Retournement de la Lumière
 

Ecrit par Sechy, le 29-10-2021 18:18

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Tags : Aiguille, Vie, Vierge

 
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Retournement de la Lumière
 
 
Pas besoin d’abandonner ses préoccupations journalières tandis que l’on pratique le Retournement de la Lumière. Comme disait un Ancien : « Quand des situations se présentent, il faut réagir. Quand des choses se présentent, il faut discerner (ou être « cour », pointer).
Quand on gère ses occupations avec une vigilance précise, la Lumière ne sera pas submergée par les choses. Ainsi convient-il de répéter maintes fois ce Retournement « sans forme » de la Lumière. « Sans forme » : en comparaison de la médication avec forme ou sur un support, la méditation est dite « sans forme » quand elle ne s’accompagne pas de visualisations particulières.

Si on peut ramener inlassablement le « regard » à la source du mental, quoi que l’of fasse alors et sans s’attacher à la moindre image d’une « personne » ou d’un ‘moi’, ce sera le Retournement de la Lumière où que l’on soit.
Si on peut passer une ou deux heures tranquille à méditer, tôt le matin, le mental dégagé de tout objet, c’est le mieux. Quand on est occupé par un travail ou par des rapports avec les autres, recourir à la technique du « ramener le regard » (être Cour, ou sans espace-temps) et il n’y aura pas interruption du Retournement.
Concernant la méditation, la médication en groupe n’est pas recommandée s’il n’y a pas de but basé sur l’Amour ou Gratuité, la Compassion, car la méditation de groupe engendre facilement un égrégore ou forme-pensée qui peut à terme devenir une entité autonome et donc incontrôlable comme il y en a ici-bas depuis des millénaires. Par conséquent, la méditation en groupe n’est pas recommandée, sauf si le but est l’Amour ou Gratuité ; méditer seul est recommandé.

L’Essence de la Grande Voie ou TAO est d’agir par le Non-Agir : l’absence d’effort permet de se libérer des conventions de la tyrannie du social et de son « vivre ensemble », c’est-à-dire ne pas prêter attention à l’inconscient collectif, ne pas prêter attention aux « Plus ça change et plus… ». Et comme ce non-agir s’accompagne d’actes délibérés, on évite de chuter dans le vide indifférent, la vacuité morte (le néant), celle des « réformes » stériles. (Voir l’encadré dans la page : Le ROCHER ou Conscience infinie).

Du début à la fin, le principal ingrédient médicinal du Retournement n’est autre que le « métal au milieu de l’Eau primordiale » (autrement dit, le « Plomb dans la région de l’Eau ». Le plomb symbolisant la base la plus modeste qui soit. Selon Paracelse, le Plomb serait l’Eau de tous les métaux. Bref, le Plomb symbole de gravité ou de poids par excellence qui ne peut que rechercher son contraire… Soit contrôler le Dedans et le Dehors pour arriver à ce que ces contraires n’existent plus.

Le Plomb c’est le corps de pesanteurs car tout le monde rêve de « s’envoyer en l’air ». Le Plomb ou corps de pesanteurs : posséder des opinions très pesantes qui poussent à croire à l’essence des phénomènes et à l’individualité dans ce corps de pesanteurs. Ce corps du ‘moi’ et du ‘mien’ et des cinq sens ; ce corps qui produit des facteurs de compositions ou fictions et frictions.
« Ceux qui connaissent la Réalité telle quelle se dégagent de ce corps de pesanteurs, et acquièrent un corps pur, libre de toutes élaborations et incomposé où les passions ne trouvent plus d’appui », dit le Soûtra du Dévoilement du sens profond. Il dit encore : « La non-dualité, Manjushri, il n’y a pas d’Éveil manifeste et parfait ni d’absence d’Éveil manifeste et parfait. Il n’y a pas de cycles d’enseignement ni d’absence de cycles d’enseignements. Il n’y a pas de grand passage dans l’au-delà de la souffrance ni d’absence de grand passage dans l’au-delà de la souffrance. car, en effet, le Corps absolu est absolument pur et le corps d’apparition se manifeste partout et toujours ».

Quand on veut entrer dans le calme, avoir corps et mental libres et paisibles : lâcher prise de tout objet afin qu’il ne reste plus rien en suspens dans le mental et que le Soi prenne la place qui lui revient au Centre. Ensuite, baisser les paupières et, tournant le regard vers l’intérieur, contempler la « Chambre de l’Eau ». Quand la Lumière y parviendra, la véritable énergie positive jaillira, dit le Secret de la Fleur d’Or. Quand on retourne la Lumière pour éclairer l’intérieur, le mental n’est pas stimulé par les objets. L’énergie négative s’arrête et la fleur de la Lumière brille d’un éclat concentré qui est pure énergie positive.

Le Soi est Tout-dans-Tout tout le temps, dit Vasistha au prince Rama.
« Cette Conscience infinie a, pour ainsi dire, endossé la nature du jiva [âme individuelle] et, oubliant sa véritable nature, elle fait l’expérience de tout ce à quoi elle confère une réalité par la pensée. De même que pour l’enfant, le fantôme qu’il imagine pendant la nuit est bien réel, le jiva confère une existence aux cinq éléments qu’il voit. Iceux ne sont que des concepts du jiva ; le jiva les voit pourtant comme étant en dehors de lui. Il pense que certains sont à l’intérieur de lui, et d’autres à l’extérieur. Et c’est ainsi qu’il en fait l’expérience. La connaissance et aussi inhérente à la conscience que le vide de l’espace. Toutefois, la conscience croit maintenant que la connaissance est son propre objet. Les divers objets sont limités par l’espace-temps qui n’est lui-même que la division conceptuelle dans la conscience générée par cette division (de la conscience et de la connaissance en tant que sujet et objet) en son propre sein. Pareille division n’existe pas dans le Soi, qui transcende l’espace-temps. Mais, avec la connaissance qui lui est inhérente, la Conscience infinie conçoit diverses créatures. Tel est son pouvoir, que nul ne peut contester. L’espace inerte est incapable de se refléter en lui-même ; mais parce que sa nature est Conscience infinie, Brahman [le Soi, l’Absolu] se reflète en Lui-même et se conçoit comme dualité, bien qu’Il ne possède pas de corps ».

Vasistha poursuivit :
« Tout ce à quoi pense cette conscience, elle le voit comme existant ; ses concepts ne sont jamais stériles. ”Dans un bracelet en or il y a deux choses - l’or et le bracelet, l’un étant la réalité (l’or) et l’autre l’apparence. Semblablement, dans le Soi il y a à la fois la conscience et le concept de substantialité matérielle (inerte)” (YV VI,1-51). Puisque a Conscience est omniprésente, elle est toujours présente dans le mental où naît le concept.
Le rêveur rêve d’un village qui occupe son mental et où il vit pour l’instant ; puis il rêve à une autre situation et pense vivre à cet autre endroit. De la même façon, le jiva passe d’un corps à un autre ; le corps n’est que le reflet du concept considéré par le jiva. L’irréel (le corps) seul meurt et c’est l’irréel qui renaît apparemment dans un autre corps. De même qu’en rêve on fait l’expérience de choses vues et non vues, semblablement dans son rêve le jiva fait l’expérience du monde et voit même ce qui va se produire dans l’avenir ».

« En chaque atome d’existence ne se trouve rien d’autre que Brahman ; partout où le monde es vu, il ne s’agit que d’une apparence du monde illusoire. Cette illusion, et donc cet asservissement, est entretenu par le conditionnement psychologique. Un tel conditionnement est servitude, et son abandon est liberté. Le conditionnement dense et lourd est existence en tant qu’objets inertes, le conditionnement moyen en tant qu’animaux, et le conditionnement léger en tant qu’humains. Mais trêve de perception de division : l’univers entier n’est que la manifestation de la Conscience ».  

NE PAS SE VOIR COMME SORTI DE L’UNIVERS COMME UN SUJET OBSERVANT L’UNIVERS OBJET, CARICATURE DU RETOURNEMENT DE LA LUMIÈRE (L’être humain étant lui-même le Tout, l’Univers, il est de ce fait dans l’impossibilité de se poser comme sujet étudiant d’un « Univers » qui lui serait extérieur. C’est géométriquement impossible).

SHUN : Peut-on atteindre la Voie [Tao ou Soi-Instant, la Réalisation de la Libération] et la Garder ?
- ZHENG : Vous ne pouvez garder votre corps, comment pourriez-vous garder la Voie ?
- SHUN : À qui est donc mon corps, s’il n’est pas à moi ?
- ZHENG : C’est une forme qui vous est fournie par le Ciel et la Terre. La vie ne vous appartient pas : c’est une harmonie qui vous est fournie par le Ciel et la Terre. La Nature ne vous appartient pas : elle vous est fournie par l’Univers. Vos descendants ne vous appartiennent pas : ils ne sont que mues confiées par l’Univers. C’est pourquoi vous marchez sans savoir où vous allez, vous vous arrêtez sans savoir où vous restez, vous mangez sans connaître les saveurs. Telle est la force du souffle Yang de l’Univers. Comment pourriez-vous posséder quelque chose ?
Lie Tseu (Liezi), Vè siècle avant J.C., Traité du Vide parfait, chapitre Présages célestes, partie 14, signifiant que l’ego n’est pas naturel et est la conséquence de cette condamnation à vivre : exister, synonyme de temps avec naissance et mort ! Et entre les deux : consommation consumation !

« Aux abords du calme total, aucune pensée ne surgit. Quand on regarde vers l’intérieur, tout d’un coup, on oublie le regard [le retournement]. À cet instant-là, le corps ou le mental connaisse une grande liberté et tous les objets disparaissent sans trace. Vous ne savez même plus où sont le feu et le chaudron de la chambre spirituelle ; vous ne trouvez même plus votre propre corps. C’est le moment où le « ciel entre dans la terre » et où toutes les merveilles retournent à la source. Ainsi s’opère la solidification du mental dans la tanière de l’énergie.

Lorsqu’on commence à pratiquer le Retournement de l’énergie et que le mental se disperse et tombe dans la distraction, on cherche à le concentrer et les six sens restent oisifs. C’est ce qu’on appelle ”nourrir la source essentielle en ajoutant du combustible pour continuer la vie”.
Une fois la concentration atteinte, on « flotte » naturellement, sans dépenser d’énergie. C’est ce qu’on appelle ”installer le mental dans l’espace originel, rassembler le Primordial” », explique le Secret de la Fleur d’Or.

« Lorsqu’on utilise cette technique pour la première fois, on a l’impression d’un non-être dans l’être. Mais une fois le travail achevé, quand on a un corps au-delà du corps, on a l’impression d’un être dans le non-être [le « sentiment océanique » de Jean Coulonval] ».
« Ce n’est qu’au bout de cent jours de travail concentré que la lumière est réel, qu’elle est le feu du mental. Car au bout de cent jours, la lumière jaillit spontanément : de même que le rapport entre une femme et un homme forme l’embryon, soudain, d’un point d’authentique énergie positive, surgit une perle. Il convient de l’observer, calmement, tranquillement. Le retournement de la lumière est le processus de « mise à feu ». […] La Lumière n’est ni en soi ni en dehors de soi. Les montagnes, les rivières, le soleil, la lune et toute la Terre participent aussi de cette Lumière qui ne se trouve pas seulement en soi. Toutes les opérations de l’intelligence, la connaissance et la sagesse, participent également de cette Lumière qui ne se trouve donc pas en dehors de soi. De même que la Lumière du ciel et de la terre emplit l’univers, la Lumière d’un seul Être s’étend naturellement aux cieux et embrasse la Terre. Voilà pourquoi si l’on retourne la Lumière, le monde entier se retourne également », dit si clairement le Secret de la Fleur d’Or. Centrum Centri, se concentrer là-dessus « pour passer la Porte [Stargate] », pour vivre le Point Focal…
Riplée (Ripley) définit la Putréfaction, la mort des corps et division de la Matière, comme la conduisant à la division, donc au démontage, soit LA CORRUPTION SUIVIT DE LA GÉNÉRATION (voir plus haut la recomposition de la Barque du Passeur) : « la Putréfaction est l’effet de la chaleur des corps entretenue continuellement, et non d’une chaleur appliquée manuellement. Il faut donc se donner garde de pousser la chaleur excitante et extérieur au-delà d’un degré tempéré : la matière se réduirait en cendre sèche et rouge, au lieu du noir, et tout périrait », dit fort à propos Dom Antoine-Joseph Pernety à l’article Putréfaction dans son Dictionnaire Mytho-Hermétique.

PUTRÉFACTION = FLÉAU, VACUITÉ, FLÉAU parce que Retourner la Lumière sans tomber dans la conscience ou raison, c’est faire usage de l’Essence originel des sens. Retourner la Lumière en tombant dans la conscience ou raison, c’est user de la nature de la conscience inhérente au sens et au corps et donc à l’ego. Là se trouve la différence aussi mince qu’un cheveu, au regard du policier voleur devant procéder à sa propre arrestation….
« Quand la méditation s’accompagne d’un effort, c’est la lumière de la conscience qui se fait jour. Lâchez prise [Putréfaction ou Renoncement] pour que jaillisse la Lumière de l’Essence. Un cheveu de différence vaut autant qu’un bon millier de kilomètres : aussi faut-il faire preuve de discernement. (Pour référence au Secret de la Fleur d’Or).


[En références à : Le Secret de la Fleur d’Or, traduction de Thomas Cleary, manuel classique de méditation permettant la Réalisation du Soi ou Éveil ; Yoga Vasistha : L’histoire du rocher, traduction en anglais de Swami Venkatesananda (1921-1982)]
 
 

Dernière mise à jour : 29-10-2021 18:34

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