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Destruction de la Russie - Cosaques du Don Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 11-04-2009 01:42

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Argent, Banques, Bolcheviks, Business, Cosaques du Don, Dictateurs, Destruction de la Russie, Israël, Juifs, Pouvoir, Révolution, Russie, Terreur, Terroristes

 
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Destruction de la Russie - suite 3
Les Cosaques du Don


« Prouve aux ennemis que toutes tes pensées ne sont pas pour ta vie, mais pour la gloire et l’honneur des Cosaques du Don ! »
 
Rappel : il s’agit ici d’une court extrait du journal de mon père : Kolia, diminutif de Nicolas. Suite à la Révolution Bolcheviks, l’école des Cadets de Novotcherkassk Новочеркасск (capitale des Cosaques du Don), école pour officiers où se trouvait mon père, elle a été évacué avec tous ses jeunes élèves pour essayer de gagner l’étranger, car l’avance des Rouges devenait trop dangereuse. La famille de Kolia n’étant pas riche s’était sacrifié pour l’envoyer dans cette école à l’âge de 9 ans. Le grand-père de Kolia fut anoblit par le Tsar Alexandre II Nicolaïévitch le Libérateur (1855-1881 date du règne).
 
Enfin les voici dans les faubourgs de KOUSTCHEVKA. Pour pénétrer jusqu’au centre de la ville, là où se trouvait l’école qui leur était réservée pour passer la nuit, ils devaient traverser une rivière sur un pont en très mauvais état, devenu dangereux par le dégel. La nuit était déjà tombée depuis une demi-heure à laquelle se joignaient la pluie et la neige fondue. Tout le convoi s’arrêta devant le pont. Après quinze minutes d’attente dans cette boue glacée, quelques officiers-surveillants allumèrent des torches, lesquelles ne pouvaient pas rester longtemps allumées à cause de cette pluie qui ne cessait de tomber. Lorsque le groupe des petits, dont Kolia faisait partie, arriva vers le milieu du pont, ils sentirent l’eau glacée monter jusqu’à leur taille et laissèrent échapper quelques cris. Le pont ayant été abîmé par le dégel laissait apparaître des trous importants, et le pauvre Kolia tomba dans l’un d’eux.
 
 
Ayant de l’eau et de la boue jusqu’à la poitrine, il put avec peine ressortir, aidé par les faibles lueurs des torches. Cette traversée dura près d’une demi-heure. Au cours de cette traversée, un cheval s’engagea sur le pont avec sa charrette et bascula dans la rivière avec tout son chargement de colis, d’objets précieux, de vêtements de rechange qui étaient maintenant définitivement perdus.
Vers 23h, exténués, presque tous éclopés, trempés jusqu’aux os, ils arrivèrent à l’école.
Et comme dans les autres établissements précédents, il n’y avait pas de chauffage. Ils furent obligés de se coucher à même le plancher, tout habillés. Frissonnant de froid, cherchant à se réchauffer avec une couverture, Kolia pensait à ses Parents qu’il avait dû laisser, il priait.
Il lui était impossible de s’endormir, car la faim et le froid étaient insupportables. Par épuisement, il trouva le sommeil tard dans la nuit.
Le lendemain à 6h, tout le monde était réveillé. Après avoir reçu quelques morceaux de pain sec avec du chocolat et un peu de thé tiède, tout l’effectif se mit en route à la recherche du train sur une voie isolée, loin de la gare. Au bout d’une heure de recherche, toute l’école était montée à bord de ce train de marchandises. Chaque wagon possédait un poêle à bois, ce qui permit de faire sécher les vêtements. Dans chaque wagon étaient installés 24 garçons. Pour la première fois après sept jours depuis le départ de Novotcherkassk, ils purent prendre un repas chaud.
Le lendemain seulement, le train les transporta jusqu’à la capitale des Cosaques du Kouban : IEKATERINODAR (actuelle KRASNODAR). À leur arrivée, les Cadets furent dirigés en tramways jusqu’au théâtre qui leur était affecté pour leur séjour qui dura deux semaines. La vie était à peine normale, sans but précis, triste et morne, ils se demandaient quelle serait leur prochaine étape et quelle serait leur destination.
Au début du mois de janvier, toute l’école reprenait ce train de marchandises pour se replier vers la Mer Noire jusqu’au port de NOVOROSSISK, d’où ils embarqueraient pour l’Angleterre. En fait le départ pour Novorossisk avait été précipité, par le fait que les nouvelles venant du front s’avéraient de plus en plus mauvaises, et que l’armée Blanche se repliait vers le sud de la Russie.
Le voyage entre Iekaterinodar et Novorossisk dura 36h à travers montagnes et vallées très pittoresques, mais malheureusement, ce paysage ne pouvait être apprécié comme il l’aurait dû, vu les circonstances.
L’arrivée à Novorossisk fut une déception, par le temps froid qui sévissait –20°. Étant situé presque en Crimée, les garçons se réjouissaient d’avance de trouver un climat plus clément, malheureusement, là aussi le froid était présent. Après la descente du train, ils furent dirigés vers leur campement, à pied, en traversant la ville et le port.
Kolia était tout étonné de voir une végétation nouvelle qu’il ne connaissait pas et aussi la mer qu’il n’avait jamais vue. Leur cantonnement était situé dans une caserne libérée la veille par les soldats de garnison. Ce lieu semblait assez sale, mais il n’était pas possible de trouver mieux. Chacun reçut deux couvertures et des couverts. Le premier soir on leur servit une vraie soupe russe : le bortsch, préparé par les soldats. Ils avaient tellement faim qu’ils demandaient à nouveau de la soupe et de la viande. Cela leur semblait bon car ils n’avaient pas mangé de semblables repas depuis leur départ de Novotcherkassk.
 
 
Le Tsar Alexandre II devant Plewna (guerre russo-turque de 1877).
Document du livre : Alexandre II, de Maurice Paléologue,
Ambassadeur de France, Paris, 1923.
 
 
Le lendemain ils purent prendre de bonnes douches, ils en avaient bien besoin, l’hygiène était devenue inexistante, d’autant plus que quelques cas de typhus s’étaient déclarés. Néanmoins cela n’empêcha pas que quelques garçons ainsi que Kolia eurent l’autorisation de visiter la ville. En se promenant ils croisaient des marins de toutes nationalités : Français, Anglais, Italiens, qui les regardaient d’un air compatissant et intrigué par leur uniforme de Cadet (couleur bleu marine et pantalon avec une bande rouge, comme les Cosaques du Don).
Ce qui faisait rager les garçons, c’était de voir les vitrines des magasins remplis de bonnes choses alléchantes, mais qu’ils ne pouvaient pas s’offrir, et ils rentrèrent à la caserne, tristes et un peu découragés.
Et comme chaque soir, Kolia s’endormait avec toujours la même pensée, celle de ses Parents, qu’étaient-ils devenus ?

C’est à Novorossisk que Kolia fit son premier acte de commerce. Il s’était aperçu que des civils rôdaient autour de la caserne à la recherche de quelques matériels ou vêtements. Kolia camoufla une couverture sous sa capote et la vendit afin de pouvoir acheter quelques friandises et cartes postales en souvenirs, et de garder le reste en réserve, car Il n’avait plus aucun kopeck depuis le départ de Novotcherkassk.
Pendant leur séjour à Novorossisk, leur directeur mourut, celui-ci fut remplacé par le général Cheriachoukine, breveté de l’Académie Militaire de Saint-Pétersbourg, parlant couramment le Français et l’Anglais. Ce séjour dura un mois, puis les garçons furent informés de leur prochain départ pour l’Angleterre. Cela avait été décidé en accord avec l’attaché militaire anglais, pour que les Cadets puissent continuer leurs études en Angleterre, et aussi envisager après les évènements leur retour dans leur patrie. C’est avec beaucoup de regrets qu’ils durent abandonner leur uniforme pour revêtir l’uniforme anglais. Pendant ce temps, les nouvelles couraient en ville que les bolcheviques avançaient toujours vers le sud et que des groupes de partisans blancs se formaient dans les montagnes environnantes de Novorossisk, pour lutter avec courage contre les rouges. Les nouvelles devenaient contradictoires et fantaisistes mais dramatiques, et cela créait une atmosphère de fièvre et de malaise. Les garçons avaient l’impression que c’était le moment le plus tragique de leur vie qui s’accomplissait.
À ce moment, l’officier-moniteur de Kolia, le lieutenant-colonel Arendt, apprit que son fils de 19 ans avait été tué quelques jours auparavant, au cours d’un affrontement avec des éléments de l’armée Rouge. Apprenant cette nouvelle, le lieutenant-colonel s’engagea dans les rangs des partisans blancs afin de poursuivre le combat. Ce départ avait beaucoup influé sur le moral de Kolia.
Il arrivait souvent qu’entre Cadets, des discussions se déroulent sur les problèmes du moment, d’ordre social ou révolutionnaire, mais cela dépassait Kolia qui trouvait cela bien compliqué. Un de ses camarades et aussi chef de classe, Victor, avait un peu d’argent, et pensait déserter l’école pour pouvoir rester à Novorossisk et ensuite essayer de rejoindre ses Parents. Cette idée ne déplaisait pas Kolia, mais au fur et à mesure qu’il approfondissait cette pensée, les obstacles surgissaient : tout d’abord, quel moyen de transport utilisé pour refaire le même trajet dans l’autre sens ? Et la nourriture ? Et le froid qui était si dur ? Le risque aussi d’être arrêté ......

De plus les nouvelles les plus contradictoires circulaient en ville, comme quoi, les rouges continuaient d’avancer vers le sud, que des partisans blancs dénommés “les verts” s’étaient installés dans les montagnes proches de Novorossisk, et commençaient à faire des incursions dans l’armée rouge en les attaquant sur leurs flancs et à les mettre en déroute.
La veille du départ, la nouvelle se répandit comme quoi les armées alliées qui se trouvaient dans le port allaient débarquer pour venir en aide à l’armée Blanche et établir un front, mais cela ne se concrétisa que par des paroles.
La veille du départ, Kolia ne put dormir. Ses pensées se trouvaient en “révolution” en quelque sorte, car il se posait des questions et cherchait à comprendre les raisons de cette révolution qui s’était étendue dans tous les coins de la Russie.
L’assassinat du Tsar, sans jugement, les atrocités commises par l’armée Rouge et par l’armée Blanche, tout cela était des questions auxquelles Kolia ne pouvait trouver de réponse. L’effondrement total de l’ancien régime, et la destruction de l’empire russe, tous ces évènements provoquaient chez tous les garçons un choc moral très profond.
Sachant que leur éducation et leur instruction étaient basées sur la discipline, l’obéissance, le respect du passé et de la famille, ils ne pouvaient admettre au fond d’eux-mêmes cette nouvelle situation. Ils avaient appris que le peuple russe s’était formé par le rassemblement progressif de chefs respectés et du Tsar, et que sous leurs actions communes ils purent faire des conquêtes et étendre leur territoire au prix de sacrifices et de souffrances très grandes. La rupture avec le passé semblait très nette, car ils savaient en se promenant le soir dans les rues où sur le pont de Novorossisk, qu’ils s’attendaient à entendre d’un moment à l’autre les mots d’ordre suivants : « Volez, tuez les riches et tous ceux qui possèdent quelque chose, emprisonnez les intellectuels, détruisez les églises. Tuez les prêtres.... »
Sans doute, cette rupture avec le passé, cette séparation avec ses Parents, quitter sa patrie, laisseront à jamais des traces profondes dans l’esprit et le caractère de Kolia, et il appartiendra à ceux qu’on nomme : « les victimes des tragédies historiques ».
Dans l’après-midi du 20 février 1920, toute l’école de Cadets fut embarquée sur le bateau « Saratov ». Cette nouvelle sensation de se trouver sur un bateau et de voguer pendant plusieurs jours, éveillait chez Kolia de l’intérêt et éloignait un peu de lui la tragédie qui se déroulait dans son pays.
À la tombée du jour, le bateau s’éloigna petit à petit du port de Novorossisk, et Kolia regardait au loin sa patrie qui disparaissait derrière l’horizon sombre, même presque noir, par moments traversé par quelques lumières rouges.
À partir de ce moment s’était vraiment la fuite vers l’inconnu qui commençait. 
 
 
Iakow Pétrovitch Baklanow (1809 - 1873), Ataman des Cosaques
du Don, Chevalier de Saint-Georges, surnommé « le Diable »
par les Caucasiens. (Document du livre Les Cosaques, de Jean Savant)
 
 
Il faut savoir que la naissance de l’état Russe s’étend sur une période qui va de l’an 862 à l’an 1054.

Le Cosaque ou en Russe KAZAK, KA3ÀK, est naturellement débrouillard.
Habitué à vivre beaucoup en plein air, il est bien préparé à la vie de campagne. La vie de la Steppe lui donne le calme, le sang-froid, le bon sens, l’aptitude à s’orienter, à apprécier le terrain et les distances.
Aptitude pour le service de :
1) Sûreté.
2) Reconnaissance.

Cela est dû au goût du Cosaque pour l’action individuelle.
Isolé, le Cosaque est taciturne, au milieu de ses camarades, il est plein d’entrain. Le Cosaque possède des qualités naturelles d’endurance.
Les Cosaques du Don sont les plus importants en nombre.
Le Cosaque est le milieu de la Trinité :
PAYSAN, COSAQUE, MILITAIRE
(D’après le Capitaine NIESSEL “ les Cosaques ” 1898).

Les Cosaques étaient plus cultivés que la majorité de la population de Russie, et ils vivaient dans des conditions de grande aisance, possédaient de vastes terrains, des propriétés, du bétail, des troupeaux de chevaux. Parmi les Cosaques du Don il y avaient beaucoup d’éleveurs de chevaux.
La superficie du territoire des Cosaques du Don fait 15 millions de déciatines (une déciatine fait 109,25 ares). Dès 1792, il a été fixé les limites du territoire des Cosaques du Don, et « pour l’éternité ». Pour transmettre les limites du territoire de génération en génération, il existe une tradition : pour que les limites fussent toujours présentes à l’esprit des jeunes, les anciens rassemblaient les futurs Cosaques sur les lignes de démarcation. Là, ils les fouettaient à tour de rôle, de manière que chacun d’eux se rappelât jusqu’à sa vieillesse, que l’endroit où il reçut le fouet marquait la fin de son territoire.

Quand il partait en campagne, le Cosaque du Don emportait dans un petit sachet un peu de sa terre natale. Il portait ce sachet sur sa poitrine et ne s’en séparait jamais. S’il était tué, il était enseveli parfois dans une terre étrangère, mais il gardait ainsi dans sa tombe cette poignée du sol qui l’avait vu naître.
Ils savaient toutes les ruses de la guerre, n’avaient pas de rivaux pour leur adresse, leur rapidité et nul ne pouvait comme eux opérer un raid. Le Cosaque du Don « marchait dans l’herbe à la hauteur de l’herbe ». L’herbe haute des steppes, les buissons, les ravins, les haies contribuaient à les rendre invisibles. Guerriers et chevaux savaient tirer le maximum de ces moyens naturels. A cet effet, ils plaçaient les selles et les paquetages sur plusieurs gerbes de roseaux solidement liées, puis ils attachaient ces gerbes à l’aide d’une corde au cou et à la queue de leur monture. Ensuite, le Cosaque se mettait à nager à côté de son cheval.
Quelques barils d’eau douce, des biscuits, du poisson et de la viande séchée, des grains d’orge mondé constituaient leurs approvisionnements. Ils n’emportaient pas de vodka, car la sobriété était de règle chez les Cosaques du Don au cours d’entreprises dangereuses. En campagne, ils revêtaient leurs plus vieux effets. Leur fusil richement orné était troqué contre une arme plus commune qu’ils trempaient encore dans une espèce de saumure pour qu’elle se couvrit de rouille, car, disaient-ils « par le fer pur l’œil est attiré... ». Toutes ces mesures étaient prises afin de ne pas éveiller dans l’esprit de l’adversaire éventuel l’espoir du butin.
Ne disposant ni de cartes ni de boussoles, ils se dirigeaient sur les eaux, en suivant le soleil et les étoiles, comme s’il combattaient dans les steppes.

Le Cosaque du Don était pieu, il était brave, de belle prestance, de santé forte. Il ignorait la maladie et mourait dans un combat ou de vieillesse. Il n’était pas avare, mais large, peu économe, débonnaire, rusé et plein d’esprit et de malice. En général, il supportait avec indifférence la faim, la soif, et toutes les misères et privations de la guerre. A l’origine, il combattait avec un arc et des flèches. Après il eut un sabre et un fusil, puis une lance. Ensuite son armement subit les modifications imposées par les guerres. Il traite son cheval comme un membre de sa famille.
L’hospitalité, la piété, le respect des parents et des aînés, l’obéissance aveugle aux chefs et surtout l’espèce de vénération qu’ils professaient pour le Tsar, telles étaient les principales vertus des Cosaques du Don.

Le plus grand de tous les chefs des Cosaques du Don, c’est l’Ataman Matféi Ivanovitch Platow, Comte de l’Empire (1765 - 1818). Il était grand, avait les cheveux presque bruns, des yeux gris-bleu à fleur de tête, très vifs et perçants. Son visage était agréable, affable, sa stature droite et svelte, sa démarche légère et sa prestance majestueuse.
Il avait ces mots pour les Cosaques du Don :
« Pour le Cosaque du Don, le cheval est un ami, le sabre une distraction. Mais s’il lui prend d’être amoureux, le Cosaque n’est plus un Cosaque... ».
« Nous ne sommes pas nés pour nous promener dans des parcs et rester assis sur des coussins de velours... Notre missions est de nous promener dans les steppes, dans les marais et de nous asseoir dans des huttes ou, mieux encore, sous le ciel, afin de nous habituer à l’ardeur du soleil et à toute les intempéries... C’est ainsi que nous demeurons des Cosaques du Don... ».

(D’après : Les Cosaques, de Jean Savant, Paris, 1944)
 

Dernière mise à jour : 10-06-2009 17:50

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