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Natsume Yûjin Chô Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 31-01-2009 00:55

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Publié dans : Présentation Dessins Animés, Japanimation

Tags : Dessins animés, Japanimation, Japon, Natsume Yûjin Chô, Nature, Terre, Yôkai

 
Natsume Yûjin Chô
夏目友人帳

Natsume's Book of Friends
 
 
 
 
Site officiel : http://www.natsume-anime.jp/
http://www.animenewsnetwork.com/encyclopedia/anime.php?id=9419
Section sur les YÔKAI : http://www.fangpo1.com/ja/content/section/16/53/

Japanimation de 13 épisodes produite en 2008 par le studio Brains Base, sur une réalisation de Ômori Takahiro, et d’après un manga de Yuki Midorikawa.

Résumé.
Depuis son enfance, Natsume Takashi sait voir les yôkai. Dans une forêt il fait la rencontre d'un chat yôkai, celui-ci lui apprend que sa grand mère possédait la même faculté de voir les yôkai, mais qu’elle l’utilisait pour en faire des esclaves. Pour cela, en signe de soumission, elle notait le nom de chaque yôkai vaincu dans le Manuscrit des Amis. Voir à ce propos le formidable dictionnaire des yôkai, du dessinateur et auteur Shigeru Mizuki, édité en France.
En tant qu'héritier, Natsume Takashi devient propriétaire du Manuscrit des Amis. Sa volonté est de rendre la liberté à tous ces yôkai prisonnier du Manuscrit.
Étonnant, car H.P. Blavatsky dit presque plus ou moins la même chose : celui qui sait asservir les Élémentals à son service possède un grand pouvoir, mais que les Élémentals esclaves peuvent aussi se révolter... Dans Natsume Yûjin Chô, c’est plus difficile pour eux, car leur nom est inscrit... et le nom inscrit fait devenir réel la chose. Cette chose est sorti du Chaos, elle est nommée, différenciée. Bref, ici, les yôkai ont signé malgré eux un moderne contrat d’engagement pour servir leur maître... et ils veulent reprendre leur liberté à la mort de leur maître.
 
Les yôkai
Selon Tadayoshi Uchida (1), Edo au 18-19è siècle est la principale grande ville où fleurit un culte des yôkai sous trois formes : peintures, romans, rumeurs ou colportages. Les gens d’Edo s’en divertissent tout en se faisant peur. Les représentations de ces élémentals par Utagawa Kuniyoshi et autres estampeurs renommés jouissaient d’une grande popularité. Cette culture se transmet ensuite par les romans, comme ceux de Ueda Akinari, célèbre pour ses Contes de Pluie et de Lune. Mais peut de gens savaient lire à cette époque et devaient écouter des lectures publics.
Les récits fantastiques participent du folklore.
Au 19è siècle, Edo vivait en autarcie, elle constituait un microcosme.
 
Natsume Yûjin Chô
Dès le départ je trouve le graphisme plaisant, léger, mais les personnages me semblent dessinés trop à « l’emporte pièce », ou trop façon manga, bref sans originalité, faisant même vieillot, et là je suis déçu. Natsume avec sa tête en olive aux yeux couleur moutarde n’est pas réussit. Les décors sont presque aussi fouillés que ceux de Mon voisin Totoro, de Hayao Miyazaki. L’atmosphère de l’histoire est aussi inspirée de Miyazaki.
 
 
Le jeune Natsume qui voit des yôkai depuis son enfance, doit être inspiré du célèbre dessinateur et auteur de manga : Shigeru Mizuki, un des spécialistes du surnaturel au Japon.
Comme les élémentals chez nous en Europe, les yôkai ne sont ni amicaux, ni ennemis avec les humains, ils s’en moqueraient plutôt. Ils ne font pas de distinction entre le genre masculin ou féminin. Bien rares sont les humains qui ont réussit à les apprivoiser.
Au début de l’épisode donc, Natsume court dans une forêt croyant être poursuivit par un énorme yôkai cyclope chevelu. Tout en fuyant peut-être que Natsume se remémore, puisque nous plongeons dans son enfance.
Enfant seul, il était le seul à voir des êtres bizarres comme appartenant à certains lieux ou à certains objets. Moi aussi, enfant seul j’ai pu plus tard vivre de rares expériences de contact avec des « êtres de la Nature », ou je ne vois pas d’autre nom à leur donner qu’Élémentals. C’est surtout au sein de la chose verte et boisée que les Élémentals se cachent, comme des caméléons. Et c’est là que Natsume rencontre un chat parlant. Les chats sont des véritables piles électriques. Le chat face à Natsume est un chat baudruche (2). Comme tout est lié, ce chat connaît la grand-mère de Natsume : Natsume Reiko. Comme Natsume, elle pouvait voir les Ayakashi : famille de gros poissons, genre anguille géante, dont on dit qu’elle est une émanation des âmes des pécheurs morts en mer et qui gardent rancune contre leurs camarades vivants.
Le chat baudruche parle à Natsume du fameux Manuscrit des Amis, mais un coup de vent vient le faire disparaître.
 
 
Natsume a maintenant perdu sa grand-mère. Comme le dit si bien Natsume, quand on sait voir des choses que les autres ne voient pas, on passe pour un fou. A croire que les gens n’aiment pas le mystères, et pourtant ils en réclament, selon les explications de Tadayoshi Uchida citées plus haut. Pour le moment le chat baudruche n’a qu’une idée en tête : récupérer le Manuscrit des Amis. Et celui-ci ne contient seulement que les noms des Ayakashi, vaincus par la grand-mère. Comme elle était dotée d’un très grand pouvoir spirituel, elle savait se « mettre dans la poche » les Ayakashi ; et à ceux qui étaient vaincus, elle leur demandait d’inscrire leur nom dans le manuscrit comme preuve de leur soumission.
Bon, cette histoire de nom fait partie de la grande tradition héritée de l’Égypte ancienne, mais pas seulement. Comme déjà écrit dans un commentaire, le nom est lié à l’être ou à la chose qu’il signifie. Écrire le nom d’une personne ou d’une chose c’est susciter cette personne ou cette chose, et à l’inverse, détruire le nom ou sa représentation, équivaut à détruire l’être ou la chose elle-même. Aussi ici le chat sursaute quand Natsume secoue négligemment le manuscrit des Amis, « si tu endommages les caractères, tu blesseras aussi celui qui porte ce nom » lui explique le chat. Il le prévient aussi qu’il est donc en danger... Aussitôt dit aussitôt fait : un yôkai frappe à la porte, il saute sur Natsume et veut le Manuscrit !...
 
 
Le Manuscrit des Amis
 
Échappant au yôkai grâce au chat, celui-ci insiste pour que Natsume lui remettre le Manuscrit. Mais Natsume ne cède pas, il a un but... Hélas pour Natsume, le chat baudruche ne l’est plus, c’est un grand loup blanc qui le menace de ses crocs, plutôt de ses griffes. Il se pourrait que le chat, pardon le loup veuille le manuscrit pour d’obscures pratiques de magie...
Natsume fiche une claque sur le museau du loup, qui se sent comme humilié ; il a hérité ce manuscrit de sa grand-mère, il ne va donc pas s’en défaire comme ça. Mais surtout, il veut rendre la liberté aux yôkai, comment faire, demande t-il au loup ? Le loup le traite d’idiot, parce que c’est dangereux, certains yôkai sont démoniaques ou très cruels. Et si Natsume meurt à sa tâche, le loup aura tout de même le manuscrit. Ainsi est conclut un pacte entre le loup et Natsume, le loup apportant sa puissance d’Élémental de « loi cachée de la Nature » maintenant au service de Natsume ; chose qu’explique très bien les spécialistes comme H.P. Blavatsky et Eliphas Lévi, qui a même écrit une livre sur l’Art de soumettre les puissances.
 
 
Finalement j’apprend que le chat devenu loup s’appelle Madara. Et selon ses conseils, pour libérer un yôkai, il faut en toute logique d’abord imaginer sa forme, puis ouvrir le manuscrit et prier ; mais il faut aussi le souffle et la salive de Reiko, la grand-mère de Natsume, c’est-à-dire qu’il faut déchirer la page où est inscrit le yôkai en question puis mordre la page ! Natsume a du boulot et qui ne sera pas de tout repos, et effectivement il aura besoin de beaucoup de salive.
A la fin de l’épisode, le loup gigantesque redevient le chat baudruche.

Dans le deuxième épisode : Le dieu de la rosée du petit temple, des élèves du lycée organisent une épreuve du courage (on parle de chasse aux fantômes !). Il faut rassembler un maximum de participants pour avoir l’autorisation du responsable du lycée. Les yôkai rentrent même dans les lycées, et il y en a un : le cyclope, un Ayakashi de bas de gamme, qui veut absolument le Manuscrit ! Heureusement que le chat baudruche protège Natsume.
 
 
Mise au point, il y a deux types de yôkai qui viennet à la rencontre de Natsume :
- ceux qui veulent le Manuscrit des Amis, pour mieux asservir leurs frères yôkai,
- ceux qui veulent qu’on efface leur nom du Manuscrit.
Bien-sûr le chat s’inquiète de savoir combien il restera de yôkai à l’intérieur du Manuscrit lorsqu’il en héritera. Il se demande s’il ne ferai pas mieux de croquer Natsume tout de suite. A la maison de Natsume, au cours d’une repas, ses parents semblent pouvoir voir le chat, mais pas le petit personnage haut comme une tasse à bouillon et qui se montre à Natsume.
Celui-ci ne veut pas voler le Manuscrit mais veut récupérer simplement son nom. il paraît que c’est le dieu de la Rosée. Les choses peuvent se compliquer, ici deux pages du Manuscrit son collées ensemble, ça va être difficile de les séparer sans les abîmer et donc sans blesser le yôkai d’une page, et le yôkai dieu de la Rosée de l’autre page. Ce petit dieu s’est installé dans un petit temple. Il se dit Ayakashi vagabond. La Rosée a un rapport avec l’eau douce, peut-être avec les poissons qui vivent dans ces eaux là, puisque le nom Ayakashi indique tout de même des poissons, mais plus ceux de la mer, puisqu’il y a souvent interaction avec des pécheurs en bateaux, selon le dictionnaire des yôkai. Ce dieu de la Rosée possède une taille en rapport avec la foi des humains qui croient en lui ! Actuellement il doit mesurer 10 cm... il n’y a qu’une vieille femme qui vient se recueillir devant son temple minuscule.
 
 
Il ne faut pas oublier la page collée au dieu de la rosée : c’est un yôkai des ombres !
Le chat et Natsume se mettent a rechercher ce yôkai, mais ils ne le trouvent pas.
Finalement c’est le dieu de la Rosée lui-même qui sait où se trouve le yôkai des ombres. Natsume et le chat s’y rendent.
La fin est poétique et un peu triste, nostalgique : tout passe... en ce monde des accidents, ou monde spatio-temporel. Pour atténuer cette nostalgie, un peu d’humour est déversé par le chat baudruche.

Au troisième épisode le chat baudruche apporte à Natsume dans sa gueule une petite grenouille verte. Ensuite deux yôkai viennent demander à Natsume d’assassiner un humain !... un exterminateur de yôkai très prétentieux ! Cet humain sait tirer partie des yôkai, comme expliqué en début de page. Natsume explique qu’il ne veut pas d’ennui avec la justice... Le chat baudruche se moque de la justice des humains et il peut tuer qui il veut. Vers le milieu de l’épisode, Natsume risque de se faire carrément violer par un grand nombre de petits yôkai !... Ils se moquent bien se savoir si c’est un garçon où une fille...
Comme dans Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, délicieux conte de Selma Lagerlöf, où un petit garçon visite la Suède monté sur une oie, Natsume enfourche parfois le chat baudruche devenu loup volant ou mieux : dragon volant. Mais dans le conte de Selma Lagerlöf, c’est un Élémental (un Tomte) qui punit un humain : le petit garçon est rétrécie, mais l’Élémental lui donne la faculté de comprendre le langage des animaux. Ce conte suédois ne pouvait que séduire les Japonais, qui en ont d’ailleurs fait une série.
 
 
Pour en revenir au troisième épisode, au lycée, une intrigue se noue autour d’un élève mystérieux : Tanuma. Est-ce l’exterminateur de yôkai ? Dans une forêt l’équipe du chat, de Natsume et des deux yôkai rencontre un Tanuma, mais c’est le père, incapable de voir les yôkai... Bien-sûr ça se termine d’un façon toujours aussi poétique, il ne peut en être autrement avec les Élémentals, les yôkai.
 
Quatrième épisode : Natsume rencontre un kappa, exactement le même que dans l’Été de COO. Ici il est mourant et réclame de l’eau, ce que s’empresse de lui donner Natsume, en versant le contenu de sa petite bouteille d’eau minérale dans la coupelle incorporée dans la tête du kappa.

Quatre étoiles pour cette japanimation fraîche comme la Rosée. Et pour les yôkai je ne peux pas mettre moins de quatre étoiles. Il y a peut-être moins de charme que dans Mushishi, aussi entièrement consacré aux Élémentals, il y a plus de stéréotypes, mais Natsume Yûjin Chô possède aussi une élégance, un humour et un charme, et la musique discrète, mélodieuse, et un peu humoristique par moments enrichie bien l’image.

Michel Roudakoff
 
 
 
 
 
 
Notes.
1. D’après un très intéressant document pdf : Êtres fantastiques et espace urbain d’Edo, en consultation sur TeaPot.

2. Ce chat a prit la forme d’un chat Maneki-neko, ou chat porte-bonheur.
 
 
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Dernière mise à jour : 26-08-2010 23:50

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