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Funky Forest : The First Contact Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 24-02-2009 23:57

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Publié dans : Flash sur films, Sommaire films du Japon

Tags : Films, Funky Forest : The First Contact, Japon


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Funky Forest : The First Contact
Naisu no mori : The First Contact
 
 
http://www.imdb.com/title/tt0451829/
http://www.kurosawa-cinema.com/films/japonais/funky-forest-the-first-contact/

Film japonais réalisé en 2005 par Ishii Katsuhito, Ishimine Hajime, Miki Shunichiro.

À la vue de la base de données IMDB, il y a trois scénaristes pour ce film, et le résultat est un magma sans forme, ou plutôt un collage de plein de choses... sous forme de couplets et de refrains, et qui ressemble parfois au rébus, sans aucun sens apparent et débouchant sur des aberrations que l’on rencontre dans les rêves et les cauchemars.
 
Le début est statique : le cadre, dans une ambiance blanchâtre évoquant le paradis, s’attarde sur une scène ou deux pauvres bougres en costumes blanc ridicule essayent de faire rire l’assistance : un groupe de types habillés aussi habillé de blanc avec des casquettes militaires (tous des clones). C’est vraiment pas drôle, et ça fait penser à un film de Fellini, où dans les années 1930 de bien mauvais comédiens essayent de faire rire un public qui se moque et leur envoie des légumes sur la scène, afin que ces piètres comédiens puissent mieux se nourrir !
Non, ce n’est pas drôle et on a envie de leur donner des claques... ce qu’eux-mêmes se donnent d’ailleurs ! Sur la durée, c’est tellement idiot que ça peut faire sourire ! Enfin arrive un plan comme des cheveux dans la soupe : un type dans le même décor blanchâtre est allongé dans un appareillage faisant penser à une « machine érotique », gadget sophistiqué de luxe vendu dans de rares sexe shops. En fait le type pilote allongé une sorte de vaisseau animant plein de petites amibes volantes aux vibrilles bleues... Ainsi est le prologue du film avant le générique début.
 
 
Toujours dans une ambiance paradisiaque cotonneux qui me rappel le dessinateur Guido Crepax, et ses dessins plus ou moins érotiques. Ici une petite fille en combinaison moulante sur une minuscule planète blanche essaye de commander par son esprit à des boules volantes gris sombre ; le reste de l’univers est tout blanc, et remplit de météorites et autres anneaux boudinés de planète blanches. Cette petite fille se révèle une supergirl ! elle bousille du regard la coquille d’œuf d’une amibe à œil unique... Tel un poussin, cette amibe lui envoie sur la tronche une boule grise. Ensuite la pauvrette est aspirée dans un petit trou noir.
C’est bien connu, tout ceux qui son passé par un trou noir se retrouve aussitôt dans un trou blanc, je fais ça tous les jours en me levant ! et ici la petite fille se retrouve chez elle, en robe, dans sa chambrette où règne un peu triste. Aussitôt elle se met à son petit bureau pour faire ses devoirs scolaires. c’était la séquence de la Petite Hataru.
 
 
Ensuite hélas on retrouve les deux crétins blanc du début, gesticulants de plus belle en poussant de petits gloussements. Heureusement que ça ne dure que quelques secondes pour ouvrir sur la séquence suivante : les Frères nuls avec les Filles, deux adultes et un gamin. En intertitre : Guitar Brother. C’est le grand aux cheveux longs qui joue de la guitare : « L’abysse du cosmos est mon domaine, mon insatiable et constant appétit... ». S’il se figure trouver à manger dans le cosmos ! Remarquez, ça dépend ce qu’il entend par manger... Ici c’est le chant de la Terre sa nourriture. C’est l’écolo légèrement hippie qui va se battre pour protéger sa Terre. Le hippie est surprit que son petit frère ne comprenne pas sa chanson, car il espère ainsi charmer les meufs ! Il demande donc à son petit frère de penser comme une fille ! Mais pour lui la chanson est « nulle à chier », et les meufs parlent pas comme ça !
Fin de séquence retour sur les deux crétins blancs ! Cela constitue donc le refrain, et avec des variantes, comme ici entrecoupé d’images noirs, ne me demandez pas pourquoi !
 
 
Séquence suivante : une jeune fille fait son jogging du matin dans un ravissant bois à la fin de la saison d’automne. Elle s’imprègne de l’énergie d’un gros arbre. C’est le prologue pour introduire un intertitre : Notti & Takefumi. Le fille, Notti, est allongée avec à ses côtés un garçon, Takefumi, tenant une bouteille de soda posée sur la tête de Notti.
La séquence joue au début sur l’échelle et sa surprise, mais toute proportion gardée :
Je vis quelque chose au loin,
et je crus que c’était un animal.
Je m’approchai, et je m’aperçus
que c’était un homme.
Je m’approchai encore, et je compris
que c’était mon frère.
(Poème Tibétain)
 
 
Takefumi est enseignant, en anglais, puisqu’il ne répond qu’en anglais à Notti. Ils discutent de rapport mari et femme, avec le poncif : l’homme travaille et la femme reste au foyer... mais ils ne sont pas mariés. Notti se dit ne pas être encore amoureuse de Takefumi. En passant, pub gratuite pour les platines sono Urei. Effectivement, dans un plan d’ensemble on voit deux plateaux porte disques vinyle noirs devant cette table de mixage Urei, et pendant toute la séquence la bande son est un boum boum très électro-pop. Et le maigrichon Takefumi s’improvise DJ. Et à nouveau, pub, cette fois pour les amplis Mark Levison. Tout ça c’est du bon matériel. En fait, Takefumi fait l’amour à sa table Urei.
 
 
Refrain : les deux crétins en blanc.
Couplet : suite des Guitar Brother. Je me doutais que c’était un peu court ! Un des deux grands frères fait de la magie, il invoque une femme-démon, ou plutôt il imite le chant et la manière de jouer d’une comédienne de théâtre japonais. Mais il se met en colère car il n’est pas content de son interprétation.

Nouveau couplet : les pipelettes sexy dans, Piko-Riko l’alien. La séquence commence avec trois jeunes femmes qui discutent de tout et de rien... En rentrant dans une maison où un homme plie des vêtements, elles font un bruit de piaillements, et l’une d’elle s’en rend tout de même compte. C’est l’anniversaire de l’homme. Comme dans les couplets d’une chanson, il y a un rappel avec le couplet précédent, ici une des femmes évoque Takefumi. Elle parle aussi de soucoupe volante et d’un alien qui en est sorti, et qui s’appelait : Piko-Riko. Là aussi il est question de tour noir et de trou blanc : selon les dires de la jeune femme, Takefumi est entré dans la soucoupe, puis s’est retrouvé... dehors ! Après, la discussion entre les jeunes femmes tourne volontairement à l’absurde. Puis toutes les trois elles vont prendre un bain dans une vasque large comme dans un décor de film hollywoodien. Fin de la séquence comme c’est marqué sur l’écran.
 
 
Variation du couplet précédent : les pipelettes sexy dans, le Grand Ginkgo. Nouveau plan sur la vasque où se baigne l’homme vu précédemment et dont c’est l’anniversaire. Pendant ce temps, les pipelettes parlent de planter un Ginkgo. De nouveau la discussion part dans l’absurde avec un effet comique assuré, où il est question de la taille du Ginkgo... pour finir en vulgaires planches. Les pipelettes se retrouvent à un repas, pour manger du Ginkgo ? Générique de fin.

Variation du couplet précédent : les pipelettes sexy dans, Buck a poil et le Panda. Un homme est en train de jouir en faisant du ping pong. Ensuite les pipelettes discutent de puceau qui ne sait pas s’habiller, c’est pour ça qu’il a été surnommé : Buck a poil, sans oublier un panda mécanique à 100 yens sur un toit. Là encore ça devient comique, mais un comique uniquement verbal ; sauf à la fin où les filles de battent à coups de coussins et de draps et se lançant des injures.
 
 
Le couplet des Guitar Brother devient un refrain : le guitariste est toujours en compagnie de son jeune frère qui trouve ses chansons nulles à chier. Là aussi c’est comique, le courant ne passe pas du tout entre eux, et pourtant ils sont ensemble ! mais comme le guitariste gratouille lamentablement, en mangeant une barre chocolatée son frère le regarde comme si c’était un morceau de bois.

Couplet ou refrain je ne sais plus, mais on retrouve la suite de Notti & Takefumi, mais en variation : le Rêve de Takefumi. Celui-ci est sur une plage, la nuit, devant une mystérieuse voiture dont les phares s’allument et s’éteignent alternativement. Dans la voiture un être met une cassette, et Takefumi voit un énorme cône de haut parleur vibrer. Un type au masque fantastique descend de la voiture, armé d’un fusil. Il donne le fusil à Takefumi, enlève son masque et danse.
 
 
A cette moitié du film, je reste perplexe devant ce mélange ou collage, un peu trucs en plastique des boutiques où tout est à un euro... Le rêve de Takefumi fait bazar du fond d’un pays perdu d’Amérique du Sud, avec une espèce de trucage ou incrustation d’animation d’un personnage de pin-up de plastique phosphorescent, ensuite animation d’une tête et danse en contorsion mimant un érotisme. Cette séquence est d’une longueur... et fait salle de spectacle fauchée des années 1930, avec une chorégraphie à la gloubi-boulga avec ajouts de tortillements des fesses et des bras, sur une musique pour ascenseurs, mais dans les pays tropicaux.
Après le rêve vulgaire de Takefumi, retour à sa réalité : son mixe sur sa table Urei, mais fini. Il trouve d’ailleurs qu’il a raté son coup.
 
 
Il y a même un entracte de trois minutes, où l’écran nous montre une horloge digitale, puisque il doit y avoir des personnes qui ne savent pas lire l’heure sur une horloge à aiguilles.
Après l’entracte c’est le couplet : « On va prendre un verre », où certainement dans l’éternel lycée japonais, une élève qui rencontre un type habillé en grosse baudruche jaune canari avec la queue qui va avec ; mais la queue est à la place de son sexe ! Puis ça devient un peu scatologique... un mélange de Barbarella et de coquineries à la japonaise.
A la fin de ce couplet, on trouve le crétin en blanc, mais habillé en costume de vile classique, et une femme. Celle-ci lui lance qu’il n’est pas son type sexuel !
Laissé comme deux ronds de flan, retour au refrain des deux crétins en blanc sur scène.
 
 
Couplet suivant : Home Room !!!!!!!!!!!! (les points d’exclamation sont aussi nombreux sur l’intertitre). C’est une séquence comique, faisant un coucou à Entre les murs, de Laurent Cantet.
Ah ! les Guitar Brother, je les avais oublié ceux-là ! Le hippie est toujours flanqué de son petit gros frère. Le courant ne passe toujours pas entre eux...
Refrain : les deux crétins...
Couplet : Home Room !!!!!!!!!!!! avec variante et truc un peu gore et scatologique... et cetera, et cetera...
Il y a aussi un clin d’œil à la japanimation : on voit deux « animateurs » dessiner sur du papier perforé des trois trous pour dessin animé (un rond et deux rectangulaires), et feuilleter leur papier pour se rendre compte si leur mouvement passe bien à l’œil. Il y a aussi un troisième personnage, et celui-ci et l’un des dessinateurs parlent d’idioties ! notamment ils font allusion à Perros : Amores perros (Amours chiennes), film de Alejandro González Inárritu.
 
 
Par la suite et rappelant la séquence précédente, on voit en line test des petites scènes en dessin animé, peut-être ce que crayonnais les deux « animateurs ».
Trois étoiles pour cette expérience cinématographique en plastique. Pour moi ce n’est pas du cinéma expérimental. Même s’il y a des moments drôles, on peut parfois trouver le temps long ou crispant... dans ce mélange de genres : onirique, humour, scatologique pipi caca, comédie musicale, ou plutôt les attractions pendant l’entracte dans les cinémas de quartier des années 1950. Je ne sais pas si le « n’importe quoi » peut être porté au niveau de l’art, ce qui semble un non sens, même si ce genre de collage demande un gros travail ; ou alors si c’est bon dès le départ, c’est mystérieux, et donc très rare ; ce n’est pas le cas de Funky Forest malgré tous leurs efforts. Ce film dure 2h 30, c’est beaucoup trop long et ça en devient pénible. La musique du générique de fin chantée par des voix nasillardes de petites filles est marrante.

M. Roudakoff
 
 
 
 
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Dernière mise à jour : 25-02-2009 01:01

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