Cette composition de Glazounow illustre un des maîtres de l’instrumentation ou orchestration, avec un autre maître comme
Gustav Holst qui est contemporain de Glazounow.
La construction de la musique de La Forêt développe « au lancé », comme des fils invisibles à l’horizontal, les figures des différents motifs très simples, circulant par groupes d’instruments, avec une superbe écriture d’une linéarité exemplaire, dans les montés et descentes des notes et de leurs altérations en dièses et bémols.
La sonorité de l’orchestre grâce à la technique d’orchestration de Glazounow est exceptionnelle, elle « respire », elle fait « entendre l’espace » et par la même, elle est parfaitement dans le caractère de la musique russe.
Pour étudier la musique classique Glazounow est une mine d’enseignement.
Glazounow est mort à Paris le 21 mars 1936. Fils d’un éditeur, il fit de sérieuses études générales et de brèves études musicales avec
Rimski-Korsakov. Très exceptionnellement doué, encouragé par
Balakirev et par Liszt, qui le fit connaître à l’étranger, il fut « lancé » rapidement comme peu de compositeurs ont eu la chance de l’être. L’éditeur de musique M.P. Belaieff fonda sa célèbre maison d’édition de musique, principalement pour publier les œuvres de Glazounow. Celui-ci fut directeur du conservatoire de Saint-Pétersbourg (1906-1917), mais en 1928 il quitta l’URSS pour s’installer à Paris, après des tournées comme chef d’orchestre aux USA et en Europe. (Référence d’après le
Dictionnaire des Musiciens, de Roland de Candé, 1968).
L’œuvre La Forêt est dédiée à Vladimir Stasseff.
ARGUMENT :
Sombre est la forêt à l’heure de la nuit, lorsque les arbres revêtent des formes extravagantes et que, de temps en temps, des sons mystérieux arrivent de loin. Mais voici, une bruit inconnu se fait entendre, ce son les habitants fantastiques du Royaume forestier qui s’assemblent pour leur fête nocturne. Le bruit se rapproche, une danse sauvage commence. À travers son comportement, retentit tout-à-coup le chant suave des
Roussalki (les Ondines slaves). Un géant formidable s’avance, en écrasant sous ses pas pesants tout ce qu’il rencontre sur son chemin. Une chevauchée frénétique traverse la scène. Le Léchiy (Roi de la forêt) se dresse du fond d’un tronc d’arbre, et atteint des dimensions colossales. À l’approche de l’aube, et lorsque des nuages rosés apparaissent sur le ciel, l’orgie se calme peu à peu. Seuls, les chants des Roussalki retentissent encore comme des échos lointains. Enfin eux aussi ils meurent.
Le jour commence à poindre. Au loin, un berger joue du cornet. Les oiseaux, sentant venir le matin, gazouillent joyeusement. (Référence à la présentation de l’œuvre en français, en une édition soignée)
Il s’agit donc d’une histoire de
Yokaï (Japon) ou chez nous en Europe d’Élémentals ou Esprits de la Nature (Gnomes, Ondines, etc.). Nous sommes dans le monde du merveilleux des Anciens.
Instrumentation : Piccolo, 2 Flûtes, Hautbois, Cor anglais, 2 Clarinettes, 2 Bassons, 4 Cors en fa, 2 Trompettes en si, 3 Trombones, Tuba, Timbales, Percussions, Harpe, Violons 1-2, Altos, Violoncelles, Contrebasses.
Partition en pdf - Sheet of music
Partitions de Glazounow
(En haut de page : aquarelle de M. Roudakoff)