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Cause errante, Juif errant 2 Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 05-02-2019 00:11

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Publié dans : Elementals Yôkai, Élémentals, Divinités, Yôkai

Tags : Alchimie, Apocalypse, Banques, Capitalisme, Carotte, Catastrophe, Chan, Chimère, Christ, Confort, Corps, Cul, Démocratie, Dépendance, Diable, Dieux, Dragon, Dualité, Eau, Ego, Étoile, Gratuit, Humain, Information, Innocence, Instant, Intérêt, Jardin, Juif, Klan, Langage, Liberté, Lucifer, Maux, Méditation, Mental, Miroir, Morale, Mort, Mot, Nature, Occident, Opinion, Orient, Pagan, Panique, Paradis, Pierre, Plume, Porte, Puce, République, Réseaux, Rien, Sagesse, Serf, Simple, Social, Soi, Souffrance, Spiritualité, TAO, Temps, Toupie, Vérité, Vide, Vieux, Yokaï

 
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Cause errante, Juif errant 2
Un Ailleurs errant très errant…
Un Yokaï errant…
 
 
Première partie

Le corps, ses possessions et l’environnement
Ne sont que des reflets du mental.
Ne pouvant le comprendre, les sots du commun
S’adonnent à l’affirmation et à la négation
[dans des débats d’opinions].
Mais ce à quoi ils se livrent alors n’est que mental
Car on ne peut rien trouver qui ne soit mental.

(Lankâvatâra)
 
 
On a quatre catégories de choses inexistantes dont on affirme l’existence : 1) les caractéristiques, 2) les vues, 3) les causes, 4) les essences. « Quant à la négation, elle consiste à nier ce que les vues erronées affirment et qui, introuvable, ne peut être correctement examiné. Voilà à quoi ressemble l’affirmation et la négation », dit le Lankâvatâra.
« Or à peine née cette conscience retourne au néant. Et c’est ainsi que l’on affirme l’existence de causes qui n’existent pas.
Qu’est-ce qu’affirmer la réalité d’essence qui n’existent pas ? Cela consiste à affirmer que l’espace, le nirvâna et l’extinction non analytique ont, même inconditionnés, chacun une essence, et à s’attacher à la réalité de cette essence. Or ces entités, Mahâmati, ne sont pas plus des essences qu’elles n’en ont. Tout est libre de l’être et du non-être, à l’instar des mouches volantes et des cornes de lièvre ou de cheval. Voilà ce qu’on entend par « affirmer des essences là où il n’y en a point », dit le Lankâvatâra.
Bref, affirmation et négation ne sont que des opinions « inventées par les sots du commun qui ne comprennent pas le Soi ».

Pour le trépassé, point de « nuit perpétuelle », mais pas davantage de renaissance immédiate, puisque le changement dans sa procédure de perception a pour effet de faire surgir à sa conscience un nouveau champ d’expérience de son Centrum Centri. De quelle nature cette expérience d’Après-Vie est-elle donc ? Est-elle singulière ou universelle ?
Le Yoga Vasistha dit que « l’environnement d’Après-Vie » n’existe nulle part, tant il est vrai que le temps et l’espace n’existent pas en tant que tels : ils ne constituent qu’une opinion humaine et ne sont réels pour l’humain que pendant la vie ici-bas, mais sur l’autre plan, temps et espace n’ont pas la moindre réalité. L’extension spatiale n’existant pas, il ne se produit ni pérégrination, ni transfert à distance, ni évolution spatio-temporelle, mais un changement dans le mode de perception qui induit l’expérience d’un monde subjectivement différent : « C’est à l’endroit même où l’on perd conscience que l’on fait l’expérience d’un autre corps, une fois que cesse l’hébétude causée par la mort » (YV III 55, 9cd).

« Ainsi les trépassés, une fois revenus de l’hébétude consécutive à leur mort, font-ils graduellement l’expérience intérieure de certaines conditions persistantes des corps vivants, en fonction des imprégnations résiduelles de leur corps subtils » (YV III 55, 26).
L’individualité psychique transmigrante, nomade, se trouve entière engagée dans l’instauration d’un plan intermédiaire où les vasana [tendances, prédispositions du mental] prennent corps ; en l’espace d’un clin d’œil, elle peut se trouver en dix environnements différents, sans comprendre la raison de pareilles situation ; elle n’y apercevra aucune continuité et se sentira déportée, sans raison apparente, d’une expérience à l’autre, ne réalisant jamais que c’est sa propre expérience psychique, faite de pensées et d’émotions, qui la propulse littéralement. « Le trépassé s’imagine alors voir les émissaires de la Mort, avec leurs lacs en mains pour le ligoter et le mener auprès de Yama » (YV III 55, 28).
« L’âme ignorante s’imagine qu’elle se rend dans le tribunal de Yama où est rendu le jugement par lequel l’âme doit récolter le fruit de ses actes, en conséquence desquels elle s’élève sans tarder jusqu’aux paradis bienheureux, ou bien descend aux enfers où elle souffre » (YV III 55, 35).
En fonction de l’intensité de ses croyances religieuses chaque trépassé est sujet à des hallucinations : son interprétation de la nature de la réalité colore puissamment la nature des rencontres symboliques et des expériences lui advenant. C’est ainsi qu’une croyance en un paradis stéréotypé [surtout chez les Mahométans] s’objective dans l’hallucination de conditions ou de régions paradisiaques : « Les vertueux ont le sentiment que des véhicules célestes (vimana) les conduisent aux jardins du paradis en raison de leurs actes passé » (YV III 55, 29).

« Les méchants s’imaginent, en raison de leurs forfaits, traverser des champs de neige, des buissons d’épines, des crevasses et des forêts d’épées » (YV III 55, 30).
Loin d’être universelle, l’expérience de l’Après-Vie est donc particulière à chaque âme individuelle, mais elle revêt toujours la forme même qui correspond à la qualité constitutive du trépassé, Le Yoga Vasistha distinguant à cet égard si classes de trépassés en fonction de leurs mérites. Le Paradis et l’Enfer ne résident jamais qu’au plus profond de la conscience du trépassé, dont ils ne sont que des sphères ou dimensions extériorisées :

J’ai envoyé mon âme à travers l’Invisible
Pour épeler les lettres de cette Après-Vie :
Mon âme est revenue vers moi
Et m’a répondu : « Je suis moi-même le Ciel et l’Enfer »

(Omar Khayyam, Les Rubâ'iyat)

Étant donné que la nature de la conscience, quel que soit le plan de réalité sur lequel elle est amenée à opérer, est toujours de projeter et de former sa réalité en réverbérant et en traduisant littéralement ses pensées et émotions conformément à son interprétation de la réalité, il est naturel que la loi précédemment dégagée régisse aussi bien l’expérience de l’Après-Vie que celle de la précédente incarnation. Le surgissement de l’expérience d’Après-Vie du jiva [âme individuelle], après hébétude de la mort, elle-même analogue à la dissolution cosmique [pralaya (1)]. À la fin de cette période d’insensibilité, tous les individus créent, chacun pour soi séparément, un monde (une création) pareil aux fictions irréelles surgissant spontanément en rêve, tout comme un homme au mental dérangé a l’illusion d’une montagne qui danse. De même que le corps subtil du Soi suprême produit cet univers à la fin de la nuit de la résorption cosmique [pralaya], ainsi le corps subtil de chaque âme individuelle produit-il son monde séparément après l’insensibilité de la mort (YV III 40, 31-33).

« Ce corps subtil lui-même, s’étant beaucoup développé du fait de l’imagination, vient à assumer la conception de la matérialité (il finit pas être éprouvé comme un corps grossier) à force d’entretenir longtemps cette conception, à l’instar d’un enfant qui finit par croire ce qu’il pense. Alors surgit l’appréhension du spatio-temporel, lequel semble exister à titre de support. Mais il n’a pas plus surgi comme ne surgit pas l’activité de la vibration de l’air et du mouvement » (YV III 40, 38-43).

« Après avoir goûté la béatitude du paradis ou souffert les tourments de l’enfer, l’âme s’éprouve condamnée à renaître de nouveau dans le monde des hommes » (YV III 55, 36).
De même que l’hébétude post mortem était analogue à la nuit de la résorption cosmique, et que la survenue de la sphère d’expériences propres (en son Centrum Centri) de l’Après-Vie était analogue au nouveau surgissement d’un monde au terme de l’interlude cosmique, ainsi le processus d’incarnation est pour la médecine indienne classique, reproduit à son tour l’acte cosmogonique lui-même. (S’il y a création il y a forcément à un moment ou un autre la dissolution cosmique ou universelle). Ne pas oublier le fait du désir inassouvi de tel ou tel type d’expérience qui constitue un facteur important entrant dans le mécanisme de la transmigration.
« Tout comme le corps vivant porte en son cœur la semence qui donnera, en germant, la pousse, de même chaque atome spirituel [« trou noir »] aperçoit en lui-même la semence de la série des trois mondes » (YV III 56, 23).
« L’âme vivante vise toujours l’objet de son désir déposé en son for intérieur (mental), bien qu’elle puisse traverser bien des naissances » (YV III 56, 24cd).
« Car c’est dans la pure Conscience même qui, sous la forme des imprégnations résiduelles, assume (par erreur) comme en rêve les rôles de cause et d’effet, et se manifeste comme le monde » (YV III 56, 34).
« Sous l’empire de son puissant désir antérieur, le brahman [Être absolu] en son corps céleste (le spirituel) devint un roi tout puissant » (YV III 19, 20). Comme le roi Padma (dans le YV : L’histoire de Lila) qui dans une précédente incarnation en un pieux brahman fut fasciné par le spectacle d’une procession royale, alors il en fut séduit et se mit à nourrir le désir de devenir roi ; à sa mort le corps subtil du brahman revêtit la forme d’un souverain sur Terre…


INTERMITTENCE : « JE EST UN AUTRE », disait Rimbaud, qui disait également avec juste raison que la Vraie Vie n’était pas de ce monde, parce qu’ELLE EST DANS CET AUTRE : le Voyage en son Vaisseau dans ce spatio-temporel est cet intermittence, ce TROU dans un PLUS GRAND TROU.

PORTEUSE ET SOUS-PORTEUSE (ingénierie vibratoire)

En effet, le Ici et Maintenant ne saurait fonctionner sans son AILLEURS (pour aussi faire référence à ma mère qui parlait souvent de cet « ailleurs »). Le Sans Pourquoi ou le EST, le « Je suis CE JE SUIS » possède le meilleur langage qui soit : LE SILENCE, car si le EST se mettait à parler, ce serait alors une chose EXTÉRIEURE à Lui. En d’autres mots/maux : la question de la réalité ou mieux de l’intelligibilité de ce monde ne saurait être lié au seul monde de l’illusion du spatio-temporel, comme Rimbaud et son Moi auquel il manque quelque chose, cet « autre » : il manque LE DEUXIÈME PLATEAU DE LA BALANCE POUR ACTIONNER LE FLÉAU. Ou bien : Ce monde n’honorera jamais l’être humain d’un propos ou d’une aide quelconque À MOINS QU’IL NE S’AGISSE D’UNE AIDE OU D’UN PROPOS VENU D’AILLEURS QUE CE QU’ON EN ATTEND UNE RÉPONSE, PROPOS OU AIDE ABSOLUE VENANT DE L’APRÈS-VIE : le ‘JE’ EGO NE PARLERA JAMAIS QU’À LA SEUL CONDITION DE REFLÉTER LES MOTS SOUFFLÉS PAR CET AILLEURS ; ce qui d’ailleurs ne peut que conforter l’Homo Religiosus en l’être humain.
On dit « la Nature a horreur du Vide » à juste titre, car le Réel, le Vide, ne se révèle vide qu’à condition de cet « autre », soit il se révèle à la condition d’être « habité » par un sens venu d’ailleurs qui vient le remplir par la grâce d’une « visitation » aussi extraordinaire que celle rendue à la Vierge, cette « usine » fabricante d’humains et de Dieu(x).
Ne pas confondre cet « autre » avec le désir-carotte, car cet « autre » lui est largement supérieur en capacités du mortel qui désire avec son « pouvoir d’achat » ! (Le Tout est supérieur à la somme des parties). « L’autre » est comme un « lieu » qui n’en est pas un ! Anywhere out of the world (un non-lieu, une non-localité).
À ce propos, on dit par ignorance que « les planètes ne parlent pas ». Mais il n’y a pas plus manipulatrices que les planètes… Ne tirer son être, être soi-même que d’un démenti de toute réalité assignable ; entendre les « astres parler » que s’ils assurent la fonction de l’autre (symbolique à la Jacques Lacan), si les astres parlent non en tant que monde ambiant, repérable par la lunette de l’astronome, mais en tant QU’APRÈS-VIE, CE NON-LIEU, NON-LOCALITÉ. Imaginez un peu si les planètes proches de la nôtre se mettaient à parler, à chanter !!!

Ce « Je est un autre » est rendu ainsi dans l’entretien 271 de Ramana Maharshi, aussi sur le Thème du COUR :
- Question : Pourquoi le Soi s’est-il manifesté sous la forme de ce monde misérable ?
- Maharshi : Pour que vous vous mettiez à sa recherche. Vos yeux ne peuvent pas se voir eux-mêmes. Mais placer un miroir devant eux et ils pourront se voir. Il en va de même pour la Création.
- Question : Ainsi tout se résume au fait que je dois toujours regarder en moi.
- Maharshi : Oui.
- Question : Dois-je ne pas voir le monde du tout ?
- Maharshi : On ne vous enseigne pas de fermer vos yeux au monde. Vous devez simplement « vous voir vous-même d’abord et voir ensuite le monde comme étant le Soi ». Si vous pensez être le corps, le monde vous apparaît comme extérieur. Si vous êtes le Soi, le monde vous apparaît comme le brahman.
C’est dans ce même entretien que le Maharshi explique que tous ceux qui « travaillent pour l’intérêt public », comme le système de l’État, « mais qui ne peuvent pas résoudre le problème de la misère dans le monde, ne sont que des égocentriques, d’où leur incapacité. S’ils demeuraient dans le Soi, ils seraient différents ».
Il dit aussi que les discours publics, les activités physiques et l’aide matérielle sont tous surpassés par le SILENCE des Mahatmas [grandes Âmes]. « Ils accomplissent bien plus que les autres ».
Ainsi le SILENCE est cet AUTRE de « Je EST un AUTRE » (le EST du Sans Pourquoi).

À suivre…


Note.
1. Pralaya : dissolution cosmique : « L’homme qui devient conscient du Soi transcende la dissolution cosmique et atteint la Libération [mukti] », Ramana Maharshi, entretien 30.

« Quand c’est la nuit pour tous les êtres, l’homme maître de soi est éveillé ; et quand tous les êtres sont éveillés, c’est la nuit pour le sage qui voit » (Bhagavad-Gîtâ, chapitre II, 69).
 
 

Dernière mise à jour : 05-02-2019 00:37

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