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Raspoutine, ambiguité et perdition Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 12-04-2010 19:40

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Raspoutine, Russie


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Raspoutine, ambiguité et perdition

Un mystique étrange ! Saint Grigori
 
 


Ambiguité de Raspoutine et égarement spirituel

Raspoutine ne sut pas profiter de sa qualité de mystique. Son pouvoir lui tourna la tête : il passait de longues heures dans les étuves, avait le goût du luxe pour les vêtements luxueux. « Raspoutine conscient de sa puissance n’essayait même pas de donner le change. Son Dieu étant d’une nature joyeuse. Il l’autorisait à dédaigner les règles de l’Église », comme l’écrit Edvard Radzinsky, dans son livre : Raspoutine l’Ultime Vérité, dont je m’inspire.
 
Selon un moine, les adeptes de Raspoutine chantaient parfois, en harmonie, mais leurs chants produisaient une impression désagréable, inquiétante.
Raspoutine était devenu orgueilleux, suffisant : au lieu d’aller vers son Soi Supérieur il entretenait son soi ordinaire !
Comme l’explique un moine, pour guérir et surtout prophétiser, il faut posséder une haute tenue morale et spirituelle ; si ce n’est pas le cas, le don devient dangereux et l’individu se transforme en sorcier et tombe dans l’illusion... dans laquelle déjà nous sommes. Et le sorcier pourra utiliser des forces inverses ou venant d’une énergie diabolique ou malsaine ; ce qui constitue l’ambivalence entre la magie blanche et la magie noire !

Pourtant des femmes comme Militsa (épouse du Grand-Duc) avait autrefois mis en garde Raspoutine ; et plusieurs fois il reconnaissait ses fautes, se mettait à pleurer, ce qui est très russe... mais cela ne l’empêchait pas de recommencer !
Les gradés de l’ Église russe s’échangeaient des communications décrivant des faits accusateurs prouvant que la vie de Raspoutine était dissolue.
L’atmosphère religieuse semble particulièrement étouffante vers 1912, pleine se nationalisme, de racisme contre les Juifs et les mouvements révolutionnaires. Comme dans beaucoup de religion et qui semblent s’y attacher, on trouve de superbes sophismes, l’un d’eux est mentionné par E. Radzinsky : « Théophane est un homme simple qui ne peut comprendre ces mystères ; il va donc les condamner, mais ce faisant, il condamnera le Saint-Esprit et il commettra donc un péché mortel ».

La pire ambiguité qui cassa Raspoutine fut l’espère d’hystérie, de vénération de la Tsarine envers Raspoutine. Hystérie découlant de la maladie de son fils le tsarévitch. La Tsarine faisant la sourde oreille à toute critique envers son Saint homme, puisque systématiquement tout ce que faisant Raspoutine était saint...
Ce qui n’empêcha pas les médias de l’époque, vers 1910, de mettre au grand jour les frasques du « moujik-khlyst » (de la secte des Khlyst) à moitié illettré et dépravé, qui jouissait d’une grande popularité dans certains milieux proches de la Cour. Le bulletin de l’École des Cadets : La Parole, publia notamment plusieurs portraits. Et en 1910 le nom de Raspoutine fut synonyme de « débauché »... Un comble pour un homme saint !

Le plus étonnant c’est que Raspoutine « magnétisait » tout : les maladies, les amours, le sexe, la politique... Le premier ministre de Nicolas II : Serge Witte, affirmait que Raspoutine avait empêché la guerre dans les Balkans.
Par contre une autre premier ministre : Piotr Stolypine était l’ennemi de Raspoutine et de la droite, car celle-ci voyait d’un mauvais œil les réformes du capitalisme russe. Comme beaucoup dans le clergé étaient anti-juivistes, comme presque tout le gouvernement russe, Stolypine étant très opposé à cette attitude de ségrégation, il s’attira ainsi la haine des ecclésiastiques. Stolypine fut très soutenu par le Tsar, devant qui il énumérait les menaces d’explosion sociale, de famine, si des réformes n’étaient pas entreprises. Stolypine critiqua ouvertement Raspoutine, ce qui bien-sûr le fit dégringoler dans l’estime de la Cour !

C’est Stolypine qui ordonne en octobre 1910 la filature de jour comme de nuit de Raspoutine par la police. Son objectif était de mettre sous le nez du tsar les rapports établit par les agents secret, afin d’apporter les preuves de la dépravation du « Saint moujik ». Évidemment la Tsarine protesta, si bien que la filature ne dura que quelques jours. On prétexta à la Cour que les agents secrets ne s’y entendaient pas en matière de spiritualité ! et ne pouvaient pas comprendre la conduite de Raspoutine... Comme sophisme ce n’est pas mal non plus. Alors seul le Tsar était capable de s’y retrouver dans la conduite de Raspoutine. Comme il avait tous les pouvoirs c’était pratique !

Perte du premier ministre Stolypine
Mais si la surveillance officielle de Raspoutine avait stoppé, il n’en était pas de même secrètement ! On accumulait les renseignements, et à l’automne 1911 Stolypine décida d’aller voir le Tsar pour lui présenter son rapport.
- Raspoutine se rendait aux bains en compagnie de femmes ! Réponse du Tsar : « Je suis au courant, là aussi il prêche les Saintes Écritures ». Encore un superbe sophisme.
- Stolypine fut victime de ses attaques contre Raspoutine, car la Tsarine organisa une véritable croisade contre les ennemis de son Saint homme, lequel connaissait parfaitement les faiblesses de Nicolas II.
- L’assassinat de Stolypine n’est pas clair, il a peut-être été facilité :
Les hommes de pouvoir dans la police ont laissé entré délibérément Dimitri Bogrov, l’assassin de Stolypine, dans l’opéra de Kiev, et en plus armé d’un révolver. A cette époque troublée les assassinats étaient courants, Stolypine savait qu’on en voulait à sa vie, notamment de la part de sa police secrète, où justement il craignait de se faire tuer par un de ses agents. Cette police secrète qui recrutaient des agents provocateurs chargé d’éliminer les fonctionnaires tsaristes indésirables...

Si auprès de Hitler il y eut des médecins tibétains, auprès de Nicolas II aussi, mais il était seul et s’appelait : Badmaev, il soignait toute la haute société de Saint Pétersbourg. Ce médecin ayant apprit à « l’école militaire » soignait selon les principes de la médecine tibétaine. Avec des plantes tibétaines il soignait : la neurasthénie, les maladies respiratoires, les maladies vénériennes, et surtout l’impuissance masculine.
Raspoutine aurait dit de Badmaev : « Il y a deux sortes de décoctions : tu prends un petit verre de la première et ta bite s’allonge ; quant à l’autre, tu en prends un plus petit encore et tu deviens gentillet, un rien stupide, et tu te fiches de tout ».

Après la mort de Stolypine, la Tsarine croyait respirer car toute menace était éloigné de son cher Saint. Mais la Tsarine ne tarda pas à constater le contraire. Stolypine était considéré un peu comme un dictateur, et une fois mort, la peur avait disparu, hors un système autocratique ou celui d’un chef craint ont besoin de la peur pour fonctionner. Ce qui rappelle furieusement notre époque où le moindre pouvoir manipule l’opinion du monde entier.
Sans l’énergie de la peur, Raspoutine n’avait plus de défense. Curieusement si intuitif, Raspoutine gardait une totale confiance et ne se méfiait de rien ; comme il ne se douterait de rien quand il répondra à l’invitation du prince Youssoupoff en son palais, où celui-ci et ses complices l’assassineront.

Quand le pouvoir entre dans la spiritualité, ça donne de la nitroglycérine !

« Tu es un impie ! Tu en as outragé des mamans ! Tu en as outragé des nounous ! Tu couches avec la tsarine ! Tu es un Antéchrist ! Espèce de scélérat » criait à Raspoutine l’évêque Hermogène. Il saisit la tête de Raspoutine et le frappa à coup de crucifix ! On ne peut pas dire que la foi à cette époque était la paix de l’âme !... Et ça continuait : « Tu es le Diable ! Au nom de Dieu, je t’interdis de toucher au sexe féminin ! Je t’interdis d’entrer dans la maison impériale... ». Bref, l’autocratie des Tsars était sacré.
Après cette scène dantesque, dont je ne rapporte que quelques lignes du livre de E. Radzinsky, Raspoutine après bredouillé les serments exigés se sauva des appartements de l’évêque.

Raspoutine et les prostituées

Rapport de la police secrète : « Il apparaît rarement seul dehors... Quand c’est le cas, il se rend dans la rue où déambulent les prostituées, en choisit une et l’emmène à l’hôtel ou aux étuves ». Les femmes de la haute société ne lui suffisent pas, il lui faut des prostituées.
« En se promenant dans les rues, Raspoutine accostait des femmes en leur faisant des propositions malhonnêtes, auxquelles elles répondaient par des menaces, et certaines lui crachaient même dessus ».
Parfois, Raspoutine ramassait plusieurs prostituées dans la même journée. Les agents secret soulignaient soigneusement son côté infatigable. Raspoutine emmenait des prostituées pendant deux heures aux bains, parfois dans un hôtel où il ne restait pas plus de vingt minutes. Les agents réussirent à savoir ce qui se passait à l’intérieur des appartements des prostituées : ayant abordé une prostituée, Raspoutine lui offrait une bouteille de bière, mais lui ne buvait pas... il lui demandait de se déshabiller, il observait son corps, puis il repartait... »
Autre témoignage : « Quand il marche dans la rue, le Russe parle tout seul, il agite les bras, se frappe le corps, ce qui attire l’attention des passants ». Or il paraît que cette étrange conversation avec lui-même survenait chaque fois qu’il quittait une prostituée.

Occultisme et Alchimie
Il est bien connu qu’au Moyen-Age, avec l’Inquisition aux fesses, ceux qui pratiquaient la magie et l’Alchimie étaient obligé de se cacher. Et même presque de tous temps, les Alchimistes ne pouvaient révéler leurs travaux sous peine d’être mis en prison, et forcés de fabriquer de l’Or pour les pouvoirs en place. Ainsi certains défendaient Raspoutine en expliquant qu’il portait symboliquement la Croix du Christ, et qu’il souffrait au nom d’une vérité qui dépassait tout le monde... Vive l'irrationnel !
Si Raspoutine ne transmute pas de vil métal en Or, il manipule toujours la Cour russe, se pliant de l’attaque de la presse russe à son encontre, il dit qu’il est prêt à partir, mais qu’au palais les « siens » ont besoin de lui (la famille impériale). Bien-sûr chez la Tsarine tout lui est permis !

(Bizarrement l'adresse de cette page comporte trois six !)

Suite : Sans Raspoutine pas de Lénine (cette page comporte le numéro de téléphone de Raspoutine avec trois 6)


M.R.
 
 

Dernière mise à jour : 24-04-2011 02:31

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