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Boku wa imouto ni koi wo suru Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 02-12-2009 14:21

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Publié dans : Flash sur films, Sommaire films du Japon

Tags : Amour, Films, Innocence, Japon, Tendresse

 
Boku wa imouto ni koi wo suru
僕は妹に恋をする


Je suis amoureux de ma petite sœur.

« L’Amour ne se commande pas »

Pourquoi je ne peux pas tenir ta main devant les autres ?
Tu es la seule qui compte pour moi.
 
 
http://www.imdb.com/title/tt0871977/
http://www.newsasia-ddl.com/article-13126424.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Boku_wa_im%C5%8Dto_ni_koi_wo_suru

Film japonais de 2007 d’après un manga de Aoki Kotomi. Réalisation de Hiroshi Ando, sur un scénario de Hiroshi Ando. Il existe aussi une animation en OAV. Film beau et prenant tant par l’intensité des rapports des personnages que par la lenteur contemplative. Les deux comédiens principaux sont remarquables. Les équipes japonaises ont le chic pour réaliser ce genre de film à la lenteur magnétique envoutante. Jun Matsumoto est sensationnel dans ce rôle.
Ne manquez pas ce film magique où l’on ne s’ennuie pas un instant.
 
Un amour entre un frère et une sœur : Yori Yuki (joué par Jun Matsumoto) et sa sœur (joué par Nana Eikura). Un Amour rare de deux êtres qui sont fait l’un pour l’autre, où chacun ne peut se réaliser que dans cette union. Personne n’est habilité pour qualifier cela d’inceste ; de plus dans ce mot il y a le sens de relation sexuelle.
Aimer à en mourir. Jusqu’où peut aller l’Amour ? Mainte et mainte fois on a raconté cela, et en allant souvent jusqu’à la mort. J’évoque la mante religieuse, cet important insecte dont la femelle dévore le mâle. J’en ai vu une sur le bord d’une fenêtre près d’Agen, c’était surprenant et étrange, tant par la taille de l’insecte que par sa « présence ». Dans ce coin de France, bizarrement tous les insectes et oiseaux sont d’un volume inhabituel. Pourquoi les histoires d’Amour finissent mal, comme dirait la chanson ? La fleur ne dure qu’une saison, tout comme la mante religieuse et de nombreux autres insectes ne vivent qu’un été. La beauté de la jeunesse ne dure qu’un temps aussi. Tout passe et trépasse (de trépasser, trespasser : dépasser en marchant, de passer et du préfixe latin trans). Ainsi sont les CYCLES et FRÉQUENCES.
 
 
Mais l’Amour, pourquoi cela ne pourrait pas être simplement assis l’un à côté de l’autre, comme nous le montre le film.
Le départ est tendresse et innocence : quoi de plus naturel que de cueillir une fleur, mais hélas sans remerciement à la Terre qui a permise cette appropriation, tout cela pour torturer la fleur, et faire une bague pour l’offrir à celle que le petit garçon aime.
« Qui cueille une fleur dérange une étoile » écrivain un poète. Mais plus qu’une simple « alliance », cette fleur est tout un symbole cause fondamental pour Yori, elle fixe éternellement l’Instant de deux êtres, c’est clairement montré dans une séquence ; alors on peut supposer que la Terre lui pardonnera.
N’empêche, cette courte séquence est d’une grande tendresse qui manque infiniment en ce monde.
Donc avec cette « alliance », le petit frère et la petite sœur sont mariés.

Pourquoi retire t-on l’alliance à quelqu’un de marié et qui décède ?
 
 
Yori Yuki le garçon et sa sœur Iku Yuki sont jumeaux et donc provenant d’un seul « œuf ».
La séquence, suivante où l’on retrouve les deux « mariés » à l’infirmerie du lycée en train de de faire dorloter par une infirmière, est tout aussi tendre et touchante, surtout avec la présence de Jun Matsumoto et Nana Eikura. Et ils sont raccord avec les deux petits comédiens qui les figuraient dans la séquence d’ouverture.
Dans leur logement, Yori et Iku couchent sur deux lits superposés. Comme dans les jeux de situations précédentes, la lenteur des rapports entre ces deux êtres a quelque chose de magnétique. J’ai l’impression que Iku voudrait que son frère et elle soient un seul être.

Puis pour réveiller un peu on passe au sport, dans le lycée... Pour replonger dans une lenteur contemplative un peu nostalgique en s’attardant sur Yori contemplant une photo encadrée où enfant il est souriant aux côtés de sa sœur. Et en inverse, j’ai l’impression que Yori voudrait que sa sœur et lui soient un seul être. C’est tout un plan sans musique et presque sans bruit, en caméra portée. Si ça se trouve, les deux comédiens n’étaient entourés que du seul caméraman (peut-être le réalisateur). Une précision : c’est un long plan-séquence, chose rare dans le cinéma en général.
Scène touchante et impressionnante tant les moyens sont limités : Yori déclare son amour à sa sœur, mais celle-ci semble effrayée, voir dégoutée par la suite. C’est surtout bien rendu par les silences de Yori et Iku et ici l’aspect hiératique du jeu de Jun Matsumoto.
Seulement dégoutée ou pas, l’intellect est a laisser de côté, seul compte le souffle de l’Instant, et toujours dans une émotion intense mais délicate, lente, c’est Iku qui se décide a embrasser Yori.
 
 
 
A nouveau un peu d’animation : au lycée il s’agit de préparer une chorale et surtout de trouver des volontaires. Haruka Yano (joué par Yuta Hiraoka) est attiré par Iku, et en même temps il est un ami de Yori, et déjà un moralisateur.
N’ayant pas connu de lycée ni de collège traditionnel, j’ai toujours été fasciné par la salle de physique-chimie ou travaux manuels, lorsqu’en des circonstances spéciales, j’eus enfin à ma disposition une salle de physique-chimie pour moi tout seul et avec tout le temps souhaitable. Alors quel merveilleux endroit pour que deux êtres se découvrent... Et là, ils ne souhaitent plus former qu’un seul être. Là encore, c’est filmé d’une jolie façon pudique et fluide.
Mais à la différence de ma situation où l’école était totalement vide, ici ce n’est pas le cas, et au travers de la porte de la salle de physique-chimie, un élève, ou un professeur peut avoir un regard indiscret !...
 
 
 
La mère de Yori et Iku : Saki Yuki, est joué par Yuko Asano. Elle s’inquiète qu’aucun des deux n’a de petit ami(e) ; et se propose de les inviter si l’occasion se présente.
Il y a encore une jolie séquence où l’on voit Yori et Iku sur le même vélo en ballade en pleine nuit. On dirait qu’ils sont les « Rois du monde ». Comme le dit Iku : c’est comme s’il n’y avait qu’eux deux sur Terre. C’est le deuxième symbole fondamental après la bague en fleur.
J’aime beaucoup ces séquences sans musique, où l’on entend juste de rares dialogues et même pas le souffle du vent.
Une pointe d’intrigue : Tomoka Kusunoki (joué par Ayaka Komatsu), une élève, aime Yori. Et à notre époque l’amour entre frère et sœur est « mal »... Évidemment Tomoka rêve de coucher avec Yori... Coup dur en perspective pour Iku. Là l’innocence aussi en prend un coup. Tomoka me semble une briseuse de relation.
Tu es à moi, lance Tomoka à Yori. Bref, à cette partie de l’intrigue on est a un nœud où les sentiments virevoltent, dans le sens de Volta et de ses courants ! De plus les deux mâles blessés : Yori et Haruka Yano se rapprochent en amitié et complicité.
Plus la séparation de Yori et de Yuki sera momentanément douloureuse, plus ils se retrouveront avec force et consolideront leur amour.
 
 
 
Pour souder leur amour, Yori et Iku décident un retour vers le passé : revoir le champ où a eut lieu la fameuse fabrication de l’anneau. Des fois le passé et le présent ne font pas bon ménage. Mais aussi pourquoi vouloir rematérialiser quelque chose qui fut si intense autrefois et ne pas le garder au plus profond de soi... Ce voyage presque initiatique ressemble à celui de Coo, lorsque Coo et Kouichi s’offrent une balade en train vers une « terre promise » où il y a des Kappas.
Il s’ensuit une autre séquence émouvante et un peu triste sur le moment, l’enterrement de la fleur devant servir de bague dans le présent. Il faut voir le film pour le comprendre. Ensuite j’ai rarement vu une façon si charmante et si naturelle de filmer et mettre en scène la relation complice de deux êtres.
 
 
 
La fin est remarquable de délicatesse et de pudeur. Cette fin n’enferme pas l’histoire et laisse libre de tous les possibles. Bravo !

Quatre étoiles sur quatre pour ce si joli et émouvant film. Les cinq comédiens sont vraiment formidables. Performance superbe pour Jun Matsumoto, il est bien émouvant et si convainquant ; regardez le film pour vous en convaincre. Nana Eikura est formidable aussi. Elle et Jun Matsumoto sont des acteurs à suivre. Grand bravo au metteur en scène et scénariste : Hiroshi Ando.
Je voudrai voir beaucoup de films comme celui-là.

Michel Roudakoff
 
 
 
 
 
 
 
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Dernière mise à jour : 02-12-2009 19:37

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