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Gokusen 2 Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 16-12-2008 14:07

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Publié dans : Sommaire JDramas, Sommaire Dramas du JAPON

Tags : Dramas, École, Gokusen 2, Japon

 
Gokusen 2
ごくせん

Les malheurs de la 3D
 
 
Page de GOKUSEN 1 : http://www.fangpo1.com/ja/content/view/321/43/
Fan-Site : http://www.yankumi.com/news.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gokusen
DramaWiki : http://wiki.d-addicts.com/Gokusen
Une musique de Oshima Michiru : http://www.fangpo1.com/ja/content/view/318/47/

Saison 2 de Gokusen : School drama en 10 épisodes et un spécial diffusé au Japon en 2005 sur NTV, adapté d’un manga de Morimoto Kozueko. Il existe trois saisons, et Gokusen a aussi été adapté en dessin animé. Tout de suite : c’est un grand drama, et en plus avec de l’humour, de la philosophie sur la vie.

Dans les Schools dramas la classe 3D semble avoir mauvaise réputation, on y colle les plus « mauvais » : fortes têtes, délinquants et problèmes divers ; cette symbolique classe 3D est comme un rebut scolaire.
 
Résumé : Six mois se sont écoulés et le lycée Shirokin a fermée. Yamaguchi Kumiko (joué par Nakama Yukie) se retrouve professeur d’un groupe de jeunes garçons qui ne sont pas à l’écoute de son enseignement. Grâce aux caprices du destin un poste d’enseignant lui est offert au lycée Kurogin. Elle devient professeur de la classe 3D.
Rappel : Yamaguchi Kumiko  fait partie du Clan Oedo, une famille de Yakuza. Aussi doit-elle cacher sa véritable identité. (Résumé d’après le DramaWiki)
 
 
 
 
 
Pour montrer de façon humoristique la férocité de cette célèbre classe 3D, on montre son précédent professeur principal conduit carrément à l’hôpital. Dès les premiers plans le ton est donné, sans connaître le manga, il doit s’en inspirer, on obtient un humour et un rythme speed et hiératique étonnant.
Le directeur du lycée charge le Principal Sawatari Goro (joué par Namase Katsuhisa) de trouver un nouveau professeur pour la 3D. Comme pour une commande de pyjama, il demande un vrai dur, une terreur... Pour l’instant nous voyons un Principal d’opérette, ce qui est soutenu par une musique entraînante à la Scott Joplin.
A d’autres endroits la musique, ici de Oshima Michiru, me fait penser à Fullmetal Alchemist, et pour cause c’est le même compositeur.
 
 
Le comique de la situation se révèle : la fiche de la terreur qui était prévue pour la 3D s’envole sous le coup d’un courant d’air malencontreux ou bienvenu, allez savoir ! et c’est la fiche de Yamaguchi Kumiko (joué par Nakama Yukie) qui se retrouve à disposition pour cette classe. Le Vent, le Souffle de l’Esprit est bien mystérieux...
L’humour continue en une séquence nous montrant Kumiko devant ses jeunes petits élèves de la maternelle Koyagi, futurs petits durs, comme nous pouvons le constater face à deux membres du clan yakuza de Kumiko venu lui présenter sa lettre d’engagement pour la classe 3D. Elle ne veut pas quitter sa maternelle et ses petits durs de bambins, mais c’est sans compter avec la synchronicité chère à Carl Gustave Jung, La directrice de la maternelle lui annonce qu’elle est virée : motif : plaintes de parents pour avoir fait des « cours de yakuza » aux bambins, notamment l’obligation morale de protéger les faibles.
 
 
Face à la Nature et monté sur un promontoire rocheux Kumiko, futur prof de maths, jure de partager les joies et les peines des élèves du lycée Kurogin ! Tel est le prologue de ce premier épisode de la saison deux de Gokusen.
Ensuite on voit le retour de Kumiko à la cour du troisième parrain du clan Oedo : son grand-père Kuroda Ryuichiro (joué par Utsui Ken). Elle doit être le quatrième parrain du clan.

Quand le lendemain Kumiko arrive au lycée, le Principal s’attend a voir arriver « une véritable terreur » avec un corps d’acier, et dans la salle des profs, ils croient tous à « une erreur ». Effectivement : le vent ! Mais ça arrange la future promotion du Principal Sawatari, tous croient qu’il a engagé Kumiko pour intimider les élèves et adoucir, puisque c’est une femme. Aussi le directeur le félicite pour la subtilité de sa stratégie.
Seul le Principal connaît l’appartenance au yakuza de Kumiko. On peut supposer être préparé à l’entrer dans la 3D cage aux fauves, sur le même principe que celui qui saute par la fenêtre du 25ème étage par exemple, en tombant dans le vide et en passant devant chaque étage, il se dit jusque là ça ! jusque là ça va !...
Il faut continuer a prendre Gokusen sur le mode de l’humour, sans cela on tombe dans une violence caricaturale probablement inexistante dans les lycées du Japon, mais je ne les connais pas. En tous cas une violence nettement démultipliée par rapport à Entre les murs du film de Laurent Cantet.
 
 
Gokusen est le monde du manga, alors peut importe que le décor du bâtiment de la 3D ressemble presque à celui d’une attraction foraine de train fantôme dans une lumière de fin d’après-midi. L’affrontement d’un élève fort en gueule avec Kumiko démarre au quart de tour. Le fort en gueule est rappelé à l’ordre par le boss de la classe Yabuki Hayato (joué par Akanishi Jin) discret à cette partie de l’affaire.
Pour le moment le beau Kamenashi Kazuya est absent du lycée ; il joue l’élève Odagiri Ryu, turbulent, provocant des bagarres, mais son père est un homme très influent, alors... Les autres directeurs de lycée ont refusés de prendre Odagiri dans leur établissement, mais celui du lycée Kurogin n’a pas pu. Le directeur du lycée et le père de Odagiri ont négociés pour que son fils ne vienne plus au lycée. On croit rêver : celui-ci recevra son diplôme sans avoir fréquenté le lycée ! A ce moment là, j’ai mon Bac plus six !
 
 
Qui dit homme influent dit fric, c’est bien connu puisque ça permet entre autre d’acheter un diplôme ; aussi lorsque Kumiko se rend au domicile des Odagiri elle ne se trouve pas en face d’une barre d’immeuble de banlieue pauvre. Comme le lascar passe ses journées en ville, Kumiko mène une véritable enquête policière.
À ce stade du drama, je le trouve émouvant, jubilatoire et inventif, comme savent le faire les Japonais lorsqu’ils sortent de bons dramas comme celui-ci ou Long love letter par exemple.
A se renseigner en ville Kumiko finit par trouver des élèves de la 3D essayant de taxer un jeune homme. Elle leur explique le « règlement des yakuza », si bien que les 3D laissent filer le type. Elle fait sa classe en ville ! Après quelques péripéties elle se trouve en face du fameux Odagiri Ryu. Je vous laisse imaginer sa tête quand elle lui dit être son prof principal. En tous cas elle ne se démonte pas ! remarquez elle a de qui tenir et heureusement pour elle. C’est sûr qu’il y a quelque chose qui se passe entre Odagiri et Kumiko. Sans trop en dire, pour préciser que je retrouve avec plaisirs la tradition émotionnelle des grands dramas comme mentionné plus haut, Kumiko demande à des membres de son clan yakuza 300 000 yens, somme que doit Odagiri pour retrouver la liberté et pouvoir retourner au lycée. Elle possède un véritable tiroir-caisse dans la tête !
 
 
Enseigner des choses, éduquer, est-ce utopique comme s’interroge le Principal ? La méthode Freinet semble une des meilleures méthodes « d’éducation » ou de formation non déformante !
En gros il ne faut pas faire comme le caricatural Principal : il considère tous les élèves de la classe 3D comme des déchets ! Avec ce principe on met de l’essence sur le feu.
Pour en revenir au cas Odagiri, malgré l’aide des ses amis yakuza, Kumiko n’a rassemblé que la moitié des 300 000 yens, alors elle travail de nuit sur un chantier pour compléter. Si ce n’est pas de la compassion cela ! On peut dire qu’elle est en prise avec la réalité selon Parménide : Ce qui existe existe, et ce qui n’existe pas n’existe pas. Tu ne forceras jamais ce qui n’existe pas à exister ! (Poème, fragment 6 et 7). Comme le héros du film de Milos Forman : Vol au-dessus d’un nid de coucou, et tout bon psy, elle tire de L’INSTANT sa chronologie prochaine.
 
 
C’est là aussi que c’est ouvert à tous les vents... et qu’on retrouve presque toujours l’expression : cruelle réalité !... et qu’a vouloir rendre service on se fait jeter et traiter de débile... Mais, mais il y a quand même un petit ange gardien : ça peut être le vent, un objet, un élément du règne animal végétal ou minéral. Rien n’est jamais désespéré. Comme dit un proverbe chinois que j’aime beaucoup : qu’on passe sa vie en chantant ou en pleurant c’est toujours la vie. C’est cela voir l’ensemble. Et d’ailleurs personne ne sais vraiment ce qu’est la vie ! on se contente de la vivre... Où se trouve la conscience ?

La graine laissé par Kumiko dans les méandres électro-chimiques de la matière grise de Odagiri le fait donner sa démission. Mais la bande de sous yakuza à laquelle il s’était acoquiné ne le laisse pas partir et le lui fait comprendre pas un passage à tabac. Et devinez qui vient le délivrer... non ! pas Superman !
À la fin de ce premier épisode, je vous laisse devinez quel électron libre revient au lycée... Sortez vos mouchoirs ! Et dans ce monde ou tout est double, nous n’avons pas fini avec la castagne !
 
 
Dans le deuxième épisode un peu le clan, la famille de Kumiko, son code chevaleresque, qu’on appel en langage policier moderne « la loi du milieu », mais de quel milieu s’agit-il ? En Russie il n’y a pas si longtemps, les Cosaques étaient les gens du milieu, naturellement débrouillards, habitués à vivre en plein air ; le cosaque est donc situé entre le paysan et le militaire.
Le courant passe plus ou moins bien entre Kumino et « l’élève » Odagiri, il la traître de « gros thon ». Et ça ne va pas être de la tarte de réconcilier Odagiri et Yabuki Hayato (joué par Akanishi Jin). C’est à cause de cette brouille que Odagiri ne venait plus au lycée. Aussi Kumino a dans l’idée de leur faire préparer un repas, car partager un repas ça ouvre non seulement l’appétit mais aussi l’amitié. C’est pas gagné parce qu’un instrument de cuisine, genre couteau ou poêle peut devenir une arme ! D’autres idées sont avancées mais avec aussi beaucoup de réserves... Yabuki c’est celui qui sort un aphorisme comme : Un lâche est aussi inutile qu’un homme sans couilles. « Aphorisme » tout à fait opposé de celui en forme de point d’orgue de Sanzô dans Saiyuki : Rien n'est inutile.
 
 
Je ne sais si c’est comme ça dans la réalité au Japon mais pour Kumino, enseignant et élèves sont comme parrain et famille ! elle rectifie : comme « parent » et « enfant ». Dans cet épisode nous apprenons le pourquoi de la rivalité entre Odagiri et Yabuki : honneur blessé pour Yabuki. Dans ces cas là ça part à coups de poings alors il vaut mieux ne pas porter de lunettes ! Le parrain ou grand-père de Kumiko explique que pour lui la vie est plus importante que l’honneur. Depuis que je regarde Gokusen saison deux, je me demande si tous les yakuza font dans « le crime organisé » ? Le grand-père de Kumiko a l’air adorable.
Dans le premier épisode Kumino avait « par hasard » rencontré un bel homme sur un escalier, dans le second épisode elle est toujours sous sont charme au travers d’un objet « fétiche » lui appartenant et qu’il a oublié. Cet escalier est d’ailleurs le lieux de toutes les rencontres, c’est magique ! Et miracle, elle se trouve nez à nez avec Burberry-sama (Burberry est une grande marque de vêtements pour hommes). Il s’agit de Kujo Takuma (joué par Tanihara Shosuke), également professeur, mais dans un lycée pour filles. C’était son « grand amour » : aussitôt arrivé, aussitôt reparti !
 
 
L’humour se poursuit avec par exemple le double langage de Kumino : celui des yakuza, celui de la vie ordinaire des « honnêtes citoyens ». Quelque fois ça se mélange à propos des élèves et Kumino est obligé de rectifier le tir en présence des autres profs. La tension entre le beau Yabuki et Kumiko monte en puissance, à tel point que celui-ci la provoque en duel. Vu l’aphorisme qu’il a sorti (voir plus haut), seul pour lui compte la loi du plus fort ! Alors « va t-y avoir de la bagarre » comme disaient Laurel & Hardy.
Cependant vous pouvez deviner qui va gagner le duel, et en plus un enseignant n’a pas le droit de frapper un élève. Kumino explique à Yabuki que son aphorisme de la loi du plus fort est idiot, car on trouve toujours plus fort que soi ! Mais la castagne c’est pas fini : il y a des rivalités avec des élèves d’un autre lycée, comme si les choses n’étaient pas déjà assez compliquées. Le Principal d’opérette prévient : ceux qui se battront seront immédiatement exclus !
 
 
Grand moment d’émotion.
A part cela Yabuki prend une leçon de philosophie par la bouche de Takeda Keita (joué par Koike Teppei) et qui est ami avec Odagiri. Il apprend que Takeda a eu peur dans l’affrontement avec des élèves du lycée Ara, il explique qu’il est faible, il ne voulait pas se battre et en être exclus du lycée, il veut son diplôme pour faire honneur à sa maman. C’est donc son ami Odagiri Ryu qui s’est humilié devant les autres élèves du lycée Ara afin de protéger Takeda. Révéler ses faiblesses est en fait une force ! J’ai lu quelque part que les Japonais n’aimaient pas les gens qui se « mettaient devant », qui montraient trop d’orgueil. A la fin de cet épisode vous pourriez sortir à nouveau votre mouchoir.

Dans l’épisode trois au début Kumino est heureuse car elle a confiance en ses « gamins » de la classe 3D. Les autres profs lui disent de s’en méfier, car ce ne sont que des « petites frappes ». Tous les autres enseignants y compris le Principal d’opérette sont contre elle. Elle commence par récupérer deux élèves au commissariat de police pour une histoire d’emprunt de vélo. Au commissariat, une sorte d’inspecteur, de poulet (c’est l’expression de Kumino) responsable, se comporte comme le Principal d’opérette : la classe 3D ce sont des irrécupérables. En partant de ce principe il les enterre irrémédiablement. Il y a diable dans ce mot !
Dans un sous-sol deux types se font démolir par une bande cagoulée, dont ferait partie Odagiri et Yabuki, quelqu’un donne leurs noms. Le lendemain, un groupe d’élèves du lycée des deux types agressés débarquent devant le lycée Kurogin pour réclamer la tête de Odagiri et Yabuki. De tous les coups de superwoman, Kumino résout élégamment le problème. Dans cet épisode, une bande commettant des vols et agressions essaye de faire accuser Odagiri et Yabuki. Leur chef est un ancien du lycée Kurogin qui s’est fait renvoyer. Imaginez alors le problème avec la police, le Principal d’opérette négatif...
Encore une belle bagarre finale avec la botte secrète de Kumino ! Et elle fait même la leçon à l’inspecteur de police négatif.


Évidemment avec de tels ingrédients, une musique de Oshima Michiru, une réalisation pro et bien enlevée, une ambiance si formidable, je mets cinq étoiles à Gokusen saison 2 (En principe ça ne doit pas dépasser quatre !). Les comédiens élèves de la 3D font très réalistes juste ce qu’il faut ; bravo à Nakama Yukie, bravo à Kamenashi Kazuya. Et puis le plus beau : l’approche théâtral ! c’est la première fois que je vois ça. Réussir a introduire une sorte d’état hiératique et symbolique dans un drama et d’après un manga, il faut le faire, bon c’est le Japon mais ils sont forts.


Michel Roudakoff
 
 
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Dernière mise à jour : 18-12-2008 00:52

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