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Crows Zero Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 17-12-2009 02:43

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Publié dans : Flash sur films, Sommaire films du Japon

Tags : Corbeau, Films, Japon

 
Kurôzu Zero
Crows Zero
クローズZERO


勝者と敗者
Pas possible de se battre comme ça pour des conneries !
Ils poussent un peu sur le Yin et le Yang, surtout autour des yeux.
 
 
Sur IMDB
http://www.cz2.jp/index.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Crows_Zero
Wikipedia Japan

Film japonais réalisé en 2007 par Takashi Miike, sur un scénario de Shogo Muto d’après un manga.
Il existe un deuxième Crows Zero (2009) du même réalisateur.

L’histoire est dans le vaste thème du lycée, microcosme si important dans les films et dramas japonais. Ici il s’agit d’un lycée difficile : le lycée Suzuran, ou ce qui ressemble vaguement à un lycée, où règne la violence des bandes et de la loi du plus fort. Genji Takaya dont le père est un yakusa entre en Terminal. Un prélude à ce que sera le monde de l’entreprise, avec son fric, sa compétition et sa rentabilité : l’esclavage adulte et luttes de pouvoir et merdier hiérarchique.
 
Avec Takashi Miike aux commandes, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des yakuza, et la funeste balance entre winners et losers. Miike réalise souvent des choses avec de la violence et du sexe, ce qui va ensemble. Pourtant, bizarrement Miike a réalisé en 2005 un joli film tout publics avec des Yôkai : The great Yokai war.

Les crows, les corbeaux croassent en japonais ! en tous cas pas comme les corbeaux à côté de chez moi à Paris, ils ont un accent. Au japon les corbeaux font Kâ kâ, et chéri ou mignon se dit : kawaii. Là encore en principe avec Miike, la symbolique du corbeau est hautement négative, et au début du film, des cris et corbeaux nous introduisent dans un univers ressemblant à celui de West Side Story avec ses graffitis et ses grillages de terrains plus ou moins vagues. Univers comme fabriqué pour exalter la bagarre. Comme ici dans son aspect négatif après le 13è siècle, le corbeau symbolise la mauvaise augure, il survole les champs de batailles à la recherche de la chair des cadavres. Tout symbole est double, et donc dans son aspect positif, en Chine et au Japon le corbeau est symbole de gratitude filiale. Au Japon il exprime l’amour filiale, ce qui correspond en partie au film. Sans m’étendre plus sur le corbeau, en Alchimie il exprime la Matière au noir, en putréfaction ; et cette Matière s’appelle : Tête de corbeau.
 
 
 
Séquence suivante : intérieur de quelque chose : couloirs et pièces couvertes des murs aux plafonds de graffitis. Bref, ça ne ressemble pas à un lycée, ou alors un lycée après un bombardement des Américains, tellement c’est hallucinant ! Du point de vue mise en scène, Takashi Miike est doué, ça se voit à la fluidité générale de cette séquence et d’autres par la suite, quasi chorégraphiques, comme West Side Story.

Dans un autre coin, un jeune type sort, non pas du « lycée », mais de prison ! Puis s’en suit une autre séquence réglé parfaitement ou le type libéré de prison est poursuivit par la bande dont il a par le passé tué le chef. Il se réfugie auprès d’une bande dans le « lycée » où il est difficile de reconnaître Takayuki Yamada, hirsute, aux cheveux longs et aux yeux éteints, dans le rôle de Tamao Serizawa.
Arrivé de Genji Takaya (joué par Shun Oguri), lui il joue au gros dur et part au quart de tour.
Ensuite : générique ! mêlant chanteur de rock et bagarres filmées en caméra portée. Il ne faut pas oublier tout de même que nous sommes au pays du hara-kiri, du samouraï, et d’une grosse codification et rituel de la vie sociale.
 
 
 
Après le générique on se retrouve d’ailleurs chez les adultes : les vrais yakuza, où ça ne plaisante plus, et où l’on finit rarement en maison de retraite. Être yakuza, c’est pas pour les gamins ! mais pour ceux qui se bagarre avec amour, comme le dit l’un d’eux.
Très peu de femmes dans cette histoire de mecs (ceux qui ont des couilles comme ils disent dans le film) où tout est en tension et affrontements, où aucun jeune n’a jamais un sourire sur le visage, et où se pointe parfois du sadisme. Malgré cela, il peut poindre d’étonnantes pointes de chevalerie ou de compassion, qui se découvre au cours des gestes ou des paroles les plus simples. Ne manquez pas vers la fin, où la solidarité vient se placer dans une sorte de code de chevalerie ou le fort protège le plus faible.
L’honneur entre ces bandes est présent à tous les étages, ce qui me rappel cette petite histoire taoïste dont cette phrase résume la sagesse, mais avant tout résume l’ingénierie du Yin et du Yang : « Avoir le courage d'oser, sans oublier celui de ne pas oser ». Il ne faut pas oublier aussi de faire pipi et caca !
Et à ce propos, Genji Takaya un jour est confronté directement avec l’intimité de son père de yakuza. La vie quoi.
 
 
 
Pouvoir, patron, boss, chef, tabac, alcool, je n’ai jamais aimé l’univers de Takashi Miike, sauf son film sur les Yôkai. C’est bien mis en scène, l’image est assez photographique se voulant esthétique, ce qui manque de naturel ; cela peut aussi être un parti pris; comme une théâtralisation.
Deux étoiles sur quatre à cause en partie de la violence et de l’ambiance glauque générale, et l’exaltation du mec, du vrai homme ; notamment une séquence avec une bagarre, la plupart du temps à poings nus dans le film, mais quand il y en a un qui sort un couteau, on lui répond que c’est « un truc de tarlouze ! ». Et justement, une virilité si exacerbée peut déboucher sur une homosexualité ! J’aime bien cette odeur, ça sent l’homme, comme dit l’un d’eux avec sa gueule d’ange.
La deuxième étoiles est uniquement pour le talent de Takayuki Yamada, toujours aussi bon, notamment dans un affrontement avec un autre type de sa bande. A voir pour les passionnés de Takashi Miike, car c’est un excellent metteur en scène. Dans ce film il campe superbement bien les ambiances. Là encore, ne manquez pas l’affrontement final : trois étoiles à lui tout seul ! et quand il y en a plus, de la bagarre... il y en a encore !

De cette ambiance de bandes à la fin, on peut apprécier le côté chaleureux et émouvant comme une famille, symbole du corbeau, malgré toute cette violence. Il doit exister aussi ce côté familiale chez les yakuza.

M. R.
 
 
 
 
 
 
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Dernière mise à jour : 17-12-2009 03:04

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