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Qui veux gagner du temps en perd Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 19-07-2010 23:35

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Publié dans : Les News, Dernières news

Tags : Nature, Politique, Taoïsme

 
Qui veux gagner du temps en perd


PARMI LES HOMMES
 
 
 
Pour venger son père, un homme de Lu [un des royaumes combattants] ouvrit le ventre d'un [habitant de] Qi et mit son cœur à nu. Il s'assit alors, arrangea sa coiffure, se leva et changea de vêtements ; il sortit lentement, monta sur son char et fit aller son cheval au pas, sans que son visage changeât. Et comme son cocher voulait presser le cheval, il l'arrêta et lui dit : " Ce jour, j'ai vengé mon père et j'évitais la mort pour le faire, non par goût de la vie. L'affaire est finie maintenant. Pourquoi me sauverais-je ? " Les poursuivants dirent : " Cet homme à l'allure modérée ne peut être l'assassin ". Ils cessèrent de le cerner et s'en furent. Si cet homme n'avait pas changé de vêtements, ajusté son chapeau, s'il était parti furtivement et avait pressé son cheval, il n'aurait certainement pas pu s'échapper de plus de mille pas. Or, il s'est assis, a arrangé sa coiffure, s'est levé, a changé de vêtements, est sorti lentement, est monté dans son char et a fait aller son cheval au pas sans que son visage ne change.
 
C'est ainsi que les gens en risquant la mort trouvent au contraire la vie. C'est ce qui s'appelle " aller vite en allant lentement, atteindre le but en allant au pas ".
On croit ordinairement, que c'est en courant qu'on va vite, et en marchant qu'on va lentement. Ici, c'est au contraire en allant lentement qu'on va vite. La différence est claire. Ceux qui savent aller lentement pour arriver vite, marcher lentement pour être rapides, sont proches du Tao.
[En trois autres mots : il faut croiser]

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Le sage porte attention aux petites choses, veille à ce qui est infime, ne laisse pas passer le temps propice et prend garde aux multiples facettes d'une affaire, et ainsi le malheur ne s'étend pas. [Nos 'hommes politique' font le contraire] Si on compte sur le bonheur, il n'arrive pas ; si on prévoit le malheur, on l'amplifie. De même, lorsqu'il tombe de la grêle, ceux qui ne s'abritent pas en sont affectés. Les imbéciles qui sont prêts au malheur réussissent aussi bien que les sages.

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Le malheur qui survient prend source en l'homme ;
Le bonheur qui survient prend forme en l'homme.
Malheur et bonheur ont même porte,
Avantage et dommage sont voisins ;
Seuls les esprits et les sains peuvent les distinguer

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Il est trois dangers dans le monde : être de peu de vertu et être en faveur est le premier ; avoir peu de talent et un haut rang, voilà le second ; avoir peu accompli et recevoir de forts émoluments, c'est le troisième.

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Toujours les CROISEMENTS :
Tous les hommes savent considérer un profit comme un profit et un mal comme un mal. Seul le Saint sait que le mal est un profit et le profit un mal.

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Parfois les propos sont exactes, mais ne conviennent pas aux faits [aucun accord ou manque de synchronicité] ; parfois ils choquent l'oreille parce qu'ils rebutent l'esprit, mais ils s'accordent à la réalité.

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Un homme qui a le Tao change à l'extérieur et ne change pas à l'intérieur ; en changeant à l'extérieur, il se mêle aux hommes ; en ne changeant pas à l'intérieur, il garde son intégrité. Ainsi, il a une conduite sûre à l'intérieur, mais à l'extérieur peut se courber ou se redresser, avoir en superflu ou être en manque, se lover ou s'étendre et changer avec les êtres. Aussi, même élevé très haut, il ne tombe pas. Ce qui fait le prix du Saint, c'est sa capacité à se métamorphoser comme un dragon...

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Si on faisait en sorte que ce que les hommes gardent à l'intérieur soit visible à l'extérieur et que les deux coïncident, alors dans le monde il n'y aurait pas d'État qui disparaîtrait ni de famille qui péricliterait.

(Les grands traités du Huainan zi, époque des Han, 206 av. J.C. - 220 ap. J.C. chapitre 18 : Parmi les Hommes)


Ces quelques phrases sont à l'adresse des crétins à qui nous avons concédé les affaires de nos pays, et qui nous emmerdent par leur totale incompétence, ou au mieux ne pensent qu'à eux. Et dire que beaucoup les ont élu !
Il est remarquable que le fond de ces grandes pensées taoïstes soit le même que celui de Ramana Maharshi...


(Aquarelle du haut de Michel Roudakoff : Italie, Amalfi, linge qui sèche - 1971)
 
 

Dernière mise à jour : 19-07-2010 23:41

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