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Sabbataï Tsevi le maniaco-dépressif Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 24-04-2013 19:05

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Publié dans : Les News, Dernières news

Tags : Alchimie, Amour, Anarchie, Argent, Banques, Bourgeois, Chaos, Communisme, Chronologie, Démocratie, Diable, Dictature, Dieu, Dragons, Eau, Église, Esprit, Europe, Feu, France, Goulag, Gouvernement, Guerre, Homéopathie, Illusion, Inquisition, Internet, Jardin, Justice, Labyrinthe, Laïcité, Libéralisme, Liberté, Maffia, Magie, Médecine, Métaux, Monarchie, Mondialisme, Morale, Mort, Nature, Opinion, Pagan, Paradis, Peur, Pierre, Politique, Pouvoir, Prisons, Ptah, Pyramides, Religions, République, Révolution, Rire, Robot, Royauté, Russie, Sagesse, Satan, Science, Sécurité, Sexe, Silence, Supplices, Synarchie, Tao, Télépathie, Temps, Terreur, Transformation, Vide, Volonté, Yokaï

 
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La famille de Tsevi a vécue en Grèce (Péloponnèse) jusqu’à ce qu’elle suivent son père, Mardochée Tsevi à Smyrne, futur centre important du commerce levantin. Le nom Tsevi est inconnu chez les Sépharades (Tsevi veut dire cerf en hébreu). Le commerce à Smyrne amena la prospérité dans la communauté yahviste dans les années 1625-1630. Mardochée Tsevi réussit dans les affaires et devient riche. Qui ne réussit pas dans les affaires chez les Yahvistes !
 
Sabbataï Tsevi était le deuxième des trois fils de Mardochée Tsevi. Ses deux frères suivirent la voie du commerce et s’enrichirent beaucoup. Les parents de Tsevi moururent avant que ne commence le mouvement sabbataïste.
Sabbataï Tsevi était très lié à sa mère, et affirmait à ses connaissances que se rendre sur la tombe de sa mère et y poser la main équivalait à un pèlerinage au Temple de Jérusalem. Une rumeur courut qu’à son retour de Smyrne « Sabbataï Tsevi ressuscita sa mère qui était morte vingt ans plus tôt ».
Les six premières années de l’éducation de Tsevi se déroulèrent avec un maître qui lui enseigna « des éléments de piété et les voies du service divin ». Il continua ses études sous la direction du plus illustre des rabbins de Smyrne de l’époque : Joseph Eskapha.

Très tôt Sabbataï Tsevi fut tourmenté par des cauchemars à caractère sexuel : « Dans le récit du rêve précité [une flamme qui descend et blesse son phallus], il est clairement question de violentes tentations sexuelles, exprimées au travers de l’imagerie traditionnelle dont la kabbale représente les activités démoniaques », écrit G. Scholem. Tsevi est troublé par la masturbation.
Il commence probablement a étudier la kabbale vers 18 ou 20 ans (selon un code : 20 ans l’âge pour commencer l’étude, 40 ans l’âge de la compréhension).
Sabbataï étudia seul la kabbale, sans maître ni guru, et vivant reclus et enfermé dans une chambre spéciale, se donnant entièrement à ses études. Vers 1644-48 quand Sabbataï commença ses études cabalistiques la cabale lourianique était prédominante. Il préféra se plonger dans les traités du Zohar (ayant des rapports avec la captivité des Yahvistes à Babylone). Les traités sont : « Le Midrash Caché », « Les Mystères du Pentateuque », « Les Maisons et les Demeures du Paradis et de la Géhenne », « Le Berger Fidèle », « Le Secret des Secrets », « Discours sur le vieillard dans Mishpatim » (châtiment des âmes), « Le Januka ou discours du Jeune Homme », et « Le Tosephta et le Mathanithan » qui sont des essais additionnels sur l’Emanation et les Sephiroth (réf. Glossaire Théosophique de H.P. Blavatsky).

Sabbataï Tsevi est en route dans la recherche de Dieu par la pratique solitaire d’une piété ascétique. Pratiques ascétiques de mortifications, de jeûnes, d’immersions rituelles, bien établies à Safed ; d’ailleurs bien dans cette autre tradition religieuse : la circoncision, car il y a nécessairement la-dedans un sentiment de SUPÉRIORITÉ physique, donc de POUVOIR. « Le grand dessein, inavoué, des mutilations sexuelles, est de dominer la jeunesse par la terreur d’un sacrifice humain évoquant la castration et la peine de mort. Mais la motivation traditionnelle est de fabriquer des surhommes (surfemmes) prétendus moralement supérieur(e)s, élu(e)s de Dieu ou des ancêtres. Fondée sur une différenciation physique, cette discrimination est une sorte de racisme artificiel ». Un proverbe africain dit : « Un non-circoncis n’est pas un homme » affirmant ainsi la domination du partriarcat. Que sera l'impact du 'Mariage pour tous' ?
La symbolique du Zohar est donc plus parlante à Sabbataï que celle de la kabbale lourianique. N’empêche que ce futur faux messie se nourrit d’opinions de kabbale lourianique, et l’évolution de l’opinion se nourrissait du climat général, comme maintenant où on peut s’abreuver à l’opinion dominante.
Sabbataï s’interroge sur le TAO, l’Instant (Aïn ou En-Sof chez les Yahvistes) qui contient le Yahvé ou Dieu d’Israël.

Sabbataï Tsevi ne réussit pas à se marier. Par exemple il fait un mariage blanc suivi d’un divorce. Les noms de ses femmes nous sont encore inconnus. Il voulait rester absolument pur.
C’est à l’âge de 20 ans qu’il épousa sa première femme, et c’est aussi à cet âge que les premiers symptômes de sa maladie en forme de trouble maniaco-dépressif se déclara. Ses contemporains le traitaient de fou, de lunatique ou d’idiot. Ses disciples eux-mêmes reconnaissait que sa conduite depuis la puberté justifiait largement ces appellations. Nombre de sources permettent d’affirmer avec certitude que Sabbataï Tsevi souffrait de psychose maniaco-dépressive, à laquelle s’ajoutaient probablement certains éléments de paranoïa.
En résumé, le maniaco-dépressif c’est Jean qui rit et Jean qui pleure. Un coup il voit des visions et en est exalté et ensuite c’est l’inverse : il tombe dans la mélancolie et l’abattement extrême et peut se sentir persécuté. Entre ces déséquilibres il passe une période « normale » se conduisant comme les « gens normaux ». Bien-sûr dans ce déséquilibre toutes les « facultés mentales » et la « personnalité » ou ego sont intacts.

Les symptômes commencèrent à apparaître quand Sabbataï approchait de ses 20 ans et devinrent pleinement manifestes deux ans plus tard. De nombreux contemporains de Sabbataï confirment son état maladif. En tous cas son ego était surdimensionné : « Vous ne méritez pas d’assister à cette vision de gloire, car vous n’êtes pas purifiés comme moi ». Bien-sûr il dit à ses acolytes qu’ils s’attendent à de grandes choses de sa part. Dans ses phases d’exaltation le maniaque est susceptible d’accomplir des actes extraordinaires, il peut se révéler un génie et avancer les idées les plus originales écrit G. Sholem. Il peut aussi se conduire comme un idiot.
Les ruptures à ses moments d’exaltation constituent ce que les sabbataïstes nommeront plus tard ses « actes paradoxaux » ou étranges. G. Scholem explique que dans la tradition sabbataïste ces actions ne sont l’objet ni d’interdit biblique ni d’un interdit rabbinique mais apparaissent bizarres, absurdes ou fantasques. Toujours est-il que les actions de Sabbataï étaient en décalage avec sa volonté de pureté et de sainteté. Il se sentait « pousser des ailes » qui le poussait à agir de manière complètement irrationnelle en désaccord avec la Torah. Il devait s’opposer plus ou moins inconsciemment à la loi religieuse traditionnelle, d’après ce qu’en écrit G. Scholem.

Ses jours d’angoisse et de dépression alternaient avec les jours de réjouissance et d’illumination, « selon un schéma qui mêle étrangement psychologie et mythologie » écrit G. Sholem. Selon des témoignages il tombait en extase, avec un visage « comme celui de Moïse qui était comme la face du Soleil ». Ceci est confirmé par nombre de témoins, par exemple des envoyés polonais qui rencontrèrent Sabbataï dans la forteresse de Gallipoli. G. Sholem écrit que l’on possède de solides preuves de l’alternance de phases d’illumination et d’abattement au moment de l’apogée du mouvement en 1666. Les phases dépressives son nommés « éloignement de Dieu » !
Les fluctuations psychiques de prolongèrent jusqu’à la mort de Sabbataï en 1676.

L’ego de Sabbataï Tsevi était gros comme le Soleil : « Sabbataï cria d’une voix puissante au Soleil de s’arrêter, de même que ses disciples, jusqu’à ce qu’ils en soient honteux », écrit G. Scholem. À l’apogée de son mouvement Sabbataï menait un train de vie royal !!!
Sabbataï pratiquait la magie ou kabbale pratique : étude des noms divins et démoniaques par lesquels des miracles peuvent être accomplis, donc pouvoir.
La conduite de Sabbataï lui vaut d’être expulsé de Smyrne entre 1651-1654, et on raconte qu’un rabbin avait conseillé secrètement de tuer Sabbataï.
Ses capacités étaient développées mais il n’avait aucune créativité ni aucune originalité, il n’avait pas de talent littéraire.
Sa vie émotionnelle était tourmentée. il était douée pour la musique et aimait le chant. Il transformait des chansons en chants mystiques d’amour divin.
Sabbataï possédait un charme personnel et un grand magnétisme. « Tous les témoignages le confirment » écrit G. Scholem. « Son rapport à autrui était toujours emprunt d’une grande noblesse et d’une gentillesse touchante ». Bref, il faisait forte impression autant sur les riches que sur les pauvres. Malgré cela et à cause de sa psychopathie et personnalité « bizarre », il ne réussit pas à créer un cercle de disciples permanents et fidèles.

Il se rend à Constantinople en 1658. Ne pas oublier que ses frères et sa famille étaient riches, aussi Sabbataï n’avait pas besoin de travailler pour « gagner sa vie » et pouvait se consacrer à ses recherches. C’est un point important. En 1658 il se « dégage » de l’autorité de la Loi qu’il avait étudié dans sa jeunesse. Il est hors du judaïsme rabbinique et soumis à « une Loi supérieure ». À Constantinople il aurait subit par des rabbins 39 coups de fouet comme punition. Après 5 années à Constantinople, Sabbataï retourne dans sa ville natale de Smyrne.
En 1662 il se rend en Égypte. Sa générosité et sa piété extrême et son ascétisme étaient bien connues.


« La conduite de Sabbataï commençait à exprimer cette paradoxale attitude que le Talmud décrit comme « l’accomplissement d’une bonne action par le péché... » Quand Sabbataï fut investi - pour des raisons indépendantes de sa propre activité - de la plus haute autorité spirituelle par ses disciples [ils en firent le messie], la nature paradoxale de son comportement détermina l’essence de la théologie du mouvement. La Loi interne du mouvement sabbataïste était issue du profond de la personnalité déchirée de son fondateur bien que lui-même ne possédât pas la capacité intellectuelle de la formuler » écrit G. Scholem.
D’autre part, un certain David Habillo déclarait qu’il existait deux Satan, dont l’un était le « Satan de sainteté » ; le symbole mystique en était la lettre chin à 4 branches. Avec cette conception toute les actions sataniques ne sont pas obligatoirement maléfiques. Le sacré est ambivalents. Selon Carl Gustav Jung, le quaternaire, le quatre ou CARRÉ représente Satan. Le dictionnaire des symboles de Chevalier et Gheerbrant écrit que c’est le chiffre sacré de ce monde, de la Terre et des humains. Il est vocation de l’humain : issu de l’unité, il s’en distingue comme le créé du Créateur, mais il est appelé à retourner au Créateur, et à s’unir à lui, manifestant ainsi sa puissance, son intelligence et son amour. Le quaternaire exprime une situation évolutive, l’humain étant placé sur Terre dans une dynamique intéressant tout l’univers. Le chiffre quatre exprime une totalité.
Pour David Habillo, Sabbataï avec ses étranges actions pouvaient lui être inspirées par le « Satan de sainteté »...

« Le saint est l’ombre du sorcier et le sorcier celle du saint. Devant un saint, cherchez le Diable, il n’est pas loin. Les saints authentiques d’ailleurs le savent bien qui dialogues sans cesse avec lui. Saint et sorcier sont les deux pôles du même système, celui du sacré. Les Romains déclaraient sacer (sacré) celui qui ne pouvait être touché sans être souillé et sans souiller, celui qui s’était rendu coupable d’inceste ou de meurtre ou qui avait commerce avec une femme en période menstruelle ». (Pierre Solié, psychothérapeute du courant de Carl Gustave Jung, dans son livre : Médecines initiatiques - Aux sources des psychothérapies).

D’autre part, étrangement les Yahvistes prennent la Trinité et le Ternaire pour de l’idolâtrie ! Alors que nombre de traditions religieuses et philosophiques ont des ensembles ternaires correspondant à des forces primordiales hypostasiées ou à des faces du Dieu suprême. Les triades sont la manifestation DE LA puissance divine. Mais les Yahvistes sont essentiellement BINAIRES (bien et mal), tout comme l’Islam qui ne reconnaît que l’unicité, le Un d’Allah.
Le TAO symbolise le TROIS :
Le Tao engendre Un. Un engendre Deux. Deux engendre Trois. Trois engendre tous les êtres du monde.
(Tao-Tö King, Verset 42)
La religion la plus spiritualiste qu’est la catholicité (universalité) professe le dogme de la Trinité dans le monothéisme le plus absolu, en un principe mystérieux de relations vivantes, en MOUVEMENT, le Triangle étant la première figure fermée.
Pour Jean Coulonval (Synthèse et Temps Nouveaux), pour les naturalistes, le ternaire est universel : une métaphysique de l’être composite, dans une vue globale de l’unité-complexité de toute chose vivante dans la Nature.


[Référence à Gershom Scholem : Sabbataï Tsevi - Le messie mystique]

(En haut de page : un tube triode de 1906)
 
 

Dernière mise à jour : 24-04-2013 19:37

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