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Destruction de la Russie - Image du Juif Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 16-05-2009 16:10

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Argent, Banques, Bolcheviks, Business, Chrétiens, Cosaques du Don, Dictateurs, Destruction de la Russie, Etzel, France, Israël, Jésus, Juifs, Ku Klux Klan, Pouvoir, Révolution, Russie, Sionisme, Terreur, Terroristes, Tortures, Usure

 
Destruction de la Russie - suite 18

Drame de la religion en général
 
 
Tentant toujours de naïvement cerner un peu le pourquoi de la Révolution Russe, et par la même et par la fluidité des choses, voici quelques aspect de la vision de comment les Chrétiens du Moyen-Âge voyaient les Juifs. (Extraits d’après le livre de Gilbert Dahan : Les intellectuels Chrétiens et les Juifs au Moyen-Âge)

Pierre de Capoue (Paris manuscrit BN lat. 16.894) distingue un Juif intérieur et un Juif extérieur (le Juif charnel), celui sur lequel on peut coller les données : le nom Juif vient de Juda, fils de Jacob. Le Juif « extérieur » distingue les aliments pures et impures, il est circoncis charnellement, c’est celui qui est sorti de l’Égypte, a traversé la mer Rouge, etc. Pour Pierre de Capoue le Juif intérieur est le Chrétien qui vit spirituellement ce que le Juif extérieur a vécu charnellement. Le Juif extérieur est limité à l’Ancien Testament. A l’arrivée de Jésus de Nazareth le Juif « extérieur » laisse la place au Juif « intérieur », dont il n’est que l’ombre.
Le stéréotype du Juif au Moyen-Âge selon Arnaud Royard est la trinité : avarice, orgueil, concupiscence de la chair.
Le mot avarice est donc devenu plus tard un lieu commun attaché au Juif. Au Moyen-Âge le sens d’avarice était une « peste de l’âme » faite de cupidité et de jalousie (d’après Alain de Lille : Psychologie et morale au 12 et 13è siècles).
 
Selon Henri de Suse, s’inspirant de lexicographes, jes Juifs dont donc ceux qui observent à la lettre la loi mosaïque, c’es-à-dire en pratiquant la circoncision et en suivznt littéralement les autres préceptes légales ; c’est pourquoi on dit que ceux qui adhèrent trop à la lettre judaïsent.  (Henri de Suse, 1573). Ainsi le Juif serait charnel par son attachement à la lettre et son intelligence matérielle du texte sacré.

Image du Juif.
Au Moyen-Âge cette image est considérable, voir par exemples dans les enluminures et sculptures l’imaginaire prodigieux d’invention et de liberté.

L’aspect charnel.
Cet origine remonte au Nouveau testament ou apparaît le thème du Juif charnel : Romains 2 - 25-29 : La circoncision te sert si tu pratique la Loi ; mais si tu transgresse la Loi, avec ta circoncision tu n’es plus qu’un incirconcis... Mais ce propos initial fut dépassé : par la dénonciation du sens littérale des Écritures par les Juifs, puis par leur observance matérielle des commandements de l’Ancien Testament. Ainsi le Juif se retrouve perçu comme attaché globalement à la matière, et renonçant à toutes les valeurs de l’esprit. Étienne Langton (Paris, manuscrit BN 14.415) explique la vente du droit d’aînesse par Ésaü, figure du peuple Juif :
Genèse 25, 34 : Jacob dit : « Vends-moi ton doit d’aînesse. Ésaü répondit : Voici que je vais mourir, à quoi me servira le droit d’aînesse ? ». Effectivement, ce passage de la Bible est on ne peut plus matérialiste !
Hugues de Saint-Cher (Lyon 1645) note que Caïn représente le peuple Juif qui s’adonna tout entier aux biens terrestres.
Géroch de Reichersberg : La nation juive, ennemie du Christ (terme générique comme le mot Pharaon, ou le mot Roi, donc ici il doit s’agir de Jésus de Nazareth), a perdu la voix sonore de la Loi des Prophètes et, désormais, toutes les fois qu’elle psalmodie les Écritures dans ses synagogues ou les cite dans ses disputes avec les Chrétiens, elle ne les clame pas des hauteurs... mais marmonne au ras du sol et en parlant ne vise à rien d’autre qu’aux choses terrestres (terra sectarur)
 
 
Le Juif errant.
Un grand thème au Moyen-Âge, celui des pérégrinations du peuple Juif, conséquence directe de son rôle dans la Passion : les Juifs n’ont plus ni pays ni prince. La fuite désespérée de Caïn annonce cette errance. C’est au 13è siècle qu’apparaît en Occident le motif du Juif errant. On le rencontre pour la première fois dans une chronique cistercienne de Sainte Marie de Ferrare : l’auteur raconte que des pèlerins affirment avoir vu en Arménie un Juif qui avait assisté à la Passion et qui, ayant injurié Jésus, fut condamné par lui à attendre son retour ; il se convertit.

Le Juif diabolique.
Apocalypse 2 -9 : « Je connais tes épreuves et ta pauvreté - tu es riche pourtant - et les diffamations de ceux qui usurpent le titre de Juifs - une synagogue de Satan plutôt ». Cette association : synagogue de Satan, explique en partie le lien entre Juif et diable, exprimé durant une partie du Moyen-Âge, et qui prend une forme dramatique à partie de la seconde moitié du 14è siècle. (La peur était très présente au Moyen-Âge, d’où peut-être l’évasion dans des imaginaires décrits plus haut).
Les variations autour du Juif diabolique sont nombreuses et on été décrites par J. Trachtenberg (The Devil and the Jew, Philadelphie 1983).
La première variation est le Juif intermédiaire avec le diable. Des histoires le mette en relation avec Satan.

Un homme pestifère, en même temps que sorcier,
Hébreu de nation, investi des pouvoirs du démon... (Historia Theophili metrica, attribuée à Marbode).

Ce qui permet  au Juif cette familiarité avec Satan, c’est qu’il pratique la magie ou la sorcellerie, art ambigu qui le met dans une dépendance du diable mais lui permet aussi de commander au diable et le rend donc encore plus terrifiant et redoutable. Dans beaucoup de récits des Juifs pratiquent des sciences occultes dans le genre de l’Alchimie. Ainsi il n’est pas étonnant de retrouver à notre époque l’association Juifs et franc-maçons ou autres sociétés plus ou moins secrètes.
Comme le Juif se livre à la magie et la sorcellerie, il est aussi considéré comme un empoisonneur. Par exemple en 1321 est portée l’accusation des Juifs de France d’avoir induit des lépreux à empoisonner  sources et fontaines.
Une des raisons données dans les conciles à l’interdiction de recourir à des médecins Juifs était précisément la crainte de l’empoisonnement. Dans tous les cas celui qui préparait les remèdes : le pharmacien, devait être Chrétien.
Cette accusation d’empoisonneur contribue à faire du Juif un ennemi, non seulement psychologiquement, mais aussi physique et politique. Le reproche de collusion avec les ennemis de la Chrétienté avait été énoncé à la fin de la période wisigothique.
Une légende bien répandue chez les Juifs et rapportée par divers textes Chrétiens du 12 et 13è siècles montrait une collaboration active des Juifs avec Charlemagne dans la prise de Narbonne.
Ennemi, le Juif l’est plus encore de la religion Chrétienne que des Chrétiens. C’est ce que tendent à prouver les récits mettant en scène des Juifs qui profanent des objets de culte. En dehors des profanations d’hosties, qui sont censées représenter le comble de la haine, puisqu’il y a outrage direct envers Jésus de Nazareth, la littérature montre parfois des Juifs qui s’en prennent à des autels, à des images de la Vierge ou de Jésus, ou à des reliques de Saints.
La vision du Juif ennemi, « agent de Satan », voir « Mal absolu », culmine dans l’association faite entre Juif et l’Antéchrist. L’image du Juif errant, charnel et diabolique, bien que trouvant ses racines dans la Bible ou la théologie patristique, soit beaucoup plus diffusée dans la mentalité populaire que développée chez les intellectuels, sauf quand ils rassemblent, comme Guibert de Nogent, tous les traits susceptibles de servir un dessein précis.

L’autre.
Le Juif ne cesse d’apparaître comme un être à part, comme l’image d’une altérité que rend encore plus sensible sa proximité. Si, au 14è siècle, les expulsions, les accusations multipliées de nuire au peuple Chrétien en font un étranger, voir un ennemi, ce n’est pas ainsi qu’il est perçu auparavant.
Pour l’auteur d’un traité d’astrologie du 13è siècle, les Juifs sont nés sous le signe de Saturne, qui ne fut jamais en bonnes relations avec Jupiter, signe des Chrétiens. Le lien avec Saturne, accentué par le fait qu’il s’agit de la planète du samedi, sera développé plus tard. Mais si l’on se rappel que Saturne est la planète de la mélancolie, on trouvera peut-être une explication au texte étrange dont voici un extrait.
« Le flux sanguin se trouve en quantité abondante chez les Juifs, parce qu’ils sont sujets à la mélancolie, comme (on le voit) dans de nombreux cas et que le mélancolique fuit la compagnie et la foule et se plaît dans des lieux secrets ou solitaires ; or les Juifs se retirent naturellement de la société ou de la compagnie des autres, ainsi qu’il apparaît. Ils sont donc mélancoliques. De plus, ils sont pâles. Ils ont donc une complexion mélancolique. De plus ils sont timides par nature et cela est un caractère propre de la mélancolie, comme le dit Hippocrate. Or celui qui est très mélancolique a beaucoup de sang mélancolique et, en conséquence, doit avoir un flux de sang. Les Juifs sont de la sorte, d’abord parce qu’ils usent d’aliments rôtis et non bouillis ni cuits et ceux-là sont difficilement digérés, comme cela est dit au livre IV de la Métaphysique. De même, ils rôtissent les graisses dans l’huile, etc., et ce sont des nourritures digérées avec difficulté ».

Le Juif est celui qui peut regarder de l’extérieur la société Chrétienne et mieux que quiconque en percevoir les défauts. La forme la plus fréquente en est donnée par Césaire de Heisterbach : dénonçant l’orgueil que manifestent certains puissants [NT : les tsars de Russie ?], il affirme que c’est là l’une des raisons essentielles pour lesquelles Juifs et païens prennent en horreur la religion Chrétienne et blasphème le nom de Jésus. Le motif du « bon usurier » procède du même état d’esprit (voir le problème du pape qui protège les Cahorsins (marchands de Cahors), dont la rapacité est pire que celle des Juifs, ceux-ci acceptant avec bienveillance le remboursement du capital et trouvant leur profit dans le retard de leurs débiteurs. (Matthieu de Paris, Chronica maiora).


Quelques traits du judaïsme.
Pierre de Blois mentionne l’interdiction pour les Juifs, bien connus des Chrétiens du Moyen-Âge, de prononcer le Tétragramme, « le nom de Dieu qui chez les Juifs est ineffable et fait partie des choses les plus secrètes ».
Aux 12 et 13è siècles, la pratique cultuelle des Juifs semble avoir très médiocrement intéressé les Chrétiens, plutôt par méconnaissance (réelle pour tout ce qui est actualisation des lois anciennes). La pratique juive n’est pas perçu comme extraordinaire, elle ne choque ni ne suscite de curiosité.  mais le terme de sabbat acquerra une connotation démoniaque.
La plupart des Chrétiens du Moyen-Âge ont perçu le judaïsme comme une survivance archaïque. Certains ont été plus loin; jusqu’à nier que le dieu des Juifs fût le vrai Dieu, jusqu’à en conclure que le judaïsme était une idolâtrie ou un athéisme.

« Les Juifs rendent un culte à Dieu tout en niant la Trinité. Or un dieu qui n’est pas à la fois trine et unique est un faux dieu. Et ainsi, aujourd’hui, les Juifs blasphèment en rendant un culte d’adoration à un faux dieu... Il n’est permis à personne de croire en Dieu en niant expressément la Trinité ni de rendre un culte à un tel dieu qui ne serait en aucune façon trine. Les Juifs d’aujourd’hui encore blasphèment dans leurs pratiques Jésus et la Sainte Vierge ». (Guy Terré, Paris, manuscrit BN lat. 3914).
Guy Terré dans sa Summa de haeresibus (Cologne 1631) explique le serment des Juifs : on ne doit pas faire jurer des Juifs sur le nom de Dieu, car le dieu qu’ils adorent est un faux dieu, puisqu’ils ne reconnaissent ni la divinité de Jésus ni la Trinité.
Mais la position de Guy Terré est extrême, il semble qu’il soit le seul au 14è siècle à parler ainsi. Dans l’ensemble les théologiens de 12 et 13è siècles adoptent une vue plus modérée qui, tout en constatant le caractère périmé des pratiques juives, n’oublie pas que le christianisme est issu du judaïsme et souligne parfois les côtés positifs de celui-ci. (Voir le texte de Huguccio de Pise).
Guy Terré montre dans sa Summa de haeresibus que les Juifs sont des hérétiques par rapports à l’Ancien Testament même, et il dresse la liste de leurs erreurs : négation de la Trinité ; négation de la divinité de Jésus ; négation de la naissance virginale ; attente du Messie ; observance littérale du sabbat ; préférence accordée aux lois rituelle et non naturelles (d’où la possibilités pour les Juifs de pratiquer les sciences ésotériques ; voir la partie du Juif diabolique) ; pour certains, espoir de jouissances matérielles après la Résurrection ; pratique de l’usure.
Cette infidélité à l’Écriture autorise l’Église à intervenir contre eux. L’assimilation du judaïsme à l’hérésie est exceptionnelle aux 12 et 13è siècles.

Anselme de Laon, se fondant sur l’Épitre aux Galates : « l’Écriture, ou Loi écrite a enfermé absolument les Juifs sous le joug du péché ». On est dans la ligne de saint Paul et de sa conception de la Loi comme source de péché : « les Juifs ‘enfermés dans la Loi’ sont par là même enfermés dans le péché ».
Au peuple d’Israël ancien, seul Dieu a révélé la Loi du fait du mérite de ses pères, et de ce que Jésus devait naître en son sein. (Voir Thomas d’Aquin, Summa theologiae). C’est donc à un moment historique donné, pour répondre à une situation bien définie que la Loi est révélée. (Dans cette Loi notamment le culte des idoles est interdit).

Les théologiens et la circoncision.
1 - La circoncision est un signe d’union (fedus copulandi) entre Dieu et le genre humain (on observera que l’explication juive courante, signe d’alliance entre Dieu et Israël, est ici universalisée).
2 - Elle a été instituée en vue d’une meilleure obéissance.
3 - C’est le signe de la circoncision intérieure.
4 - Elle a été ordonné afin que le peuple d’Israël fût distingué des autres nations [NT : et c’est bien là ce qui ressort de la non intégration des Juifs parmi les autres populations]. Cette explication est fréquente chez les commentateurs chrétiens : ainsi distinguait-on les cadavres des Juifs sur les champs de bataille pour leur donner une sépulture conforme au rite judaïque.
5 - Elle vise l’enseignement (propter doctrinam) : le peuple apprenait que, de même que la circoncision était opérée sur le membre viril, lieu de la luxure, de même il devait retirer de son âme toute luxure.
6 - Elle existe en vue du sacrement : le couteau de pierre signifie le Christ.
7 - C’est un remède contre le Péché originel. (Mauritius Hibernicus, Distinctiones, Paris, BN lat. 3270).


Les Juifs coupables de la mort de Jésus.
Sous sa forme simple cette doctrine apparaît constamment aux 12 et 14è siècles, surtout dans la littérature polémique.

C’est bien pratique d’avoir tué Jésus ! ou faire le bien par accident !

En effet, Anselme fait la distinction connue entre péché commis avec une pleine connaissance et péché commis par ignorance.
Faire mourir Jésus par ignorance est « déjà un commencement de pardon ». Cette position diminue le degré de culpabilité des Juifs. C’est le « crime confort », un forme de sophisme, comme celui qui veut vouloir faire porter la volonté de Dieu d’avoir voulu la mort de Jésus.
Saint Thomas s’est penché sur cette « volonté divine » et sa coïncidence avec un dieu, ou supposée pensée attribuée à ce dieu : « la volonté de ceux qui ont tué Jésus coïncide avec la volonté divine non seulement dans un voulu mais aussi dans un bien... Il semble donc que la volonté des Juifs ait été conforme à la volonté divine ». CQFD !
Étonnant de sophisme, car ainsi les Juifs ne désirèrent le « bien » que par « accidents ». [Personnellement je trouve qu’on nage en pleines eaux troubles !]

Ainsi la Passion assura le « salut du genre humain » [NT : pas sympa pour les autres croyances !] ; d’autre part, elle affligea un innocent ; à ce titre, elle fut voulue par les Juifs, qui ne désirèrent le bien que par accident.

Un passage des Sentences, de Pierre Lombard, demande « si les actes doivent être jugés bons ou mauvais d’après leur fin ». Pour Lombard la réponse est niet : « il y a des actes qui sont des péchés par eux-mêmes ; si quelqu’un les accomplit en vue d’une bonne cause, ils paraissent avoir une bonne fin, mais l’action mauvaise rend mauvaise la volonté. Parmi ces actes, en eux-mêmes mauvais mais ayant pu servir une bonne fin, mais l’action mauvaise rend mauvaise aussi la volonté. Parmi ces actes, en eux-mêmes mauvais mais ayant pu servir une bonne fin, certains mettent la crucifixion de Jésus par les Juifs, qui agissant ainsi, croyaient servir Dieu ; mais l’action des Juifs est perverse, de même que leur volonté ».
La « bonne fin » ne justifie pas l’action, mais encore l’intention des Juifs, servir Dieu, devient mauvaise par la vilenie de leur acte. Le texte de Lombard sera bien-sûr très discuté.

D’une manière générale, la culpabilité des Juifs dans la Passion est largement reconnue. Mis à part le cas de penseurs du début du 12è siècle comme Anselme et Abélard et son école, les théologiens ne cherchent pas à atténuer la responsabilité des Juifs.

Ainsi cela peut, peut-être, expliquer en partie, la haine des Russes de la Sainte Russie envers les Juifs. Mais globalement c'est terrible, terrible, terrible.
 
 
 
 
Suite des extraits du « Journal de Kolia » : En route pour la Ville lumière.

Rappel : il s’agit ici d’extraits du journal de mon père : Kolia, diminutif de Nicolas. Suite à la Révolution Bolcheviks, l’école des Cadets de Novotcherkassk Новочеркасск (capitale des Cosaques du Don ), école pour officiers où se trouvait mon père, elle a été évacué avec tous ses jeunes élèves pour essayer de gagner l’étranger, car l’avance des Rouges devenait trop dangereuse. Les jeunes élèves officier devaient être rapatriés en Angleterre, mais c’est finalement en Égypte qu’ils se sont installés. Après deux années passé en Égypte, les Cadets sont installés sur l’île de Chypre puis en Turquie à Constantinople. Impossible de retourner dans la Sainte Russie, et en 1925 Kolia se retrouve en France. Après un an passé a travailler comme homme a tout faire dans une ferme, Kolia décide en 1926 de tenter sa chance à Paris.

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Les nouvelles de Russie réveillaient en lui beaucoup de souvenirs, mais hélas, l’espoir de retour s’éloignait de plus en plus. Kolia reçut deux lettres de Paris à la même époque, une de son cousin lui annonçait la possibilité de commencer à travailler dès son arrivée à Paris, et une autre du Prince Tarkovsky, camarade de classe, lui relatant la vie parisienne. Étant donné que ce camarade se trouvait à Paris avec ses Parents qui étaient assez riches, qu’il avait la possibilité de voir les monuments, les restaurants, les cabarets, l’Opéra, aller aux concerts, voir les grands boulevards animés par une foule élégante, renforça la décision de Kolia de quitter la ferme à l’issue de son contrat.

Dans le courant du mois de mai, pendant que Kolia travaillait dans les champs de betteraves, il aperçut un homme d’un aspect élégant, habillé en chasseur avec un fusil qui s’avança vers lui. Arrivé à sa hauteur, il se mit à lui parler et le questionner sur ses, origines, puis après, lui parla en anglais. Cela avait fait un très grand plaisir à Kolia.
Il apprit par la suite que c’était le propriétaire du château et de la ferme dans laquelle travaillaient Kolia et Georges.
À mesure que le temps passait, il commença à compter les jours qui lui restaient à travailler. Les fêtes de Pâques passèrent inaperçues. Cette période était très dure, en raison des travaux, la chaleur et les jours de plus en plus longs et le manque de contact avec les gens un peu plus instruits, cela leur faisait défaut pour l’équilibre de l’esprit.
D’ailleurs, ils étaient bien souvent morts de fatigue et ils s’endormaient aussitôt couchés.

Le mois de juin approchait et Kolia commença à mettre de l’ordre dans ses bagages, les objets dont il ne voyait plus l’utilité, il décida de les vendre ou de les donner aux gens de la ferme. C’est ainsi qu’il vendit sa bicyclette avec 50 % de perte, ainsi que son coffret à outils qu’il avait reçu en récompense à l’école lorsqu’il était en Turquie. Ces quelques ventes lui permirent de se faire un peu d’argent.
M. Bongars tenta une fois de plus de faire des propositions alléchantes pour que Georges et Kolia restent, la décision était prise, ils partaient pour Paris, où son cousin ou des associations russes pourraient leur procurer du travail et les orienter selon leurs aptitudes. Cette idée de vivre indépendant à Paris, s’accompagnait de toutes sortes de rêves et l’espoir d’améliorer leur sort et leur niveau de vie et de pouvoir évoluer librement dans cette ville lumière.

C’est ainsi qu’à la fin du mois de juin 1926, Kolia et Georges furent accompagnés à la gare en carriole, et le soir même ils débarquèrent à Paris où le cousin de Kolia les attendait.
Il les conduisit tout d’abord au restaurant avant de les accompagner au bureau d’une association de réfugiés des “Cosaques du Don”. De retrouver son cousin qu’il n’avait pas vu depuis trois ans, lui procura une immense joie, du courage, mais aussi un peu d’irritation, car son cousin lui faisait trop d’éloge pour son teint, bruni par le soleil et par sa forme physique.
Le premier contact avec Paris les a abasourdis par sa foule, son métro, ses lumières, le bruit des tramways. Pendant le court repas au restaurant, le cousin de Kolia fit des recommandations de toutes sortes, se rapportant à la vie parisienne pour un garçon seul, perdu dans une foule cosmopolite, il fallait rester toujours sur ses gardes.

M. Roudakoff
 

Dernière mise à jour : 10-06-2009 18:15

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