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Maréchal de France Gilles de Rais - Procès Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 04-05-2010 23:56

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Publié dans : Elementals Yôkai, Élémentals, Divinités, Yôkai

Tags : Alchimie, Argent, Banques, Chamanisme, Crimes, Diable, Enfants, Inquisition, Martyr, Pouvoir, Religions, Rumeur, Supplice, Temps, Vampires

 
Maréchal de France Gilles de Rais - Procès
Curieuse logique de pensée !

... et qu’ainsi fut et est vrai (sic)
 
 
 
 
Le procès

D’après le livre de Jean-Pierre Bayard : Plaidoyer pour Gilles de Rais, avec des parties du procès, selon la traduction du latin établie par Ludovico Hernandez (Librairie des curieux, 1921). En voici quelques éléments paraissant significatifs. Dès le départ, on peut avoir de sérieux doutes, car il est prononcé environ cinquante fois, comme un refrain de chansonnette : « qu’ainsi fut et est vrai ! », comme si la « vérité » avait besoin d’une sur-réalité, digne d’un autre Maréchal de France, ou plutôt qu’on a fabriqué à son encontre, mais nettement moins dramatique que pour Gilles : Jacques II de Chabannes Seigneur de La Palice. La plupart des accusations contre Gilles courent sur une période de 14 ans, il aurait donc commencé ses débauches à 22 ans ?... Ou a-t-il eut un passage de ce qu'on appelle aujourd'hui dépression ?
 
Un fois arrêté, Gilles de Rais est enfermé dans une chambre à l’étage du château de la Tour Neuve à Nantes ; mais ses acolytes dont Prelati, sont placés dans un cachot traditionnel. Comme Gilles est un grand seigneur, qu’il a encore bien des richesses, il a de la « valeur », on le traite donc avec déférence. Le procès est présidé par l’évêque de Nantes depuis 1419 : Jean de Malestroit, aussi chancelier et premier conseiller du duc de Bretagne Jean V. L’affaire Le Ferron pèse lourd sur Gilles, car le frère de Jean Le Ferron, Godefroy Le Ferron, à qui Gilles à vendu des propriétés, est aussi trésorier général de Bretagne ; et le pauvre Jean Le Ferron a été malmené par Gilles qui l’a fait emprisonné quelques semaines, tantôt au château Saint-Etienne de Malemort, puis au château de Tiffauges, et détenu avec fers aux pieds et aux mains. On ne plaisantait pas à l’époque.

Dès le début, en se samedi 8 octobre 1440, Gilles déclare de vive-voix, et non par écrit, qu’il récuse ses juges, l’évêque de Nantes et son vice-inquisiteur. On juge sa protestation « nul et frivole ».
Bien-sûr Gilles déclare qu’il est « un bon chrétien », qu’il a reçu sacrement et baptême, qu’il a renoncé au Diable et à ses « pompes ».

Au paragraphe 10 du procès, il est dit « que ledit Gilles de Retz, accusé au temps de son enfance et adolescence, était et est encore sujet desdits seigneurs évêque et inquisiteur, etc. sans oublier le refrain du « et ainsi fut et est vrai ».

Au paragraphe 15 on aborde la fameuse rumeur, propagée à l’époque à la vitesse du cheval.
Les ecclésiastiques ont joué les supplétifs des agents du FBI de l’époque ! et ils recueillent les « clameurs lamentables, larmes et douleurs », et les dénonciations de plusieurs personnes des deux sexes, tant du diocèse de Nantes, qui criaient la perte de leurs enfants. Là on accuse Gilles, Roger de Briqueville, Henriet Griart, Etienne Corillaut (Poitou), André Buchet, Jean Rossignol, Robin Romulart, un certain Spaden, Hugues de Brémont. Ont les accuse d’avoir démembrés et brûlés, et autrement tourmentés, puis immolés aux démons avec invocations des Yôkai, pardon, des esprits, et avant leur exécution d’avoir abusé des innocents par le « péché de sodomie », autrement qualifié de contre nature « horriblement commis et autrement luxurié ». Ces crimes commis bien-sur en maints endroits, comme par exemple la salle basse du château de Tiffauges, où Francesco Prelati, se disant expert en géomancie, interdit bien-sûr, et aurait tracé des cercles et autres signes cabalistiques.
 
 
Chamanisme au temps de Gilles de Rais ? Pourquoi pas !

Par rapport aux « esprits », nos pensées sombres qu'on traduit aujourd'hui par le mot de dépression, peuvent avoir une forme d'archétype ou de symbole universel sous forme d'esprits ; et par exemple un chamane pourra rétablir ces formes-pensées négatives devenues visions, en les confrontant avec l'univers de certaines plantes qui chasseront et apporteront des idées plus lumineuses. De toutes façons, que les esprits soient bons ou mauvais, cela reste une expérience enrichissante.
« Les pensées sont des énergies qu’il est préférable de laisser circuler. Tenter de les saisir, de les ramener à soi, c’est faire fausse route » explique le chercheur et auteur Jan Kounen, dans une interview dans le journal Nexus de mai-juin 2010. Et c’est ce qui a dû arriver à Gilles de Rais : le pouvoir égoïste... Au lieu de succomber à la mode moyenâgeuse de l’Alchimie, il eut mieux valu pour lui de chercher un chamane, mais là encore, les catholiques lui seraient tombé sur le paletot !
 
Ne pas oublier qu'aux États-Unis en 1936, on diabolisait le Cannabis, et que l'addition Marijuana égale violence a été au cœur d'une propagande médiatique en films et autres supports de l'époque ; et que les jazzmen étaient dépeints comme jouant une musique "satanique et vaudou", anti-Blancs et se vautrant dans le vice... Ensuite s'est ajouté la menace communiste... et la protection des brevets de Big Pharma. 

Antoine de Palerne et deux autres personnes se seraient livrés dans les bois près de Tiffauges à des cueillettes d’herbes odoriférantes puis à des conjurations aux Yokai, pardon, aux esprits malins (non pas comme les singes ou les Yôkai, mais comme Satan l’Administrateur).
On accuse Gilles, peut-être encore la rumeur récoltée auprès des domestiques de Gilles que celui-ci s’agenouillait devait la fenêtre donnant sur ces bois, et qu’il invoqua les esprits pour retrouver : « science, puissance, richesse ». Bref, la total !...

On retrouve souvent dans les contes, chez H. P. Blavatsky, chez Tanis Helliwell, le souhait d’être aidé par les Esprits de la Nature, ou Yôkai au Japon ; aussi il n’est pas surprenant que Gilles invoque des esprits ! que les vicieux inquisiteurs trouvent « malins ». Tout tourne toujours autour du POUVOIR.
Gilles aurait invoqué des esprits, non pas pour gagner au Loto, mais c’est tout comme : il cherche à « se refaire », mais en conservant son âme... Il ne faut pas pousser tout de même !

Paragraphe 21, en la maison d’un certain Jean Le Moine, près du manoir épiscopal de Vannes, André Buchet, de Vannes, amena à Gilles un enfant, forcément innocent, âgé d’environ 10 ans, fils de Jean Lavary. Gilles aurait sodomisé le garçon, puis aurait traîné l’enfant dans la maison d’un certain Boetden et le fit tuer, puis couper la tête, ensuite on jeta le corps dans les latrines de cette maison, et bien-sûr suit le refrain : « ainsi fut et est vrai ».

Paragraphe 25, on dit que Gilles envoya Eustache Blanchet en Italie à Florence, pour trouver un professeur d’Alchimie, et autres conjurateurs de l’invisible. Eustache trouva à Florence Francesco Prelati. Ensuite, dans sa maison de Nantes (maison de la Suze), à l’hôtel de la Croix d’Or à Orléans, puis aux châteaux de Machecoul et de Tiffauges, Gilles aurait invoquer des Yôkai.

Paragraphe 27 ça s’aggrave : Dans ces divers et nombreux domaines, on accuse Gilles et ses compagnons Gilles de Sillé, Roger de Briqueville, Henriet, Etienne, André, d’avoir tué « inhumainement et horriblement » environ 140 innocents mâles et femelles ; que Gilles de Retz offrait aux esprits les membres coupés des enfants, et qu’avant et même pendant leur mort il se livrait à « l’abominable péché désordonné et luxuriait contre nature pour sa concupiscence charnelle, illicite et damnable » ; et qu’ensuite les corps des tués furent brûlés et jetés dans les douves des châteaux de Gilles. En bref dans cette partie du procès il y a nombre de répétitions d’accusation de meurtres et de sodomie.
On accuse Gilles d’avoir demandé à Gilles de Sillé, Roger de Briqueville, Henriet, Etienne et André Buchet, d’aller chercher des entremetteuses et pourvoyeuses ou voleurs d’enfants ; ou de soudoyer les parents des enfants afin que ceux-ci viennent exercer des travaux dans les domaines de Gilles. Ensuite le refrain de sodomie est répété.

Paragraphe 29 : Henriet et Etienne, sur le lieu de Bourgneuf, en la maison des Frères prêcheurs où logeait Gilles de Rais, auraient donné et livré un enfant de 15 ans environ, avec lequel il commit... voir le refrain ! avec pour variation finale le bûcher ou la fosse d’aisance... pardon, les fossés de quelques châteaux de Gilles.

Paragraphe 31, il est dit que Gilles dans sa chambre du château de Tiffauges, déposa le cœur, les mains et les yeux d’un enfants, avec le sang, dans un vase de verre, et offrit en hommage cette recette à un Yôkai, pardon, démon.

Paragraphe 35, la police de la pensée est à l’œuvre, en condamnant les arts magiques (dont une petit part peut entrer dans l’Art alchimique), la géomancie et la nécromancie ou invocations des morts.

Paragraphe 38 on précise la repentance de Gilles : « il eut remords de conscience, promit, jura et fit vœu à Dieu et aux Saints que jamais de tels et horribles crimes et péchés ne perpétrerait ni ne commettrait, en s’abstiendrait de les commettre, qu’il irait en pèlerinage à Jérusalem et visiterait le Saint-Sépulcre de Notre-Seigneur... »

Quand on pense que la France repose sur des galaxies d’imbécilités religieuses qui ont brisé un nombre incommensurable de pauvres humains. Imbécilités ayant pour seul outil LA PEUR, tout comme maintenant, mais avec beaucoup d’emprise religieuse, mais la PEUR est toujours le même outil.

Paragraphe 42, on aborde la « vrai » faute de Gilles : l’affaire Le Ferron, ou Gilles osa, « contre la crainte de Dieu » (sic) « avec plusieurs de ses complices, avec armes offensives entrer dans l’église paroissiale de Saint-Etienne de Malemort, au diocèse de Nantes, et usant furieusement et témérairement de violences sur un certain Jean Ferron, clerc, originaire de Nantes, et le faisant prendre par un certain Marquis de Séva, lombars, et autres, alors Gilles et ses compagnons voulurent expulser Jean Le Ferron ; lequel pendant plusieurs jours et mois, tantôt au château de Saint-Etienne de Malemort, tantôt au château de Tiffauges, fut détenu captif, les fers aux pieds et aux mains ». Gilles à donc commit un sacrilège envers l’Église, violant l’immunité sacré de l’église, et encourant l’excommunication : une horreur de plus à l’époque. On lui colle aussi sur le dos : hérésie, relaps, sortilège, sodomie, invocation des esprits, divination, tueur d’enfants, apostat de la foi, idolâtrie.


Samedi 15 octobre, Gilles reconnaît la validité de ses juges (après être passé par quoi ?) uniquement pour sa faute de l’affaire Le Ferron et la profanation de l’église de Saint-Etienne de Malemort, et pour les sévices exercés contre Jean Le Ferron. Il reconnaît s’être intéressé aux recherches alchimiques. Il nie tous les autres crimes et délits et autres invocations aux esprits. Il n’accepte ains que les onze premiers paragraphes de l’acte d’accusation.

Jeudi 20 octobre, à nouveau Gilles ne reconnaît que l’affaire Le Ferron et les sévices sur Jean Le Ferron.

Vendredi 21 octobre, Gilles de Rais doit subir la torture. Il demande que celle-ci soit différée et offre de faire des aveux devant la cour ecclésiastique et le président de la cour séculière.
Quelques heures après, brutalement, et « librement » Gilles avoue tous ses crimes devant greffiers. La PEUR ferait dire n’importe quoi autant que le travail du bourreau dans les chairs. Francesco Prelati confirme la déposition de son maître (après être passé par quoi ? la torture ?)
Lors des confessions extorquées de Gilles, il ne « se rappelle » même pas ni le mois ni l’année où il aurait commencé à pratiquer la sodomie ; et pour s’enfoncer un peu plus, c’est le cas de l’écrire, il ajoute que ces crimes n’étaient pas pour intention ni fin mais pour son plaisir...
Mais alors questionne le Président : pourquoi faire mourir les enfants, les faire brûler ensuite sur des bûchers ?
Gilles aurait répondu (en français dans le procès) : « Hélas, Monseigneur vous vous tourmentez et moi avec ». Le Président aurait répondu : « Je ne me tourmente point mais je suis moult émerveillé de ce que vous me dites et ne m’en puis bonnement contenter et ainçois je voudrois et désire par vous en scavoir la pure vérité pour les causes que je vous ay souventes fois dites ». Gilles répondit : « Vrayment il n’y avait autre cause, fin ni intention que ce que je vous ay dit, je vous ay dit de plus grandes choses que n’est cette cy, et assez pour faire mourir dix mille hommes ».
Ensuite le Président fit venir Prelati et il fut encore question de démons...

C’est au cour de cette dernière confrontation avec Prelati que Gilles lui fit des adieux touchants : « Adieu François, mon amy, jamais plus ne nous entrevoirons en ce monde ; je prie Dieu qu’il nous doint bonne patience et connoissance et soyons certains, mais que vous avez bonne patience et espérance en Dieu, que nous nous entrevoirons en la grande joye de Paradis et je prieray pour vous ! », et Gilles embrassa Prelati qui aussitôt s’éloigna.

Le procès ecclésiastique de Gilles durera un mois et huit jours. Gilles sera excommunié puis réincorporé à l’Église : « Après être ainsi réincorporés, les genoux humblement fléchis avec soupirs et gémissements continuels, il demanda si, à l’occasion des délits par lui commis et iniquement perpétrés, et aussi à cause de l’effraction de l’immunité de l’église de Saint-Etienne de Malemort, de la prise de détention dudit Ferron, clerc, des insultes et injures aux Seigneurs évêque et vicaire et ecclésiastiques par lui dites, offensant à Dieu et à son Église, il ne pourrait pas être absout par lesdits évêque de Nantes et Frère Jean Blouyn, vicaire ; et demandant sur de lui impartir grâce, ils lui pardonnèrent pour Dieu ».

Ensuite vient la déposition des témoins, dont la plus importante sera bien-sûr celle de Francesco Prelati le 16 octobre.
Il raconte qu’un certain Eustache Blanchet est venu à Florence et lui aurait demandé s’il savait l’art de l’Alchimie et l’invocation des démons [Note : comme si les deux allaient ensemble !]. Prelati lui déclare que oui.  Et à la demande de Blanchet, Prelati le suit en France pour rencontrer Gilles de Rais. Ensuite viennent les traditionnels couplets de signes cabalistiques et d’invocations diverses de la magie opératoire, blanche ou noire, tant la différence est subtile que même un cochon ne saurait y faire de différence ; le tout dans un décor carnavalesque de série américaine du style de « Contes de la Crypte » et autres histoires de vampires. Cela en est tellement grotesque que je suis l’avis de Salomon Reinach, qui précise à propos du paragraphe 31, avec l’histoire du cœur des yeux et des mains d’un enfant déposés dans un vase de verre :
Or, rien ne prouvait que ces membres eussent appartenu à un enfant assassiné ; rien ne prouvait surtout que l’enfant eût été assassiné par Gilles ou pour lui !

« La déposition de Prelati, du 16 octobre, est d’autant plus suspecte qu’il affirme avoir fait apparaître le diable dix ou douze fois : Ad quas quidem invocaciones saepe, etiam usque ad decies vel duodecies, apparuit ei diabolus vocatus Barron. L’histoire des membres de l’enfant apportés par Gilles repose sur l’unique témoignage de ce drôle (manum, cor, oculos et sanguinem cujusdam pueri, p. LXVIII). Dans les aveux de Gilles de Rais, on trouve les mêmes mots dans le même ordre (manum, cor et oculos cujusdam infantis, p. LI). Comment admettre une pareille rencontre, si la confession imposée à Gilles n’a pas été calquée sur celle de Prelati ?

Suite aux enchaînements vampiresques de Prelati viennent les dépositions de Henriet Griart et de Etienne Corillaut (Poitou), lesquels répètent les mêmes « couplets » que ceux de Gilles !
Hors là, il y a de quoi se poser des questions, comme le fait remarquer S. Reinach :
« Les deux dépositions à charge les plus écrasantes, celles de Henriet et de Poitou, serviteurs de Gilles, portent sur des faits déjà éloignés de plusieurs années, sur des crimes très complexes ; or, elles concordent jusque dans les plus menus détails ; il n’y a pas entre elles une seule contradiction de quelque importance ; il n’y a, ni dans l’une ni dans l’autre, aucune des omissions auxquelles on s’attendrait naturellement ».

« Étrange effet de la prévention ! Cette harmonie plus que suspecte, cette harmonie qui est l’indice du faux et du mensonge imposé », comme l’exprime S. Reinach. On ne peut mieux résumer cette « chanson » apprise jusque dans ses moindres couplets et refrains.

À suivre...
 
 

Dernière mise à jour : 05-05-2010 21:58

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