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Le Peuple et la Cloche Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 28-08-2011 20:39

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Publié dans : Les News, Dernières news

Tags : Amour, Anarchie, Argent, Banques, Chaos, Communisme, Chronologie, Démocratie, Diable, Dictature, Dieu, Église, Esprit, Europe, Goulag, Homéopathie, Inquisition, Justice, Laïcité, Libéralisme, Liberté, Maffia, Médecine, Monarchie, Mondialisme, Mort, Nature, Opinion, Politique, Pouvoir, Prisons, Ptah, Pyramides, Religions, République, Révolution, Robot, Royauté, Russie, Sagesse, Satan, Science, Sécurité, Sexe, Silence, Supplices, Synarchie, Tao, Temps, Terreur, Yokaï

 
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Le Peuple et la Cloche

Mondialisation du temps sacré en temps de travail ou « modernité »
 
 
 
La plupart du temps (la cloche)(1), c’est-à-dire avant la construction de l’ère industrielle du 19è siècle, le peuple c’est :

LE MANŒUVRE :
- MAIN [Manovrier] : ouvrier manuel.
- BRAS [Braceor] : celui qui charge quelque chose avec ses bras.
 
Le peuple c’est donc la population de personnes que l’on appelle parfois actuellement « les petites gens » (les ‘gens d’en bas’ pour certains politiques).

PTAH : Dieu Égyptien de Memphis, protecteur des Artistes/Artisans, chez les Égyptiens de l’Égypte pharaonique. Son nom signifiait « celui qui ouvre », dans la cosmogonie de Memphis c’est le Dieu Créateur du Verbe.

Depuis le 19è siècle et l’ère des machines et de la mondialisation du commerce (grandes surfaces), tous ces métiers de Manovrier et de Braceor ont disparut. Petit détail : les poinçonneurs de tickets de métro ont disparu depuis les années 1970.

Le drame est déjà bien commencé mais empire quand on s’aventure a fréquenter la « classe » au-dessus : les arts et la culture, la classe des politiques et de ceux qui commandent. Évidemment dans ces « classes du dessus » il n’est presque jamais question de parler du peuple ! Qui parle encore de démocratie ??? On reste « entre soi ».

Ces gens de pouvoir de notre époque, suite à la catastrophe humaniste de la Renaissance et son invention de l’imprimerie et autres découvertes, ne parle plus du peuple que par d’horribles conventions : nombres et pourcentages, outils médiatiques du sondage et de l’audimat, tout cela ne faisant évidemment pas une VOIX. Il est donc logique que cette classe du pouvoir prenne ceux de l’étage inférieur, le peuple, la masse, pour des imbéciles, et leur parle d’une façon enfantine voir vulgaire ; croyant que le peuple est vulgaire et crétinisé et inculte.

Des « savants » se sont mit à étudier « le peuple » : ça marche dans un sens mais jamais dans l’autre. Des bergers des Pyrénéens ne viennent pas étudier les mœurs sexuelles des énarques. Des mariniers des canaux du Nord ne viennent pas non plus étudier le comportement des hommes et des femmes politiques. Le courant passe dans un sens pour l’étude du peuple mais pas dans l’autre !
C’est la non relation entre la « biologie populaire » qui relève de l’expérience commune, et la « biologie ‘scientifique’ ». C’est encore la lutte entre le savoir local (par exemple les Vendéens de 1790) et la théorie générale, que d’autres appelèrent en 1789 « La Patrie » ou « Universel ». 1789 et sa révolution avec sa république se croyait universel.

Donc en politique, le peuple devient un objet, comptabilisable comme une vulgaire marchandise, c’est-à-dire un objet de conquête : Talleyrand disait : ‘la politique c’est l’art d’agiter le peuple avant de s’en servir’, il ouvrait ainsi la porte au dogme de l’OPINION ! Or je rappel que le mot POLITIQUE possède le sens de celui qui connait, qui sait ce qu’est l’Homme, ce qui est une « connaissance » d’essence métaphysique, et donc quantitative. On comprendra que maintenant en politique nous ne sommes même pas à l’opposé du sens, mais dans le n’importe quoi !

Le peuple est comme l’individu : le ‘Je’, le Soi, le ‘Je suis CE JE SUIS’. Il en est ainsi d’un pays.
Dans l’Occident médiéval c’est la journée qui est l’unité du temps de travail : lever au coucher du Soleil, l’électricité n’était pas encore utilisée.
En 1395, le Prévôt rappelle que la journée de travail est fixée des heures de soleil levant jusqu’à heure de soleil couchant, ne prenant leurs repas à heures raisonnables.
Aussi le « travail de nuit » est-il une hérésie et sanctionné comme telle. Pourtant Philippe le Bel autorise le travail de nuit et une ordonnance de janvier 1322 le confirme.
NONE est la PAUSE du travail sur un chantier urbain soumis au temps clérical des cloches. Cela aboutira à la moderne pause déjeuné et donc la notion et naissance de la demi-journée. Les conflits sociaux commencent à arriver au 13è siècle avec une crise générale au 14è siècle. Le temps de travail se fait plus efficace mais non sans peine !!! Les ouvriers demandent des « heures supplémentaires » pour gagner plus. Tout est cyclique !!!

À Thérouanne, le 16 mars 1367, le doyen et le chapitre doivent promettre aux ouvriers, foulons et autres Manovriers et Braceors de faire cesser de sonner à jamais la cloche des ouvriers, pour que à cause de la sonnerie d’une cloche de ce genre ne naisse pas de scandale et de conflit dans la ville et l’église.

Qui dit temps de travail et demi-journée et pose déjeuné dit également TEMPS DE LOISIR : loi du Sir, et « travail au noir ». Et puis il faut aussi se protéger contre la tyrannie patronale déjà très active !!!
TEMPS = RYTHME DE LA CLOCHE. On ne peut plus se représenter la fonction essentielle de la cloche, si bien illustré dans le film Andreï Roublev de Andreï Tarkovsky ; film qui illustre par l’épisode de la fonderie de la cloche la classe des artisans mélangées en Braceors et Manovriers.
La cloche du travail ou utilisation de la cloche urbaine pour marquer le travail apporte du « temps de travail » en face de la cloche des heures cléricales incertaines des cloches d’églises, alors que cloches de travail ‘certaines’ sont associé aux bourgeois et donc aux patrons. Le concept de laïcité commençait à apparaître.
À York, sur le chantier même de la cathédrale, entre 1352 et 1370, une cloche du travail apparaît qui décharge de cet office les cloches de l’église. En ce temps c’est l’église qui marque le temps et son emploi !
Les villes qui frappaient d’une amende le conseiller, l’échevin qui répondait avec retard à l’appel de la cloche urbaine ne faisaient qu’imiter les communautés monastiques qui châtiaient le moine en retard. Par exemple Saint Benoit mettait « au piquet » le coupable de retard.

Tout comme l’invention de l’imprimerie à la Renaissance fut une grande révolution, l’invention de l’horloge mécanique ne le fut pas moins : les heures devenaient PLUS CERTAINES, PLUS RATIONNELLES. Nous entrions dans un « temps mathématique », dans « les données mathématiques » et donc dans un temps terriblement CONVENTIONNEL.
CONVENTION = MENTAL :
- L’écriture comme l’horloge mécanique permirent à certains aspects de la langue parlée d’accéder à une analyse.
- L’écriture comme l’horloge mécanique permirent de diffuser l’information. Cependant dans un texte d’Empédocle lorsque celui-ci écrit que la mer salée est la sueur de la Terre, parle-t-il littéralement ou métaphoriquement ? L’enregistrement de l’écrit, tout comme les aiguilles de l’horloge ne nous le dit pas. La même chose existe et est monté en art dans les écrits de l’Alchimie.
- Avec l’écrit, on a tendance à croire que ce qui est écrit est un modèle complet de tous les aspects du langage !
- Une fois qu’un écrit a été assimilé, il représente donc un modèle (opinion), il est alors très difficile de s’en distancier et d’imaginer autre chose. C’est le phénomène de l’éducation, de l’hérédité, du formatage par la société et la vie sociale.
- Rien ne permet de penser que nos « manières de comprendre » sont culturellement universelles.
- Toute société, y compris secrète, est organisée autour d’un ensemble de croyances, parfois exprimées sous forme textuelle, dont l’accès est la source de pouvoir et de prestige (pensons à la Bibliothèque d’Alexandrie). Mais cela peut conduire à la tyrannie ou au totalitarisme : dans une société bureaucratique (comme l’Union soviétique), les problèmes de la loi, de la religion, de la politique, de la science et de la culture constituent ces domaines privilégiés, et l’accès et la participation à cette culture écrite. C’est celle en particulier qui s’occupe de l’éducation.

C’est au 14è siècle qu’apparurent les horloges mécaniques dans les zones urbaines suivantes :
Italie du Nord, Catalogne, France septentrionale, Angleterre méridionale, Flandre, Allemagne ; puis dans les régions de l’industrie textile. C’est de la Normandie à la Lombardie que s’installe l’heure de 60 minutes, qui à l’aube de l’époque préindustrielle, prend le relais de la journée comme unité de temps de travail.
La encore, comme pour l’invention de l’imprimerie, nous passions d’une pensée sur les choses (lever et coucher du Soleil), à une pensée sur les représentations des choses (les horloges mécaniques), c’est-à-dire à une pensée sur la pensée. Notre conception moderne du monde et de nous-mêmes est comme un sous-produit de l’invention du monde dans la mécanique et la géométrie, le compas et l’équerre !
Ne pas oublier qu’avant le 14è siècle, même avant l’an mille, la « théorie médiévale » était que les textes contenaient le MERVEILLEUX : comme dans des textes sur Alchimie, on pouvait en extraire un nombre indéfini de significations. Ainsi on pouvait en tirer une richesse soit : historiquement, allégoriquement, moralement, anagogiquement.

Le temps rythmé sur le Soleil et les rythmes naturels marcha pourtant jusque vers le 19è siècle, tout au moins jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en France.
À l’époque de la Renaissance les hommes continuent à vivre dans un temps incertain, ou merveilleux, ou non rationalisé. Un temps campagnard, puis plus urbain, mais non encore étatisé ou nationalisé !
La diversité était conservé, nous n’entrions pas encore tout-à-fait dans le mondialisme. ici midi et là minuit, ce n’est pas grave ; le temps préindustriel a du mal à s’installer, certainement à cause de l’Église.
Montaigne fut un partisan du mondialisme, puisqu’il note dans le Voyage en Italie, après d’autres voyageurs des 15 et 16è siècles, note la confusion, le désordre qui naît de ce temps à l’origine changeante d’une ville à l’autre.
L’unification du temps, sa mondialisation, remonte au 19è siècle, avec la révolution industrielle, la révolution des transports (invention du chemin de fer avec horaires et indicateurs imposant une heure unifiée) ; établissement de fuseaux horaires. C’est parfaitement romancé par Jules Verne en 1873 dans : Le Tour du Monde en 80 jours. Il viendra ensuite la « précision scientifique » : heure, minute, seconde, tierce ; et maintenant avec « l’horloge atomique » ça devient démentiel !!!

Bien-sûr ce qui est mécanique se dérègle, et de nombreuses horloges de villes tombent en panne ! Voir les légendes qui entourent les constructeurs d’horloges, personnages magiciens, démiurges et diaboliques.
Le temps devient national, capital, par le roi Charles V qui ordonne en 1370 que toutes les cloches de Paris se règlent sur l’horloge du Palais Royal qui sonne les heures et les quarts d’heure. Ce temps nouveaux devient celui de l’État. Nous entrions dans une convention de plus : l’APPROBATION, le confirmé, reconnu, ratifié, visé, autorisé, homologué, approuvé, agréé, applaudit, propriété intellectuelle, etc.
Le killer Aristote et ses géomètres avaient gagnés, le rationalisme aussi. Ça, plus l’invention de l’imprimerie, amenèrent la catastrophe industrielle et financière et la tyrannie de la société de consommation ; et le largage presque total de la spiritualité.
Il se passa une véritable inversion, pire que celle de 1789 et du communisme : L’EXISTENTIALISME : L’EXISTENCE CRÉANT SON ESSENCE. Le temps n’était plus une essence mais une convention, une idée, qui selon le CONFORT et donc les besoins peut se diviser, se mesurer comme le rêve la science actuelle.
Bref, contrairement à la mondialisation, le temps fait désormais l’inverse : IL DIVISE pour mieux régner !!!

De toute façon le temps n’existe pas, c’est un concept, il n’existe que s’il y a quelqu’un pour le mesurer, comme prendre conscience de l’ombre mouvante d’un rocher imitant l’aiguille sur un cadran solaire.
LE TEMPS C’EST DANS LA TÊTE ! DANS LE CUL AUSSI ! Tout est cycles et rythmes et vibrations...

Si nous avons perdu le sens du mot SCIENCE, c’est parce que la révolution de la mécanique et technologie « moderne » confond temps, espace et mercantilisme.
Le thème éternel de la FUITE DU TEMPS s’est retrouvé dans le christianisme, à la fois exaspéré et apaisé par sa transformation en crainte de la mort éternelle, et l’incitation à la préparation du salut (voir les religions du salut).
Le temps c’est le Soi de Ramana Maharshi, l’Instant.

Perdre son temps devient un grave péché dès le 14è siècle ! L’oisiveté est grave, celui qui s’y livre n’est même pas un animal ; nous sommes loin de la société de consommation et de l’American way of life ! L’usure et la piété avare se développe en Italie, on calcul, on retient des intérêts sur les jours de retard de paiement !!! Le temps c’est de l’argent ! Ainsi nait un HUMANISME à base de temps bien calculé.

L’homme du temps nouveaux est un humanisme, qui se développe bien-sûr au début de la Renaissance en Italie, vers 1400 : le marchand et proche des milieux d’affaires, qui transpose dans la vie l’organisation de ses affaires, se règle sur un EMPLOI DU TEMPS. Emploi du temps, comme si le temps était de l’argent : tout devient objet de commerce ! Même Dieu !!! Le laïcisation commence dès cette période de la Renaissance. Nous entrions dans le temps du bon chrétien humaniste bourgeois. Pour le temps de travail, il ne retient que la matinée - et tout ce doyt être parfait au matin - le bourgeois homme d’affaires ne travaille, à la différence du laborator populaire, qu’une demi-journée. Ensuite c’est le temps de loisir et de vie mondaine des gens riches.
Ainsi l’humaniste a comme vertu première le sens et le bon usage du temps. On est rationnel ou non ! Les riches bourgeois place des horloges dans toutes les pièces de sa large demeure.

Le temps deviendra un des premiers outils de l’être humain, pour son malheur !
Le temps est un don de Dieu et ne peut donc être vendu. Le tabou du temps que le Moyen Âge a opposé au marchand est levé à l’aube de la Renaissance. Le temps qui n’appartenait qu’à Dieu est désormais la « propriété intellectuelle » de l’homme ! C’est l’existence qui crée son essence !

Gianozzo : Il y a trois choses que l’homme peut dire lui appartenir en propre : la fortune, le corps...
Lionardo : Et quelle est la troisième ?
Gianozzo : Ah ! une chose extrêmement précieuse. Ces mains et ces yeux ne sont pas autant miens.
Lionardo : Merveille ! Qu’est-ce que c’est ?
Gianozzo : Le temps, mon cher Lionardo, le temps, mes enfants.

Texte de Leon Battista Alberti, I libri della famiglia, livre premier. L’horloge devient la référence de la Sapience. Mais dans l’extrait qu’en donne Jacques le Goff, bien prêter attention à la fin : « mes enfants ». Cela indique que le temps appartient à tous mais est aussi une vue de l’esprit humain (cerveau gauche)... qui mesure, contrôle, comptabilise désormais tout... pour sa perte.


Voir aussi la page : Temps et mercantilisme


(Références à : Michel Serres sur un chronique à France-Info ; Jacques le Goff : Un autre Moyen Âge ; David R. Olson : L’Univers de l’écrit)



Note.
1. La CLOCHE symbolise le son, le son primordial ! Elle symbolise l’appel du divin, une communication entre le Ciel et la Terre. Elle est suspendue entre Ciel et Terre. La musique des cloches est un critère de l’harmonie universelle.
 
 

Dernière mise à jour : 28-08-2011 21:19

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