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Tsunami économique Suggérer par mail
 

Ecrit par Sechy, le 21-11-2008 17:16

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Publié dans : Les News, Dernières news

Tags : Économie, Business, Catastrophe, Tsunami


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Tsunami économique

La Soupe aux choux, ou comment expulser les autochtones du coin pour
faire place à « l’expansion économique ».
 
 
La Soupe aux choux est une fable bien prophétique et pleine de tendresse qu’on s’est amusé à traîner un peu trop dans la boue.
Elle traitait de comment « civiliser les autochtones » du coin. Dans le film avec Louis De Funès : il s’agissait d’expulser les paysans De Funès et Jacques Villeret de leur lopin de terre, pour faire place à un complexe hôtelier avec parc d’attraction attrape couillons. Un gentil extraterrestre, exceptionnel car souvent les E.T. sont les méchants, les sauvent en les emmenant chez lui, sur sa planète, comme la grand-mère salvatrice du conte d’Andersen : La Petite Fille aux allumettes.

Ainsi on retrouve exactement la même tentative de « civiliser les autochtones » dans le si lucide chapitre consacré au tsunami de 2004, dans le livre de Naomi Klein : La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre.
 
- Tous les pays frappés par le tsunami créèrent des « zones tampons » pour empêcher les villageois de reconstruire sur la côte et libérer des terres pour les promoteurs. (À Aceh, en Indonésie, les zones faisaient deux kilomètres de largeur, même si le gouvernement dut abroger le décret).

Un an après le tsunami,  ActionAid, ONG respectée qui surveille la façon dont l’aide internationale est dépensée, publia les résultats d’une enquête exhaustive menée auprès de 50 000 survivants du tsunami répartis dans cinq pays. Les mêmes schémas se répétaient partout : on interdisait aux résidents de reconstruire tout en offrant aux hôtels des conditions alléchantes ; les camps temporaires étaient en réalité des enclos de misère militarisés, et on n’effectuait pratiquement aucune reconstruction permanente. On assistait à l’extinction de modes de vie traditionnels. Les auteurs de l’enquête en viennent à la conclusion qu’on ne peut imputer les contretemps aux suspects habituels : mauvaises communications, sous-financement ou corruption. Les problèmes étaient structurels et délibérés. « Les gouvernements ont dans une large mesure manqué à leur obligation de fournir des terrains pour l’aménagement de logements permanents, affirment-ils. Pendant que les communautés côtières étaient balayées au profit d’intérêts commerciaux, ils sont restés les bras croisés ou ont agi en complices ».
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Le Sri Lanka ne fut pas le seul pays touché par ce second tsunami - en Thaïlande, aux Maldives et en Indonésie, on faisait aussi état de vols de terres et de lois qui les cautionnaient.
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En ce qui concerne l’opportunisme consécutif au tsunami, rien, toutefois, ne se compare aux Maldives, peut-être le moins bien compris des pays touchés. Là, le gouvernement ne se contenta pas de débarrasser le littoral des pauvres - il se servit du tsunami comme prétexte pour chasser ses citoyens de la vaste majorité des zones habitables du pays.
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Un embourgeoisement militarisé
D’une certaine façon, le second tsunami ne représenta jamais qu’une dose particulièrement violente de la thérapie de choc économique : la vague nettoya si bien les plages qu’un processus de déplacement et d’embourgeoisement qui aurait normalement exigé des années s’effectua en quelques jours ou en quelques semaines. En réalité, des centaines de milliers de pauvres à la peau foncée (les pêcheurs jugés « improductifs » par la Banque mondiale) étaient déplacés contre leur gré pour faire place à de très riches, pour la plupart à la peau claire (les touristes « haut de gamme »). Sur les mêmes rivages, les deux pôles économiques de la mondialisation, qui semblaient appartenir à des siècles plutôt qu’à des pays différents, entraient soudain en conflit direct, les uns revendiquant le droit de travailler, les autres celui de s’amuser. On assistait à la lutte des classes version plage, à un embourgeoisement militarisé soutenu par une police locale et des entreprises de sécurité privées.
Les affrontements directs se concentrèrent surtout en Thaïlande, où, moins de vingt-quatre heures après le déferlement de la vague, des promoteurs chargèrent des gardiens armés de clôturer des terres où ils espéraient depuis longtemps aménager des hôtels de villégiature. Dans certains cas, les gardiens interdirent même aux anciens résidents de chercher les dépouilles de leurs enfants. Pour faire obstacle aux spéculateurs, on convoqua à la hâte les membres du groupe des survivants du tsunami et de leurs amis en Thaïlande (Tsunami Survivors and Supporters), qui, dans l’une de ses premières déclarations, affirma : « Le tsunami offre une chance inespérée aux hommes d’affaires et aux politiciens dans la mesure où il a pratiquement débarrassé les zones côtières des communautés qui, auparavant, s’opposaient à la construction de leurs projets d’aménagement de centres de villégiature, d’hôtels, de casinos et d’élevages de crevettes. À leurs yeux, ces régions côtières représentent désormais des terres en friches ! »

Effectivement, voler les richesses des autochtones, dans le langage matérialiste de notre époque ça veut dire : civiliser les autochtones ! Toujours dans le livre de Naomi Klein, selon un pêcheur de la plage d’Arugam Bay : « Le gouvernement juge nos filets et nos poissons laids et salissants. C’est pour cette raison qu’on ne veut plus de nous sur la plage. Pour satisfaire les étrangers, il traite les siens comme des sauvages ».
Encore le triste résumé : Par ici pauvres cons, passons la monnaie ! Sauf qu’ici les pauvres n’ont aucune monnaie, sauf une monnaie naturel : le poisson.

Puisqu’ils y en a qui essayent de tout vendre, vous verrez que bientôt ils essayeront de vendre de la merde en boîte ; le tourisme, la sécurité, la déconstruction, la reconstruction, etc., j’arrête, car la liste est très très très longue, ce ne sont que du business tout simplement.
Vouloir « civiliser les autochtones » me rappel les Espagnols débarquant au Pérou, et voulant détruire les croyances des « autochtones du coin », en leur disant que leur croyance chrétienne s’était mieux que leurs dieux de pacotilles. On appel ça de l’éthnocide. Et dans un cas comme dans l’autre, c’est toujours pour de l’Or...
 
M. Roudakoff
 

Dernière mise à jour : 21-11-2008 17:24

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