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Always san-chôme no yûhi Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 25-10-2008 10:48

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Publié dans : Flash sur films, Sommaire films du Japon

Tags : Always san-chôme no yûhi, Films, Japon

 
Always san-chôme no yûhi
ALWAYS 三丁目の夕日
 
 
 
 
http://www.always3.jp/05/
http://www.imdb.com/title/tt0488870/

Sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=ngjPeW9gEGs

Film japonais de 2005 en Tohoscope (1), réalisé par Takashi Yamazaki.

Tokyo : 1958, la deuxième guerre mondiale est terminée depuis 13 ans. les technologies audio ou odieux (2) visuelles sont encore balbutiantes, c’est l’époque des tubes à vide. La télévision se regarde encore devant les vitrines des magasins, car pour en avoir une chez soi, il faut avoir un salaire important ou être riche. Ainsi nous voyons des enfants se précipiter comme des fous pour regarder ces « images qui bougent » dans le magasin qui en vend. Mais comme les commandes de télé ont été renvoyé au fournisseur, pas de télé ! Ainsi les enfants vont pouvoir s’amuser sainement par eux-même et devenir créatifs, en faisant voler un magnifique et émouvant avion avec un moteur à élastique. Cela permet au réalisateur de faire un très joli plan séquence, nous montrant un quartier encore provincial de Tokyo en 1958, avec en fond la construction de la Tour Eiffel, pardon de Tokyo (ouverte en 1958)...
 
Dans le même lyrisme, on découvre le peuple japonais des futurs salarymen et des écoliers en uniformes s’interrogeants sur leur futur employeur. En retrouvant les enfants « de la télé » achetant des friandises et un ticket de loterie, dont le décalcomanie révèle un : Pas de chance, le marchand et propriétaire de ce « vieux magasin de bonbons », et écrivain à ses heures et qui s’appelle : Chagawa Ryunosuke (joué par Hidetaka Yoshioka), découvre dans un courrier du postier que ses écrits n’ont pas eux de prix littéraire. Un nouveau pas de chance donc ! Pour les enfants, tous les tickets de loterie sont des : Pas de chance... Nous sommes aussi encore un peu partout dans les chemins de fer aux extraordinaires locomotives à vapeur.
 
 
 
Curieusement le « Pas de chance » colle à l’éditeur qui, en ce mois d’octobre 2008, a eu cru pouvoir mettre en vente un «jeu de magie » plus ou moins humoristique avec un homme politique comme poupée support : Nicolas Sarkozy. Même si nous ne sommes plus au temps des Anciens Égyptiens, où déjà les travers de la politique étaient critiqués, mais sous forme d’animaux, d’où l’euphémisme cher au Égyptiens, d’où LA FABLE... Il eu été plus prudent de sortir un jeu sur le Sarkozy en question, mais au second degré, sous forme d’animal, ou autre tournure a trouver... Je suis presque sûr d’ailleurs qu’il devait exister des poupées à l’effigie de Pharaon en vente dans les meilleures échoppes de Memphis en Égypte... Mais pour guérir, par pour torturer !
Ça n’empêche pas de me poser des questions sur le droit à l’image : pour qui il se prend ce Sarkozy là, nous sommes hélas en République, le président est un homme élu, mais il n’est pas comme tout le monde : il peut attaquer en justice, mais en retour il est inattaquable ou presque, alors que le citoyen ordinaire est attaquable sur toutes les coutures.... Cherchez l’erreur. Et on peut se poser des questions sur la liberté de penser et d’agir, surtout sur Internet. A quand des pièces en euro à l’effigie de Sarkozy, qu’on puisse les hacher menu !
Le président, pardon, le dictateur de Cuba : Fidel Castro, a fait emprisonner pour de longues années un dessinateur humoristique, dont les caricatures de Castro avaient eut le malheur de déplaire au dictateur. Ce dessinateur a été libéré, parmi une charrette de quelques autres « dissidents » grâce à l’intervention du célèbre commandant Jacques-Yves Cousteau, et ils se sont retrouvés réfugiés politiques dans nostre beau pays... sous le règne de Mitterrand.
 
 
 
Pour en revenir tout de même à Always, une jeune écolière est attendu en gare de Tokyo... par le président de Suzuki Auto. Mais ici il y a une surprise de taille... Car comment le président d’une « si grande compagnie » attendrait à la gare une « si simple petite écolière »... Norifumi Suzuki (joué par Shin'ichi Tsutsumi), tel est le nom du « président de Suzuki Auto », simple atelier mécanique ! La surprise s’accentue car le « président » passe une combinaison de mécano à Mutsuko (joué par Maki Horikita), la jeune écolière, alors qu’elle était censée être la secrétaire du « président ». Le président se comporte en homme violent : sa femme se rend compte de la déception de Mutsuko et elle s’en confie justement à son mari, qui la bouscule, pour aller vers Mutsuko. Mais sa femme réussit à le raisonner à temps : combien d’apprentis l’ont déjà quitté... Le petit garçon du président confie un secret à Mutsuko, toujours sous le coup de sa déception : il y aura bientôt la télé chez eux.
 
 
 
Le marchand écrivain raté : Ryunosuke, s’en va dans le bar à côté de son magasin. Là, devant la tenancière du bar : Hiromi (joué par Koyuki), il se livre à la critique en règle des écrivains contemporains de son pays. Maintenant il veut faire de la littérature pour les enfants. Le président de Suzuki Auto se retrouve aussi dans ce bar, et vire de « son siège » Ryunosuke. Un excès d’autorité ? Ryunosuke est à moitié saoul et la tenancière du bar, après quelques approches affectives, réussit à lui faire accepter de recueillir Junnosuke (joué par Kenta Suga), un enfant abandonné. Une fois la sortie de l’écrivain « déchet humain », comme l’appellent les autres clients du bar, tous rigolent méchamment. Selon les « méchants clients du bar », Ryunosuke a une riche famille qui l’a déshérité parce qu’il écrit des romans !
 
 
 
Dans ce petit quartier populaire, ou plutôt cette petite rue de Tokyo (3), tout les commerçants se connaissent, un peu comme à Paris en 1955 dans certaines rues commerçantes de Paris, comme la rue de Lévis dans le 17è arrondissement. Le docteur Takuma en scooter, est appelé le Diable par le fils du « président ».
C’est concrétisé pour Ryunosuke un peu remis de sa beuverie : dans un coin il aperçoit le jeune Junnosuke tout recroquevillé. Il ne l’accepte pas et veut le rendre à Hiromi... Mais Junnosuke est maintenant aimanté à Ryunosuke. Un voisin, qui était dans le bar, lui rappelle qu’il avait promis pour Junnosuke... Le jeune comédien qui joue Junnosuke est étonnant.
Toutes ces scènes sont souvent accompagnés par une musique humoristique, ou plutôt légère, mais avec une riche orchestration.
Pour en revenir au jeune Junnosuke, si émouvant, et qui se fait constamment rabrouer par Ryunosuke, c’est lui qui découvre son talent d’écrivain pour enfants sur un manuscrit exposé à la devanture du magasin. Et c’est son premier fan. Ryunosuke n’ose y croire, il croit que c’est de la flatterie.
 
 
 
La comédie s’accentue toujours avec humour : la jeune apprentie mécanicienne se fait traiter de menteuse, parce que dans sa demande d’emploi elle avait marqué qu’elle pouvait s’occuper d’autos, hors elle ne sait même pas ce qu’est un cric ! aussi le « président » entre dans une grande colère et la traite de menteuse, alors elle le traite aussi de l’avoir arnaqué par ce « petit atelier de mécanique » alors que s’était écrit automobiles Suzuki... Le président sort sans prendre la peine d’ouvrir la porte : résultat, plein de vitres cassées ! Le président devient comme fou et poursuit Mutsuko jusque dans le magasin de bonbons de Ryunosuke et l’assomme à moitié... Quatre personnes arrivent avec grandes difficultés a le retenir, un peu. Le président veut la virer mais la pauvre Mutsuko n’a plus nul par où aller. Alors le président « la fou dehors » en jetant par la fenêtres ses affaires. En faite le président avait mal lu la demande d’emploi, Mutsuko sait réparer les vélos, et elle l’a prouvé sous nos yeux.
 
 
 
C’est émouvant, parce que au travers du président, de Suzuki, et de sa réconciliation d’avec Mutsuko, s’érige la reconstruction lente mais imperturbable du Japon, avec ses courageux habitants qui mettent dans ce qu’ils entreprennent une fougue peu commune en Occident. Ainsi Suzuki tient-il un discours pour le moment imaginaire : il veut exporter ses voitures dans le monde entier. Je pense qu’ici il parle pour tout le Japon, mais pas pour son tout petit atelier de réparation. La seconde guerre mondiale fut terrible pour le Japon. Et dans le film les personnages l’évoquent encore, même 13 ans après.
Pendant ce temps l’écrivain raté, Ryunosuke, se désole de perdre son talent. Mais il a peut-être un successeur, grand auteur de science fiction : le jeune Junnosuke, lequel s’exerce a écrire à l’école.
La vieille grand-mère marchande de cigarettes boit du Coca Cola, nouvelle boisson introduite récemment au Japon. Elle veut en offrir à Suzuki, il refuse car trop habitué à la couleur du soja, si proche de celle du Coca Cola... Le Japon découvre aussi le Hula hoop, tout comme moi d’ailleurs, mais ça n’a duré que 2 minutes...
 
 
 
Grand spectacle : ouverture du rideau, sur le poste de télévision aux coins arrondis du tube cathodique. Dans le logis de l’heureux possesseur, telle une salle de spectacle : au moins 30 personnes. Elle s’allume, les spectateurs retiennent leur souffle, bien-sûr c’est du noir et blanc, mais qu’elle excitation lorsque les premières images d’un match de boxe apparaissent... C’est la salle, dans la salle... de boxe. A cette époque il n’y avait pas de recherche d’audience pour faire du business ! ça marchait dès le premier allumage... du tube. Heureuse époque... J’ai vu le couronnement de la reine d’Angleterre Elisabeth II en juin 1953, devant la vitrine de mon marchand de télé, sis juste en face de mon domicile, rue de Lévis à Paris 17è. Nous étions une bonne dizaine de personnes devant la vitrine. L’événement était de taille, car ce fut la première retransmission internationale d'un événement en direct par la télévision. Époque étonnante où Paris faisait encore village dans certains coins... et où il y avait beaucoup de petits commerces qui vendaient des postes de radios et des télévisions. Pour la couleurs, ce ne fut pas facile, au début on ne pouvait en France que filmer des images fixes, dès qu’un personnage ou un objet bougeait, c’était la catastrophe. On pouvait acheter beaucoup de livres pour construire soit-même sa télé !... mais en noir et blanc...
 
 
 
Hélas dans la salle, brusque interruption de l’image, Ryunosuke se rue sur le poste, il tape dessus... démonte tout, car il est diplômé d’université, mais c’était juste un problème de prise...
Il y a eu un court appel scénaristique avec des choux à la crème périmés, ce qui amène une intoxication alimentaire et le médecin Takuma, permettant ainsi de s’attacher un peu à lui. Les choux à la crème périmés étaient conservés dans une antique glacière, avec obligation de faire appel à un glacier pour qu’il livre périodiquement un pain de glace. Aussi quel événement lorsque la famille de Suzuki reçoit son premier frigo électrique. Vous vous rendez compte ! avec un éclairage à l’intérieur ! Remercions tous Charles Tellier, le père du froid, mort hélas dans de bien tristes conditions. Je ne sais pas si au Japon il y avait chaque année un Salon des Arts Ménagers comme en France. Je m’y suis rendu plusieurs fois : au début dans le Grand Palais, puis après dans le CNIT de la Défense (avant 1988).
En attendant, la Tour de Tokyo se monte plus vite qu’une construction en Meccano.

Vers la fin il y a encore un symbolisme fort : la liberté de la pauvreté et la prison de la richesse, tout cela s’entendant plutôt du côté spirituel, mais pas seulement... Car c’est aussi complexe que l’ingénierie du Yin et du Yang : si Ryunosuke et Junnosuke semblent éloignés, ce que ne cesse de le dire à Junnosuke, ils sont très très très proches et heureux dans cette vie ou « tout compte », non pas parce que Ryunosuke est pauvre, mais parce qu’à eux deux, ils savent ce que c’est que d’avoir pour cadeaux de Noël une simple orange et trouver cela extraordinaire ; c’est ce que montre très bien la belle séquence de la séance de télévision, où tous semblent croire au Père Noël.

Quatre étoiles pour ce très joli film, avec plein d’humour, de sensibilité, une musique joyeuse et fraîche soutenant bien l’image. Les comédiens sont tous formidables. Ce qui est touchant, c’est la SIMPLICITÉ, la FLUIDITÉ que dégage ce film. Il y a évidemment une bonne place pour le MERVEILLEUX. Un grand bravo.
Enfants et adultes de tous pays, croyez au Père Noël.


Michel Roudakoff
 
 
 
Notes.
1. Voir la page sur l’inventeur de l’Hypergonar (anamorphose optique) : Henri Chrétien , anamorphose appelée aux USA : Cinémascope.

2. C’est Pierre Schaeffer qui appelait parfois l’audiovisuel comme ça. Il a été le fondateur du Service de la Recherche de l’ORTF (télévision d’État français).

3. Voir par exemple l’excellent documentaire français d’Agnès Varda Daguerréotypes, sur la rue Daguerre à Paris, rue très populaire jusqu'en 1970, avec tous ses petits commerces pittoresques. Je pense que le réalisateur Takashi Yamazaki a vue le film de Varda.
 
 
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Dernière mise à jour : 25-10-2008 15:14

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