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Utahime Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 18-06-2009 23:37

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Publié dans : Sommaire JDramas, Sommaire Dramas du JAPON

Tags : Cinéma, Dramas, Films, Japon, Utahime

 
Utahime
歌姫
 
« Si quelque chose t’arrivait, il y a des gens qui verseraient des larmes pour toi.
N’oublies jamais ça ».
 
 
 
 
http://wiki.d-addicts.com/Utahime
http://www.tbs.co.jp/uta-hime/
http://www.drama-jinso.org/article-13630756.html

Drama de 11 épisodes diffusé au Japon sur TBS en 2007, sur un scénario de Satake Mikio. Savoureuse est cette comédie, je vous la conseille chaudement.
 
Akira Koizumi (joué par Nagase Tomoya), le fils d'une chanteuse populaire, se rend au cinéma dans une petite ville de la préfecture reculée de Kochi pour regarder le film avant la fermeture définitive du cinéma. Le film se déroule dans le même village, mais aux alentours de 1950, dans les années qui suivirent la guerre. L’histoire découvre un jeune soldat qui se retrouve complètement amnésique un jour sur la plage. Il est « adopté » par la famille qui possède le cinéma du village, et reçoit le nom de Shimanto Taro. Bien que son passé reste un mystère, Taro a de bons amis avec la plupart des villageois, et se découvre une passion pour le cinéma et pour une jeune fille au tempérament fougueux. (Résumé d’après le DramaWiki).
 
On est en 2007, d’une façon très fluide du point de vue mise en scène, on pénètre dans un restaurant style centre commercial d’une capitale (Tokyo). Cette fluidité est renforcée par la musique et par la course d’un homme à l’extérieur, dont le cadrage ne nous montre pas le visage. Finalement l’homme qui court et arrive au restaurant est Koizumi Akira. Et ça ne se passe pas bien ! Ensuite on arrive sur la conférence de presse d’une chanteuse célèbre : Koizumi Sakura (joué par Judy Ong). Son fils, Akira Koizumi, la rejoint.
 
 
Nagase Tomoya, qui joue Akira, en fait beaucoup, il a par moments un jeu théâtral qui pourrait paraître mauvais en occident ; mais il est très drôle.
Chez sa mère la chanteuse, ils reçoivent l’invitation du Tosa Shimizu Orion Stars, un cinéma situé dans la province lointaine de Tosa dans la préfecture de Kochi, et qui est sur le point de fermer. Ce cinéma était depuis longtemps parrainé par la chanteuse. La mère d’Akira délègue donc son fils pour aller à la dernière séance du cinéma. Le film qui sera projeté sera paraît-il très important ; il s’agit d’Utahime, film produit à la fin des années 1960, sur un scénario de James Taro.
Tout en se rendant dans cette préfecture, Akira se demande ce qui pourrait le changer à la vision du film.
 
 
La réalisation mélange un peu les chronologies : en même temps que la voiture d’Akira se dirige vers l’endroit du cinéma, dans l’appartement luxueux de sa mère, elle lui remet une montre précieuse de son grand-père.
Ce cinéma semble situé dans un coin perdu ! Ah ! on devine que c’est un cinéma : façade avec un auvent en demi cercle et distributeur de boisson sucrée pétillante. Ah ! la nostalgie des petites salles de ciné, dans des coins perdus de Paris, dans les années 1950 - 1960 ; après 1968 c’était la dégringolade des salles de quartier pour arriver péniblement entre une à neuf ou dix salles par arrondissement. Avant c’était entre 10 et plus de vingt ou vingt-cinq salles par quartier.
Et les halls de ces cinémas, comme dans Utahime, ils étaient un peu minable, mal éclairé, quelque fois vastes, ou étroits, avec parfois l’odeur désagréable du tabac éteint, avec aux murs les fameuses photos en noir et blanc du Studio Harcourt qui donnaient un peu d’animation à l’ambiance.
 
 
Akira se retrouve donc dans le hall du cinéma qui est sombre et sent la pisse. Seule la lumière des néons émanant des distributeurs de boissons égaye un peu l’ambiance. Dans ce hall le patron parle du film que doit voir Akira, mais il en parle au passé, puisque c’est la volonté de sa défunte femme disparue il y a un mois, que d’avoir voulu l’exploitation de ce film pour sa salle. Le film parle donc d’une histoire d’amour pur entre un homme qui a perdu la mémoire à cause de la guerre et la fille qui l’aime.

L’atmosphère du drama à cette partie devient intéressante, lyrique même : en regardant une brochure de film offert par le propriétaire du cinéma, peut-être est-ce dû à la fatigue ou à un quelconque décalage horaire, mais Akira voit une des photos de la brochure en noir et blanc se colorer et bouger. Ainsi nous pénétrons dans cette séquence dans la séquence ! Avec le numérique maintenant tout est possible et peut devenir FAUX ! Nous y voyons donc Shimanto Taro (joué aussi par Nagase Tomoya) qui est le grand-père d’Akira. Il prévient le village en vélo qu’il y a l’arrivé d’un nouveau film. Dans ces temps là on allait chercher les boîtes de film en bicyclette, tout au moins cette péninsule. En attendant, un duel style sumo se prépare sur la plage. L’adversaire du combattant semble être Shimanto Taro. Mais c’est Taro qui ramène les boîtes du film, célèbres boîtes d’aluminium de film 35 mm qui se ressemblent d’Asie jusqu’à Hollywood en passant par la France. Du coup le duel est annulé ou reporté et tous courent à l’Orion Stars. Un film nouveau dans ce village semble un événement aussi important que si le président des États-Unis venait en personne dans leur péninsule ! Ainsi est le prologue du premier épisode avant le générique.
 
 
 
Cette introduction est fraîche et plaisante, avec un brin de nostalgie envers les vieux cinémas de quartier, qui ici se trouve sous la forme d’un petit cinéma au bord d’une plage sur une petite île perdu de l’archipel du Japon ; et où le spectacle est aussi bien sur l’écran que dans la salle. Un côté provincial sympa hautement attachant, loin de « l’usine des grandes villes ». Et c’est encore l’époque de l’analogique avec sa bonne vieille pellicule argentique de 35 mm, aux nuances délicates, bien loin du tout digital de l’image informatique. Il règne toujours une atmosphère étrange dans la cabine de projection, grande ou trop exigus. Mon souvenir me rappel la visite de la cabine de projection du Théâtre de l’Empire avenue de Wagram à Paris, pour la projection en Cinérama sur grand écran divisé en trois sections : Les Merveilleux contes de Grimm ; il y avait donc trois cabines de projection avec trois énormes projecteurs avec ascenseurs, pour soulever sur la partie haute du projecteur l’énorme bobine de pellicule de 35 mm avec image sur 6 perforations, donc format portrait. Ces trois formats portraits additionnés donnaient un immense écran large. Les raccords des trois écrans étaient atténués par une fenêtre de projection vibrante. La cabine centrale comportait toutes les commandes. Le son était sur bande magnétique 35 mm à 6 ou 7 canaux. L’attraction foraine des Frères Lumière avait bien évoluée.
 
 
En cabine de projection, le cliquetis des griffes du projecteur sur les perforations du film argentique a quelque chose de magique, que je n’hésite pas à comparer à la magie de la locomotive à vapeur. les rails ce sont le film, les roues les perforations, et le feu dans la chaudière c’est la lanterne à arc de lumière du projecteur.
Je me suis plusieurs fois demandé si je n’allais pas faire le métier de projectionniste et je me suis même inscrit pour le concours d’homologation, sans pour autant le passer sur place !... justement dans un ancien cinéma qui se trouvait à côté du Théâtre de l’Empire.
Dans Utahime, un cinéma proche d’une plage, presque sur cette plage, c’est étonnant. Après le générique, il est question du rachat du cinéma l’Orion Stars, mais cela s’avère impossible, alors on organise un concours Nodojiman, avec pour premier prix : une petite voiture à trois roues ! Shimanto Taro voudrait la gagner, d’autant que son vélo est cassé. Nagase Tomoya se déchaîne comme un super clown, il est fort drôle ; et on tombe dans une comédie bonne enfant.
Précision : le concours Nodojiman est une concours de chant, alors beaucoup de jeunes filles s’entraînent, et pour cela ils ne manquent d’endroits ravissants dans cette petite île, ce qui donne un naïf comique de situation et une belle cacophonie.
 
 
Je me demandais pourquoi tout cela était si calme, si idyllique ; et bien il arrive le méchant plein de fric, qui veut racheter le cinéma, qui n’est qu’un prétexte pour acheter tout le port. Et une bande de mauvais garçons ou yakuza de la zone envahissent le halle de l’Orion Stars. Mais c’est sans compter sur « la vieille » qui va leur balancer son « Karate-chop » sur la figure. Dans la salle de cinéma à lieu la répétition du concours Nodojiman devant un parterre réduit dont fait partie Taro, et sur scène c’est la timide Kishida Suzu (joué par Aibu Saki) qui s’y colle.
J’ai mis en court fichier vidéo la chanson que l’on peut entendre dans le premier épisode : elle me fait beaucoup penser à des chansons russes ; l’histoire d’ailleurs a aussi un petit côté russe, bref, bien à l’entrée de l’Orient.
Comme Suzu est si timide devant les spectateurs, Taro lui offre une paire de lunettes noires, comme ça elle pourra fermer les yeux en ignorant ainsi le public et elle pourra chanter sans trac. Déjà la mère de Suzu soupçonne un petit quelque chose entre Suzu et Taro !
 
 
Puis d’une façon étrange et hypnotique, on pénètre dans une savante pirouette chronologies, un peu comme des poupées russes, et je pense que c’est bien vu du point de vue « scientifique », même si ne ne suis pas un professeur « reconnu et émérite ». Taro regarde sa montre au verre cassé, et sans s’en rendre compte, on voit un Taro à demi noyé dans une large rivière boueuse secouru par une petite filles et son père. Taro est devenu un soldat blessé, et la petite fille est la Suzu future chanteuse du concours Nodojiman. On emmène Taro dans le hall du cinéma. Taro était, à l’époque, un kamikaze et sa montre cassée était cousue dans son uniforme. C’est la petite Suzu qui veut que Taro reste vivre dans le village. Puis on revient par l’intermédiaire de la symbolique montre en inter-titre sur le Taro du temps présent du drama. C’est le cas de le dire, mais ne pas oublier que Taro est censé être amnésique !
 
 
Précision importante : le hall de l’Orion Stars est le forum du village ! Et c’est là qu’on apprend par la bouche d’un jeune homme un peu nigaud que le concours Nodojiman va être truqué ! Alors il y a une mini confrontation entre les yakuza de plage et le lutteur du début. C’est là que choisi Taro pour entrer avec Suzu... et le pauvre petit chef des yakuza ne sait pas ce qu’il va prendre de Suzu !... et Suzu est décidé à remporter le concours de chant.
Le jours du concours arrive, il y a foule et la minuscule voiture a trois roues est exposée toute étincelante de neuf. Des gens encourage Suzu. Un jeune homme vient apprendre à Taro que le concours est truqué, car dès le début il y a la participation d’un chanteur professionnel.
Il y a un problème, les précieuses lunettes noires anti-trac de Suzu ont disparues ! certainement un coup des yakuza ; et bien-sûr c’est au tour de Suzu de monter sur scène. Donc elle monte sur scène les yeux fermés, trébuche, et se cogne dans la batterie sur les cymbales et fait rire les spectateurs. C’est mal parti. là, devant un énorme micro style micro à ruban elle ouvre enfin les yeux, et semble perdre complètement ses moyens comme pendant la répétition. Les spectateurs rigolent de plus en plus fort.
 
 
On passe à l’après concert pour trouver une Suzu en pleurs, car elle voulait gagner la voiture pour l’offrir à Taro. Et celui-ci s’en va vers les yakuza de plage dont le petit chef lance les lunettes noires cassées de Suzu. il s’ensuit un affrontement style coqs de basse-cour, ou plutôt mâle contre mâle ; et il est décidé que Taro chantera avec pour adversaire le petit chef, Akutagawa Tadashi (joué par Akiyama Ryuji).
Donc le deuxième épisode débute par la montée sur scène de Akutagawa, il va chanter une chanson féminine. Il se fait déjà injurier par quelques spectateurs avant d’avoir ouvert la bouche. Ensuite il se trouve qu’il chante plutôt bien ! En coulisse on dit que c’est un pro, ça ne fait aucun doute. C’est bien pour ça qu’il a proposé ce « duel » entre lui et Taro. Truqué d’avance ! et la voiturette à trois roues lui semble acquise.
Pas de panique, la dame au « Karate-chop », Sabako (joué par Saito Yuki), est là pour donner l’inspiration à Taro. Il se trouve que Sabako chante aussi. En fait elle déclame des vers pour faire de la publicité à son estaminet.
Attention :
Voici le dernier candidat : Shimanto Taro. il arrache la guitare des mains d’un musicien et commence une chanson rock à la Johnny (je ne dirai pas lequel !), qui me fait penser aussi à Monsieur Eddy. Nagase Tomoya chante plutôt bien et le publique frappe dans ses mains en rythme, et même se lève... Comme le rappel le sous-titrage en français, merci à eux, mine de rien nous sommes avec le personnage de Taro vers 1960, là où Elvis Presley était une star mondiale ; il ne méritait bien d’ailleurs avec une voix si musicale. Aussi pour le publique de l’époque au Japon et surtout dans ce coin perdu, la performance de Taro est la bienvenue. Il est très applaudi. Et le gagnant est... je vous laisse voir par vous même la tête des perdants dans le bistrot où ils se consolent.
 
 
Là-dedans le chef du petit chef chanteur est Croissant no Matsu (joué par Sato Ryuta). Et celui-ci donne un couteau pour tuer... Ne pas oublier aussi que les yakuza veulent toujours acheter le port !
Après le générique début, nous sommes à un mois passé depuis le concours de chant. Pour Taro dans les films il y a : l’amour, l’espoir, le rêve, les sentiments touchants, le chagrin, la douleur, la joie, la solitude, la souffrance. Il a oublié la mort !
La confrontation de Taro et Akutagawa Tadashi avec son couteau de cuisine est bien japonaise.... presque théâtrale ou si vous préférez : codifié ou ritualisée, à la façon de la chevalerie du Moyen-Age, ou des Samouraïs. C’est fort et intéressant. Pour la suite de l’histoire, il reste le redoutable Croissant no Matsu. Et le mot croissant est dans le dialogue japonais, si bien que les gens dans le hall du cinéma en discutent et aboutissent à : un pain français en forme de crotte !
 
 
 
Quatre étoiles pour cette comédie savoureuse, bien rythmée je trouve, colorée et très variée. Bravo à Nagase Tomoya, il est très bien, et arrive à être naturel même quand il force son jeu, en plus il est souvent drôle. Bravo encore à Nagase Tomoya pour son anglais lorsqu’il chante la chanson rock, cela n’a pas dû être facile a mémoriser pour un Japonais. Bravo à Aibu Saki, elle est d'une fraîcheur exquise. La bande son générale est discrète et accompagne bien l’image sans gêner l’ensemble. Bravo au scénariste Satake Mikio, c’est splendide ; et je trouve que la partie comédie sans prétention est la plus réussi des épisodes que j’ai pu voir. Ça coule comme la vie, qui devrait être pleine de sagesse...

Michel Roudakoff
 
 
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Dernière mise à jour : 19-06-2009 00:31

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