. Toute la péninsule voulait donc la Bulgarie à la Bulgarie, la Serbie pour les Serbes, la Russie pour les Russes, etc. Et le 19 avril 1877, Alexandre II déclare la guerre à la Turquie. il fallut presque un mois et demi pour amener 233 000 hommes sur la rive gauche du Danube. Alexandre II encourageât ses soldats en leur criant : « En vous ordonnant d’attaquer la Turquie, je vous bénis mes enfants ! ».
Ça ne se passe pas bien pour les Russe : en juillet 1877 les Russes subissent une première défaite devant Plevna. Au court d’une troisième défaite, le 12 septembre 1877, Osman-Pacha infligea une perte de 14 000 hommes fauchés en deux heures !
Fort déprimé par cette nouvelle, Alexandre II envoya aussitôt cette lettre à sa maîtresse :
O mon Dieu, venez-nous en aide et faites finir cette guerre odieuse pour la gloire de la Russie et le bien des chrétiens ! C’est le cris de ton cœur (celui qui va à son aimée), que personne ne comprendra mieux que toi, mon idole, mon trésor, ma vie !

L’échec du 12 septembre plaçait l’armée russe toute entière en une situation périlleuse. Le Danube et son passage évoque pour la Russie de triste moments : 1773, 1809, 1810, 1828. Mais en 1877 repasser le Danube n’était plus possible : la redoutable opinion publique commence à devenir à la mode, cette opinion publique plus redoutable que la plus puissante armée du monde.
En effet, la police et ses célèbres rapports dénoncent dans toute la Russie des « symptômes d’irritation ». C’est la catastrophe si on apprend qu’on a sacrifié 60 000 hommes en pure perte devant les Turcs. Cette guerre avec la Turquie agite le peuple et ajoute un point pour la future Révolution de  1917 : le peuple s’agite, tout comme la censure qui tente d’étouffer le désastre des nouvelles. La colère commence a gronder dans les milieux nationalistes de Moscou. on dénonçait de toute part la faiblesse et la bêtise de l’administration, l’ineptie et l’ignorance des généraux. Les Grands-Ducs en prennent aussi pour leur grade, incapable de faire face à leur commandement militaire. On osa même attaquer l’Empereur, avec des séries de « pourquoi ». Dans les salons de Moscou on en vient a parler de « changer de régime ».
La Hongrie ne pardonnant pas aux Russes la défaite de 1849 manifesta bruyamment sa sympathie pour la Turquie et s’efforça d’entrer en guerre. Vis-à-vis de l’Allemagne et de François-Joseph (qui fut assassiné ce qui déclencha la Première Guerre mondiale), ça ne va pas fort, Alexandre II n’aime pas du tout les Habsbourg.

Cette guerre se poursuit pour des questions forts idiotes : l’HONNEUR. Ça et l’opinion ont produit un nombre gigantesque de morts depuis l’ère des dinosaures !...
Au bout d’un temps, ni court ni long, comme on dit dans les contes russes, Osman-Pacha remet fort humilié son épée au Tsar. Mais tel un film produit dans je ne sais quel pays, mais surtout pas aux États-Unis (peut-être des Japonais ?), Alexandre II ne fit que saisir l’épée d’Osman-Pacha et lui rend en disant : « Je vous rends votre épée, garde-la toujours en témoignage de mon admiration et de mon respect ». Mais cette victoire ne constitue que celle de Plevna, la guerre continue dans les Balkans.
Cette partie du conflit a beaucoup marqué physiquement le Tsar : avant il était grand et beau, très droit, un peu enclin à l’embonpoint ; quand il revient il a les muscles détendus, les yeux ternes, la taille courbée, un corps maigre et décharné, quelques mois de plus et il était presque un vieillard. Enfin le 31 janvier 1878 le Grand Duc Nicolas et les plénipotentiaires ottomans signaient à Andrinople une convention d’armistice. Mais cela dérangea l’Angleterre, son gouvernement ne voulant admettre que la seule Russie régla à son profit la question de l’Orient. Oui, à cette époque les États-Unis ne sont pas encore un empire et les « gendarmes et inquisiteurs » du monde, le communisme n’est pas encore passé, déclenchant le regain du capitalisme de l’entre deux guerres mondiales. Mais l’Angleterre est déjà un coffre-fort grâce aux dons d’ubiquité des Rothschild, et le nerf de la guerre c’est le fric... Et justement le trésor de l’Empire russe était à bout. Un point de plus pour la construction de la future Révolution de 1917 grâce à l’argent des banquiers juifs. Et en plus l’armée russe est ravagée par le typhus. Hélas il fallut signer secrètement le 30 mai avec l’Angleterre, ce qui enleva à la Russie sa fierté nationale. ce fut dans une amère douleur que le peuple russe accueillit ce qui est appelé Traité de Berlin.
Toujours déprimé, Alexandre qui avait plus que tout autre Tsar voulu le bonheur de son peuple : aboli en partie le servage, supprimé le knout, opéré dans toutes les branche de l’administration des réformes, son rôle de Tsar ne l’intéressait plus.


Fermentation révolutionnaire.

Il ne se passait maintenant plus une semaine qui ne fut marquée par un exploit des nihilistes. 17 février 1878 une femme tire deux coups de revolver sur le Préfet de Saint-Pétersbourg qu’elle blesse grièvement. Cette jeune criminelle appartient à une famille noble, elle venge un camarade emprisonné et fouetté. Au court du procès de la jeune femme les rôles furent inversé, transformant l’accusée en accusateur public et la victime en accusé. Le procès fut électrique, la criminel fut acquitté ! Dehors, elle fut portée en triomphe par la foule, mais une charge de gendarmes et de cosaques arrête cette marche, des soldats d’infanterie ouvrent le feu laissant une traînée de morts et de blessés. Encore un point pour la future Révolution de 1917, et un gros point cette fois.
Différents foyers de nihilistes sont victimes des représailles de la police. Les nihilistes se défendent suivant une escalade : un général est assassiné d’un coup de poignard avec une rare audace et habilité de la part de son agresseur, lequel ne fut jamais retrouvé.

A partir de maintenant, ce fut un duel à mort entre le tsarisme et le parti révolutionnaire.
Aucune répression, aucune pitié ne les arrêta. Une sorte d’immense complot mina de toute part la société russe, avec une pandémie d’assassinat politique.
Le 14 avril 1879, comme l’Empereur faisait son jogging aux environs de son palais, un jeune homme tira sur lui quatre coups de revolver. Les balles se perdirent dans un mur. Arrêté, l’assassin : Alexandre Soloview, jeune instituteur, tenta de s’empoisonner. Celui-ci précisa même qu’en prison il aurait d’absolu complicité. Alexandre est obligé de déclarer « l’état de siège renforcé » dans les régions où le problème était le plus grave. Bref on ressert la visse, ajoutant bien-sûr encore plus de l’huile sur le feu. C’est en ce sens qu’on accusa aussi Alexandre II d’être un autocrate en contrant les terroristes de l’époque par un terrorisme d’État ; ce qui nous pend au nez actuellement avec notre mode du terrorisme et du mondialisme et des problèmes économiques et énergétiques.

D’après l’Ukase du 17 août 1879, toute personne, accusée d’un crime politique, put dorénavant être jugée sans enquête préalable, être condamnée sans l’audition d’aucun témoin, être exécutée sans la garantie suprême d’un pourvoi en cassation. Ainsi la rigueur de ces mesures parut efficace. Comme une vaccine, la pandémie d’assassinat fut stoppé.
À Moscou, encore un attentat fut donné contre le Tsar. Celui-ci réagit en s’écriant : « Mais qu’ont-ils contre moi, ces misérables ? Pourquoi me traquent-ils comme une bête fauve ? ». Désormais la tactique des nihilistes est uniquement centrée sur le Tsar.
Le 17 février 1880, à six heures et demi du soir, les habitants de Saint-Pétersbourg sursautèrent au bruit d’une détonation puissante : la salle à manger du Palais d’Hiver venait de sauter. Cet attentat fit 19 morts et 48 blessés. Cela déprima aussi le peuple, abasourdi par un forfait aussi énorme, comme un crime de lèse-majesté, ou même un sacrilège ; d’autant plus qu’on apprit tous les détails ayant permis cet attentat, ce qui renforça l’affolement. Là encore la future Révolution et les nihilistes marquèrent des points. Tous les voyants de l’organisme politique du tsarisme sont alors au rouge chauffé à blanc. On demande donc un sauveur, quelqu’un qui « emprunte » une partie du pouvoir de l’autocratie d’Alexandre. ce fut le comte Loris Melikov qui s’y colla, dans le sens d’être un véritable dictateur ou exécuteur des basses œuvres. Mais qui divise perd de ses pouvoirs !

Premier attentat contre lui, aussitôt le meurtrier est pendu presque sans jugement ! et devant une foule immense, ce qui fut une première sur une place publique de Saint-Pétersbourg depuis plus de cinquante ans. Encore un point pour la Révolution... car la dictature avec cette exécution faisait de la publicité ! Les conservateurs s’en réjouir, et les libéraux s’en réjouir aussi car la police était le nécessaire rempart contre les nihilistes.

On peut imaginer sans peine le courage qu’il fallut à Alexandre II pour gouverner à cette époque charnière qu’était tout le 19è siècle, aussi important sinon plus que le fut le 20è siècle.

Là encore, les Rothschild ont leur part de responsabilité, et directement leurs prédécesseurs : les bourgeois et financiers qui provoquèrent la révolution de 1789 : une dynastie de mercantilistes a chassé toute une dynastie vieille de plusieurs siècles. Tout ça pour aboutir à une pseudo-démocratie et une société industrielle d’esclaves : les nouveaux slaves des goulags  des banquiers. Le Tsar Nicolas 1er a dit : « En s’inclinant devant les premières exigences de la Révolution française, Louis XVI a failli au plus sacré de ses devoirs. Et dieu l’en a puni ». Je suis tout-à-fait d’accord avec Nicolas 1er ! Ce rappeler que Nicolas eut une jeunesse en pleine dictature de Napoléon premier, lequel facilita la montée en puissance du premier Rothschild ! Ainsi Nicolas 1er avait de quoi haïr le libéralisme français de la naissance du mercantilisme, monté et déguisé en république sous couvert de liberté, d’égalité, et pour la fraternité c’est dans une autre galaxie (la fraternité instinctive marche bien en cas de catastrophe). Malheureusement Nicolas 1er semble ne pas faire dans la dentelle, son Empire devient un peu un goulag, portant déjà des traces de la future Révolution de 1917. Les erreurs commencent aussi à cette époque, car qui dit goulags, dit prison et secret. La Russie est en train de s’isoler par rapport au reste du monde, le « rideau de fer » ne datait pas de l’après deuxième guerre mondiale ni du stalinisme. Nicolas 1er représenta l’autocrate dans toute sa puissance.
En ce qui concerne les pogroms, autre gros point noir à ajouter à la Révolution de 1917, ils ne prirent leur vitesse de croisière que sous le successeur d’Alexandre II : Alexandre III. Ces pogroms sont en partie la conséquence des agitations nihilistes précédentes.

M. R.

Note.
1. Le calendrier Julien était en usage en Russie jusqu’en 1918, date à laquelle on adopta le calendrier Grégorien : exemple, le 1er février Julien devient le 14 février Grégorien. Donc ici et dans le texte de Maurice Paléologue et en l’absence d’indication, je pense qu’il s’agit de date Grégorienne.
 
 
 

Dernière mise à jour : 02-03-2010 04:27

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