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Pharaon Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 07-04-2008 21:58

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Publié dans : Flash sur films, Sommaire films hors du Japon

Tags : Film, Jerzy Kawalerowicz, Pharaon

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Pharaon
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Le chant glagolitique accompagnant l’entrée du vieux Pharaon, le père de Ramsès, n’est pas du tout déplacé, car ce style de chant hiératique date du haut Moyen-Age européen, période particulièrement tournée vers le spirituel, et une grande liberté de penser, avant que le clergé catholique n’y vienne imposer une censure vers le milieu de l’an 900. De toutes façons, à moins de mettre une musique du 20è siècle avec les risques que cela comporte, nous ignorons tout hélas de la musique que pouvaient jouer les Anciens Égyptiens, même la musique Copte est d’une très faible indication. La vision subjective du vieux Pharaon assis sur sa chaise à porteurs, et passant devant tous ses courtisans et une enfilade de portes plus dorées les unes que les autres est superbe.
Nul par dans les reconstitutions du cinéma américain il ne se trouve le réalisme stupéfiant de la reconstitution du film de Kawalerowicz. Ce n’est pas une copie servile, mais une sublimation, une imitation soignée certes mais peut-être faite de bric et de broc ce qui la rend plus vraie que nature ! Ce mélange de son du Moyen-Age, de décors et accessoires du 20è siècle avec les ruines de l’Égypte ancienne rendent mieux que la réalité. Mais ni vous ni moi n’avons été passer nos vacances il y plus de 2000 ans, alors laissons nous transporter en rêves dans ce chef d’œuvre...
 
 
La séquence avec la vestale Kama est très sensuelle, érotique même, et ressemble à un ballet dans cette ambiance sombre de teintes de gris bleutés chauds du Temple, où ne vacille qu’une petite flamme sacrée.
Les intrigues de couloirs sont cruelles et assez tordues !

Comme écrit plus haut, on ne dispose pas de référence pour la musique  de l’Égypte ancienne, aussi pour accompagner une fête, Kawalerowicz utilise habilement une rythmique avec de discrètes percussions. On sait plus ou moins que les musiciens de ce temps utilisaient beaucoup de percussions comme les cymbales, tambourins et autres dispositifs frappés. La harpe était joué par des musiciens aveugles, dont on possède de multiples représentations sur des fresques ou des papyrus. Visuellement c’est superbe, car Kawalerowicz filme en caméra portée, comme pour rendre un doux et sensuel enivrement par la bière et les désirs.
 
 
Ah la séquence de bataille : soldats comme on peut en observer sur des fresques, avec leur casque tressé de grosse fibre végétale plus ou moins protectrice pour le crâne, large bouclier d’une main et longue pique de l’autre, et tous avancent au son d’un chant poétique porté par la voix forte d’un seul homme. Ce qui est beau et impressionnant, comme dans la façon dont Orson Wells met en scène une bataille, c’est de voir Kawalerowicz nous montrer longuement la marche des soldats vers le camp adverse, en plans serrés, objectif souvent dirigé vers le sol, sur lequel de temps à autre un soldat s’effondre victime d’un projectile, ou un autre vacille prêt a tomber. Tous ça est renforcé en plus du chant, par le bruit des pas sur le sable, l’essoufflement des soldats dans leur progression et leurs cris pitoyables lorsqu’ils tombent blessés, plus la vision subjective en volet de transition grâce à la fermeture des paupières rougeoyantes d’un mourant. La manière de filmer la désolation de la répartition géométrique des morts sur le champ de bataille est très esthétique. Souvent les plans ressemblent aux fresques égyptiennes colorées et très détaillées.
Seuls plans qui jurent un peu : deux chars de Pharaon devant l’état actuel des grandes pyramides sans leur revêtement original. Mais ça peut passer, vu qu’ici nous en sommes déjà à la XXe dynastie et les plans sont très courts. Ramsès dit que la pyramide de son prédécesseur Khéops (IVe dynastie) était le fruit de sa volonté toute puissante. À mon avis il y a une erreur, c’est plutôt l’expression de l’éternité, ou du prolongement de la vie dans un autre plan.
 
 


Dernière mise à jour : 08-04-2008 14:08

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