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HADOPI et les rentiers Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 10-03-2009 16:43

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Publié dans : Les News, Dernières news

Tags : Censure, Farce, Fumisterie, HADOPI, Inquisition, Rentiers

 
Albanel ? - La Quadrature du Net
C'est une FARCE, une FUMISTERIE, hein Sarcoco ?
 
Ayant commencé mon expérience informatique dès décembre 1981 sur un Vic 20 de Commodore, un des tout premier ordinateur grand public ou l’on pouvait s’amuser a faire de la programmation, soit en basic, soit en Assembleur ; à l’époque Internet n’existait pas. Après quelques déboires, je suis passé au Mac en octobre 2000 et à Internet début 2002. Dès le début j’étais effaré par la liberté qu’il pouvait y circuler. Il faut en profiter, car c’est une mine de savoir pour se cultiver, même s’il y a du bon et du mauvais et si la désinformation y court allègrement, et s’il est difficile maintenant de se faire son OPINION. Ce contre pouvoir fait peur au pouvoir en place actuellement, et par conséquent au portefeuille de certains. C’est pourquoi cette loi HADOPI est la porte ouverte à un filtrage politique à la chinoise, ou à d’autres pays dictatoriaux. Va t-on vers le film le nom de la Rose ? où l’inquisition est très présente, ainsi à notre époque elle n’a pas disparue ! Les nouvelles affiches sur les portes du métro parisien incitant les gens à s’écarter des portes pour laisser descendre, et expliquant par la même que c’est du « temps de gagné, font partie d’un même processus de renforcement du contrôle des personnes.
Voir le texte ci-dessous très clair.
 
anipucsac1.gifVoir aussi : Surveillance du P2P
 
 

Depuis le 4 mars dernier, les députés examinent le texte sur la loi HADOPI, voulue par Nicolas Sarkozy. Ce texte a été rejeté, le 24 septembre dernier par le parlement Européen à travers l’amendement 138 à 573 députés contre 54. Il est donc légitime de se demander pourquoi le gouvernement français veut-il ce texte à tout prix ?

L’objectif de cette loi est de lutter contre le téléchargement illicite par la riposte graduée, prévoyant notamment la déconnexion de l’Internaute et la création de liste blanche de site « clean ». Il apparait que le piratage nuit aux ventes de contenu, mais s’est-on vraiment interrogé sur un rapport de cause à effet ?
 
Si on regarde les chiffres de la SACEM aux USA, ils annoncent un record de revenus en 2008 avec 900 Millions de dollars, soit une hausse de 7.2%. Les auteurs de BMI vont toucher au total 786 Millions de dollars, soit une hausse de 8%. En Angleterre, les ventes d’album tous supports confondus ont fait un bond de 33% (les supports digitaux ont progressé de 41.5% compensant une baisse de 43.5% des supports physiques). La CNIL affirme même qu’aucune étude ne prouve que les échanges sur Internet notamment par le « peer-to-peer » est un facteur de baisse des ventes dans un secteur en pleine mutation. Lorsqu’on regarde ces éléments on peut légitimement s’interroger sur cette loi HADOPI et surtout la dépense de 15 Millions d’euros pour l’ARMT pour filtrer le net.
 
Ce ne sont pas les rapports d’experts qui manquent. Soyons sérieux ceux qui téléchargent en masse connaissent suffisamment la technologie pour la parer. Et puis avec l’arrivée du streaming vidéo et des hauts débits, il n’est même plus utile de télécharger, on peut écouter ou regarder en live à partir de n’importe quel serveur une œuvre ! Le rapport Ipoque, société leader d’outils de filtrage sur Internet rappelle la difficulté de mise en œuvre. Et puis aujourd’hui l’Internet étant couplé avec la TV et le téléphone ce sont des millions de foyer qui risquent du jour au lendemain de se retrouver privés de TV et de téléphone. Certains groupes comme La Quadrature du Net ont proposé un blackout du net pour protester contre cette loi. La Nouvelle-Zélande, le seul autre pays au monde qui avait essayé d’introduire le principe de riposte graduée et de liste blanche est revenue en arrière.
 
Il semble que les motivations de ce gouvernement soient toutes autres. Si en France, la tendance est assez similaire. Les ventes numériques ont fait un bon de +50% alors que les ventes de support physique s’effondrent. La SNEP principal syndicat de producteurs français annonçait que le marché hexagonal a perdu 696 Millions d’euros depuis 2002. Les revenus de la SACEM entre 2003 et 2008 en provenance de support physique ont baissé de 31%. Le digital tend difficilement à compenser ces pertes souffrant encore du faible développement d’une offre légale à prix raisonnable. Si le reste du monde connait une croissance qu’est-ce qui peut inquiéter nos barons français de la production ?
 
Tout simplement, avec Internet, je n’ai plus besoin de surpayer une œuvre parce que je peux l’acheter n’importe où dans le monde. Aujourd’hui, la distribution en France connait une certaine forme de monopole (ou concentration privée en cartel ce qui revient au même) via la FNAC ou TF1/C+/M6, les prix ne connaissent donc pas d’effet « concurrence ». Ceux qui ont essayé de s’introduire sur ce marché avec des initiatives technologiques type vidéo à la demande ont été balayés (voir le cas de Wizzgo par exemple). Ensuite l’Etat se rémunère aussi très bien à travers toutes sortes de taxe, d’abord la TVA puis d’autres formes d’impôts comme la redevance et enfin à travers la SACEM il assure une mainmise de la production des contenus. Il est donc maintenant évident qu’il faille protéger la rente et les privilèges de ces acteurs, au détriment du consommateur français, des effets pervers de cette mondialisation digitale. Le pirate devient donc le bouc émissaire pour construire la première brique d’un mur autour de l’Internaute français, et légitimer la légalisation du filtrage du net par l’Etat, comme en Chine Populaire.
 
Plus choquant encore, déjà le parlement Européen avait voulu qu’intervienne la Justice dans le filtrage, dans la recherche de l’identité comme dans la sanction. Seule la Justice, indépendante de l’exécutif doit pouvoir ouvrir et contrôler les échanges. Ce transfert de pouvoir d’un Juge à une autorité administrative revient à créer une véritable « juridiction d’exception » pour les Internautes à l’encontre du principe d’égalité devant la loi et de séparations des pouvoirs.
 
Le gouvernement ne recule devant rien et n’hésite pas à souiller nos libertés individuelles et la protection de notre vie privée pour asseoir son pouvoir. C’est le principe même d’équilibre de la démocratie qui est remis en cause dans cette loi. Au lieu d’élever la France dans le monde du numérique et mettre des moyens pour introduire de nouvelles technologies, c’est l’obscurantisme rampant qui gagne contre l’innovation et la créativité.
 
Ludovic LASSAUCE
 

Dernière mise à jour : 10-03-2009 19:09

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