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Raspoutine et la Youssoupoff Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 17-03-2010 01:40

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Argent, Banques, Communistes, Élémentals, Juifs, Raspoutine, Religion, Révolution, Russie, Sang, Sectes


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Raspoutine et la Youssoupoff

Mélange d’Inquisition et de finance !
 
 
 
Le travesti Félix Youssoupoff

Une des familles les plus riches de Russie :  les Youssoupoff. À Saint-Pétersbourg se dresse toujours le palais Youssoupoff. Grande famille aujourd'hui éteinte, les Youssoupoff étaient les descendants d'un neveu du prophète Mahomet. Leurs ancétres avaient gouverné l'Égypte, Antioche, Damas. Leurs lignées comptaient des chefs chez des tatars, conquérants de l'ancienne Russie. À la tête de quelques clans de la horde, ils avaient régné sur la Crimée, et sur les territoires de Kazan et de Nogaï. Le souverain de Nogaï, le Khan Youssouf, donna son nom à la lignée. À la suite de sanglantes luttes intestines le Khan Youssouf envoya ses fils en Russie, où le Tsar Ivan le Terrible les reçut et leur alloua d'immenses terres. Après conversion au christianisme, les enfants reçurent le titre de Princes et le nom Youssoupoff. Depuis ce temps ils n'ont cessé d'occuper des postes de pouvoir importants auprès des Tsars de Russie, dont ils étaient très proches. Bien-sûr ces pouvoirs permirent en trois siècles d'amasser une immense fortune.
 
Félix Youssoupoff commença son enfance dans le vice. Je suis toujours la documentation du livre de Edvard Radzinsky : Raspoutine l'ultime vérité. Un couple dans le vent invita l'enfant  à l'allure de fille à participer à ses ébats sexuels. Dès lors, son « éducation » fut « prise en main » par son frère : Nicolas Youssoupoff, idole de la famille, que Félix adorait. Nicolas était un Don Juan célèbre dans tout Saint-Pétersbourg, et poursuivant ses dangereux jeux érotiques avec son frère Félix, il entreprit de le déguiser en fille, et de « la » sortir. On peut entrevoir la perversion que peut procurer l’aisance financière...
Saint-Pétersbourg était à cette époque comme une « capitale du vice », une ville maudite comme Sodome bâtit avec le sang et les os de milliers de paysans : 40 000 paysans furent enrôlés de force, préfigurant ainsi les futurs goulags des Juifs bolcheviks. On l’appela même à la Révolution de 1917 Pétrograd, puis Léningrad. Cette ville est la proie des inondations, car trop proche de la mer. Bref, cette ville est une honte, et ce n’est pas un hasard si la « sauce Youssoupoff-Raspoutine » commence a y prendre corps ; ni un hasard si toutes les formes du vice et du plaisir pouvaient s’y développer. Des orgies avaient lieu au son de chœur tsiganes dans des salons particuliers des restaurants chics de la ville, un peu comme les backrooms de certains lieux de « plaisir ». C’est dans cette ville que Nicolas entreprit de promener son frère déguisé en fille, et il en éprouva alors du plaisir à porter ses vêtements féminins et surtout à sentir les regards lascifs des hommes que sa beauté rendait fou.

Ainsi Félix découvrit sa vraie nature. « Je me suis toujours indigné de l’injustice humaine à l’égard de ceux qui, en amour, ont certains penchants, écrivait-il. On peut condamner ces relations particulières, mais pas ceux pour qui les relations normales sont impossibles parce que contraires à leur nature ».
Les deux frères allaient ainsi leur vie si physique. À Paris, Nicolas séduisit tout de même une femme de plus : Marina Heiden, femme du Comte Manteifel, cavalier de la garde. Et pour sa perte il mis « pied à terre » et tomba amoureux. À Paris, les deux frères cherchaient à « s’éclater » comme on dit maintenant, dans des lieux mal famés genre fumerie d’opium alors à la mode, amorçant ainsi une chute vers la déchéance. Déchéance freinée par l’amour du coup de foudre, selon Nicolas. Marina Heiden en oublia son mari et son honneur, et passa ses nuits dans l’hôtel où séjournaient les deux frères.
On imagine la tête du Comte Manteifel, devenu cocu, son honneur bafoué. Ses copains de régiments de Saint-Pétersbourg exigèrent réparation de cet honneur par un duel. Bien-sûr Marina écrivit par la suite à Félix pour demander que Nicolas ne rentre pas à Saint-Pétersbourg.... car le régiment va pousser au duel et ça va mal se terminer. Mais Nicolas revint à Saint-Pétersbourg.
Il eut suffit à Félix de tout raconter à leur mère, alors possédant de grands appuis politiques, pour qu’on empêche les duellistes de se tuer ; mais Félix ne fit rien... Voulait-il avoir pour lui seul l’héritage ?
Mémoires de Félix : « ...Allongé sur des coussins cousus d’Or, je régnais au milieu de mes esclaves... L’idée de devenir un des hommes les plus riches de Russie m’enivrait ».
Là on peut facilement remonter au temps de Nogaï et des sanglantes luttes intestinales familiales pour des rivalités de pouvoir. Dans son livre, Edvard Radzinsky ne peut bien-sûr pas apporter de réponse ; mais ça reste très troublant, car tout est cyclique !
On a retrouvé les dernières lettres échangées par Nicolas et Marina : « Ma dernière pensée à été pour toi... Nous nous sommes rencontrés pour notre malheur et nous nous sommes détruit l’un l’autre... Dans deux heures arriverons mes témoins... Adieu pour toujours, je t’aime ».
Le duel eut lieu le 22 juin 1908. Nicolas ne visa jamais le comte, et celui-ci exigea même de réduire à 15 pas la distance qui le séparait de Nicolas, puis il l’abattit froidement.
Dans les archives Youssoupoff, on trouve une lettre de Marina implorant Félix de l’aider à pénétrer dans l’église pour voir le cercueil de Nicolas. Mais Félix ne donna jamais de réponse, et sa mère était malade puis sera la proie de crises de folies.
Seul héritier, Félix entreprit sa tournée de ses futurs propriétés : « Je m’imaginais très sérieusement être un jeune souverain parcourant son royaume »

Par rapport à Raspoutine, Félix Youssoupoff passe pour un diable, car la débauche a abandonné Raspoutine depuis un moment : il prêchait la vie simple, et essayait de convaincre les gens de ne pas se juger les uns les autres. Comme déjà écrit, Raspoutine ne médisait jamais sur le dos d’un quelconque ennemi ou de celui qui lui avait causé du tort.
Inutile de dire que lors de la première rencontre entre Raspoutine et Félix Youssoupoff, celui-ci le détesta au premier regard !


Extrême droite et services secrets
Cette alliance fonctionne depuis le règne de l’autocratie en Russie. Certains aristocrates détestaient la montée du pouvoir de l’argent sur le pouvoir de la naissance, et ils détestaient les Juifs, à cause de leur dons pour les manipulations financières. Parmi eux figuraient beaucoup de futurs révolutionnaires fanatiques. Les pogroms et humiliations et privations transformèrent beaucoup de Juifs en terroristes. Ainsi, à l’instigation de la Police, une vague de pogroms redoubla d’ampleur et d’intensité : viols, assassinats, pillages, etc.
Le Premier ministre Serge Witte fut chargé de calmer sa Police, laquelle publiait en cachette des tracts appelant aux pogroms... De là découle la « fabrication du protocole des sages de Sion »... Il paraît que ce texte s’appuie sur un autre « faux » : Le testament de Pierre le Grand : plan secret de conquête de l’Europe par les Russes.
Avec ces sinistres « croisades » racistes et religieuses, Raspoutine fut utilisé pour être à la tête de la croisade anti-juifs et anti-intellectuels.
Vers 1908 l’évêque Hermogène apparut dans l’entourage de Raspoutine. Cet évêque fut recteur du séminaire de Tiflis, et il punissait invariablement ses séminaristes qui exprimaient des idées libérales. Ainsi, en 1899, un certain Joseph Djougachvili, futur Staline, fut chassé du séminaire. Ironie des cycles, Staline devint le démiurge des communistes en instaurant le patriarcat, comme le désirait Hermogène, et en se faisant appeler « Petit Père des peuples » !
Hermogène fut un adversaire de la libre pensée, auquel il demanda sa participation à Raspoutine. Pour cela il présenta Raspoutine au moine Iliodore, sorte de moine soldat surnommé « le Savonarole russe », un genre de dictateur de la pensée. Déjà on peut entrevoir et comprendre un peu la haine que Raspoutine inspira à Félix Youssoupoff !... Cet Iliodore qui fustigeait les « Youpins (Juifs) et les intellectuels, les richards et les fonctionnaires qui cachaient au Tsar les besoins du peuple ». Il stigmatisait l’odieux capitalisme. Il fit coller des tracts ou l’on pouvait lire : « À bas le royaume des Youpins ! Vive notre père unique de la Russie, notre Tsar orthodoxe ! », « À bas l’égalité-fraternité rouge des Youpins »

Raspoutine fit beaucoup confiance à Iliodore et partagea avec lui ses sentiments les plus précieux, et l’un comme l’autre gagnèrent une foule d’admirateurs toujours grossissante. Iliodore avait décidé d’instrumentaliser Raspoutine, le faisant ainsi entrer malgré lui dans le groupe anti-juiviste des Cents-Noirs ; ce qui ferait de Raspoutine une nouvelle image, celle du moujik anti-juiviste, sorcier et manipulateur de la famille impériale. Les autorités savaient que l’activité d’Iliodore débouchait sur les pogromes, suivis de ripostes féroces de la part des révolutionnaires. Là on peut aussi comprendre la future Révolution de 1917.

En 1911, le Tsar ordonne une expulsion d’Iliodore, mais grâce à « Notre ami » Raspoutine, Iliodore revint à son église. Raspoutine défendit Iliodore avec un acharnement incroyable, et commence à avoir un ego aussi démesuré à cause de son pouvoir. Quelque chose de « très important » unissait Raspoutine à Iliodore ; même avec les discours anti-Juifs et haineux d’Iliodore.
En 1910 Raspoutine était au fait de sa gloire, des témoins le décrivent comme « un petit bonhomme d’une quarantaine d’années, pratiquement illettré... s’exprimant très mal à travers des aphorismes stupéfiants d’originalité, comme parlent les Pythies dans leur délire mystique. Quelque chose résonnait dans ses paroles énigmatiques. Certaines de ses paroles et jugements sur la hiérarchie et les hauts dignitaires paraissaient justes. Des bruits courts qu’il séduit des dames de la bonne société et des jeunes filles ».

À suivre.

M.R.
 
 

Dernière mise à jour : 17-03-2010 01:58

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