OPINION 2 - Face au réel
 

Ecrit par Sechy, le 23-10-2009 15:43

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Tags : Dogme, Étiquette, Information, Internet, Opinion, Philosophie, Politique, Réalité, Religion, Réel, Renseignements, Vérité


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OPINION 2 - Face au réel
ou Le Roi est nu
 
 
Souvent mieux vaut voir pour le croire que le croire pour le voir, ainsi c’est ce que fait le petit garçon dans le conte de Hans-Christian Andersen : Les habits neufs de l’Empereur.

Un autre exemple est donné par Clément Rosset dans son live : L’école du réel.
Il cite le film de Buster Keaton : Les Trois âges, où un astrologue est plongé dans des calculs compliqués qui doivent déterminer le temps qu’il fera au dehors. Estimant avoir trouvé un « Beaux fixe », il grave sur une tablette l’information et sort afficher son avis. Mais il est soudain obligé de rentrer chez lui à cause d’une tempête de neige subite. Il est donc contraint de graver sur sa tablette « Forte neige », et cela sans aucun calcul ! Clément Rosset le qualifie donc de « remarquable liberté d’esprit » ; je vois plutôt cet astrologue remplit du bons sens que doivent posséder tout ceux qui travaillent sur « l’invisible ».
 
 
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Pervertir le sens de l’information
Déjà que le mot information possède le sens de : in-formation, ou non formation !
ou rendre informe, comme in-former : robotiser. Là encore c’est la prison.
Aussi Internet est-il un merveilleux outil, mais à utiliser avec précaution.
ATTENTION aux HOAX et à la DÉSINFORMATION : Internet, la Toile,
ces mots-maux indiquent bien un écran de fumée, ou bien le filet(1) du pécheur,
la toile de l’araignée prête a croquer sa proie, peut-être celle de la masse
des internautes, qui « dégrafent leurs neurones en cliquant sur une souris,
avec l'impression qu'ils ont conquis Rome, parce qu'ils accèdent à une URL ».



C. Rosset aborde ainsi l’opposition : le Réel et le Fait, soit l’OPINION. Réel pouvant être dans la même famille que : juste, vérité, esprit, etc. Dans le conte d’Andersen c’est la foule qui, par habitude, aveuglement, et la peur du courroux de l’Empereur le voit avec de magnifiques habits, alors qu’il est tout simplement à poils ! Ainsi beaucoup de personnes choisissent l’opinion au fait. Car, nous dit Rosset, s’il est bien une faculté humaine qui tient du prodige, c’est cette aptitude de l’homme de résister à toute information extérieure dès lors que celle-ci ne s’accorde pas avec l’ordre de l’attente et du souhait (dans le conte c’est le souhait du chef, de l’Empereur), d’en ignorer au besoin et à sa guise ; quitte à s’y opposer, si la réalité s’entête, un refus de perception qui interrompt toute controverse et clôt le débat, aux dépens naturellement du réel. Cette « anti-faculté » à ne pas percevoir « le réel » au profit de l’opinion, existe trop souvent hélas, tellement elle est banalisée et quotidienne.

Ainsi un extraordinaire « verrou de sureté » prive les humains, en certaines circonstances (comme dans le conte), de l’exercice habituel de leur faculté perceptive. Verrou de sureté entre guillemets car on frise la psychanalyse, et connaître ce verrou dans son ensemble, c’est connaître parfaitement l’humain !

Le verrou de sureté est encore illustré admirablement dans le conte d’Andersen : dans l’Athènes de l’Antiquité, la procédure de la graphè paranomôn (action en justice à caractère public pour l’intérêts des lois), qui interdit aux citoyens, sous peine de mort, de remettre en cause une loi précédemment adoptée par l’Assemblée du peuple, offre un exemple similaire de verrou de sureté préalable !


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De la politique

Et je continu en citant C. Rosset : Ce qu’il y a toutefois de remarquable dans le phénomène de refus de perception, est que non seulement l’opinion mise à l’abri du verrou ne soit pas infirmée (diminuée, annulée) par les informations contradictoires et les démentis cuisants que lui oppose sans cesse la réalité, mais encore qu’elle soit au contraire généralement confirmée, et renforcée par ces démentis mêmes...

Cela conduit à la bêtise... et à la folie... ou encore à l’extrême intelligence ! « L’intelligence du fou, tout comme celle de l’imbécile dont les performances peuvent être à cet égard également très remarquables, sert bien à réfuter MAIS JAMAIS À APPRENDRE ; plus précisément : elle a pour mission paradoxale de se défendre contre l’intelligence même. C'est une prison. On sait que le phénomène de la censure, tel que la pratiquent les idéologies collectives et les régimes collectivistes, obéit exactement aux mêmes causes et tend aux mêms objectifs », explique C. Rosset. C’est donc la phrase de Robert Desnos : Pris au Nier... ou refus de la lumière, ou formes-prisons, dans son livre L’Aumonyme.

Il est donc des gens diaboliques qui bouffent littéralement les autres, et sans aucun argument ni aucune raison, et frôlant la psychose, du genre :
- L’homme va disparaître, c’était jusqu’à présent ma ferme conviction. Entre-temps j’ai changé d’avis : il doit disparaître. (Emil Cioran)
- 2012 c’est la fin du monde, une planète va percuter la Terre...
- Tu t’enfonces encore plus... Tu devrais faire ceci ou cela...
- Les astronomes n’ont jamais observé d’ovnis.
- Des gens que nous ne connaîtrons jamais ni vous ni moi, et nous nous en passons, n’est-ce pas. (Tiré du roman de Marcel Proust : Du côté de chez Swann). Le « n’est-ce pas » finale est particulièrement diabolique... Du genre : « et si c’était vos enfants... ». Bref, toutes ces opinions bouffeuses étant toutes trop « polies » pour être honnêtes.

Ainsi il y a bien « prise de pouvoir » dans une illusion n’ayant aucun rapport avec le réel.
Toutes passions peut mener à une prison, puisqu’il y a blocage, non fluidité, on pose ses bagages sur une île qui risque de devenir son tombeau.
En continuant un peu l’exploration du livre de C. Rosset à propos du goût du pouvoir, qui relève de la passion, comme celui du goût de l’argent : ni l’un ni l’autre ne sont, à les considérer en eux-mêmes, un goût de quelque chose.
Le véritable goût du pouvoir n’est pas du tout l’appétit des biens déterminés et consistants que l’exercice du pouvoir rend accessibles (femmes, argent, renommée, politique), mais bien le goût du pouvoir lui-même, indifférent à tout ce que le pouvoir peut effectivement rapporter. L’amateur du pouvoir politique, d’argent, etc. même s’il jouit d’un certain pouvoir, n’a vraiment le goût du pouvoir ; il à, tout au plus, le goût de ce que le pouvoir rend possible (un état latent, un attrait du vide). Mais hélas, en politique chez certains hommes ou femmes, la jouissance du pouvoir se résume à l’exercice d’un pouvoir sans complément d’objet tangible. le véritable amateur de pouvoir ne se soucie aucunement des biens du monde ; il entend seulement le pouvoir, et peu importe quoi...

Enfin, à propos de « réalité », le mot ontologie si employé par Jean Coulonval (dans son livre : Synthèse et Temps Nouveaux), n’est pas facile a cerner tant son emploie concerne un contexte, une circonstance ; c’est un mot hélas un peu fourre-tout. Le dictionnaire le Robert dit : Relatif à l’être en tant qu’être (je condense). Ce mot amène à une nouvelle prison : la philosophie, elle-même pourtant dénoncée par Jean Coulonval dans son livre ; et je suis aussi d’accord avec lui pour cette nouvelle prison et étiquette accolée sur nombre de personnes connues et inconnues, connaissant leur sujet ou ne le connaissant pas.
 
 
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Tout symbole est DOUBLE
(A ne pas oublier !)

Il existerait une ontologie du réel dite « ontologie négative », selon Clément Rosset, comparable aux systèmes que l’histoire de la philosophie a reconnus comme « théologies négatives », tels ceux de Denys l’Aréopagite, de Maître Eckhart et Nicolas de Cuse, dont elle ne diffère que par cette circonstance qu’elle applique au réel les attributs que les théologiens négatifs ont coutume d’attribuer à Dieu. Ainsi cette « théologie négative » aboutit à : « On ne peut voir que par la cécité, connaître que par la non-connaissance, comprendre que par la déraison », selon une célèbre formule de Maître Eckhart. Et cette autre formule de Maître Eckart souvent cité ici est de la même famille : « Je prie Dieu de me libérer même de Dieu ».
Pour ce dernier terme de « déraison », voir les nombreuses petites paraboles du célèbre Nasr Eddin Hodja ; cependant pour son cas, c’est encore autre chose.

M. Roudakoff
 
 
Note.
1. Le filet indique bien symboliquement par exemple les dieux dotés de filets pour prendre les hommes dans leurs lacets, pour se les soumettre ou pour les attirer à eux. Maintenant les poissons évoquent aussi les profondeurs; celles d’une recherche... Souvent les représentations du filet, comparable à la toile de l’araignée guettant sa proie, sont considéré comme objets sacrés pour capter des forces spirituelles. Encore une fois tout symbole possède deux côtés : un positif (recherche du spirituel), et un négatif (prosélytisme, prison, etc.)
Dans le Brahmanisme et dans le côté positif du symbole filet et toile, la toile de l’araignée exprime la beauté de la création. Comme le file du filet, celui de la toile d’araignée est comme un rayon du Soleil, un support pour une réalisation spirituelle.
Dans son côté négatif, la toile d'araignée symbolise la fragilité, le CÔTÉ ILLUSOIRE, TROMPEUR. 
 

Dernière mise à jour : 23-10-2009 20:11

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