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Staline au Panthéon ? Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 14-01-2010 17:09

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Publié dans : Nouvelles Spéciales, Russie

Tags : Argent, Banques, Business, Liberté, Révolution, Russie, Staline

 
Staline au Panthéon ?
 
Ou comment échapper au Capitalisme et au Communisme !
 
« La liberté, ce n’est pas la liberté de faire n’importe quoi, c’est le refus de faire ce qui est nuisible ». (Alexandre Minkowski)
 
 
Si en Ukraine on veut poursuivre post mortem pour génocide le dictateur Staline et ses sbires bolchéviques, dans d’autres coins de la Russie, comme à Minsk en Biélorussie on veut lui ériger un monument. La deuxième attitude est quasiment sadomasochiste ; mais c’est un peu ancré dans le peuple slave, dont dérive d’ailleurs le mot esclave ; et comme les chants russes dont ont dit que plus ils sont tristes plus il sont beaux. Enfin on a eu à faire à un des pires dictateurs au monde qui se prenait carrément pour Dieu, et dont on veut poursuivre manifestement le culte de l’ego dans certains endroits. Certains font d’ailleurs pareil avec Adolphe Hitler. Comme dans la série des Star Wars, facile de tomber du côté obscure ! (Photo du haut : Staline en 1902)
 
 
Source de l’article ci-dessous : Agence RIA Novosti

Par Guennadi Bordiougov, historien et membre du Conseil d'experts de RIA Novosti

Le 21 décembre est le 130ème anniversaire de la naissance de Joseph Staline.
Il y a longtemps que l'attitude envers Staline reflète l'état de la société, ses préférences et son état d'esprit. Dans l'ancienne Union Soviétique, la célébration des anniversaires du guide se déroulait de la même façon dans toutes les républiques. Même les cadeaux uniques en leur genre restaient dans les limites de leur caractère idéologique : il était impossible de les utiliser dans la vie réelle. Mais le 120ème anniversaire (1999) et, plus encore, le 130ème anniversaire de la naissance de Staline montrent qu’on est en présence d'avis très différents sur le Petit père des peuples dans les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et dans les pays baltes. Il ne s'agit d’ailleurs pas de faits concrets de sa biographie, mais de l'image créée telle qu’elle est exploitée par l'élite politique, du moyen de la positionner dans la culture nationale du souvenir. On voit que le complexe de Staline et de stalinisme est surmonté différemment, et souvent de façon très inattendue et contradictoire. Dans certains Etats, l'image de Staline fait partie intégrante de la guerre des monuments". La gauche biélorusse, par exemple, a annoncé l’été dernier une collecte de fonds à l'occasion de l'anniversaire en vue d'ériger un monument à Staline à Minsk en considérant cette action comme une "mesure de justice". En même temps, l’architecte principal de Moscou a déclaré qu'il jugeait nécessaire d'installer de nouveau dans le hall de la station du métro Kourskaïa le monument à Staline qui s'y trouvait du vivant du guide.

En Géorgie, au contraire, une discussion a éclaté sur le transfert au musée du monument au guide à Gori. Cette discussion avait débuté l'année dernière lorsque le vice-premier ministre géorgien Guiorgui Beramidze avait déclaré : « Dans un pays qui est un symbole de liberté, il est inadmissible qu'un monument à Staline se trouve au centre de la ville ». En juillet 2009, cette initiative a été soutenue par des ONG et des experts : « Gori n'est pas la ville de Staline, c'est une ville de héros géorgiens de notre temps ». Des inconnus ont déjà deux fois endommagé le monument, en y faisant notamment les inscriptions suivantes : « Ta place est au musée ! », « Descends de ton piédestal ! ». La situation est revenue au calme à la suite de la publication des résultats d'un sondage d'opinion : 68,4% des personnes interrogées se sont prononcées contre la démolition du monument, 17% d’entre elles ont soutenu cette idée et 13,8% des sondés n’ont pas su répondre.

L'opinion publique en Lettonie, Lituanie, Estonie et Moldavie voit son attention concentrée sur les conséquences tragiques du traité conclu entre Staline et Hitler en1939. Arvydas Anushauskas, membre du parlement lituanien et historien a soulevé la question du caractère inadmissible de la réhabilitation en Russie  de la politique étrangère de l'époque de Staline et de l'abandon des décisions du IIe Congrès des députés du peuple de 1989. L'Assemblée parlementaire de l'OSCE a adopté en juillet 2009 une résolution de Vilnius condamnant au même rang le nazisme et le stalinisme. Elle a été soutenue par 213 des 320 députés présents à l'assemblée. Le ministère russe des Affaires étrangères a vivement condamné cette résolution. La délégation du Kazakhstan a exprimé ses regrets quant à cette action par la bouche du président du Sénat Kassym-Jomart Tokaïev.

De nouvelles nuances ont été ajoutées à l'anniversaire en Ukraine où les attaques contre Staline de la part de Viktor Iouchtchenko sont mêlées à l'utilisation du nom du guide des peuples dans la campagne pour l'élection du nouveau président. Au mois de mai, sur ordre de Viktor Iouchtchenko, le Service de sécurité a engagé une action en justice à propos de l'Holodomor sans s'apercevoir que cela était contraire au Code ukrainien de procédure pénale qui ne prévoit pas la possibilité d'intenter des procès aux personnes mortes suspectes pour tel ou tel crime. En juillet dernier, Viktor Iouchtchenko a chargé le procureur général d'envisager un procès pour les déportations illégales des Tatars de Crimée et d'autres peuples qui résidaient sur le territoire de la Crimée ordonnées par Staline en 1944. Dans ce contexte, le leader des communistes de Crimée Leonid Gratch reçoit de façon ostentatoire, en tant que "véritable marxiste-léniniste", une médaille commémorative pour le 130ème anniversaire de Joseph Staline de la part de la délégation du KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie).

Lors d’une conférence à Livadia, le nom de Staline a été utilisé de façon assez médiocre par un des candidats à la présidence, Arseni Iatseniouk, contre un autre candidat, Viktor Ianoukovitch. Le député du parti Notre Ukraine à la Rada suprême (parlement ukrainien), Iouri Klioutchkovsky, ne doute pas qu'on assiste au retour à la situation observée à l'époque de Staline, lorsqu'il était important de savoir "qui comptait" dans une élection, ce qui est une allusion évidente à la pratique répandue d'ajouter des bulletins supplémentaires en vue d’obtenir le résultat voulu.
  
Le manque d'esprit de suite du pouvoir dans le jeu avec Staline est également observé en Russie. D'abord, on a tenté de diffuser une instruction auprès des instituteurs pour qu'ils présentent une nouvelle image de Staline en tant que manager efficace, dans le style de l'apologie de l'autoritarisme, de l'empire puissant et de l'histoire heureuse sous Staline. Puis, on a vu apparaître dans les mêmes manuels une tonalité tendant à l’explication et à la réconciliation au sujet du rôle du stalinisme dans l'histoire de notre pays, de son importance secondaire par rapport aux circonstances objectives. Mais ces mesures palliatives ont été rejetées par l'évaluation négative de Staline donnée par le président Dmitri Medvedev. Avant cela, il s'était prononcé sur l'inadmissibilité de rétablir le "rideau de fer" et de l'importance de tenir compte du "prix social" des réformes.

Nous sommes ainsi en présence d'une situation évidente d'affranchissement des vestiges du stalinisme dans l'espace post soviétique. Si, dans certains Etats, on attribue à Staline les crimes commis, dans d'autres, nombreux sont ceux, à la conscience paternaliste, à en appeler à lui, en demandant protection contre les bureaucrates et les bénéficiaires de pots-de-vin, et à protester contre les conséquences de la crise et contre la politique sociale peu évoluée. Cet anniversaire montre que le processus d'affranchissement du stalinisme est déterminé, pour beaucoup, par le niveau de démocratie, l'organisation du pouvoir, l'octroi à la société de la possibilité de se trouver aux positions d'avant-garde, au lieu d'imiter l'appui sur celui-ci, par l'octroi à la société du droit de former les structures administratives et d'énoncer des idées compréhensibles pour l'avenir.

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.
 
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Comme écrit maintes fois sur ce site, le système communiste est comme le système capitaliste : chacun s’auto-entretient en ayant besoin l’un de l’autre. Donc rien de bon dans aucun système.

Aussi comme le souligne justement Gilles Bonafi dans son article sur Mondialisation.ca, dont est reproduit ici la fin, et comme dans mon ALEPHTOCRATIE, "Nous devons devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde." comme le préconisait Mohandas Karamchand Gandhi.

« Face à une exponentielle de capital accumulé dans les mains de quelques-uns, nous nous retrouvons donc (le principe d'équilibre) avec une exponentielle de dettes liée à une exponentielle de consommation et donc de destruction de la planète, de nous-mêmes. Cette loi de puissance est directement issue de notre cerveau primitif car au final, l'enseignement des fractales que l'on retrouve dans le principe « hologrammatique » d’Edgar Morin, démontre que la partie est dans le tout, mais le tout est dans la partie et que tout est inter relié. Nos systèmes économiques ne sont donc que les reflets de ce que nous sommes. Vouloir bâtir un système plus juste et redistributif s'oppose donc à l'animal qui est en nous, car au final, nous sommes en guerre contre nous-mêmes. La solution face à la destruction de notre civilisation ne peut donc passer que par un changement individuel radical, une prise de conscience planétaire. La réponse ne sera pas qu'économique donc, mais avant tout philosophique, spirituelle.
 
 

Dernière mise à jour : 14-01-2010 21:06

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