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Ecrit par Sechy, le 27-11-2008 20:15

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Publié dans : Présentation Dessins Animés, Dessins animés divers

Tags : Dessins animés, Max Fleischer, Gulliver’s Travels, Les voyages de Gulliver,

 
Gulliver’s Travels
Les voyages de Gulliver
 
Dessin animé de long métrage des frères Fleischer : Max Fleischer étant le producteur et Dave Fleischer le réalisateur. Film produit en 1939 d’après le roman Les voyages de Gulliver (1), de Jonathan Swift. La première eu lieu le 18 décembre 1939 au cinéma Sheridan, à Miami Beach.

Le film des frères Fleischer est imprégné de son époque, au son de la musique d’ouverture du générique j’ai l’impression d’entendre Autant en emporte le vent ! c’est-à-dire une musique enflée au possible, qui en devient pompier et vulgaire. Bref un certain mauvais goût américain propre à attirer les badauds. Autant en emporte le vent date aussi de 1939, et le cinéma sonore est tout jeune ; ceci explique peut-être cela, il fallait en mettre plein les oreilles ! Paradoxalement c’était et c’est le rôle de l’industrie d’Hollywood d’endormir les gens, et avec un arrangeur musical comme Victor Young, mentionné au générique de Gulliver’s Travels, on ne pouvait s’attendre qu’à une musique typique de cette industrie : musique outrée, ronflante et orchestrée de la pire façon en étouffant les sons principaux par une débauche d’instruments.
 
 
Ensuite et en plus de cette musique gonflante les frères Fleischer ont voulu concurrencer les Studios Disney en les imitant. Il aurait mieux valu que les Fleischer gardent leur propre originalité, car le résultat de ce film au niveau artistique est décevant et souvent emphatique, voir prétentieux, surtout pour avoir voulu rivaliser avec Disney et son Blanche Neige et les sept Nains sorti en 1937. La copie est trop visible : les cucuteries disneyennes (2) avec certains personnages, notamment les deux petits oiseaux, le Prince et la Princesse, Gulliver lui-même trop rotoscopé (3) que cela en devient un défaut technique et jure par rapport à l’ensemble, quelques gags trop répétitifs, des effets de lumière et de couleurs outrés genre couchés de Soleil et éléphants roses... Sans compter les reflets et les poussières sous les cellulos (Feuilles de plastique transparentes sur lesquelles sont peints les personnages. Il fallut pour ce film quelques 500 000 cellulos). Mais le filtrage des reflets grâce au film Polaroïd n’était pas encore inventé (Un filtre sur les projecteurs et un filtre sur l’objectif de la caméra. Ça donne d’ailleurs un superbe renforcement des couleurs proche du Technicolor).
 
 
Gulliver’s Travels fut en partie responsable de la faillite du Studio des Fleischer car le film n’eut pas le succès recherché. La campagne de presse ayant été réalisé à la hâte et sans moyen. Et Walt Disney devait bien rigoler des tentatives des Fleischer de le détrôner de son estrade du roi du dessin animé. Le personnage de Gabby, le crieur public, se retrouve animé entre les mains d’une dessinatrice des Studios Disney (Voir la photo plus bas). Un peu un comble, non ?!

Dans les premières minutes on découvre les deux rois du pays de Lilliput, lesquels vont se faire la guerre pour des raisons idiotes, comme toutes les raisons de déclenchement des guerres. Ils évoluent dans un décor aquarellé aux couleurs bonbons fondants. Le modèle des rois est laid et trop caricatural, et à la limite : mal dessiné. C’est l’époque « chewing-gum ». Pour moi, les décors du film sont scolaires et trop baroques.
 
 
Ensuite certains jeux d’animation semblent bâclés : on ajoute des filets de vitesse, comme dans une simple série télé, alors qu’ici il faut concurrencer le Blanche-Neige des Studios Disney !

Avant de se faire la guerre, à coups de gâteaux et de cadeaux les deux rois fêtes les fiançailles de leurs enfants : une Princesse et un Prince. Et quand la Princesse Glory se met a pousser la chansonnette devant son Prince et au clair de Lune, on atteint le sommet de la cucuterie et de l’imagerie pour tablettes de chocolat. C’est tout juste si la Princesse ne va pas décoller ! Mais vous n’êtes pas au bout de vos peines, car un peu plus tard le Prince David va aussi chanter ! Vers les deux tiers du film Gulliver chante aussi...
Malgré l’outrance de la caricature, l’animation est tout de même bien exploitée grâce au respect de la loi des lignes ondulantes (de toutes façons tout est vibrations !). Mais n’est pas Fred Moore qui veut ! car les lignes ondulantes doivent être simples et adaptées à la caractéristique, non seulement du personnage mais aussi du mouvement. On peut avoir ce savoir par instinct, comme cela devait-être le cas de Moore, ou bien l’acquérir par un long travail.
 
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Dessins de Fred Moore empruntés au site http://fredmoore.blogspot.com/
 
Une animatrice à sa table d'animation chez Disney, ce qui est paradoxale puisque le modèle affiché en haut correspond à Gabby, personnage du Studio concurrent : celui des frères Fleischer !
 
L’ambiance des sept Nains de Blanche-Neige se ressent particulièrement quand les Lilliputiens se rassemblent dans leur ville, pour aller trouver Gulliver échoué sur leur plage. Toute la longue séquence sur la préparation de l’attache du géant Gulliver est savoureuse et pleine d’idées bienvenues. Car il faut bien le transporter ce gaillard ! Et quand on pense qu’avec tout ce remue-ménage il dort toujours... Hélas, un Lilliputien appuie par accident sur la détente du pistolet de Gulliver, ce qui le réveille tout de même. La séquence suivante est intéressante, voir lyrique : celle du réveil de Gulliver mêlée à l’attaque du roi Bombo, celui qui a déclaré la guerre. Mais le rotoscope de l’acteur jouant Gulliver (le speaker Sam Parker) jure trop par rapport au décor et aux petits personnages du dessin animé. Dommage.
 
 
La séquence de l’habillage de Gulliver sur une musique martiale ne manque pas de charme et d’originalité, mais toujours avec des dessins médiocres. Hélas pendant toutes ces festivités, le brutal roi Bombo rumine sa stratégie d’attaque ; et les espions de Bombo vole le pistolet de Gulliver...

C’est au cours de la réalisation du film que Max Fleischer eu l’idée de supprimer l’étape si longue du traçage sur cellulo du dessin au crayon des animateurs. En 1938 la société Xerox Corporation perfectionna la Xérographie (électrophotographie), employée bien plus tard aux Studios Disney, et employée de nos jours dans les imprimantes laser pour ordinateurs. Une grosse photocopieuse reproduit parfaitement le dessin d’un animateur sur cellulo, à condition d’avoir un cellulo spécial supportant la forte chaleur...
 
 
Malgré tous les défauts, trois étoiles tout de même pour la valeur historique et le charme étrange de ce long métrage de dessin animé du Studio de Miami des frères Fleischer. Bravo aux animateurs de l’époque, car malgré la médiocrité des dessins ils s’en sortent honorablement, tant il y a de personnages avec tous ces Lilliputiens ! Certaines photos du film ont bercées mon enfance...


Michel Roudakoff
 
 
 
 
 
 
 
Notes.
1. Jonathan Swift maîtrisait parfaitement la langue française, aussi dans son récit des voyages de Gulliver il véhicule un véritable enseignement ésotérique. Quelques passages comportent un cryptographie cachant des vérités universelles :
- LAPUTA (l’île volante) : aie la Paix où tu es A. (C’est-à-dire avoir un pensée positive même dans l’endroit le plus sinistre. NDMR)
- LAPUTED (autre orthographe du nom de l’île) : aidé (de ED).
- LAP, selon Swift, signifie « haut » en vieux laputien, et scintillement des rayons du Soleil sur la mer. UTED se traduirait par « aile » (de EL).

Autre moyen de cacher un nom, l’anagramme :
- TRIBNIA : Britain.
- LANGDEN : England. Langue de haine.
- NARDAC : canard. Haine à air : assez ! N’arde assez.
- DEL NEUPPLISTRINCQ : donne-moi s’il-te-plaît à boire.
- LILLIPUT : Hélie (Soleil), eh ! l’Hélie : paix où tu es (contraire de Tu es au pays de l’Hélie-EL. Mais indique aussi les Énergies recentrées, condensées puis déployées dans une densité maximum (pays des nains !).
- GULLIVER : j’ai où L élit V et R = j’ai LVR = j’ai élevé R (et air).
j’ai eu deux ailes : y vais et erre. Mais indique aussi l’Énergie de la Trinité se déployant par deux puis se condensant en Unité pour son déploiement terrestre. (Naissance et renaissance spirituelle).
[Ces quelques exemples de la langue euphonique sont tirés d’après le livre : Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux, par Yves Monin]

2. Walt Disney, peut-être attristé par les critiques des niaiseries placées dans ses films a écrit : Il y a assez de laideur et de cynisme dans le monde pour que je n'en rajoute pas.

3. Rotoscope : filmer un acteur réel et décalquer ensuite image par image sa silhouette sur papier afin de l'animer, donc il y a un double travail. Voir l'image ci-dessous. Cette technique a été inventée par les frères Fleisher en 1915. Cette technique ne consista pas à décalquer bêtement la silhouette de l’acteur et ses différentes composantes sculpturales, sinon on obtient l’effet contraire : une animation hésitante maladroite et tremblotante, comme parfois dans le film de Dave Fleischer ; mais tout l’art de l’animateur est d’adapter son dessin en fonction du style de l’ensemble graphique et surtout du mouvement de l’acteur. Ainsi il reste tout de même une part de création pour l’animateur. Celui-ci devra maîtriser particulièrement les dessins clefs, et dans sa construction du dessin s’écarter souvent du modèle vivant ; par exemples renforcer une attache de bras, diminuer une masse de cheveux, simplifier les traits du visage et des mains.
 
 
 
 
 
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Dernière mise à jour : 27-11-2008 22:04

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