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Synchronicités au quotidien Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 08-01-2010 01:00

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Publié dans : Elementals Yôkai, Élémentals, Divinités, Yôkai

Tags : Nature, Synchronicité, Vie, Yôkai

 
Synchronicités au quotidien

Extrait d’articles à la Une, du Journal NEXUS n°66 de janvier-février 2010
 
 
Les coïncidences fascinent les hommes depuis l'Antiquité, mais elles n'ont pris le nom de synchronicités - lorsqu'elles sont hautement signifiantes - que suite aux travaux de Carl G. Jung avec le physicien Wolfgang Pauli. L'épisode qui a mené le grand psychologue suisse sur la piste des synchronicités est connu : une patiente lui rapporte un rêve dans lequel elle reçoit en cadeau un scarabée d'or. Jung entend alors un léger choc contre sa fenêtre ; il ouvre et recueille dans sa main un scarabée (cétoine) doré, Il précise dans Synchronicité et Paracelsica qu'un tel événement ne s'était jamais présenté à lui avant, ni ne s'est reproduit ensuite. Précisément ! pointent les sceptiques : Jung attribue du sens à ce qui n'est qu'une coïncidence, entièrement due au hasard. Qui n'a fait l'expérience de s'intéresser aux synchronicités et d'en voir soudain partout ? C'est donc bien que l'on projette du sens sur ce qui n'en a pas. Autrement dit, c'est de la « pensée magique » ou du « délire d'interprétation ». À moins que le monde se mette réellement à « faire sens » quand on le regarde autrement. Certaines synchronicités peuvent en effet relever d'une forme de « miracle », lorsqu'elles permettent par exemple de débloquer une situation, de répondre à une question fondamentale, ou d'indiquer un chemin à suivre.
 
Anges encyclopédiques
J'ai personnellement trouvé dans une foire aux livres d'occasion un ouvrage auquel j'avais pensé le matin même, tout en ayant oublié le titre. N'y pensant plus l'après-midi, je suis allé directement au fond de la salle et ce livre est le premier que j'ai sorti d'un carton. L'écrivain Arthur Koestler parlait « d’anges encyclopédiques » à propos de ces aides inattendues qui nous mettent entre les mains l'information livresque que l'on recherche. Ainsi, un livre tombe parfois ouvert à la bonne page ! De façon générale, beaucoup voient l'intervention de leur « ange gardien » ou de leur « guide » dans ces coïncidences signifiantes.
Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, jean Moisset donne des exemples pour distinguer coïncidence, sérialité et synchronicité. Au cours de vos vacances, vous rencontrez un ami : c'est une coïncidence. En plus de cet ami, vous rencontrez deux autres connaissances pendant votre séjour : c'est la sérialité. Mais, vous rendant sur votre lieu de vacances à Arcachon, vous voyez une affiche des Antilles qui vous fait penser à des amis partis vivre à la Martinique et dont vous êtes sans nouvelles depuis quinze ans. Arrivés sur place, vos voisins immédiats sont ces mêmes amis : synchronicité. Autre exemple, d'avant l'ère des téléphones portables : vous passez devant une cabine téléphonique et le téléphone sonne. Vous décrochez et avez au bout du fil un ami qui cherchait vous joindre mais s'est trompé de numéro !

« Tout me parle »
Il faut tout de même prendre garde à ne pas voir des signes là où il n'y en a pas. L'écrivain Michel Cazenave a ainsi proposé que la synchronicité soit à l'origine de la somatisation, c'est-à-dire la « symbiose » corps-esprit qui fait que nous tombons malades apparemment sans cause. Dans son livre Ce qui est caché aux sages et aux intelligents, Thierry Salmeron met en garde contre les faux signes, produits du mental, et les vrais qui sont le résultat d'une présence consciente. Il cite les propos d'un grand chef indien : « Tout ce qui passe près de moi, me parle ». « Vous êtes guidés vers le meilleur pour vous, par des signes accessibles à vos sens », ajoute-t-il. Mais il va très (trop ?) loin en expliquant que le libre arbitre est néfaste, puisqu'il nous donne des choix permanents alors qu'il suffirait de suivre des signes qui nous sont « destinés ». Le libre arbitre serait ainsi à l'origine de la chute d'Adam et Eve.

Lâcher-prise et intuition
Le psychologue Jean-François Vézina, qui a publié Les Hasards nécessaires (Éditions L'Homme 2002), estime avec Michel Cazenave que « les synchronicités se produisent plus fréquemment en période de tension psychique, alors que la forme symbolique habituelle du rêve n'a pas réussi à se faire entendre. » Il ajoute : « La synchronicité vue sous cet angle n'est pas nécessairement "un cadeau magique" comme elle est parfois décrite dans le langage populaire. Encore que la souffrance peut être perçue comme une grâce. Je suis toujours amusé lorsque je lis dans un livre ou un article cette phrase :  "Provoquez la synchronicité dans vos vies !" En réalité, la synchronicité échappe au contrôle du moi. On ne peut que se rendre disponible aux messages de l'inconscient qui empruntent cette voie. »

Être disponible aux messages de l'inconscient, cela revient à développer son intuition, peut-être en « lâchant prise ». La « lueur vacillante de notre intuition », comme l'appelle Jean-François Vézina, peut nous permettre de reconnaître des processus symboliques qui se déploient sous la forme de motifs, de « pentes qui nous attirent et nous conduisent imperceptiblement vers telle personne, tel travail, tel auteur ou encore tel pays. » L'identification de ces processus et motifs est un apport majeur de Jung, selon J.-F. Vézina.

Lien quantique
Mais Jung y voyait plus encore qu’un cheminement. Les synchronicités manifestaient selon lui l'unité du monde, l’Unus Mundus, à travers des relations « acausales (sans relations de cause à effet) dont il voyait un écho certain dans les propriétés déroutantes de la physique quantique. C'est pourquoi il a travaillé sur le sujet avec Wolfgang Pauli prix Nobel de physique en 1945. On sait en effet aujourd'hui de façon certaine que des particules élémentaires ayant interagi - par exemple des photons - restent connectées via un lien mystérieux et acausal. Toute mesure sur l’une des particules modifie instantanément l'état de l’autre, mais sans transfert d'information. Il n’y a pas de « communication » entre elles, mais la physique contemporaine est obligée d’accepter qu'elles forment un seul et même système physique, non local, même si elles se trouvent éloignées de plusieurs milliards d’années-lumière l’une de l'autre.
L'aspect initiatique des synchronicités a été mis en exergue dans des romans tels que La Prophétie des Andes (James Redfield) ou L'Alchimiste (Paulo Coelho). Être davantage à l'écoute, plus conscient, plus présent au monde, voilà qui ne saurait nuire. La coïncidence renvoie au hasard, mais le hasard, comme le miracle n’est qu’une question de point de vue. Souvenons-nous que l’idéogramme chinois qui traduit le mot « hasard » désigne en fait la notion d'appariement, de couplage. Ainsi le Yi Jing (Livre des Transformations) reposait tout entier selon Jung sur un « principe synchronistique », qui fut sa première proposition de l'idée même de synchronicité.
 
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Thierry Salmeron :
« La vie donne tout, c'est ça le miracle »

Thierry Salmeron est auteur de plusieurs ouvrages sur la vigilance, dont Ce qui est caché aux sages et aux intelligents.

NEXUS : Considérez-vous une synchronicité comme un miracle ?
Thierry Salmeron : La réponse passe obligatoirement par cette question essentielle : « Qu'est-on venu faire sur cette terre ? » Lors d'une NDE, j’ai vu ce que nous étions réellement, le terme le plus approprié serait : des êtres de lumière. Nous sommes venus jouer dans le jeu de la vie avec ce corps (une sorte de scaphandre) qui nous permet d'expérimenter. Et ça, c'est déjà un miracle. Nous rentrerons chez nous à notre mort. Pour le jeu, nous avons oublié qui nous sommes. L'utilité d'un miracle, comme par exemple se nourrir de lumière, est discutable puisque nous sommes venus ici-bas pour expérimenter la matière. Je préfère donc manger une tartiflette que de la lumière. Dans cet oubli de ce que nous sommes, nous avons le pouvoir de créer. Nous sommes des créateurs. Nous pouvons donc mettre derrière chaque miracle une construction personnelle ou collective. Tout en sachant que nous sommes capables de tout puisque notre corps sur terre est relié à ce que nous sommes réellement et qui dépasse totalement notre compréhension humaine. Nous n'avons pas de mission, mais nous recevons un enseignement quotidien ici-bas, car nous sommes à l'école de la vie. Ça, c'est le miracle de la vie. Et il supplante aisément n'importe quel autre miracle.

Dans vos ouvrages, vous distinguez les « vraies » synchronicités des fausses, créées par le mental. Pouvez-vous expliquer ?
Je ne dis pas synchronicité, mais signe de la vie qui n'est qu'une pièce de puzzle. La vie en action est un miracle. Il n'y a pas de bons ou de mauvais signes de la vie. Le signe est neutre. Nous rentrons dans l'erreur à partir du moment où nous voulons donner une explication à ce que vous appelez une synchronicité. A partir du moment où l'intellect limité (et pour beaucoup, malade) veut expliquer la magie d'un signe de la vie, c'est la dérive, et nous en faisons quelque chose de préjudiciable.

Vous avez vécu une NDE. Considérez-vous cela comme un miracle ?
Une NDE n'est pas un miracle. A l'instar d'une maladie grave, cancer ou autre, c'est une expérience forte faite pour les bourricots, pour les derniers de la classe à l'école de la vie. Pour moi, à l’époque, j’étais très jeune et ça a été un réveil. J'en ai ramené des devoirs à la maison. Expliquer aux gens la vigilance, la conscience pour qu'ils se sortent de leurs histoires à dormir debout qui leur font oublier le pourquoi de leur venue sur terre : expérimenter et transcender. D'où le passage obligé : la vigilance pour collecter la conscience pour avancer. Lors de la NDE, des êtres de lumière (comme vous et moi) m'ont demandé de rendre les gens conscients. En montrant l'exemple, dejà. En écrivant, en parlant.

Quel rôle joue la vigilance dans la perception des signes de la vie ?
La vigilance est l'observation neutre de ce qui sort de l'ordinaire. Il y a les signes directs, voire grossiers : vous vous demandez s'il est judicieux de prendre la voiture ce soir alors que nous sommes en vigilance orange à cause des pluies ; vous en faites part à un ami et un camion de pompiers passe à côté de vous, sirène hurlante. Vous pouvez quand même tenter l'expérience, pour ma part, la vie me parle, l'écoute, je n'ai pas de temps à perdre en expériences traumatisantes. II y a les signes indirects, comme un verre qui tombe et casse, tout ce qui sort de l'ordinaire et qui représente une pièce de puzzle, car pris séparément, il ne mène à rien. Et pourtant, beaucoup se tricotent une histoire avec rien. Il y a des signes tout au long de la journée et le jeu de la vie consiste à les collecter sans chercher à comprendre. Beaucoup ne verront pas un verre qui tombe et casse, certains le verront et d'autres en prendront conscience. Dans ce cas, c'est qu'on l'a mis en lumière comme quelque chose sortant de l'ordinaire. Ceci est important car, alors, il s'enregistre de lui-même dans notre fabuleux cerveau. Le cerveau stocke cette pièce qu'il associe aux autres pièces du même puzzle. Tout à coup, c'est la prise de conscience. Le fameux Eurêka ! Sans qu'il n'y ait aucune intervention volontaire de notre part. La prise de conscience n'est pas prévisible, car elle ne dépend pas d'une réflexion intellectuelle. Une évidence apparaît qui ne souffre d'aucune contradiction. Le problème, si c'en est un, c'est que si vous devez expliquer intellectuellement ce que vous avez trouvé, les mots ne pourront traduire cette vérité.

Alors que faire de ces signes de la vie ?

Dès qu'il y a cette prise de conscience, une expérience suit qui va valider votre trouvaille. N'oubliez pas que nous sommes venus pour cela : expérimenter dans la matière. Il n'y a que l'expérimentation qui s'inscrit dans nos cellules. L'intellect n'imprime rien. Ce que je viens de vous dire est formidable pour une personne consciente. Et banal, voire décevant pour une personne inconsciente. La personne inconsciente s'ennuie dans la vie car elle ne sait pas qu'elle est à l'école de la vie. Pour elle, tout est banal et elle a besoin de miracles spectaculaires. Ces miracles ne lui servent à rien dans ce qu'elle a à faire ici-bas. La personne consciente va collecter quotidiennement ces pièces de puzzle utiles puisqu'elles lui apportent des réponses et des directions pour ce qu'elle a à faire ici-bas. Vous voulez du fantastique ? La collecte quotidienne des informations et la prise de conscience n'ont pas encore été découvertes par les scientifiques. Ça le sera dans quelques années après que des cobayes humains auront été bardés d'électrodes. Vous l'avez en prime time.

Selon vous, qu'est-ce qui se joue lorsqu'un grand thaumaturge comme Padre Pio produit un miracle ?
Padre Pio nous montre la puissance de la pensée. La puissance de la foi. Il aurait juste fallu y rajouter la conscience qui fait défaut à la religion. J'ai assisté à de nombreux miracles. J'ai vu des cancers guérir dans la journée, des gens pointer leur doigt sur quelqu'un et leur faire une marque indélébile, etc. Padre Pio s'est créé des stigmates. Ceux de sa croyance. Si vous avez du temps à perdre, créez-vous des trous où vous voulez, je peux vous assurer que vous en êtes capable. Pour ma part, je me contente de ceux que la vie m'a donnés... Peu de temps avant cet article, j’ai vécu des expériences et collecté des informations dont je ne savais quoi faire. Les questions de NEXUS sont arrivées, elles collaient aux réponses que j’avais collectées. La vie donne tout, c'est ça le miracle.

Propos recueillis par Sylvie Gojard
Photo du haut de Dominique Kubler.
 
 

Dernière mise à jour : 08-01-2010 02:10

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