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Affaire Koutiepoff Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 14-06-2009 19:11

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Alexandre Pavlovitch Koutiepoff, Affaire Koutiepoff, Juifs, Révolution, Russie


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Alexandre Pavlovitch Koutiepoff
Александр Павлович Кутепов
 
 
La mystérieuse disparition du Général Koutiepoff
(Journal L'Illustration, n° 4536 et 4537 des 8 et 15 février 1930)
 
 
 
 
Alexandre Pavlovitch Koutiepoff.
Photographie appartenant à la famille Butkovyh (Freehold, New Jersey, USA).
Publié en 1930 à Paris.
 
 
 
Le Général Koutiepoff sur les degrés de l'église russe de la rue Daru.
Photo Harlingue. Malgré le flou du visage dû au bougé,
ou à une retouche ? on reconnaît la physionomie du Général.
 
 
 
La femme et le fils du Président de l'Union des anciens combattants russes
dans leur logis d'exil, rue Rousselet.
(Au-dessus du lit : des icônes, à droite les portraits du Tsar
et du Tsarévitch). Photo Harlingue.
 
 
L'illustration n° 4536 du 8 février 1930
Un événement mystérieux, la disparition du Général Koutiepoff, président de l'Union des anciens soldats de l'armée russe, a provoqué une grande émotion dans les milieux russes de l'exil, en même temps que des commentaires, abondants dans les journaux d'information, et passionnés dans la presse politique. Il ne s'agit plus ici d'un simple fait divers de la chronique scandaleuse ou dramatique. La personnalité du disparu, les raisons et les circonstances (le son enlèvement - si l'en!èvement est prouvé - donnent à cette actualité, qui n'est pas exclusivement parisienne, un caractère de gravité complexe dominant l'importance des cas individuels. Petit-être, quand paraîtront ces lignes, les recherches de la police auront-elles dégagé des hypothèses les réalités attendues.
Le Grand-Duc Nicolas, en mourant, avait désigné le Général Koutiepoff comme son successeur à la tête des Unions des anciens soldats russes à l'étranger qui groupent 60 000 membres disséminés dans tous les pays du monde, monarchistes ou républicains, mais tous anticommunistes.
Le général, qui ne parle pas français et qui, avec sa moustache et sa barbiche très brunes, offre un peu l'aspect physique de nos méridionaux, vivait modestement avec sa femme et son fils âgé de cinq ans dans un petit logement de la maison portant le numéro 26 de la rue Rousselet.
Le samedi soir 25 janvier, le Général devait assister à un service funèbre célébré à la mémoire du Général Kaulbars dans l'église russe de la rue Daru. N'ayant pu, en raison d'affaires pressantes se rendre à cet office, il avait annoncé sa présence à un autre service qui devait, le lendemain dimanche, à 11 heures, réunir ses anciens compagnons d'armes dans la chapelle de l'Union de Gallipoli, rue Mademoiselle.
Le Général Koutiepoff avait à sa disposition des chauffeurs de taxi russes, trente-trois anciens officiers, qui se mettaient à son service tour à tour sans accepter la moindre rétribution. Le samedi soir, le Général dit au chauffeur qui devait prendre ses fonctions auprès de lui le dimanche : "demain, je n'ai pas besoin de voiture. je me rendrai à pied de chez moi à la chapelle".
Le lendemain matin, le chef des réfugiés militaires russes sortit de chez lui à 10h 30. La rue Rousselet commence rue de Sèvres et finit rue Oudinot. Pour se rendre à l'Union de Gallipoli, le Général devait prendre la rue de Sèvres et traverser le boulevard des Invalides. Un ancien officier russe l'aperçut vers 10h 40 faisant les cent pas sur le boulevard, en face du métro Duroc. A 17 heures, Mme Koutiepoff apprit que son mari n'avait point paru à l'office de la rue Mademoiselle. Dans le court trajet qui sépare sa maison de l'Union de Gallipoli, le chef des antibolcheviques avait disparu. Cette disparition avait-elle été volontaire ou provoquée ? Pour la famille et pour les amis politiques du Général Koutiepoff, il ne pouvait y avoir de doute : le Général, adversaire le plus résolu et le plus redoutable du bolchevisme russe, avait été victime d'un enlèvement.
Des faits, acquis par les premières recherches, à la vérité singuliers et impressionnants, ont semblé confirmer l'hypothèse de rapt, vengeance ou exécution politique. Au début de cette semaine, l'enquête, menée conjointement par la police et par la presse, a pu établir ce qui suit :
Rue Rousselet, les allées et venues du Général étaient étroitement surveillées par ses ennemis et protégées par ses partisans, les uns et les autres s'observant dans un bar qui fait l'angle de la rue Rousselet et de la rue de Sèvres. Depuis plusieurs dimanches, au croisement de la rue Rousselet et de la rue Oudinot, un gardien de la paix se tenait en faction à la grande surprise des gens du voisinage qui n'avaient jamais vu placer en cet endroit peu animé un agent du service de la circulation. Cet agent d'aspect très jeune et qui ramenait sans cesse une pèlerine sur son collet (peut-être pour dissimuler l'absence d'écusson) avait une attitude singulière. Il fumait beaucoup. On l'aurait vu plusieurs fois s'entretenir avec une jeune femme blonde en manteau beige. Le matin de la disparition, cet étrange factionnaire, que la police n'aurait point reconnu comme l'un des siens, était à son poste. Vers 11 heures, un garçon de la maison de santé des frères Saint-Jean-de-Dieu, qui fait l'angle de la rue Oudinot et de la rue Rousselet, secouait un tapis par la fenêtre d'une salle du troisième étage donnant rue Rousselet, quand son attention fut attirée par la scène suivante. Devant la porte de la maison de la rue Oudinot faisant face à la rue Rousselet, deux individus faisaient monter dans une voiture, stationnée au milieu de la rue, un homme vêtu de noir et qui portait la moustache et la barbe noires comme le Général Koutiepoff. Cet homme était arrivé dans la rue Oudinot venant du boulevard des Invalides. Il parut au témoin qu'il avait eu une brève discussion avec les autres hommes. Aussitôt qu'il eut été entraîné dans la voiture, l'« agent » prit place à son tour dans l'auto qui se dirigea vers le boulevard des Invalides. D'où il faudrait conclure, si vraiment la scène a été exactement décrite, que le Général aurait été attiré vers ce guet-apens par la personne qu'il semblait attendre en face du métro Duroc.
La police, actuellement, vérifie des quantités de pistes et surveille un grand nombre d'individus, hommes et femmes, mêlés aux mystères de la politique russe à Paris. Selon le Général Miller, désigné comme successeur provisoire du Général Koutiepoff, et les très nombreux amis de ce dernier, le chef des forces antiboicheviques - tué ou séquestré - aurait été victime de l'espionnage soviétique à l'étranger. Une prime de cent mille francs a été offerte par eux à qui fournira des indications sur le sort du disparu.
 
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Le Général Miller qui remplace le Général Koutiepoff
à la tête de l'Union des anciens combattants russes.
 
 
L'illustration n° 4537 du 15 février 1930
Cette affaire Koutiepoff, la disparition mystérieuse et certainement dramatique du chef militaire de l'imigration russe, continue d'être suivie et commentée passionnément dans la presse, et l'on ne saurait nier qu'elle développe dans le public une émotion complexe faite d'indignation, de colère et d'un sentiment pénible d'insécurité. Un quartier de Paris, l'un des plus paisibles de la rive gauche, n'est tout de même pas une forêt de Bondy. L'opinion parisienne ne saurait admettre qu'un enlèvement criminel puisse s'y organiser et réussir avec un luxe de complicités et une mise en scène qui semble composer un épisode de quelque roman de Gaboriau. la semaine dernière, nous avons donné les photographies qui fixent le décor du drame. Nous complétons aujourd'hui cette illustration documentaire par des dessins dont l'un reconstitue la scène de l'enlèvement tel qu'il a été vu par le premier et le plus important témoin.
Ce qui semble avoir frappé particulièrement la population parisienne, c'est, en la circonstance, la présence d'un faux agent de police. Si l'on ne peut plus accorder une confiance absolue à cet uniforme qui a la mission de protéger et le droit de verbaliser, qu'adviendra-t-il de notre foi dans les braves gens qui représentent à Paris l'autorité dans la sûreté ? Ne verrons-nous point surgir dans les quartiers excentriques et sortir des ombres nocturnes des bandits en uniformes qui nous obligeront, après quelques incidents de ce genre, à nous protéger nous-même contre cette police maquillée ?
Il apparaît bien vraisemblable aujourd'hui, à la suite de tant de témoignages concordants, que le disparu a été enlevé par ruse et par violence, et la mise en scène dont fut entouré cet événement dénonce une préméditation supérieure, avec une organisation très forte. Notre confrère le Temps, qui, pendant les premiers jours, observa sur ces faits une réserve prudente, paraît maintenant adopter la thèse de l'attentat politique.
"Nous ne savons d'une manière absolue, dit le Temps (numéro du 8 février), si le Général Koutiepoff a été enlevé, et peut-être tué, par des agents de cette sinistre organisation terroriste, mais il est tout de même impossible d'écarter une hypothèse que beaucoup d'indices rendent vraisemblable.
 
 
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Dans un bar de chauffeurs, voisin de la rue Rousselet, des policiers
se mêlent secrètement aux Russes blancs... ou rouges.
Les soucoupes s'entassent. On s'observe.
 
" Ce qui est certain, dans tous les cas, c'est la présence active à Paris et sur le territoire français d'agents du Guépéou, d'une police étrangère, plus puissants, semble-t-il, que l'Ambassadeur lui-même, et cette présence active est tout à fait intolérable. Il y a là une question de prestige et de dignité morale. Nous espérons qu'il ne se trouvera personne pour souffrir qu'à l'insu, nous voulons du moins le croire, de l'Ambassadeur, les agents du Guépéou veuillent instaurer ici la terreur qui sévit en Russie communiste.
"Tous les hommes de bonne foi estimeraient donc impossible que, dans le cas présent, on passât simplement de l'ordre du jour et que l'on considérât l'enlèvement et peut-être le meurtre du Général Koutiepoff - quels que puissent être ses ravisseurs - comme un banal fait divers ".
L'affaire, dès le 7 février, est entrée dans le plan judiciaire. Le parquet de la Seine a commis un juge d'instruction pour ouvrir une enquête au sujet de la disparition du Général Koutiepoff. Le réquisitoire du parquet, dirigé contre X..., vise les inculpations de violences et de séquestration arbitraire. Les dossiers de la Sûreté générale et des Renseignements généraux de la Préfecture de Police ont été communiqués par M. Pressard, Procureur de la République, à M. le Juge d'instruction Deladé, qui a entendu les témoins de la scène et prescrit de nouvelles vérifications.
 
 
L'enlèvement du Général tel qu'il a été vu par le témoin Stemmetz d'une fenêtre voisine. (Le Général résistait, mais ne criait pas. Il regardait les fenêtres comme espérant un secours, le faux agent prêtait main forte aux ravisseurs en montant avec eux dans la voiture, tandis qu'un taxi complice surveillait la scène. Au fond, rue Oudinot, la maison qu'habita François Coppée. Dessin d'André Galland)
 
 
La prime de 100 000 francs d'abord offerte par les émigrés russes à qui donnerait des renseignements décisifs sur cette affaire a été portée à 500 000 francs. Mais jusqu'à ce jour où s'imprime ce numéro (10 février 1930), malgré l'activité de la police, celle des anciens combattants russes et de leur nouveau chef, le Général Miller, aucune information précise n'a paru faire avancer les recherches. Les différentes pistes qui ont été suivies autour de Paris, dans le Loiret (Gâtinais), et sur le littoral méditérranéen n'ont encore donné aucun résultat. Des policiers enquêtent à Berlin. La vérité, c'est que l'on ne sait encore de cette affaire que la scène du rapt vue par le garçon de la maison de santé voisine.
C'est sur les indications précises et minutieuses de ce témoin essentiel que notre collaborateur, le dessinateur André Galland, a reconstitué l'aspect et fixé les détails de l'enlèvement dans une automobile grise que surveillait et qui suivit un taxi rouge, les ravisseurs s'étant adjoint un complice travesti en représentant de la force publique.

> Voir aussi la page très bien documentée :
http://www.russie.net/spip.php?id_article=2991&page=imprimer
 
 
 
L'immeuble, 26, rue Rousselet, qu'habitait (au 2ème étage) le Général Koutiepoff.
 
 
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L'angle de la rue Oudinot et de la rue Rousselet où le Général aurait été enlevé. (Au fond, la maison de santé d'où un domestique aurait assisté à la scène)
 
 
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Emplacement métro Duroc.
 
 
 
Selon le Wikipédia en russe :
Longtemps, le sort du général Koutiepoff est resté inconnu, jusqu'à ce qu’en 1989 il aurait été publié l'information que le général est décédé d'une crise cardiaque sur un des navires soviétiques en route pour Novorossiysk. Peut-être que l'attaque cardiaque a été déclenchée par une trop forte dose de somnifères, qui a servi à l'enlèvement. J’ajoute que le mystère demeure, même si une plaque tombale a été placé dans un cimetière russe près de la ville turque de Gelibolu, sur la rive européenne du détroit des Dardanelles.
En plus il existe toujours deux autres versions : il serai mort assassiné en France ; ou poussé dans une voiture il a tenté de sortir, mais il a résisté et a été tué avec un couteau.

Alexandre Pavlovitch Koutiepoff est issu d’une famille noble. Il a fait ses études dans un lycée à Saint-Pétersbourg. Il a participé à la guerre russo-japonaise. Ce fut une personnalité importante de la contre révolution russe, tellement importante qu’en 1930, soit 13 ans après le départ de la Révolution, les Juifs bolcheviks, par l’intermédiaire du Guépéou (police politique de la dictature, prémisse du Smerch) ayant des antennes dans le monde entier, n’ont pas hésité a enlever le général en plein Paris. Il fallait le faire ! Sans apport d’argent pour soudoyer des personnages de pouvoir et des membres de la police française, cette sordide affaire n’aurait pas eu lieu. Le gouvernement français de l’époque a donc été complice de ces enlèvements, en plus par peur de déplaire aux Juifs bolcheviks. C’est a peine croyable ! Le pire, et certainement toujours à cause de l’argent pour acheter des complicités, c’est que la même chose est arrivée au remplaçant du général Koutiepoff : le général Miller ; lui aussi a été enlevé sept après seulement, et encore en plein Paris. Apparemment, on connaît l’endroit et la date exacte où le général Miller a été assassiné.
Dans les deux cas, le gouvernement français, déjà vendu aux Juifs bolcheviks, a complaisamment bâclé les deux enquêtes policière.
 

Dernière mise à jour : 14-06-2009 21:36

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